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 La Maison de l'Inspir

Joyeux neuvième anniversaire, la Maison de l'Inspir !!

18 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chers amis bien-aimés,

Notre Maison va bientôt souhaiter ses neuf ans, le 18 février de l’an 2017 (année du Coq de Feu). A 1h30 du matin , une belle maison vide, sans chauffage, mais avec de l’eau courante froide et chaude, et du gaz pour faire la cuisine, nous attendait.

Notre présence a fait naître et s’épanouir la « Maison de l’Inspir ». Frères et Sœurs, en Sangha harmonieuse, nous y avons mis tout notre cœur.

Nous avons pu la garder ouverte et chaleureuse, grâce à vous, à votre précieuse présence de pratiquant(e)s, et à vos dons très généreux.

Le jardin, qui se présentait comme un vaste terrain de terre glaise pure, s’est transformé, année après année, en jardin de fleurs, où les oignons de tulipes, de jonquilles, de narcisses, de jacinthes, et les arbres…...que vous nous avez apportés à planter ou que vous avez plantés vous-mêmes, vont bientôt nous offrir leur merveilleux épanouissement au printemps.

Un oratoire, dédié au Bouddha, est né grâce aux Frères et aux Sœurs Monastiques, sur la colline de terre glaise, à droite de l’entrée, et est devenu un lieu de recueillement et de bonheur pour de nombreuses personnes.

Un bassin, où les grenouilles viennent prendre des bains de soleil sur les feuilles des nénuphars, s’emplit l’été de la beauté de leurs fleurs (votre don précieux).

Un ruisseau s’écoule en chantant depuis la source jusqu’au puits, grâce aux mains habiles d’une amie et de ses enfants.

Au fond du jardin, tout près du potager, à l’arrière de la Maison, est né un chalet en bois, parfumé à l’odeur naturelle du pin, qui abrite désormais nos messieurs, amis de passage, et recueille les rires des jeunes de Wake Up vietnamiens, les après-midi de leurs rencontres. Ce chalet est entièrement votre don.

Une grande serre tout près du chalet, don d’un ami, protège les jeunes pousses de salade de mâche cet hiver.

Le jardin potager où poussent en abondance des légumes bio, œuvre de nos jeunes Sœurs, accueille avec bonheur chaque printemps les limaces, que nous recueillons avec amour dans des seaux, où un lit d’herbes fraîches les attend. Lors de la marche méditative, elles nous accompagnent jusqu’au bord de la Marne, où de l’herbe tendre bien fraîche leur servira de nouvel abri.

Grâce à votre bonté aimante et à votre générosité, nous avons pu faire faire des travaux dans le jardin. Une amie, avec son bon cœur, s’est offerte pour drainer dans les meilleures conditions, « la Source de l’Ermite ». Ainsi nous pouvons profiter de son eau en été pour arroser notre jardin potager et remplir notre cuve d’eau de pluie.

Et la source peut continuer sa route jusqu’à la Marne, traversant, en chantant, les jardins de nos voisins.

Joyeux neuvième anniversaire, la Maison de l'Inspir !!

Les Bodhisattvas sont partout, œuvrant de tout leur cœur pour nous.

Notre Maison s’est remplie progressivement de tout ce dont nous avions besoin.

La Sangha Vietnamophone, qui nous offre sa présence deux fois par mois, nous soutient avec son amour, sa compassion, sa belle pratique et sa générosité, depuis tant d’années.

Elle a fait naître de ses mains, dans notre jardin, un abri en bois le long de la Maison, pour les chaises, les tables, et les outils de jardin, qui y somnolent en hiver.

Les Familles du Cœur se réunissent dans l’amour et la bienveillance.

Une journée de Taï Chi est offerte généreusement et régulièrement à la Maison.

Nous avons la joie de proposer des ateliers Educ’Inspir pour les éducateurs, ainsi que des ateliers d’étude des Quatorze Entraînements.

Le Mouvement Wake Up des jeunes adultes apporte l’énergie de jeunesse et sa belle détermination à changer le monde.

Les membres de l’Inter-Etre viennent nous aider de partout, y compris de Belgique.

Nous recevons un précieux soutien par leur présence à la « Maison de l’Inspir » et leurs dons généreux des Sanghas Vietnamophones, Françaises, Belges et Suisses, qui permettent à notre centre de se développer, et de faire face aux besoins de la « Maison de l’Inspir » et aux travaux d’assainissement du jardin.

Les Sœurs, qui protègent et animent de leur pratique, notre « Petit Monastère », sont un trésor merveilleux. Elles sont un refuge pour tous les amis, grâce à leur grande Bodhicitta.

Nous sommes tous les enfants de Thây.

Avec Amour et Gratitude, nous vous offrons dix fleurs de lotus, faites de nos mains jointes.

Pour les Sœurs de la « Maison de l’Inspir »,

Sœur Giac Nghiem

Joyeux neuvième anniversaire, la Maison de l'Inspir !!
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Témoignage sur le facteur d'éveil du lâcher-prise

14 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Après plus d’une vingtaine d’années de vie conjugale, je peux dire que la vie commune n’est pas toujours très facile mais que bien souvent elle apporte aussi des joies et des réconforts qu’on ne pourrait jamais avoir au cours d’une vie célibataire ou solitaire.

La vie commune pas toujours très facile pourrait laisser à penser, lorsque je parle ainsi, que c’est toujours « l’autre », le compagnon ou la compagne, qui est responsable des problèmes ou des difficultés. Et c’est bien ainsi que je l’ai vécu le plus souvent pendant une douzaine d’années, mettant, au moins dans ma pensée, cette idée que la personne partageant ma vie était réellement responsable de nos difficultés, voire de mes difficultés. Parfois je pensais que c’était vrai et à d’autres moments, c’était plutôt de la mauvaise foi.

Je me souviens bien de mon attitude intolérante et dominatrice envers cette personne partageant ma vie pour laquelle j’avais cette habitude de croire que j’avais toujours raison sur elle quand il fallait décider quelque chose ou quand nous partagions sur quelque sujet que ce soit ; et je n’acceptais pas facilement mes torts.

Puis un jour vint le moment de la rupture… après un certain temps de séparation, temps nécessaire à la réflexion, temps à la fois bénéfique et douloureux, je n’ai pas souhaité aller plus loin dans l’abandon de ma famille et humblement j’ai demandé la permission de mon retour à la maison.

Certes nous sommes très différents l’un de l’autre avec très peu de centres d’intérêts communs. Mais, je le reconnais bien volontiers, mes torts sont grands !

Photo : Wouter Verhoeven

Photo : Wouter Verhoeven

Après ce retour, une vie plus saine s’est installée progressivement dans notre famille, autant de la part de l’un que de l’autre. Des concessions réelles ont été faites dans notre relation conjugale, chacun reconnaissant sa part de responsabilité dans les conflits. L’enseignement retenu étant que dans un couple lorsqu’il y a une dispute, il y a toujours deux personnes, donc deux responsabilités, quelle qu’en soit la raison. C’était l’enseignement que m’avait appris la personne qui vit à mes côtés, et c’était une grande découverte pour moi.

J’avais oublié les enseignements de Thây, j’avais oublié le Village, la pratique, et j’étais comme un orphelin. Mais le travail de transformation s’était accompli cependant, et il continue aujourd’hui même, car rien n’est acquis définitivement, car rien n’est parfait dans notre vie.

Aujourd’hui, notre vie commune est bien plus paisible, et même s’il y a encore des tensions de temps en temps, ou des échanges un peu difficiles, je sais alors garder le silence, écouter avec patience, regarder dans mon cœur les formations mentales présentes, et peut-être ne pas réagir immédiatement à cela, surtout lorsque c’est très fort. A chaque fois que j’arrive à lâcher cette prise, je peux me rendre compte par la suite des bienfaits que cela nous apporte à tous les deux… et c’est tout de suite.

Il y a encore en moi des pensées vers des horizons lointains, des horizons meilleurs, des amours pour lesquels les conditions ne sont pas réunies… et je sais bien que ce sont des illusions pour fuir ma propre souffrance, mes propres peurs.

Je voudrais finir ce partage sur le lâcher-prise par cette pensée qui m’est venue :

« La perfection n’est pas de ce monde (dit-on habituellement), mais nous savons bien que la perfection est là aussi, puisqu’elle n’est faite en réalité que d’éléments qui ne sont pas la perfection ! »

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Vers parallèles pour l'année lunaire du Coq de feu

12 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

"Eveille la source de la compréhension,

Ouvre la voie de l'amour"

Inspirons notre pratique toute cette année ! C'est une tradition au Vietnam d'avoir ces vers parallèles au moment du Nouvel An lunaire. Au Village des Pruniers, nous utilisons la tradition comme moyen habile pour nous rappeler d'arroser les bonnes graines. Vous pouvez imprimer les calligraphies par exemple sur du papier de couleur et les afficher dans votre maison... Vous pouvez aussi puiser dans votre trésor de vision profonde pour écrire vos propres vers parallèles !

Vers parallèles pour l'année lunaire du Coq de feu
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Septième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

11 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Septième Facteur d’Eveil - L’Equanimité (Upeksha)

Voici la dernière branche de l’arbre des Facteurs d’Eveil, l’Equanimité, en sanskrit : Upeksha.

C’est aussi le quatrième élément de l’Amour Véritable (Maitri) que l’on retrouve dans le paragraphe « Les Quatre Etats Illimités » du livre ‘Le Cœur des Enseignements du Bouddha’ de Thầy.

Upa’ signifie au-dessus, et ‘iksh’ regarder : - regarder au-dessus.

L’équanimité c’est aussi le non-attachement, la non-discrimination, l’égalité d’esprit ou encore le lâcher-prise.

« L’équanimité est un aspect du véritable amour, cela n’a rien à voir avec l’indifférence. En pratiquant l’équanimité, nous aimons tout le monde de la même manière. » Thich Nhat Hanh

Chère Communauté,

Nous voici arrivés au terme de cette retraite d’hiver chez soi 2016/2017, avec ce septième message et dernier facteur d’éveil. Nous espérons qu’au cours de ce petit voyage, à travers messages et témoignages, vous avez pu toucher en vous ce qu’il y a de plus profond dans l’intimité de votre cœur, de votre âme ou de votre esprit, et que vous avez pu entrer en contact avec les éléments nourrissants et rafraîchissants déjà présents dans le tréfonds de la conscience, l’Alaya, et qu’ainsi les douleurs, les souffrances, les afflictions, ont pu commencer, avec pleine conscience, ce travail de transformation qui mène à plus de sérénité et de paix dans la vie quotidienne.

Nous vous remercions de tout cœur pour vos commentaires postés sur le blog de la Maison de l’Inspir qui nous ont encouragés à poursuivre notre route dans les moments de doute, d’hésitation. Nous remercions aussi de tout cœur les Sœurs qui nous ont apporté leur soutien joyeux indéfectible.

Mais avons-nous fait de notre mieux pour vous accompagner sur ce chemin ?

La première chose que nous enseigne Thầy à propos de l’Equanimité c’est l’Amour Véritable, qui nous apprend à voir tout le monde avec le même regard : - le regard aimant et compatissant. Et sans doute devons-nous aussi porter ce genre de regard sur nous-mêmes, sinon comment pourrions-nous aimer vraiment les personnes qui nous entourent dans notre vie familiale ou spirituelle ?

Une deuxième chose qui nous est enseignée est le Lâcher-Prise. Le lâcher-prise des notions, des jugements, de la discrimination, d’une idée d’un soi séparé… ou plus simplement, lorsque nous sommes en colère, ou tristes, ou encore désespérés, essayons de lâcher prise avec les sentiments qui inévitablement feront surface dans notre conscience, nous menant à vouloir réagir immédiatement à telle ou telle situation, ou bien nous menant à un état de léthargie, d’indolence, de dépression ou d’addiction afin de fuir nos souffrances…

Imaginons que nous soyons au sommet d’une haute montagne et que nous regardons en bas dans la vallée, les villages nichés tout au fond, et nous ne voyons plus alors précisément les détails, les routes, les personnes ; à notre vue ne se présente plus qu’un ensemble où tout ce qui pourrait nous amener à des jugements divers a disparu, laissant place à une belle vallée entourée de montagnes. Qui pourrait dire alors ce qui se passe au creux de cette vallée si belle ? Pourrions-nous prendre un parti quelconque pour qui que ce soit ?

Photo : Wouter Verhoeven

Photo : Wouter Verhoeven

Imaginons encore que nous soyons comme la terre qui reçoit une pluie bienfaisante et fraîche, mais sur laquelle nous déversons aussi des déchets polluants et toxiques, ou que nous soyons comme l’eau potable que nous buvons et sans laquelle la vie ne serait pas possible, mais à laquelle nous confions là aussi bien des liquides néfastes à la nature, ou bien que nous soyons comme l’air frais que nous respirons, allant et venant par tous les pores de notre corps et de nos poumons, et qui pourtant doit absorber une grande quantité de gaz impropres à la respiration, ou que nous soyons enfin comme le feu qui apporte la chaleur et qui purifie tout, consumant indifféremment les éléments sains ou malsains…

Ces quatre éléments, terre, eau, air et feu, sont aussi les éléments constitutifs de notre corps desquels nous ne sommes jamais séparés, ils sont en nous et nous sommes en eux, il n’y a pas de différence n’est-ce pas ?

Nous vous proposons de lire le Sutra de la Parabole de la Scie (Kakacupama Sutta – Majjhima Nikaya,21), où le Bouddha dit ceci : « Même si un bandit vous coupe les membres avec une scie, si la colère surgit en vous, vous n’êtes pas un disciple de mes enseignements. Pour être un disciple du Bouddha, votre cœur ne doit pas nourrir de haine, vous ne devez pas prononcer de paroles blessantes, vous demeurer plein de compassion, sans hostilité ni malveillance. » Thầy nous dit que cet enseignement touche une intention très noble en nous mais que celle-ci va complètement à l’opposé de nos énergies d’habitude les plus fortes qui soient.

Alors, en forme d’exercice que nous pouvons pratiquer, le Bouddha et Shariputra nous invitent à pratiquer ainsi :

- Pratiquer l’équanimité face à des paroles dures

- Apprendre à ne pas se sentir perturbé, amer ou abattu

- Ne pas exulter lorsqu’on fait nos louanges… car une louange ne nous touche pas en tant que personne individuelle, elle touche aussi nos parents, nos enseignant, nos amis, tout ce qui nous entoure ainsi que de nombreux êtres, c’est pourquoi nous ne devrions pas exulter.

Nous pouvons aussi lire le Grand Soutra de la parabole de l’Empreinte de l’Eléphant (Majjhima Nikaya,28) où Shariputra nous enseigne à propos des Quatre Grands Eléments. « En méditant sur les éléments terre, eau, feu et air qui sont en nous et à l’extérieur de nous, nous voyons que nous ne sommes pas différents des autres. Si nous transcendons notre idée d’un soi séparé, notre amour contiendra de l’équanimité, car nous saurons que nous sommes exactement comme eux. » Thich Nhat Hanh

Pour finir, voyons que nos énergies d’habitude sont basées le plus souvent sur des rapports de force tels que : plus grand plus petit, plus fort plus faible, plus beau plus moche ; ou bien agréable désagréable, joie tristesse, bonheur malheur, paix guerre, etc…

Alors maintenant, nous allons essayer une nouvelle énergie d’habitude en s’exerçant et pratiquant un rapport de Paix au moyen du Gatha suivant, et ce sera notre dernière proposition d’exercice pour ce dernier message :

« Les mains jointes je t’offre un lotus et je m’incline devant toi, Bouddha en devenir »

- Pratiquons ce gatha de tout cœur, avec tout notre être dans notre communauté spirituelle, avec nos amis, amies, dans le Dharma, sincèrement et profondément

- Pratiquons ce gatha de tout notre cœur, dans notre famille, voyons nos parents, nos enfants, nos compagnons, nos compagnes, comme étant des êtres capables de toucher à la Liberté et de nous y amener aussi

- Pratiquons ce gatha mentalement, à notre travail, dans la rue, où que nous soyons et avec les personnes qui nous entourent à ce moment-là ; voyons ces personnes comme étant des personnes capables de nous apporter de la joie et de la paix, capables de nous enseigner et nous apprendre à cheminer dans notre vie

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Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

3 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha, en grande progression dans l'éveil, voici notre sixième message pour cet hiver ! Avec nos meilleures appréciations et encouragements pour votre pratique !

La concentration, sixième facteur d'éveil

La concentration (samadhi), est avec la Pleine Conscience et la vision profonde un des piliers de la pratique. En traduisant samadhi par concentration, nous nous heurtons aux difficultés inhérentes des traductions. En consultant le glossaire du Cœur des enseignements du Bouddha, nous pouvons voir que Thầy nous offre plusieurs entrées et si nous consultons un dictionnaire Pali-français par exemple nous pouvons y trouver : « accord, paix, réconciliation ou état de calme caractérisé par l'harmonie de l'esprit et la non-confusion résultant de la pratique de la méditation »

Unification de l'esprit … et du corps : - imaginons que notre corps soit séparé en plusieurs morceaux, un bras par-ci, une jambe par-là, le tronc, sous un arbre, la tête ailleurs… et notre esprit serait sûrement lui aussi très dispersé car nous savons bien que la première caractéristique de l’esprit c’est le corps. Imaginons alors qu’en poussant un grand cri très fort nous puissions d’un seul coup réunir toutes les parties de notre corps et que celui-ci retrouve son intégrité complète, nous serions donc pleinement conscients de ce corps, et du même coup de notre esprit, nous pourrions alors voir que la concentration c’est l’absence de dispersion.

Nous connaissons tous la concentration et la pratiquons depuis notre plus jeune âge, c'est un élément essentiel de notre vie quotidienne. Mais en sommes-nous vraiment conscients ? Quelle est l’intention qui sous-tend cette concentration ? Est-ce une concentration appropriée ? Sommes-nous en accord avec les Entraînements ?

La concentration est un facteur d'éveil qui s'harmonise avec les autres facteurs, et que serait-elle sans pleine conscience, sans joie sans détente ? Nous savons bien que pour atteindre un état de pleine conscience nous devons au début faire un petit effort de concentration, sur notre corps, sur notre souffle, puis lorsque cette pleine conscience du corps et du souffle est présente et paisible, alors peu à peu notre concentration se renforce et se nourrit. Nous avons besoin de la concentration pour être en pleine conscience, et cette pleine conscience nourrit et renforce la concentration.

Ce sont les deux aspects de la concentration, proposés par Thầy dans le chapitre sur la concentration juste (Le Cœur des Enseignements du Bouddha), à savoir : la concentration active et la concentration sélective.

Nous vous proposons d'explorer ces deux aspects à travers des propositions de pratique :

- la concentration sélective :

« C'est choisir un objet et s'y maintenir » Quand sommes-nous conscients de  pratiquer une concentration sélective ?

- Au cours des gestes de la vie quotidienne : prendre le temps de revenir à sa respiration et pouvoir se dire : « je suis concentré(e) sur ce que je fais à cet instant », comme préparer le repas, éplucher les légumes… « j'ai conscience d'être concentré sur mes gestes ». Nous pouvons aussi nous interroger : est-ce une concentration appropriée ?

- Dans les moments privilégiés de pratique formelle de la méditation, avoir conscience de sa posture assise, d’une colonne vertébrale bien établie dans sa courbure naturelle, concentré(e) sur le souffle ; avoir conscience d'être concentré sur ses pas lors de la marche méditative, laisser s’établir une concentration harmonieuse en lien avec nos pas et notre souffle

- prendre conscience que notre mental, plus particulièrement Manas, est toujours prêt à nous distraire quand il se sent menacé et trouve beaucoup d'astuces pour éviter que nous restions concentrés et nous dit « j'ai trop chaud, trop froid, l'oreille me gratte, etc… ». Il ne s'agit pas de faire de l'héroïsme mais d'être conscient : « là il y a une douleur qu'il faut soulager, ou bien là c'est mon esprit qui me pousse à la distraction »

Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

- La concentration active

« En pratiquant la concentration active, on accueille tout ce qui se passe dans l’instant présent, même si cela change»

C'est une concentration ouverte, spacieuse que nous pratiquons quand Thầy nous invite à être dans nos pas, ouvert à la nature, au chant des oiseaux. Au fil de nos pas, de notre marche méditative, attentifs, nous sommes pleinement conscients(e) de notre environnement immédiat qui va se révéler de lui-même à nos regards.

- Essayons de pratiquer ainsi la marche méditative : - allons au bord d’une rivière, ou bien le long d’un bois, d’une forêt, ou encore sur la crête d’une colline, puis pratiquons la concentration active qui inclut notre corps, nos pas, notre respiration, puis peu à peu au fil de la marche nous incluons aussi tout ce qui se présente autour de nous, afin de ne faire qu’un avec notre entourage, les arbres, les champs, la rivière, le chemin où l’on marche, les personnes que nous croisons, les paysages… le sourire d’un enfant. Puis nous ne les voyons plus et les laissons partir paisiblement sans avoir l’idée de les garder juste pour soi.

« Le vent souffle dans le bambou

et le bambou danse.

Quand le vent s'arrête,

le bambou pousse en silence… »

* commentaire de Thầy: « Le vent se lève et le bambou l’accueille. Le vent s’en va et le bambou le laisse partir »

« En pratiquant la concentration active, on accueille tout ce qui vient. On ne pense à rien d’autre et on ne rêve de rien. On est simplement établi dans le moment présent de tout son être. Tout ce qui vient, vient. Lorsque l’objet de notre concentration est passé, notre esprit reste clair comme un lac paisible. »

Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

Voici un deuxième aspect de la pratique de la concentration :

- assis calmement au pied d’un arbre, ou sur un coussin, une chaise, chez soi, dirigeant notre attention sur le souffle, sur notre posture, nous accueillons tout ce qui se produit dans notre mental au moyen de la reconnaissance pure, car nous savons bien que nous ne pouvons pas arrêter le flux de nos pensées.

Exemples :

* Lorsque nous avons un souci, une inquiétude, juste nous reconnaissons que c’est un souci ou une inquiétude, et nous accueillons cela tel quel sans en être affligé(e) particulièrement.

* Lorsque nous avons de la joie ou de la compassion, juste nous reconnaissons que c’est un sentiment de joie ou de compassion, et nous les accueillons tels quels sans être emporté(e) par de l’euphorie par exemple.

* Si nous n’avons pas de pensée particulière, c’est-à-dire si nous avons une pensée neutre, alors reconnaissons-la aussi simplement. Cependant une pensée neutre peut aussi devenir une pensée agréable du simple fait de notre posture stable et concentrée.

« …Un oiseau argenté vole sur le lac d’automne.

Lorsqu’il est passé, la surface du lac n’essaie pas de retenir son image. » TNH

* commentaire de Thầy: « Une fois l’oiseau passé, le lac reflète les nuages et le ciel avec la même clarté. »

Proposition de lecture :

- Les quatre niveaux de concentration : - nous vous invitons à être curieux et à vous pencher sur les textes traduits de Maître Tăng Hi par Thầy - (Page 40 et suivantes). Nous découvrirons les quatre états de concentration rencontrés au cours de la méditation qui est une des Six Paramitas : Dhyana Paramita – La Perfection de la Méditation.

Poème d’un ami :

« Cheminant dans la campagne, ce matin de bonne heure,

Le corps et l’esprit se rejoignent au firmament ;

Chaque pas, chaque souffle, est aussi frais qu’une fleur.

Dans la brise, les arbres nous livrent leur Enseignement. » CLT

Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017
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