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 La Maison de l'Inspir

Après cinq années à la Maison de l'Inspir...lettre de Sr Dao Nghiem

20 Novembre 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Sans venir, sans partir
Ni avant, ni après
Je vous tiens près de moi et vous laisse pour être libre
Parce ce que je suis en vous et vous êtes en moi

Après cinq années à la Maison de l'Inspir...lettre de Sr Dao Nghiem
Chère Communauté bien-aimée de la Maison de l'Inspir,

Tôt ce matin, assise sous un saule pleureur dans le jardin du Hameau du Bas, mes pensées sont allées vers vous, tou(te)s les ami(e)s que j'ai pu croiser à la Maison de l'Inspir durant ces cinq années. Mardi dernier je suis revenue au Village des Pruniers cinq ans exactement après mon arrivée à la Maison de l'Inspir en novembre 2010.

Comme je n'ai pas eu l'occasion de dire au revoir à la plupart d'entre vous avant mon départ, par ces quelques lignes je voulais vous exprimer ma gratitude pour tous ces moments que nous avons partagé ensemble, pour votre soutien par votre présence, votre aspiration à amener la paix, la compassion, la pleine conscience dans votre quotidien.
Nous avons échangé des sourires, des regards, des mots, des pas en pleine conscience le long de la Marne, des repas en silence, des tasses de thé, des fous rires mais aussi des larmes de désespoir mais aussi de bonheur... Tant de moments qui resteront gravés en moi et m'aideront à continuer mon chemin.

Le Village des Pruniers est à la Maison de l'Inspir, la Maison de l'Inspir est au Village des Pruniers. Nous nous reverrons c'est certain. Je vous souhaite une belle continuation de votre pratique. Toutes mes Soeurs à la Maison de l'Inspir sont là pour vous et vous offre un merveilleux refuge de paix et d'amour.

Je continuerais autant que je peux, à mettre des articles sur le blog de la Maison de l'Inspir pour rester en lien avec vous tous.

"Chaque respiration, un miracle
Chaque pas, un miracle
Chaque moment, un mira
cle"


Avec gratitude, amour et paix

Soeur Dao Nghiem

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Cher Monsieur le Président,

18 Novembre 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Cher Monsieur le Président,
Cette lettre émouvante a été écrite par une de nos soeurs française et enseignante du Dharma dans la tradition du Village des Pruniers, actuellement résidant au monastère de Deer Park en Californie. Thay (Thich Nhat Hanh) nous a souvent invité à écrire "des lettres d'amour" à nos politiciens dans les moments de chaos, de confusion, de peur. Beaucoup d'entre nous se souviennent de la lettre écrite par Thay au Président George W. Bush en 2006. (Vous trouverez la traduction à la suite de ce message) (en cliquant sur le mot Président en bleu ci-dessus vous pourrez lire la lettre originale en anglais écrite par Thay)
Peut-être serez-vous inspiré par la lettre de Thay et de Sr Mai Nghiem pour regarder profondément dans votre coeur et vous-même en écrire une.

Mardi 17 novembre 2015, San Diego, Californie.

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
France

Monsieur le Président,

Ce matin, quatre avions militaires sillonnent le ciel au-dessus de nos montagnes. Ils me font penser à la France. Je suis en Californie depuis un an, mais ces derniers jours mon coeur et mes pensées ne cessent de prendre leur envol vers le pays natal.

Mes pensées vont aussi vers vous, Monsieur le Président, père d’une patrie choquée, qui doit, à l’heure qu’il est, faire face à une situation douloureuse et complexe, à une pression politique et médiatique extrême, le tout engendrant sans aucun doute bien du stress et des nuits sans repos.

Merci d’accepter cette tâche difficile de capitaine de navire et de la mener avec un grand sens de la responsabilité et du devoir.

Dans la nuit du 13 novembre, bien des membres de ma famille francaise sont morts. Une partie de moi est morte avec eux. Et de la vulnerabilité de mon coeur meurtri, une voix se fait entendre: l’écho de mes pleurs dans les sanglots de mes frères et sœurs syriens, l’écho de mon désespoir dans les appels au secours de tous ces hommes et ces femmes qui souffrent, un peu partout, de la perte des leurs, de la violence, de la terreur et de la guerre.

Je sais, aujourd’hui plus qu’hier, de la profondeur de mon âme blessée, que je ne souhaite à aucune famille de verser ces larmes amères.

Comme le disait le Pape François dans son discours acclamé au Congrès américain “Souvenons-nous de la Règle d’Or : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour les autres aussi ».

Monsieur le Président, nous apprenons dans nos livres d’histoire comment l’humiliation allemande du Traité de Versailles de 1919 fut une perche tendue pour la montée du pouvoir hitlérien, comment les bombardements du Cambodge en 1973 furent une campagne efficace de recrutement pour les rangs des Khmers Rouges ou encore combien la guerre en Irak fut un combustible pour le feu du fanatisme islamiste.

Dans la situation de crise mondiale actuelle, il est si facile de se laisser happer par l’urgence (bien réelle pourtant), l’agitation et la frénésie ambiante.

Puissions-nous ensemble, tout en répondant au besoin impératif de protection de la population, prendre aussi le temps de se souvenir, d’écouter et d’apprendre de l’Histoire et des souvenirs de ceux qui en témoignent;

Puissions-nous ensemble, dans un monde où le passé peut être retouché de manière si réelle et poignante (comme le montre récemment le film “Le Fils de Saul”), honorer de nos actions responsables, intelligentes et éclairées le souvenir de tant de morts et de souffrance et ne donner aucune chance à nos enfants de revivre de pareils traumatismes;

Puissions-nous ensemble œuvrer à la construction d’un monde où l’écoute attentive et compatissante des souffrances endurées de part et d’autre, prévale sur l’escalade inutile d’une violence qu’aucun être ne souhaite, où le désir de compréhension profonde et de réelle entente triomphe de nos préjugés, de nos peurs et de nos soifs de revanche ou de pouvoir;

Afin qu’ensemble nous puissions, comme le dit Gandhi, non seulement ne pas rendre le monde aveugle, mais aussi allumer une étincelle de vie, d’espoir et d’amour dans les yeux de ses habitants.

Monsieur le Président, je suis confiante que les livres d’histoire et les générations à venir se souviendront de vous comme celui qui sut être “la force tranquille” dont la nation avait tant besoin dans un chaos de peur et de colère; comme un capitaine avisé qui sut conduire son navire vers des eaux apaisées; comme le sage et courageux commandant des gardiens d’une réelle Paix; comme le berger qui sut prendre soin de ses brebis au-delà des frontières de ses pâturages.

Car tous, nous préférons le joyeux gazouillement du merle aux rafales des armes et le vol libre et majestueux de l’épervier à celui des avions militaires.

Sachez Monsieur le Président, qu’en ces heures sombres, sur le chemin ardu qui est le vôtre, vous ne marchez pas seul. Les pensées de soutien et de courage de beaucoup vous accompagnent.

Avec toute ma gratitude et ma confiance,

Votre enfant parmi tant d’autres,

Soeur Mai Nghiem

Cher Monsieur le Président,

Village des Pruniers
Le 8,8, 2006

Honorable George W. Bush
The White House
Washington D.C., U.S.A.

Cher Monsieur le Président,

Hier soir, j’ai vu mon frère (qui est mort il y a deux semaines aux USA) dans un rêve. Il revenait me voir. Il était avec tous ses enfants. Il m’a dit « Tous ensemble, rentrons chez nous». Après une milli seconde d’hésitation, je lui ai répondu joyeusement, « OK, allons-y ».

Me réveillant de ce rêve ce matin à 5h, j’ai pensé à la situation au Moyen-Orient, et pour la première fois, j’ai été capable de pleurer. J’ai pleuré très longtemps, et je me suis senti beaucoup mieux après environ une heure. Ensuite je suis allé à la cuisine et je me suis fait du thé. Tout en me préparant du thé, j’ai réalisé que ce que mon frère m’avait dit, était vrai : notre maison est assez large pour nous tous. Rentrons chez nous comme des frères et sœurs.

Mr le Président, je pense que si vous pouviez vous permettre de pleurer comme je l’ai fait ce matin, vous vous sentiriez vous-aussi beaucoup mieux. Ce sont nos frères et sœurs que nous tuons là-bas. Ils sont nos frères, Dieu nous le dit, et nous le savons nous-aussi. Peut-être ils ne nous voient pas comme des frères à cause de leur colère, leur incompréhension, leur discrimination. Mais avec un peu de conscience, d’éveil, nous pouvons voir les choses d’une façon différente, et cela nous permettrait de répondre différemment à la situation.

J’ai confiance en Dieu en vous, j’ai confiance en la nature de Bouddha en vous.

Merci d’avoir lu ma lettre.

Avec gratitude et fraternité

Thich Nhat Hanh

Village des Pruniers

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Une lettre d'Alexis de Montréal

15 Novembre 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chers amis de partout,

Je vous écris depuis Montréal. Vendredi j’ai perdu mon cousin dans les attentats commis en France. Face à cette terrible nouvelle, j’ai pleuré. Eric était papa d’une petite fille et sa compagne doit accoucher dans deux mois. Tellement de choses se bousculent dans ma tête.

J’inspire, j’expire.

Eric, tu étais (et tu es dans mon cœur) un être animé de joie. Je vais te rendre hommage en étant joyeux et en prenant soin d’apporter la joie chez les autres. Aujourd’hui, je veux apporter cette joie dans cette violence, cette souffrance sans nom. Tu es un exemple et je te ferai honneur et suivant ton chemin de joie et d’ouverture d’esprit.

J’inspire, j’expire

Je n’ai pas cédé à la colère et à la demande de vengeance. Car c’est la colère et la vengeance qui animent cet acte odieux. Aujourd’hui, je veux juste tenir dans mes bras mes proches, des inconnus et leur dire que je les aime. Seul l’amour nous fera sortir de ce cercle de souffrance.

J’inspire, j’expire.

En perdant un proche, je suis conscient de ce que vivent des gens par le monde au quotidien, qu’ils soient en Irak, en Syrie, en Afghanistan mais aussi aux Etats-Unis. Tous les jours, des gens sont tués par balle partout dans le monde. Aujourd’hui j’ai l’occasion de me joindre à eux, leurs proches et de leur exprimer ma compassion.

J’inspire, j’expire.

A la haine, à Mara et à tous ceux qui tombent dedans, je vous vois. Vous n’êtes qu’une illusion et je ne m’identifierai pas à vous. Dans mon chemin de paix, il n’y pas d’exception. Face à la souffrance, j’observe et je laisse passer. Je ne m’oppose pas. Je ne m’identifie pas. J’offre aussi de l’amour à ces hommes qui tuent. Même si je condamne entièrement leur acte, je ne peux pas oublier que c’est une part de la souffrance collective qui les habite. Je fais le vœu de travailler sur mes propres souffrances afin d’aider à diminuer, à mon humble niveau, la souffrance collective.

J’inspire, j’expire.

Aujourd’hui, les gens se parlent, s’ouvrent des portes qui étaient fermées, sont solidaires. Même si cette vague n’a qu’un temps, je veux voir aussi cette présence, ce soutien, cet amour de l’autre. Je suis triste que cela n’arrive que dans les moments de désespoir et heureux de me dire que cela existe toujours. Je fais le vœu d’entretenir cet esprit d’ouverture en moi et d’accompagner l’autre à s’ouvrir.

J’inspire, j’expire.

J’inspire, j’expire.

J’inspire, j’expire.

Alexis, Wake Up Montréal.

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lettre de Sr Mai Nghiem à la suite des évènements à Paris

15 Novembre 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici une lettre de Soeur Mai Nghiem, une de nos soeurs françaises qui vit actuellement au monastère de Deer Park en Californie, qu'elle nous a fait parvenir ce matin après qu'elle ait été informé des évènements à Paris :

"Je vais voir les nouvelles francaises et mon coeur saigne.

Ce qui me rend le plus triste c’est le potentiel de séparation, de violence, de peur et de colère dans les messages officiels et ce qu’on peut lire sur internet.

Comment garder et cultiver la tranquillité et la non peur, sans se laisser envahir par les informations qui se bousculent sur nos écrans, minute par minute?

Comment, ensemble, créer un mouvement puissant, solide et paisible qui éveille les intelligences, et équilibre de lumière la noirceur qui pourrait s’installer dans les coeurs?

Pouvons-nous écouter Paris pleurer et y entendre les sanglots de mères syriennes?

Pouvons-nous regarder dans les yeux hagards des victimes et y lire l’effroi de nos frères iraquiens?

Ecoutons et regardons profondément dans le puit creusé par notre peine et puisons-y l’eau dont le monde a besoin pour éteindre les flammes de nos angoisses.

Rassemblons-nous dans les mosquées, les synagogues, les églises, les parcs, les jardins, les terrasses de cafés afin de s’écouter les uns les autres et de réellement s’entendre.

Trouvons des manières intelligentes, créatives et joyeuses d’incarner la beauté, la bonté et la vérité de notre humanité partagée.

Noyons les réseaux sociaux de messages qui arrosent les graines de non-séparation, de non peur, de sagesse sereine.

Marchons ensemble, libre de nos complexes et de nos préjugés, pour guérir notre humanité blessée.

Ma grand-mère disait avant de mourir: “La méditation n’est pas pour la santé mentale ou pour une bonne hygiène de vie. C’est une urgence, une urgence pour le monde.”

Oui, la France est en Etat d’Urgence.

Si j’étais a Paris j’irais danser dans les rues sur un mix de musique du monde.

Tournez Derviches!

Volez Phenix!

J'ai tant appris, poème de Hafiz, poète soufi

J'ai tant
Appris de Dieu
Que je ne peux plus
Me
Prétendre
Chrétien, Hindou, Musulman,
Bouddhiste, Juif.

La Vérité a tant partagé de sa Substance
Avec moi
Que je ne peux plus me prétendre

Homme, femme, ange
Ou même pure
Ame.

L’Amour est devenu
Si complètement l’ami de Hafiz
Qu’il s’est transformé en cendres
Et m’a libéré
De tous les concepts et images
Que mon esprit ait jamais connus.

--Hafiz, poète soufi

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"Promets moi" Poème de Thich Nhat Hanh

15 Novembre 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

"Promets moi"  Poème de Thich Nhat Hanh

Promets-moi aujourd’hui,
Alors que le soleil est juste au-dessus de nos têtes ,
De te rappeler, ma sœur, mon frère :

Même s’ils te terrassent
Sous une montagne de haine et de violence,
Que l’homme n’est pas notre ennemi.

Noble est la compassion,
la haine
ne peut répondre à la violence,
la haine ne te laissera jamais affronter
la bête qui est en l’homme.

Et un jour,
quand tu feras face à la bête,
seul, ton courage intact,
Tes yeux pleins de gentillesse,
Alors de ton sourire
naîtra une fleur.

Et tous ceux qui t’aiment
seront tes témoins
par delà dix mille mondes de naissance et de mort.

Seul de nouveau,
je continuerai la tête baissée,
mais connaissant l’immortalité de l’amour .

Et sur la longue et dure route,
la soleil et la lune brilleront tour à tour
Eclairant mon chemin .

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Ensemble générons une puissante énergie de pleine conscience et de compassion en offrande spirituelle à la conférence pour le climat : du 29 novembre au 11 décembre 2015

13 Novembre 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Quand nous méditons ensemble et marchons ensemble en pleine conscience, nous amplifions le pouvoir de notre pleine conscience, de notre concentration et de notre compassion. Cette forte énergie de conscience collective sera ressentie dans le monde. Elle a le pouvoir de rétablir l’équilibre de la Terre et de retrouver l’harmonie, car nous ne sommes rien de moins que la Terre Mère elle-même. Nos actions mèneront à une vision profonde collective, à un éveil collectif et à un changement collectif.

Ensemble générons une puissante énergie de pleine conscience et de compassion en offrande spirituelle à la conférence pour le climat : du 29 novembre au 11 décembre 2015

La prière du peuple pour le climat : du 29 novembre au 11 décembre 2015

12 novembre 2015

À tous les centres de pratique du Village des Pruniers,
À tous les membres de l’Ordre de l’Inter-Être,
À toutes nos Sanghas de par le monde,
À nos chers amis bien-aimés,

Pour soutenir la prochaine conférence pour le climat à Paris (COP21) et en solidarité avec le Collectif bouddhiste mondial face aux changements climatiques, One Earth Sangha, la Sangha "Earth Holder" du Village des Pruniers et les communautés spirituelles de par le monde, nous appelons la Communauté internationale du Village des Pruniers à se rassembler pour envoyer son énergie spirituelle à la Terre Mère et aux dirigeants politiques internationaux, afin qu’ils aient le courage, la clarté d’esprit et la compassion de parvenir à un accord sage et responsable.
En tant que collectivité mondiale, nous avons la technologie, nous avons la possibilité, et nous avons maintenant besoin de volonté politique et collective ainsi que de courage spirituel pour changer de cap de manière décisive.

Nous invitons nos Sanghas à se rassembler pour respirer, s’asseoir et marcher en pleine conscience pour la Terre, et pour générer une puissante énergie collective de pleine conscience et de compassion. Cette puissante énergie collective est notre offrande spirituelle à la conférence pour le climat à Paris, et la forme de prière la plus élevée qui soit pour notre précieuse planète.

Voici comment nous pouvons nous mobiliser en tant que communauté :


1. Nous joindre à une manifestation : dimanche 29 novembre, nous vous invitons à
vous rassembler en tant que Sangha et à rejoindre une manifestation pour le climat dans une ville près de chez vous. Nous pouvons contribuer à la manifestation pour le climat par notre énergie collective de paix et de calme, en appréciant chaque pas dans la liberté et en connexion profonde avec la Terre. Vous pouvez rejoindre une manifestation près de chez vous ou en créer une.

2. Ne consommer ni viande, ni produits laitiers pendant deux semaines : le temps
du sommet pour le climat à Paris, du 30 novembre au 11 décembre, nous vous invitons à ne consommer ni viande, ni produits laitiers. Vous pouvez partager un repas végétalien avec la Sangha de type « auberge espagnole », ou en famille à la maison. Un tel régime alimentaire nourrit notre énergie de compassion, et nous pouvons envoyer cette énergie en soutien aux négociations à Paris. Pendant le repas, nous pouvons apprécier des moments de silence pour chérir la nourriture et nourrir notre gratitude et notre appréciation pour la Terre. Vous pouvez aussi pratiquer les Cinq Contemplations.

3. Porter un ruban vert : pendant ces deux semaines, du 30 novembre au 11 décembre, nous vous invitons à porter un ruban vert afin de sensibiliser votre entourage à notre pratique collective de pleine conscience et de compassion en solidarité avec la Terre.

4. Nous rassembler : nous vous encourageons à participer aux activités d’une Sangha
près de chez vous et à lire la Lettre d’amour à la Terre (en introduction des Conversations intimes avec le Bouddha) et Ce Monde est tout ce que nous avons de Thây. La sensibilisation à ce sujet au sein même de nos sanghas encourage l’éveil collectif de la société. Vous pouvez aussi vous joindre aux rassemblements et aux veilles organisés par nos frères et sœurs d’autres traditions spirituelles, ainsi qu’aux groupes d’action pour le climat, et offrir votre présence, votre paix, votre compassion et votre soutien.

5. Prendre un engagement : nous vous encourageons à méditer sur votre façon de
vivre et à vous engager personnellement à prendre des mesures concrètes pour réduire votre impact sur l’environnement. Informez les personnes qui vivent avec vous ou votre sangha locale de vos intentions et demandez-leur de vous soutenir.


Quand nous méditons ensemble et marchons ensemble en pleine conscience, nous amplifions le pouvoir de notre pleine conscience, de notre concentration et de notre compassion. Cette forte énergie de conscience collective sera ressentie dans le monde. Elle a le pouvoir de rétablir l’équilibre de la Terre et de retrouver l’harmonie, car nous ne sommes rien de moins que la Terre Mère elle-même. Nos actions mèneront à une vision profonde collective, à un éveil collectif et à un changement collectif.


Nous ne connaissons pas les conclusions de la conférence pour le climat. Mais nous traçons notre avenir par notre façon de vivre l’instant présent et par notre manière de vivre notre vie quotidienne. Notre conscience et notre compassion, ainsi que notre amour pour la Terre, s’étendront bien au-delà de la conférence pour le climat.

Avec confiance et amour,

Thầy Pháp Dung

de la part de la Communauté internationale du Village des Pruniers

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La Sangha sans Thich Nhat Hanh - article paru dans le magazine Tricycle

8 Novembre 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Frère Phap Man (Frère Accomplissement) a été interviewé durant une de nos journées de pratique à New York par un journaliste du magazine "Tricycle". Voici la traduction de l'article qu'un groupe d'amis de la Sangha des Cistes a très gentiment traduit pour nous.

7 octobre 2015

La Sangha sans Thich Nhat Hanh

Frère Accomplissement, un moine de l’Ordre de l’Inter-être, nous parle de la communauté vis-à-vis de la maladie de son guide.

Le 11 novembre 2014, la communauté bouddhiste internationale fit soudainement face à un coup dur quand le moine vietnamien Thich Nhat Hanh, un enseignant bienaimé et auteur prolifique, fut frappé par une hémorragie cérébrale qui lui fit perdre la parole et la marche. Depuis, Thich Nhat Hanh (que ses élèves appellent affectueusement « Thay ») a montré des signes de rétablissement réguliers, bien que légers : avalant de la nourriture solide et plus récemment, prononçant ses premiers mots. Il est actuellement soigné à San Francisco, au University of California, San Francisco Medical Center.

Thay avait projeté de venir aux Etats Unis cet automne pour son « Tour du Miracle de la Pleine Conscience », une période de deux mois et demie de retraites, d’enseignements du dharma et de journées de pleine conscience. Malgré l’absence de Thay, la communauté monastique de ses élèves a choisi d’effectuer le tour comme prévu.

Tricycle a rencontré l’un de ces moines, Frère Accomplissement, lors d’une journée de retraite du tour, qui s’est tenue dernièrement à New York à l’Union Theological Seminary. Frère Accomplissement, un pratiquant résident de Blue Cliff Monastery dans l’état de New York depuis 2004, nous a parlé de ce qui l’a amené vers le bouddhisme, de comment la maladie de Thay a affecté la sangha, et comment la communauté mondiale laïque et monastique du célèbre enseignant poursuivra désormais son chemin.

Pouvez-vous nous décrire votre première rencontre avec le bouddhisme ? Quand je vivais au Népal en tant que volontaire du Peace Corps, j’ai rencontré un jeune moine tibétain au bord de la rivière Trishuli, qui coule le long de la frontière entre le Népal et l’Inde. Le moine était très avenant, gentil et manifestait une forte présence. Il a immédiatement établi une profonde connexion avec moi. J’avais déjà visité des temples à Katmandou —Boudhanath et Swayambhunath— qui étaient magnifiques mais avaient aussi un aspect très mystique, surtout pour quelqu’un d’une culture occidentale comme moi. Mais avec ce jeune moine, la communication était simple et humaine. Je ne l’ai pas alors dit à voix haute, mais une partie de moi pensais « Je veux être comme cela. Je veux toucher cette joie là. »

A peu près à ce moment-là, mon ancienne petite amie est venue au Népal avec une copie du livre de Thich Nhat Hanh Transformation et Guérison : Le Sutra des Quatre Etablissements de l’attention. J’ai trouvé ce livre extraordinaire et il m’a clairement amené à me diriger vers la tradition de Thay.

Cela fait maintenant plus de dix ans que vous êtes moine dans l’Ordre créé par Thay. Comment sa maladie a-t-elle changé votre façon, et celle de la sangha, d’aborder les enseignements ? J’ai remarqué que j’avais plus d’énergie. Auparavant je suivais ; je me laissais porter. J’étais un élève, un enfant de Thay. En me laissant ainsi porter, je n’avais pas à m’en faire. Maintenant j’ai l’impression d’être passé du côté où c’est moi qui porte. Je porte ce qui m’a été transmis et je porte la communauté. C’est merveilleux d’observer ce qui se passe quand j’autorise cette transmission à se manifester — à se permettre d’être vivante.

Lorsque nous pratiquons de manière à générer cette énergie de pleine conscience et de présence, nous ressentons authenticité et guérison. Nous prenons conscience qu’un jour nous aussi pourrions être malade et ne plus pouvoir enseigner le dharma. Cette urgence fait jaillir en moi ce désir d’épauler la communauté, et je remarque la même chose dans la sangha toute entière : chacun veut soutenir l’autre. Nous avons la certitude que la vision de Thay pour nous est celle d’une communauté qui incarnera l’inter-être, sans chef.

Cette aspiration émerge en nous. Par exemple, quand nous préparons des événements, nous nous asseyons tous ensemble et échangeons nos points de vue. Comment aborder cette journée de pleine conscience ? De quoi allons-nous parler ? Personne ne dit : « C’est moi qui détient l’autorité, voici donc ce que nous allons faire. » Nous nous écoutons les uns les autres, et par cette écoute, nous laissons les réponses se manifester.

Cette impression de devoir être à la hauteur ne va pas sans une certaine anxiété. Mais au lieu de dire « Le problème c’est que Thay ne nous guidera sans doute plus », nous devons dire « Voici notre défi ». Nous commettrons des erreurs. Nous ne ferons pas tout parfaitement. La communauté ne vivra pas en parfaite harmonie si nous ne nous efforçons pas de résoudre nos différends, surtout en l’absence de notre maître. L’énergie née de cette acceptation est très importante.

Comment vous et les autres moines vivez-vous ce rôle directeur qui vous incombe pendant que Thay se rétablit aux Etats Unis, tout près d’ici ? Nous prenons en compte la réalité, il souhaiterait être ici, mais il est trop malade pour l’être. Nous agissons pour lui, à travers lui, avec lui. Nous le rendons présent dans notre façon de marcher et par notre manière d’agir ensemble. Nous le rendons vivant et permettons à son esprit de se retrouver dans la pratique.

Les pratiquants vous parlent-ils de la maladie de Thay quand ils viennent écouter vos enseignements ? Les gens qui ont étudié les œuvres de Thay savent qu’il souhaite qu’ils perçoivent sa présence au travers de leur pratique. Ceux qui le suivent — non seulement la communauté monastique mais aussi l’innombrable quantité de sanghas laïques et de pratiquants laïcs — savent qu’ils poursuivent son œuvre. Ils ont l’impression, tout comme nous, que c’est l’occasion de tous de nous élever d’un cran dans la pratique. Nous revenons sans cesse à l’enseignement sur sa non-mort. Depuis 40 ans il nous dit « Je ne mourrai jamais. Ma pratique est vivante à travers vous. Si vous marchez et respirez, je suis là. »

Thay maîtrise le pouvoir d’insuffler une transmission. Il ne s’est pas limité à le répéter encore et encore, mais il le vit. Il nous a établi un bon modèle, et maintenant nous explorons la mise en œuvre de ce modèle. Ce n’est pas simple. Nous devons le découvrir par nous-mêmes, il y a donc des moments difficiles et des incompréhensions. Mais je vois que nous progressons. Je vois le potentiel d’épanouissement de notre sangha.

Quelles paroles d’encouragement pourriez-vous offrir à des débutants dans la pratique bouddhiste ? Ce n’est pas grave si vous ne savez pas. Ce n’est pas grave si votre pratique ne vous donne pas tout-à-fait les résultats que vous attendiez. Parfois le fruit tarde à venir. Parfois il ne se manifeste que quand il le veut bien. Jésus a comparé l’Esprit Saint au vent : le vent souffle ; personne ne sait où il souffle, ni d’où il vient, ni où il va. Il va là où il veut bien ! Il serait bien bête d’essayer de s’accrocher à l’Esprit Saint. Il en est de même avec la pratique de la méditation. C’est agréable. Nous la touchons, nous la savourons. Nous ressentons paix, joie et connexion. Mais il faut lâcher prise de ces sensations, comme de tout. Il faut aller de l’avant.

—Matt Gesicki

Paul Davis/Flickr

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