Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
 La Maison de l'Inspir

Parole de Thay sur le changement climatique

24 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Parole de Thay sur le changement climatique

L’Organisation des Nations Unies a beaucoup œuvré pour donner la parole aux leaders spirituels dans la discussion sur le changement climatique. Voici la position du Vénérable Maitre Zen Thich Nhat Hanh, sur le changement climatique et notre Terre Mère, à la demande de l’ONU, en prévision du Sommet sur le Climat qui aura lieu à Paris en décembre 2015.

THICH NHAT HANH
Tomber amoureux de la Terre

Cette belle planète qui donne la vie en abondance, et que nous appelons Terre, a donné naissance à chacun de nous et chacun de nous porte la Terre dans chaque cellule de notre corps.

Nous faisons un avec la Terre

La Terre est notre mère, elle nous nourrit et nous protège à chaque moment, en nous donnant de l’air à respirer, de l’eau fraîche à boire, de la nourriture à manger et des herbes médicinales pour nous guérir lorsque nous sommes malades. Chaque inspiration que nous prenons contient l’azote, l’oxygène, la vapeur d’eau et les oligoéléments de notre planète. Lorsque nous respirons en pleine conscience, nous pouvons faire l’expérience de l’interêtre avec l’atmosphère délicate de la Terre, avec toutes les plantes et même avec le soleil, dont la lumière rend possible le miracle de la photosynthèse. A chaque respiration, nous pouvons faire l’expérience de la communion. A chaque respiration, nous pouvons savourer les merveilles de la vie.

Nous avons besoin de changer notre façon de penser et de voir les choses. Nous avons besoin de réaliser que la Terre n’est pas juste notre environnement. La Terre n’est pas quelque chose d’extérieur à nous. En respirant en pleine conscience et en contemplant votre corps, vous réalisez que vous êtes la Terre. Vous réalisez que votre conscience est également la conscience de la Terre. En regardant autour de vous, ce que vous voyez n’est pas votre environnement, c’est vous.

Notre grande mère, la Terre

Quelle que soit notre nationalité ou notre culture, quelle que soit la religion que nous suivons, que nous soyons bouddhistes, chrétiens, musulmans, juifs ou athées, nous pouvons tous voir que la Terre n’est pas de la matière inerte. Elle est un grand être, qui a donné elle-même naissance à de nombreux autres grands êtres, dont les Bouddhas et boddhisattvas, les prophètes et les saints, les fils et les filles de Dieu et l’humanité. La Terre est une mère aimante, qui nourrit et protège tous les peuples et toutes les espèces sans discrimination.

Quand vous réalisez que la Terre est tellement plus que simplement votre environnement, vous serez poussé à la protéger de la même façon que vous vous protégeriez vous-même. C’est la sorte de prise de conscience, la sorte d’éveil dont nous avons besoin, et l’avenir de la planète dépend de notre capacité à cultiver ou non cette vision profonde. La Terre et toutes les espèces sur Terre sont en réel danger. Mais si nous pouvons développer une relation profonde avec la Terre, nous aurons assez d’amour, de force et d’éveil pour changer notre mode de vie.

Tomber amoureux

Nous pouvons tous ressentir une admiration profonde et de l’amour lorsque nous voyons la grande harmonie, l’élégance et la beauté de la Terre. Une simple branche de cerisier en fleurs, la coquille d’un escargot ou les ailes d’une chauve-souris, tout témoigne de la majestueuse créativité de la Terre. Chaque avancée de notre compréhension scientifique approfondit notre admiration et notre amour pour cette merveilleuse planète. Lorsque nous pouvons véritablement voir et comprendre la Terre, l’amour se fait jour dans nos cœurs. Nous nous sentons en connexion. C’est le sens de l’amour : faire un.

C’est seulement lorsque nous serons réellement tombés amoureux de la Terre que nos actions naîtront de la vénération et de la vision profonde de notre interconnexion. Mais beaucoup d’entre nous se sont éloignés de la Terre. Nous sommes perdus, isolés et esseulés. Nous travaillons trop dur, nos vies sont trop occupées, et nous sommes agités et distraits, nous nous perdons dans la consommation. Mais la Terre est toujours là pour nous, nous offrant tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir et nous guérir : le miraculeux grain de maïs, le cours d’eau rafraîchissant, la forêt odorante, le majestueux sommet enneigé d’une montagne et le chant joyeux des oiseaux à l’aurore.

Le vrai bonheur est fait d’amour

Beaucoup d’entre nous pensent avoir besoin de plus d’argent, plus de pouvoir et d’un meilleur statut pour pouvoir être heureux. Nous sommes tellement occupés à passer notre vie à courir après l’argent, le pouvoir et la célébrité, que nous ignorons que les conditions du bonheur sont déjà disponibles. En même temps, nous nous perdons dans les achats et la consommation de choses dont nous n’avons pas besoin, en mettant beaucoup de pression sur notre corps et sur la planète. Et pourtant, une grande partie de ce que nous buvons, mangeons, regardons, lisons ou écoutons est toxique. Cela pollue nos corps et nos esprits avec de la violence, de la colère, de la peur et du désespoir.

Tout comme le dioxyde de carbone pollue notre environnement physique, nous pouvons parler de la pollution spirituelle de notre environnement : l’atmosphère toxique et destructrice que nous créons par notre façon de consommer. Nous avons besoin de consommer d’une façon qui nourrisse véritablement notre paix et notre bonheur. Ce n’est que lorsque nous viserons un développement durable en tant qu’êtres humains que notre civilisation pourra avoir aussi un développement durable. Il est possible d’être heureux ici et maintenant.

Nous n’avons pas besoin de consommer beaucoup pour être heureux ; en réalité, nous pouvons vivre très simplement. Avec la pleine conscience, tout moment peut devenir un moment heureux. Savourer une simple respiration, prendre un moment pour s’arrêter et contempler le ciel bleu et apprécier pleinement la présence de notre bien-aimé, cela peut largement suffire à nous rendre heureux. Chacun de nous a besoin de revenir pour se reconnecter avec soi-même, avec nos bien-aimés et avec la Terre. Ce n’est pas notre argent, notre pouvoir ou notre consommation qui peuvent nous rendre heureux, mais c’est d’avoir dans notre cœur l’amour et la compréhension.

Le pain dans ta main est le corps du cosmos

Nous avons besoin de consommer d’une façon qui garde vivante notre compassion. Mais beaucoup parmi nous consomment d’une façon qui est très violente. Des forêts sont coupées pour élever du bétail ou pour cultiver des céréales pour faire de l’alcool, alors que des millions de gens dans le monde meurent de faim. Réduire de 50 % la quantité de viande et d’alcool que nous absorbons est un véritable acte d’amour pour nous-mêmes, pour la Terre et pour les autres. Manger avec compassion peut déjà aider à transformer la situation de notre planète et rétablir l’équilibre entre nous-mêmes et la terre.

Rien n’est plus important que la fraternité et la sororité

Il y a une révolution qui doit être faite, et elle commence en chacun de nous. Nous avons besoin de nous éveiller et de tomber amoureux de la terre. Nous sommes homo sapiens depuis longtemps. Il est temps maintenant de devenir homo conscius. Notre amour et notre admiration pour la Terre ont le pouvoir de nous réunir et d’effacer toutes les frontières, les séparations et les discriminations. Des siècles d’individualisme et de compétition ont provoqué une terrible destruction et aliénation. Nous avons besoin de rétablir une véritable communication – une véritable communion – avec nous-mêmes, avec la Terre et entre nous, qui sommes des enfants de la même mère. Nous avons besoin de plus qu’une nouvelle technologie pour protéger la planète. Nous avons besoin d’une véritable communauté, d’une coopération.

Toutes les civilisations sont impermanentes et doivent mourir un jour. Mais si nous continuons notre cours actuel, il ne fait aucun doute que notre civilisation sera détruite plus tôt que nous le pensons. La Terre pourrait avoir besoin de millions d’années pour guérir, pour retrouver son équilibre et restaurer sa beauté. Elle sera capable de se remettre, mais, nous, les humains, allons disparaître avec beaucoup d’autres espèces, jusqu’à ce que la Terre soit en mesure de générer les conditions qui nous ramèneront sous de nouvelles formes. Si nous pouvons accepter l’impermanence de notre civilisation avec paix, nous serons libérés de notre peur. Et c’est à ce moment-là seulement que nous aurons suffisamment de force, d’éveil et d’amour pour pouvoir nous rassembler. Chérir notre précieuse Terre, tomber amoureux de la Terre, ce n’est pas une obligation. C’est la condition de notre bonheur et de notre survie, à titre personnel et collectif.

THICH NHAT HANH

Lire la suite

Question à Thay à propos du complexe d'égalité

9 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Question :

Cher Thay, chère Sangha, au début de notre séance de pratique,ici tous les matins au Village des Pruniers et également l’an dernier pendant la tournée américaine, nous avons été invités à transformer le soi illusoire et à transformer nos complexes d’infériorité, de supériorité et d’égalité. En Amérique, la formule “complexe d’égalité” remplit les amis d’une grande confusion et de consternation. Dans notre pays, l’égalité est non seulement une obligation légale mais c’est aussi un mot-clé du mouvement des droits humains. Je me demande si vous pourriez nous donner, à moi et à mes amis, plus d’informations sur ces complexes et sur la façon de pratiquer sur ce thème?

Réponse :

Le complexe d’égalité peut entraîner beaucoup de souffrances. Ce n’est pas l’égalité en soi qui entraîne la souffrance, mais le « complexe d’égalité ». Nous devons comprendre le sens du mot “égalité”. Nous savons que le complexe de supériorité nous cause de la souffrance à nous et à l’autre. Le complexe d’infériorité, la faible estime de soi, peut être l’origine de nombreuses maladies mentales et nous croyons que l’égalité, le droit d’être égal, est la solution. Mais la pratique de l’enseignement du Bouddha est très profond. Nous souffrons car nous nous comparons à l’autre. “Je suis mieux que lui”, est le complexe de supériorité. “Je suis pis que lui”, est le complexe d’infériorité. Mais “Je suis son égal”, est aussi un complexe car si vous essayez d’être égal, vous essayez d’argumenter que vous êtes égal, et vous continuez de souffrir. Or dans l’enseignement du Bouddhisme, il n’y a pas de soi, si bien que la comparaison n’a pas lieu d’être et c’est alors que le bonheur est parfait. Vous ne comparez plus, et vous pouvez dire : “chéri, tu es moi et je suis toi. Ta souffrance est ma souffrance; ton bonheur est mon bonheur.” C’est beaucoup plus profond. C’est là que la vision de l’inter-être est très importante. Quand vous méditez, vous voyez que vous ne pouvez qu’inter-être, que vous ne pouvez pas exister uniquement par vous-même, vous devez « inter-être » avec l’autre. C’est pourquoi au Village des Pruniers, nous disons : « Tu es, donc, je suis. » Nous inter-sommes ; nous ne voyons pas un individu qui souffre et qui est heureux seul, nous voyons un couple qui vit en harmonie et qui considère le bonheur de l’autre comme son bonheur, la souffrance de l’autre, comme sa souffrance. Ainsi donc, l’harmonie est la base du bonheur et de la paix, et cette harmonie a pour fondement la vision de l’inter-être.

Dans la pratique de la pleine conscience, non seulement essayons-nous d’ôter les complexes d’infériorité et de supériorité, mais aussi le complexe d’égalité. Dans la notion « Je suis aussi bien que lui », « j’ai le droit d’être aussi bien que lui », il y a toujours un soi, et par conséquent il y a toujours comparaison.Tant que vous continuez de comparer, vous souffrez. Mais avec la vision de l’inter-être, vous ne comparez plus car « vous êtes l’autre et l’autre est vous. » Il y a harmonie, paix et bonheur. Je crois que c’est assez simple pour que vos amis le comprennent.

Lire la suite

Que vois-je en sillonnant notre Planète et me penchant au chevet de notre Terre Mère en souffrance ?

9 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Cheminons pour une éthique globale sur notre Terre

par le Maitre Zen Thich Nhat Hanh

Une fleur ne doit rien faire pour être utile.

Elle doit se contenter d'être une fleur.

C'est suffisant.

Un seul être humain véritable suffit pour réjouir le monde entier.

Que vois-je en sillonnant notre Planète et me penchant au chevet de notre

Terre Mère en souffrance ?

Des catastrophes naturelles en accélération, tels les cyclones, des

inondations ici, la sécheresse ailleurs... la prolifération d’insectes

nuisibles avec l’usage excessif des pesticides...sans parler plus récemment

de la catastrophe nucléaire de Fukushima, de la famine qui sévit toujours

encore à notre siècle...malgré toutes les prouesses de la science et des

avancées technologiques !

J’exhorte mes disciples à pratiquer les 5 entraînements à la Pleine

Conscience :

une pratique de la “parole aimante et l’écoute profonde” pour un dialogue

fraternel et la pratique d’une conduite juste pour transformer notre

souffrance.

En observant la consommation des 4 sortes de nourritures qui sont les

aliments comestibles (moins ou pas de viande...), les impressions

sensorielles, la volition et la conscience, pouvons-nous nous engager à ne

pas faire d’usage de drogues, ne consommer aucun produit contenant les

toxines neuro-sensorielles comme les sites internet, jeux, films ou média

écrits axés sur la violence et le sexe, source de mal-être et de souffrance

pour une grande majorité de la population mondiale ?

Les Grecs avaient déjà pensé à l’éthique : elle ne peut que se concevoir

que sous un angle global car Ethos signifie un lieu de vie, habitude, mœurs.

et chez les Romains “ethicus” est une discipline morale dans un milieu

naturel et humain.

Pouvons-nous retrouver cette “éthique” dans la solidarité et le partage

comme les Anciens en Europe l’avaient déjà envisagée ?

Chaque pas que nous posons sur la terre est une occasion de nous retrouver

en lien avec notre Terre Mère : respirons chaque seconde à chaque pas,

moment unique, moment merveilleux , nous sommes en vie.

La pratique de la respiration consciente nous invite à découvrir la réalité

individuelle, la réalité de la société et le caractère global de la nature

intérieure en lien avec la nature extérieure.

Nous prenons ainsi conscience que notre Terre ne peut plus supporter une

atmosphère plus toxique.

Pour ceux d’entre nous qui aimons les balades à la campagne ou les

randonnées à la montagne, nous n’ignorons pas que les arbres sont nos

poumons extérieurs.

La destruction de tant de forêts, la couche d’ozone en partie détruite, les

eaux polluées par tant de pluies acides : pouvons-nous y remédier ?

Nos technologies peuvent-elles nous aider à nous sauver de ces catastrophes?

Pouvons-nous contrôler ce système créé par notre style de vie “encore et

toujours plus” ?

Nous cherchons le bonheur en dehors de nous et nous courons après cet

impossible bonheur qui a créé la peur, la colère, le désespoir, la

violence...

Sans un réveil collectif, la catastrophe est à nos portes.

La Terre ne pourra pas nourrir dans la bonne santé et le bonheur les 7

milliards et plus de 3 millions d’âmes ( depuis janvier 2012 ) , si nous

gardons ce style de vie avec ce fragile équilibre...ou plutôt, avec cette

rupture de l’équilibre écologique !

Les civilisations des Grecs, des Romains au cours de l’histoire ont

implosé, après s’être épanouies et notre civilisation ne serait pas

différente...elle se détruirait plus ou moins vite avec nos actes ou grâce

à nos efforts....et la Terre n’a pas besoin de nous pour vivre en lien avec

le Soleil !

Quand serons-nous assez nombreux pour nous réveiller pour un monde où

chacun aura sa place et vivra en harmonie avec la nature en équilibre

heureux avec les pierres, les plantes, les animaux ?

La pratique de la pleine conscience nous invite à suivre notre respiration

et à marcher en suivant notre inspiration et notre expiration... dans le

sourire ! pour vivre le moment présent plutôt que de nous perdre dans des

pensées du passé ou du futur !

En nous dans notre profondeur, se lovent des graines d’amour, de

compassion, de compréhension tout comme celles de l’ignorance, de la

colère, de la haine, de la discrimination, du désir, de la fierté, et de

l’attachement.

Notre expérience de la vie dépend de notre façon d’arroser toutes ces

graines.

Trop de graines de la peur, de la colère, du désespoir ont été nourries sur

notre planète Terre.

Entraînons-nous à arroser d’une manière sélective nos belles graines de la

solidarité et du partage : opérons en nous le changement pour vivre une

éthique globale sur la Terre.

Thich Nhat Hanh

Maître Bouddhiste Zen

Lire la suite

Liens pour regarder les deux emissions de Sagesses Bouddhistes

9 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici les liens sur youtube pour regarder les deux émissions de Sagesses Bouddhistes qui présentaient le mouvement "Wake-up", permettant ainsi à toutes les personnes vivant hors de France de pouvoir les voir.

Lire la suite