Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
 La Maison de l'Inspir

La liberté en moi, la liberté tout autour

22 Mai 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici le récit de la journée du 25 mars par Jadzia, une pratiquante de 16 ans qui est venue en mars avec sa maman Yvonne (coordinatrice de Wake Up Schools International) et d'autres amis du Village des Pruniers :

La liberté en moi, la liberté tout autour

Une session de pratique pour les éducateurs

Le 24 mars 2017, une délégation du bureau de Wake Up Schools au Village des Pruniers – constituée de deux moines novices francophones, Frère Dao Son et Frère Dao Sinh ainsi que des résidents laïques Michel, Yvonne et Jadzia – a pris la route pour la Maison de l’Inspir, un centre de méditation en région parisienne, afin de participer à un atelier pour les éducateurs proposé par Christiane Terrier, une pionnière de l’initiative Educ’Inspir. Depuis 2013, avec le soutien des Sœurs Giac Nghiem, Dao Nghiem puis Hai Nghiem de la Maison de l’Inspir, elle a régulièrement offert ces journées de pleine conscience pour les éducateurs. Cette fois-ci, le thème était la liberté, inspiré par le livre du maître zen Thich Nhat Hanh Soyez libre là où vous êtes, une compilation d’enseignements donnés pendant sa visite au centre pénitentiaire du Maryland en 1999.

Les cinquante participants venaient de tous horizons ce jour-là, plus ou moins connaisseurs de la pratique de la pleine conscience : des enseignants, des  psychologues, des parents, grands-parents, et des étudiants.

La liberté en moi, la liberté tout autour

Nous avons commencé par une focalisation sur la pratique personnelle et sur le bien-être, en nous présentant les uns aux autres et en partageant notre motivation pour cette journée particulière, ainsi que notre météo intérieure… ce qui dans un groupe de personnes si diverses venant à cet évènement depuis des situations si différentes, a couvert tous les contrastes entre la toundra sibérienne et les brises de Hawaï. Christiane nous a rappelé que les profs dédient souvent toute leur énergie à leurs élèves, qu’ils s’oublient eux-mêmes et vont jusqu’à s’épuiser complètement. Alors avant de chercher à introduire la pleine conscience dans une salle de classe, un hôpital ou un foyer, elle a insisté pour que nous sentions combien il est essentiel que chaque enseignant cultive la paix en soi-même. Autrement, les élèves sentent l’anxiété ou la tension de leur instructeur et risquent bien de rejeter tout ce que ce dernier pourrait avoir à offrir.  Christiane nous a guidés dans plusieurs activités simples mais profondes, conçues pour être facilement répliquées dans une variété de contextes, et nous avons joué le rôle des étudiants. De cette manière, nous avons pu faire l’expérience directe des bénéfices de ces pratiques séculières, sans être trop enfermés dans des théories ou des notions.

Christiane nous a d’abord conviés à un espace créatif où nous avons chacun commencé un ‘cahier de gratitude’, un journal pour noter les éléments dans notre vie pour lesquels nous sommes reconnaissants, nous entraînant ainsi à voir les conditions extérieures à travers des lunettes positives.

Puis elle a proposé des expériences manuelles. Notre premier ‘travail’ était de dessiner ou sculpter ce qu’est la liberté pour nous. Au moment où circulaient les papiers de couleur et les feutres, nous nous sommes sentis comme des enfants excités de se plonger dans un nouveau dilemme : qu’est-ce que je vais dessiner ? Comme le fit remarquer ensuite un des participants : « j’ai réalisé, pendant cet exercice, à quel point ma peur de l’échec me pose des limites. Du coup, je me suis tout simplement autorisé à dessiner quelque chose de moche. » Rien que ça, c’était un portrait de la liberté.

Après une belle marche méditative le long de la rivière et un délicieux buffet partagé, nous nous sommes retrouvés pour faire la transition de la méditation du chocolat : peut-être une variante française de la méditation du repas. Chacun a été convié à choisir un morceau de chocolat au centre du cercle. Une fois que tout le monde avait soigneusement choisi son objet de méditation, Christiane nous a guidés dans l’acte de manger. En premier, nous devions écouter le bruit de l’emballage pendant que nous l’ouvrions, et puis nous avons été en pleine conscience de la texture, du poids, des dessins sur le carré de chocolat.

La liberté en moi, la liberté tout autour

« Visuellement, est-ce que vous arrivez à apprécier toutes les nuances de brun, les formes ? » nous a-t-elle demandé. « Explorez tous les arômes, la fragrance du chocolat. Et maintenant vous pouvez commencer à caresser vos lèvres avec le chocolat. Ne vous étouffez pas ! Et à présent observez comment la saveur se transforme peu à peu. »

Cette expérience gastronomique n’a rien à voir avec celle de jeter quelque chose dans la bouche et de le gober inconsciemment après l’avoir mâché deux fois !

Energisés par le chocolat ainsi que par une dynamique du groupe de plus en plus harmonieuse, plusieurs groupes de deux personnes ont improvisé des scénarios d’écoute incorrecte. Au milieu des rires accompagnant cet exercice, nous avons pu mieux apprécier le poids de différentes erreurs dans l’écoute : donner des conseils non désirés pour ‘aider’ l’autre peut mener à un sentiment d’incapacité ; changer de sujet de conversation communique une négligence ; dramatiser ou minimiser la sévérité d’une situation provoque des émotions exagérées ou donne un faux sentiment de sécurité à l’autre.

Cet exercice a donné le ton de la pratique d’écoute profonde deux par deux, pendant laquelle nous avons été invités à partager une source de souffrance liée à un manque de liberté. Pendant qu’une personne s’exprimait, l’autre restait silencieuse de sorte à être pleinement présente à ce qui était dit. A la fin, la personne qui avait écouté reformulait ce qu’elle avait compris en écoutant la première. En réfléchissant, une participante partagea un sentiment commun à d’autres : « pendant que mon amie parlait, je cherchais nerveusement à retenir tous les détails pour être en mesure de reformuler de façon satisfaisante. Je me suis rendue compte que cette anxiété compromettait ma présence et par conséquent aussi ma capacité à comprendre. J’aimerais être libre du monologue intérieur incessant qui conduit à cette situation. »

Après ce partage plutôt profond, Christiane a allégé l’ambiance en animant un exercice de liberté dans le mouvement, dans lequel chaque membre d’une paire guidait l’autre, en alternant entre une conduite forçant l’autre et un accompagnement en douceur. Ensuite, nous avons eu du temps de réflexion personnelle pour exprimer notre liberté sous forme écrite.

La liberté en moi, la liberté tout autour

Et puis Christiane nous a proposé d’arroser les fleurs les uns des autres, c’est-à-dire d’exprimer notre appréciation des qualités positives l’un de l’autre. Comme activité finale de la journée, cet arrosage des fleurs nous a véritablement permis de nous unir tous : la Sibérie et Hawaii, les artistes et les psychologues, les débutants et les maîtres. Nous avons vraiment senti toutes les barrières entre nous se dissoudre. C’est ça, je crois, la liberté.

Et si nous pouvions redessiner notre système éducatif sur ce principe que nous tous inter-sommes ? Peut-être que tout ce dont nous avons besoin, c’est d’un gribouillage et d’un carré de chocolat ?

Cliquez ici pour plus d’information sur les ateliers Educ’Inspir.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Felipe 24/05/2017 12:25

Meri infiniment cheres Sœurs et chere Sangha