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 La Maison de l'Inspir

La pleine conscience à l'école (partage de Pascale, ex-professeur des écoles)

Rédigé par Maison de l'Inspir

"On peut rêver de l’apprentissage systématique de la méditation a l’école …"

Jacques Attali Professeur, écrivain, conseiller d’Etat, chroniqueur à l’express

"J'ai vu des écoles pourries connaître un changement à 180 degrés grâce à la méditation. Il ne s'agit pas d'un remède de surface : les jeunes qui méditent, ne serait-ce qu'une fois par semaine, apprennent à plonger en eux-même et une vraie force s'anime en eux. Pareil pour les profs. Quand nous aurons appris cela à un million de gamins, l'effet sera énorme."

David Lynch

La fondation du réalisateur oeuvre pour l’enseignement de la méditation aux enfants défavorisés

“Si, dès l'âge de 8 ans, on enseignait la méditation, nous pourrions éliminer la violence dans le monde en une seule génération”

Tenzin Gyatso

XIVème Dalaï Lama, prix Nobel de la paix

"Il existe aujourd'hui un nombre croissant de travaux montrant l'intérêt de la méditation de pleine conscience auprès des enfants, pour l'équilibre émotionnel, les capacités de résilience, la qualité des échanges familiaux et les capacités attentionnelles, notamment dans le travail scolaire et les apprentissages"

Christophe André

psychiatre à l’hôpital sainte-Anne à Paris et écrivain.

"L'introduction de la méditation a l'école devrait être inscrite au programme de l'éducation nationale. C'est de l'éducation préventive qui ne nécessite aucun moyen ni aucun poste supplémentaire et qui permettrait d'enrayer tellement de difficultés scolaires"

Jeanne Siaud-Facchin,

psychologue clinicienne


La Pleine Conscience à l’École

par Pascale Dumont, ex-professeur des Écoles et maître spécialisé pour les enfants en difficulté

C’est l’histoire d’une enseignante qui a expérimenté des pratiques de pleine conscience à l’école.

C’est l’histoire d’enfants qui apprennent à entrer en contact avec eux-mêmes, à gérer leurs émotions et leurs relations aux autres et qui parviennent mieux à se concentrer. Ce qui profite à leurs études comme à leur vie.

C’est également l’histoire d’un système éducatif qui nous révèle ses difficultés et ses limites .

C’est l’histoire de graines d’un nouveau possible pour des enseignants qui ont besoin de reconnaissance et d’espoir.

SOMMAIRE

Chapitre 1 Quatre histoires d’enfants…………………………………………………….……… 5 ( Anthony - Rémi, Fabien et Will - Victor - les 3 ‘GS’ )

Chapitre 2 La pleine conscience et sa place possible dans l’éducation ….……… 12

Chapitre 3 La pleine conscience et sa boîte à outils pour l’école …………………. 14

  • La pratique de l’arrêt
  • La respiration consciente
  • Les mouvements de pleine conscience
  • La méditation assise
  • La relaxation profonde
  • La méditation des petits cailloux
  • Les repas en pleine conscience
  • La pratique du renouveau
  • Des chants qui parlent de pleine conscience
  • Les entraînements à la pleine conscience
  • «Joyeusement ensemble»
  • Les touchers de la terre

Chapitre 4 Quelques mises en pratique personnelles ……………………………….… 19 En classe : Les pratiques d’attention à soi - La gestion des émotions - La sagesse au programme…………………………………….. 19

En classe transplantée ……………………………………………………………….. 23

En petits groupes ……………………………………………..……………………….. 25

Chapitre 5 Pratique personnelle et gestion du stress chez les enseignants...... 28

Chapitre 6 Relations avec les collègues …………………….…………………………...……. 30

Chapitre 7 Origines de ma pratique, ressources et réseaux………...……………….. 32

Chapitre 8 Le grand rêve ...………………………………………………………………………….. 34

L’Invitation du village des pruniers……………..…………………………………...………………… 36

ANNEXES

Annexe 1 Quelques chansons qui parlent de la pleine conscience ................. 39

Annexe 2 Le texte des 5 entraînements à la pleine conscience (pour les adultes) …………………………………………………..…………….……. 40

Annexe 3 Le texte de guidance de la relaxation profonde……………..……………. 42

Annexe 4 Le texte de guidance des touchers de la terre …………………..……….. 45

Annexe 5 Le texte de guidance pour la méditation des petits cailloux ……….. 46

Chapitre 1

Quatre histoires d’enfants

L’histoire d’Anthony

Anthony était un garçon de 10 ans déjà très costaud. A cette époque, il avait déjà à son actif le racket d’un enfant qui avait dû quitter l’école et de très nombreuses bagarres. Il était impressionnant. Il passait la plupart de ses récréations dans un couloir face au bureau de la directrice. Ce n’était pas très légal mais on ne savait plus quoi en faire.

Ce vendredi là à 13h, je m’étais proposée d’accueillir un groupe de 6 garçons qui avaient perdu tous leurs points de comportement sur leur «permis» depuis les 15 derniers jours. Les plus terribles de l’école. J’étais sensée leur rappeler les règles de conduite, les sermonner, leur donner à faire quelques lignes d’écriture; n’importe quoi qui puisse «corriger» leur comportement!

Anthony est arrivé en retard. En ouvrant la porte, droit dans ses bottes, il a annoncé la couleur : « Moi, les maîtresses, j’en ai rien à foutre. Je n’obéis qu’à Dieu ! A mon père, et encore..... ». A suivi un discours où il était question d’Allah et de sa grandeur. Je suis restée scotchée. J’avais l’impression qu’une radio extrémiste diffusait ses émissions par sa bouche! Il n’avait que 10 ans. J’étais fascinée et j’ai juste écouté. A vrai dire, je ne savais pas quoi faire d’autre. Je n’avais aucune envie d’entrer dans un conflit idéologique frontal, alors j’ai respiré et j’ai écouté calmement, me demandant vaguement comment j’allais pouvoir me sortir de cette situation hors contrôle. Les autres enfants assistaient à la scène, aussi muets que moi.

Après un long moment d’écoute - et de solitude - , Anthony s’est soudain arrêté et a regardé les autres enfants. Il a déclaré se tournant vers ses camarades : «Bon, vous autres! Maintenant qu’elle m’a écouté, on va l’écouter!». Et il s’est assis parmi nous. Je ne cache pas le soulagement que j’ai ressenti à ce moment là...

J’ai alors proposé d’échanger sur leurs ressentis dans leur corps juste avant d’avoir envie de se bagarrer. Anthony, du haut de sa longue expérience, nous a expliqué : «Moi, ça commence dans le ventre. Après, ça monte, ça monte comme ça... et quand ça arrive dans ma tête, ça explose et je sais plus ce que je fais !».

D’autres se sont exprimés et j’ai proposé une méditation.

A ce moment là, Sofian est intervenu : « Moi je sais ! C’est trop bien!».

Je connaissais bien Sofian pour l’avoir rencontré de nombreuses fois dans le couloir à des heures où il était sensé être en classe. Il pestait contre sa maîtresse et contre toutes les injustices dont il se sentait la victime.

J’avais pris plusieurs fois une minute par ci par là avec lui. Je lui avais expliqué comment on pouvait se calmer en appuyant sur un endroit “magique” de sa main, avec le 4ème doigt. Je m’asseyais calmement à côté de lui une minute dans le couloir et je reprenais mon travail.

Sofian donc, visiblement satisfait de sa science méditative, a expliqué aux autres comment faire. Je l’ai laissé partager et je me suis mise en méditation. Le silence s’est installé et très rapidement, il s’est fait de plus en plus intense, écrasant les cris des enfants dans la cour. J’ai noté tout ça avec surprise et j’ai relevé au bout d’un long moment discrètement un oeil; j’ai vu des enfants calmes, le corps et l’esprit détendus et apaisés.

Peu à peu, ils ont rouvert les yeux et les commentaires ont fusé.

Anthony : «Trop bien! On peut le refaire la semaine prochaine??!».

Oups ! Ce n’était pas prévu. N’étaient-ils pas sensés ne pas avoir envie de revenir ?

Antoine : «Maîtresse, c’était le paradis!!».

Anthony m’a demandé dans les jours qui suivent de pouvoir renouveler l’expérience. Il en a parlé à sa maîtresse et l’on a convenu que de toute façon, étant privé de récréation et n’ayant aucune autre solution, je pouvais bien faire de la méditation avec lui deux fois par semaine pendant la récréation de l’après-midi, dans la bibliothèque libérée pour la circonstance.

Un jour, après la méditation, il m’a demandé si je pensais qu’il était fou. J’ai répondu que je ne voyais pas les choses comme ça. Je pensais qu’il y avait des gens qui souffraient plus ou moins; que des gens «pas fous du tout», ça s’appelait des sages et que je n’en connaissais pas beaucoup. Un ou deux, pas plus ! Ma réponse a eu l’air de le soulager.

Une autre fois, j’ai représenté son esprit sur une feuille de papier. L’ayant vu trop souvent rejeter la responsabilité de ses colères sur les autres, j’avais dans l’idée de lui faire comprendre que sa colère était déjà en lui. J’avais dessiné un cercle divisé en deux par une ligne. La moitié supérieure du cercle représentait sa conscience habituelle et la moitié inférieure représentait son inconscient où figuraient ses «graines de colères». Je lui ai expliqué ensuite comment, dans certaines circonstances qui déclenchaient sa colère- dans la cour, avec les autres enfants par exemple - ses graines, normalement “cachées” étaient arrosées et grandissaient, grandissaient… Avant la fin de mon explication, il m’a arraché le crayon des mains et a dessiné un énorme gribouillis dans sa conscience habituelle pour bien me signifier ce que cette graine devenait, une fois remontée à la surface!

Une autre fois encore, toujours après la méditation, je lui disais qu’il avait beaucoup de charisme. Il m’a demandé ce que ça voulait dire. J’ai expliqué et j’ai ajouté : «avec le charisme, on peut faire le meilleur comme on peut faire le pire.».

A cet instant, il m’a regardé intensément et m’a demandé avec beaucoup de sincérité : «Comment on fait le meilleur ?». Je n’ai pas su lui répondre. J’étais profondément touchée.

J’ai vu alors toutes les personnes actuellement enfermées dans des prisons qui avaient été des enfants comme Anthony; des personnes qui voulaient faire le meilleur mais qui ne savaient pas quoi faire de leurs émotions de colère qui les submergeaient régulièrement; et puis, à un moment, leur vie avait basculé.

J’ai vu aussi Anthony en prison; parce qu’en toute logique, vivant dans l’environnement où il vivait et avec les colères violentes et régulières qu’il manifestait, son avenir semblait tout tracé.

J’ai baissé la tête.

Je me suis vue, représentante d’un système éducatif, incapable de répondre à son appel à l’aide.

J’ai senti l’impuissance et la honte en moi.

Cet enfant m’a beaucoup touchée. Il m’a beaucoup appris sur le fonctionnement de l’esprit et de la colère; il illustrait parfaitement les enseignements sur la pleine conscience que j’avais reçus. L’histoire de Rémi, Fabien et Will

Cette année là, l’une des maîtresses de CM1, débutante, était particulièrement émotive, fragile, nerveuse. Elle avait 3 élèves dans sa classe, très perturbateurs. Ces enfants ne tenaient pas en place. Ils se levaient, allaient et venaient, se disputant, s’injuriant entre eux, et lui répondant de façon insolente et agressive. C’est toute la classe qui souffrait.

L’inspectrice avait demandé de l’aide aux collègues de l’école. Ces élèves allaient donc dans d’autres classes sur des temps pré-déterminés. J’ai vu dans cette situation une excellente occasion d’expérimenter les pratiques de pleine conscience :

J’ai proposé de prendre en charge ces trois enfants de 9-10 ans tous les après midi, après la récréation.

La première surprise survint dès la première séance, lorsque je leur demandai de faire un dessin de leur choix. Pour deux d’entre eux, je n’oublierai jamais leurs beaux dessins colorés, un coeur, les mots «amour», «paix»; rien à voir avec l’idée que je m’étais faite d’eux à travers le regard de leur enseignante.

Il est vrai qu’ils passaient leur temps à se chercher mutuellement et à se disputer constamment et au début, ce n’était pas facile.

Alors, nous avons pratiqué différents exercices de pleine conscience : des méditations guidées et en silence, en position assise; nous avons fait des exercices de relaxation profonde; nous nous sommes entraînés à nous écouter de façon ouverte et attentive, et nous avons appris à nous exprimer avec douceur et compréhension.

Et puis un jour, alors que la cloche de fin de récréation venait juste de sonner, j’entends taper à la porte : c’était Rémi. Je m’étonnai : «mais tu es déjà là ?». Et lui de me répondre : «Ah oui! je suis trop pressé de venir !». Il attendait la fin de la récréation devant ma porte! L’institutrice ne l’entendait pas de cette oreille et est venue exiger qu’il se mette en rang comme tout le monde. J’ai choisi de soutenir la maîtresse à ce moment là.

Un autre jour, cette même enseignante vient vers moi et me demande l’air visiblement agacé : «Mais qu’est-ce tu fais avec ces enfants ???». Elle me raconte: «Fabien m’a encore fait une crise dans la classe! Il a pris une chaise. Il était prêt à la balancer à travers la classe et tout à coup, il s’est arrêté. Il a dit : «oh oh ! il faut qu’j’vais méditer !» et il est parti au fond de classe. Il s’est assis les jambes croisées. Il faisait un truc du genre yoga ! Toute la classe a éclaté de rire! Il m’a dit qu’il faisait ça avec toi! C’est vraiment insupportable !!».

A cet instant, bien que me réjouissant intérieurement des progrès fulgurants de Fabien dans la pratique de l’arrêt, je me suis demandé comment j’allais pouvoir expliquer tout ça à sa maîtresse peu réceptive à mes pratiques tout en la soutenant dans son rôle devant les enfants. J’étais coincée et une petite réunion de mise au point s’imposait. Par ailleurs, j’essayai de discuter avec elle à d’autres moments où elle était plus disponible mais il y en avait peu. Comme elle était très stressée, j’ai surtout pris du temps pour l’écouter mais je ne trouvai pas beaucoup d’espace pour lui parler de la pleine conscience. J’expliquai par ailleurs à Fabien qu’il pouvait aussi méditer sur sa chaise, les mains sous sa table. Ce n’était vraiment pas confortable pour moi de constater le manque de cohérence entre elle et moi, que l’on offrait à cet enfant. Je ne me suis pas non plus autorisée à expliquer à Fabien que sa maîtresse était en grande souffrance.

Un autre jour, j’avais décidé d’introduire la pratique du renouveau; une pratique qui permet de renouveler, rafraîchir et améliorer nos relations avec les autres.

J’avais amené ce jour-là une petite plante avec une jolie fleur jaune et je l’avais posée au centre du cercle.

Très vite, je me suis rendu compte que mon “baratin” d’introduction à cette pratique les ennuyait profondément et j’ai donc tout de suite commencé. J’ai pris la plante et j’ai parlé des belles qualités de chacun d’entre eux. A partir de cet exemple, ils ont tout de suite compris le principe et ils ont continué. C’était vraiment touchant et surtout inédit pour eux de se trouver des points positifs entre eux! J’ai eu aussi le bonheur de bénéficier de leur arrosage et de m’entendre me souhaiter une belle carrière à l’éducation nationale; ce dont je doutais à cet instant précis où j’avais surtout l’impression de me livrer avec eux à des activités subversives. J’ai souri.

A la fin du renouveau, le problème s’est très vite posé pour eux : qui allait prendre soin de la plante ? Tous les trois voulaient le faire et ils voulaient l’emmener dans leur classe !

J’ai proposé qu’en attendant qu’ils trouvent une solution entre eux, je m’en occuperai moi-même dans notre salle. A ce moment là, Rémi a saisi la plante et il est parti en courant dans la salle à côté. Je l’ai retrouvé allongé sur un tapis, en position fœtale, la plante dans les bras, pleurant : «je n’veux pas retourner dans ma classe!!! je n’veux plus y retourner...»

Je dois dire que j’étais vraiment triste de le voir dans cet état. J’ai dû lui expliquer que ce n’était pas possible. Pas facile.

L’expérience a duré environ deux mois et, arrivé début février, je leur ai expliqué que j’allai m’absenter un mois parce que je devais me faire opérer. Après la séance, j’ai eu la surprise de voir Rémi-la-terreur-de-classe venir me faire un gros bisou sous l’oeil goguenard d’un enfant un peu plus grand.

L’opération ne s’est pas déroulée comme prévu : mes cordes vocales sont restées muettes à la suite d’un accident chirurgical et j’ai dû arrêter mon travail.

Mais je suis retournée à l’école plus tard dans l’année pour récupérer quelques affaires et rendre la clef de mon bureau. Je re-descendais; c’était l’heure de la sortie. Devant la salle des maîtres, il y avait l’institutrice des trois enfants; elle me faisait dos et Rémi, avec quelques autres camarades, se faisait copieusement sermonner. Rémi m’a tout de suite repérée et je voyais bien qu’il ne pouvait plus détacher ses yeux de moi. En le voyant dans cette situation, je n’ai pu m’empêcher de lui sourire; nous avons échangé un regard plein d’amour qui m’a beaucoup touché.

Alors que j’étais assise dans la salle des maîtres, l’institutrice m’a rejointe, pestant : «Avec Rémi, c’est toujours la même chose. Il est toujours aussi insolent !». Puis, un silence avant d’ajouter : «mais maintenant, ils s’entendent vraiment très bien ces trois là!».

Son dernier commentaire, le regard de Rémy et j’étais comblée pour un bon moment! Comblée et convaincue que malgré les difficultés rencontrées, nos séances avaient porté quelques fruits!

Pourtant, dans cette expérience, je me suis sentie particulièrement limitée par le fait d’être seule et frustrée de ne pas me sentir libre de partager avec mes collègues. L’histoire de Victor

Victor était «un petit CP». Dans sa classe, il ne tenait pas en place. La maîtresse avait dû isoler sa table, face au tableau, tout devant.

Ce jour-là, nous avions réuni tous les élèves de l’école dans le grand hall pour une représentation de chant choral. Sa maîtresse me l’avait confié parce qu’il était incontrôlable; il n’était pas envisageable de le faire chanter avec sa classe; je l’ai donc emmené par la main pour assister à la représentation. Nous nous sommes assis par terre. Un grand garçon est arrivé et lui a dit gentiment : «ça va, Victor ?» Victor s’est agité et a paniqué, il était persuadé que le grand lui voulait du mal. J’avais déjà remarqué que, bien qu’il soit un garçon intelligent, il avait du mal à décoder les intentions des autres enfants. Son intelligence émotionnelle semblait très perturbée. J’avais appris par ailleurs que ses relations avec sa maman étaient d’une grande violence. Je me suis dit à ce moment-là qu’il devait y avoir un rapport. Le grand garçon s’est éloigné.

Pour mieux profiter du spectacle, je lui ai proposé de s’asseoir sur mes genoux. Il remuait beaucoup et instinctivement, j’ai posé mes mains l’une sur l’autre, comme je le faisais habituellement en méditation et mes mains ont rencontré son ventre. Il s’est détendu un peu. Et puis, spontanément, il a posé doucement ses deux petites mains dans les miennes, comme pour trouver un petit nid douillet. Je l’ai laissé faire. Et j’ai entrepris de méditer. Pendant tout le temps qu’a duré la représentation, j’ai senti tout son corps se relâcher peu à peu pour devenir très détendu, calme, apaisé. Son dos semblait s’incruster en moi. Nos respirations ne faisaient qu’une. Cette expérience m’a profondément étonnée. J’ai eu l’impression de toucher profondément, pour la première fois, une évidence : mon calme l’avait contaminé. Nous ne faisions qu’un.

Son attitude paisible était complètement inhabituelle.

Au bout d’un moment, complètement installé dans cette énergie, il s’est retourné et s’est installé dans mes bras comme un bébé. Je me suis sentie dépassée par la situation et un profond malaise s’est emparé de moi. Heureusement, le spectacle se terminait : j’ai pu me lever tranquillement sans avoir à manifester mon embarras, ni avoir à le repousser.

Il m’a fallu du temps avant d’oser regarder profondément dans le malaise que j’ai ressenti à ce moment-là.

Je pense aujourd’hui qu’il était lié au franchissement de deux interdits inscrits profondément dans la conscience collective. Premier interdit : j’étais sortie de mon rôle d’enseignante. Et plus profond encore, deuxième interdit: j’avais le sentiment d’avoir usurpé la place de sa mère.

Mais pour Victor, il a trouvé ce jour là dans cette énergie un sentiment de sécurité qui lui avait permis de s’abandonner totalement.

L’histoire des 3 ‘GS’ (Grande Section)

Ce jour-là à 11h, je suis allée chercher dans leurs classes respectives, comme à mon habitude, trois élèves de Grande Section de Maternelle qui étaient en «difficulté scolaire». J’étais sans énergie, épuisée. Dans cette extrême fatigue, j’ai choisi d’accepter la situation telle qu’elle était. J’ai décidé de lâcher mes attentes habituelles et j’ai senti mon corps se détendre. En entrant dans la classe avec les enfants, l’évidence m’est apparue : «A cet instant précis, aucun de nous n’avait le désir de développer l’art de tracer les «O» dans le «bon sens»! Je me suis alors dirigée vers notre tapis et j’ai enlevé mes chaussures. Les enfants ont fait la même chose et nous nous sommes assis en rond. J’ai commencé à faire un auto-massage, de la tête au pied, en pleine conscience et ce, en silence pendant plus de 20 minutes. Ils m’ont suivie. Nous avons terminé par quelques mouvements debout. A la fin, je les ai salué et ils m’ont salué en retour, le sourire aux lèvres.

Alors que je renfilai mes chaussures en me sentant déjà plus légère, je me retourne et je les vois pliés de rire sur le tapis; une joie intense les habitait et ils se regardaient, l’oeil complice. Moi, je me suis sentie très touchée par leur joie profonde et j’ai pensé: «C’est vraiment ce qu’il y avait de mieux à faire !».

Quelques mois plus tard, Kevin me voit passer et me dit : « tu sais, ton truc comme ça ....», en me montrant un des mouvements de notre auto-massage, « et ben, moi je le fais tout seul dans ma chambre quand mes parents se bagarrent dans le salon!».

Kevin avait trouvé dans ces mouvements en pleine conscience un refuge pour les jours de tempête à la maison! Je n’avais eu aucune idée de ce que j’avais semé ce jour là, un jour de grande fatigue où je ne me croyais bonne à rien.

Chapitre 2

La pleine conscience et sa place dans l’éducation

C’est presque plus facile d’expliquer ce qu’est la pleine conscience par son contraire, l’oubli, tant il nous est familier dans notre société actuelle.

L’oubli, c’est lorsqu’on est devant la télé sans pouvoir s’en détacher; on oublie tout, absorbé et happé par le flux d’images qui défile devant nos yeux. Le petit éclair de conscience, c’est ce qui nous empêche de nous endormir devant et qui dit à un moment donné : «Il est déjà 23h. Il est temps d’aller me coucher!».

L’oubli, c’est quand on est «scotché devant l’ordinateur» sans voir le temps passer, le corps tendu vers l’écran, en se laissant ballotter de-ci de-là, d’un lien vers un autre par la toute puissante machine internet. La conscience, c’est de se demander «mais au fait, j’étais venu faire quoi sur l’ordinateur ?».

L’oubli, c’est quand on est dans les rayons du supermarché, remplissant avidement son caddie, happé par les annonces harcelantes des promotions plus attrayantes les unes que les autres. La conscience, c’est quand on sait ce que l’on veut consommer, ce que l’on ne veut pas consommer et que l’on n’achète que ça.

L’oubli, c’est quand on est devant son assiette sans savoir qu’on est en train de manger, absorbé que l’on est par la conversation avec la personne qui partage notre table. La conscience, c’est de savoir que l’on est en train de manger au moment où l’on mange. C’est d’avoir conscience de ce que l’on mange, d’où ça vient et comment ça a bien pu atterrir dans notre assiette.

L’oubli, c’est notre état lorsqu’on est submergé par une émotion et qu’on ne contrôle plus ni ce qu’on dit, ni ce qu’on fait. La conscience, c’est de reconnaître cette émotion, par exemple la colère, l’accepter, et éviter d’agir à partir d’elle. Ceci offre la possibilité de changer, pour adopter un comportement qui soit plus adapté.

L’oubli, c’est lorsqu’on est absorbé par des routines, des habitudes de fonctionnement sans plus bien savoir pourquoi on fait les choses de cette manière là. Et puis un jour, un enfant nous interroge : « Et pourquoi .... ?». Parfois, on sait, parfois, on croit savoir et parfois, on ne sait pas du tout. Et quelle est notre attitude, à ce moment-là ? « Tais toi donc, petit insolent ! » ou «Ah tiens, je ne m’étais jamais posé cette question. Je ne sais pas mais je te promets d’y réfléchir. Merci en tout cas pour cette opportunité que tu m’offres d’améliorer la conscience que j’ai de moi-même !».

Comme on le voit, il n’y a rien d’extraordinaire dans ces éclairs de conscience. On les connaît tous, ils nous arrivent de façon aléatoire, et de façon plus ou moins profonde et furtive.

La pleine conscience est un prolongement de cet état; un prolongement dans le temps et dans les activités quotidiennes, soutenu par la force de l’attention. Quand cet état de conscience imprègne profondément nos activités quotidiennes, cela se manifeste ainsi : quand on marche, on sait qu’on marche; quand on écrit, on sait qu’on écrit; quand on est assis à notre table, on sait qu’on est assis à notre table; quand un élève nous parle, on sait qu’un élève est en train de nous parler. On est installés dans l’instant présent, ouverts à ce qui est, et cela nous donne une qualité de présence tout à fait particulière.

Autre conséquence, cette qualité d’attention très particulière amène des compréhensions plus profondes. Bref, elle nous rend plus intelligent.

La pleine de conscience, on l’a bien compris, concerne autant l’enseignant que les élèves.

La bonne nouvelle c’est qu’il existe des pratiques pour entraîner son esprit à revenir à cette conscience et à la soutenir. Ces pratiques sont adaptables aux enfants et à un environnement scolaire. Elles peuvent tout à fait s’intégrer au quotidien de la vie de la classe. Nous les décrirons brièvement dans le chapitre suivant. Leur intérêt n’étant pas de les connaître mais surtout de les mettre en pratique.

Quel est l’enjeu de ces pratiques dans le domaine éducatif ?

Etre plus concentré et plus disponible pour les apprentissages

Apprendre à gérer ses émotions,

Apprendre à vivre en harmonie avec les autres,

Préparer une société plus consciente.

Rien de moins !
Chapitre 3

La pleine conscience et sa boîte à outils pour l’école

L’ensemble de ces pratiques peut constituer la boîte à outils de base pour entraîner son esprit à la pleine conscience. Elles n’ont d’intérêt que si elles sont réellement pratiquées régulièrement. Le support du groupe (autant enfants qu’adultes) est un facteur qui facilite beaucoup la pratique. La pratique de l’arrêt

L’objet de cette pratique, c’est d’apprendre à ramener son esprit à ce qui se passe dans le moment présent.

Cette pratique est une gymnastique de l’esprit et de l’attention : l’esprit éparpillé revient à la respiration et au corps. Pour cela, on choisit un signal qui se déclenche à certains moments de la journée. Ca peut être un signal extérieur qui se déclenche de façon aléatoire (depuis un ordinateur ou une sonnerie de téléphone, une horloge) ou une cloche qui est actionnée à l’initiative de l’enseignant ou d’un enfant.

Au signal, on arrête toute activité en cours et on respire 3 fois en suivant sa respiration. Et puis on reprend naturellement le cours de l’activité.

On fait ça plusieurs fois par jour, tous ensemble. La respiration consciente

Respirer consciemment, c’est savoir que l’on inspire quand on inspire et savoir que l’on expire quand on expire.

Apprendre à rester en contact avec sa respiration permet de calmer ses émotions.

Les mouvements de pleine conscience L’objectif de cette pratique est de développer la conscience du corps dans le mouvement : la conscience de la respiration, la conscience des différentes parties du corps, la conscience de l’énergie qui anime notre corps.

Il existe des livres sur le Qi gong ou le yoga pour les enfants qui peuvent constituer un support pour ce genre d’exercices. La conscience du corps peut aussi se développer à travers des activités plus communes comme marcher, s’asseoir, toucher, lancer un ballon ...

L’adulte guide l’enfant et l’invite à revenir à ses sensations.

La méditation assise

L’objet de cette pratique est de développer l’attention dans l’immobilité : la conscience de la respiration, la conscience des sensations du corps (notamment des zones de tensions), des perceptions de nos organes des sens, et des pensées qui défilent dans la tête.

La posture est importante dans cette pratique : elle doit être stable et permettre à l’énergie de circuler facilement. L’attention est généralement posée au niveau du ventre, ce qui permet de calmer l’esprit.

La méditation peut être guidée par une personne extérieure ou se faire dans le silence.

La relaxation profonde

La relaxation profonde, à travers le fait de porter notre attention sur chaque partie du corps, est une chance que nous lui offrons de se reposer. Quand notre corps est à l’aise et détendu, notre esprit peut aussi être calme et en paix. La pratique de la relaxation profonde est très importante pour guérir notre corps et notre esprit.

Pour guider cette relaxation, l’enseignant peut s’appuyer sur le texte joint en annexe.

La méditation des petits cailloux

Cette méditation, conçue pour les enfants, permet de renforcer des qualités d’esprit remarquables : la fraîcheur, la stabilité, le calme et la paix intérieure.

Pour cette méditation, les enfants s’appuient sur 4 cailloux symbolisant ces qualités.

Voir en annexe le texte de guidance de la méditation des petits cailloux

Le repas en pleine conscience

Cela peut-être un repas, un goûter, un morceau de gâteau, ou même de simples quartiers d’oranges partagés en classe.

Le principe, c’est que la première partie du repas se fait en silence et en conscience. Une invitation est faite avant le début du repas sous forme de poème récité (mais on peut aussi l’inventer) où notre conscience est ramenée au repas qui va être partagé.

Exemple de petit poème que l’on peut réciter en début de repas avec des enfants :

“Cette nourriture est un cadeau de tout l’univers : la Terre, le ciel, la pluie et le soleil. Nous remercions les personnes qui ont préparé cette nourriture, surtout les fermiers, les marchands et les cuisiniers. Dans notre assiette, nous ne prenons pas plus de nourriture que ce que nous pouvons manger. Nous voulons mâcher lentement pour apprécier la nourriture. Cette nourriture nous donne de l’énergie pour offrir plus d’amour et plus de compréhension. Nous mangeons cette nourriture pour être en bonne santé et heureux et aimer tout le monde comme une vraie famille”

  • La pratique du renouveau

C’est une pratique qui permet de préserver, renouveler, rafraîchir et améliorer nos relations avec les autres et qui est d’un grand intérêt pour harmoniser la vie de la classe!

Dans sa forme traditionnelle, elle consiste à exprimer, dans l’ordre :

1/ Les qualités que l’on apprécie chez l’autre

2/ Nos regrets, nos excuses pour certaines actions maladroites que l’on a pu commettre

3/ La peine que nous avons ressenti lorsque l’autre a commis une certaine action

4/ Nos difficultés tenaces et de demander le soutien des autres.

En général, c’est la première partie que l’on cherche d’abord à développer chez les enfants avant de vouloir résoudre les conflits.

Il y a des règles de prise de parole qui permettent d’ouvrir un espace dans lequel l’enfant se sentira sécurisé et assuré que les autres l’écouteront. Par exemple, faire un signe quand on veut prendre la parole et quand on la rend au groupe. Dans cet intervalle, le groupe s’engage à ne pas interrompre l’enfant qui parle, et à ne pas répéter en dehors du groupe ce qui est exprimé. C’est un espace où il apprendra à s’exprimer essentiellement avec des «je» qui le mettent en contact avec lui-même.

C’est une pratique qui exige une parole bienveillante d’un côté, et une écoute profonde de l’autre.

Chanter des chansons qui nous ramènent à la pleine conscience

Avant de commencer une nouvelle activité, on peut chanter ensemble une chanson qui nous ramène à la pleine conscience. C’est une façon de rassembler les énergies dans une direction commune pour que le groupe s’harmonise.

Voir en annexe des exemples de chansons sur la pleine conscience

La méditation dans le travail scolaire

C’est apprendre à être vraiment présent pendant une leçon, sentir quand notre esprit s’absente et revenir à soi.

C’est avoir conscience de ce que l’on sait, et de ce que l’on ne sait pas.

C’est faire une chose à la fois.

C’est apprendre à se concentrer sur ce que l’on fait dans l’instant, sans peur de ne pas y arriver, sans comparer.

Si une émotion survient, on apprend à la gérer par la respiration consciente, à l’accueillir et à la laisser partir pour reprendre son travail.

Le principe de «l’entraînement»

La pratique de pleine conscience nous amène à adopter des principes de vie qui peuvent figurer dans un texte que l’on relit régulièrement.

Ce texte est un engagement à s’entraîner à aller dans ce sens dans sa vie quotidienne.

Ce texte est construit de la façon suivante : «conscient de xxx» alors «je suis déterminé à m’entraîner à xx».

Vous trouverez en annexe le texte des 5 entraînements sur lequel je m’appuie pour ma vie personnelle. Un texte du même type et adapté aux enfants reste à écrire.

Les entraînements à la pleine conscience sont l’antidote aux grands discours sur le respect qui restent bien souvent complètement inefficaces.

Une proposition pourrait être de remplacer les règlements de l’école/de la classe par des entraînements à la pleine conscience.

Les règlements sont lus une fois par an - avec beaucoup d’ennui. Ils sont connus «par coeur» mais complètement oubliés face aux situations quotidiennes! Ils font l’objet de punitions en cas d’infraction qui ne changent pas grand chose sur le plan de la compréhension du problème par l’enfant ni sur son comportement.

Les entraînements à la pleine conscience sont formulés différemment et basés sur un principe totalement différent : on accepte de se tromper. On est là pour apprendre et s’entraîner. Quelquefois, on y arrive et quelquefois, on n’y arrive pas. Mais tout va bien, chacun fait de son mieux. Un espace de confiance est ouvert : plus besoin de mentir ni de se cacher !

Ces entraînements, on peut les lire régulièrement et en discuter en petits groupes. Ils peuvent faire l’objet d’échanges de réussite et de non-réussite, d’échanges de «trucs» pour mieux y arriver. Mais le principe, c’est de se rendre observateur de son propre comportement et de s’appuyer sur la confiance et la bienveillance du groupe pour progresser chacun à son rythme. «Joyeusement ensemble»

C’est prendre du temps pour passer des moments simples et agréables ensemble. Pour nourrir le plaisir d’être ensemble on peut : faire un goûter d’anniversaire, chanter ensemble, partager un poème que l’on aime/que l’on vient d’écrire… Des activités simples qui nous montrent que l’on n’a pas besoin de grand chose pour être heureux ensemble.

Les touchers de la terre

Les touchers de la terre sont une pratique qui nous met en contact avec nos ancêtres et qui nous sommes vraiment : des enfants de la terre.

Guidés par le maître les enfants touchent la terre au son de la cloche.

Voir en annexe le texte de guidance sur les touchers de la terre.

Chapitre 4

Quelques mises en pratique personnelles

Dans la classe Un fléau semble s’être abattu sur de plus en plus d’élèves depuis quelques années : le manque d’attention. Certains enseignants accusent la télé, d’autres l’ordinateur, d’autres encore les parents. C’est un fait que les énergies d’habitudes générées par notre société nous entrainent tous vers la dispersion et les enfants en premier. On peut le regretter mais on peut aussi accepter ce fait et tenter d’y remédier.

L’esprit, à l’image du corps, peut être entraîné. Apprendre à maîtriser un esprit dissipé passe par quelques exercices qu’il est possible d’intégrer à la vie de la classe.

La pratique de l’arrêt est un exercice qui permet d’entraîner son esprit à revenir à soi en s’appuyant sur la respiration.

Quand j’ai découvert cette pratique, elle m’est apparue comme le b.a.-ba de la pleine conscience et j’ai très vite souhaité l’intégrer à ma pratique de classe.

Dans cet objectif, j’avais installé une petite cloche près du tableau et de temps en temps, je la faisais sonner pour que nous respirions ensemble. Ce ne fut pas la victoire immédiate que j’attendais. Le défi pour moi était d’avoir la patience d’attendre que les derniers bavardages cessent. Et ça me paraissaient tellement long au début! Et puis, il y avait les «mais tais toi!» suivi de très près par les “mais tais-toi, toi-même!” qui semblaient ne jamais finir. Sans compter les enfants qui confondaient “pratique de l’arrêt” et “exercice d’apnée” ! Et j’ai senti en moi l’envie d’intervenir de façon autoritaire. Le plaisir de pratiquer n’était plus au rendez-vous, alors j’ai décidé de lâcher tout de suite mon envie d’introduire cette pratique et de contempler les raisons de cet échec apparent :

J’ai vu en moi la précipitation, l’envie d’arriver tout de suite au résultat auquel j’aspirais : reproduire l’expérience merveilleuse de détente et de bonheur dans la pleine conscience que j’avais vécu grâce à cette pratique.

J’ai vu que les conditions dans lesquelles j’avais été personnellement introduite dans cette pratique et les conditions de la classe n’étaient pas les mêmes. J’avais été soutenue par un groupe qui pratiquait déjà et j’ai profité de l’énergie de concentration du groupe. Dans ce groupe-classe, tous les enfants découvraient en même temps une pratique très éloignée de leurs habitudes et de leur environnement. Il fallait que je pense à une progression dans l’introduction de cette pratique comme : faire sonner la cloche au début dans des temps de classe déjà suffisamment calme, s’entraîner à être simplement en contact avec sa respiration avant d’inviter la cloche par “surprise”. Il fallait aussi que j’introduise cet exercice par une consigne plus simple et plus claire pour expliquer l’objectif de cet exercice qui leur semblait tellement inhabituel et bizarre. Et puis, je ne devais pas hésiter à rappeler à chaque fois qu’il s’agissait d’un exercice de concentration et que lorsqu’on entendait la cloche, c’était pour revenir à sa respiration, conscient de chaque inspiration et de chaque expiration; et ceci, trois fois.

Je devais aussi avoir conscience que cette fois, ce n’était plus moi qui me laissait porter par l’énergie de concentration du groupe mais que je devais redoubler de concentration pour qu’ils puissent s’appuyer sur moi, au moins au début, avant de pouvoir s’appuyer les uns sur les autres.

J’ai préféré laisser passer un peu de temps avant de ré-introduire cet exercice dont je n’avais pas mesuré la difficulté à priori. En attendant, j’ai tenté d’autres expériences.

Un autre exercice permet de ramener son esprit, non plus à la respiration, mais au corps en exécutant des mouvements en pleine conscience.

Pendant une période qui sépare deux vacances, nous avons pratiqué le Qi gong dans la cour avant de monter en classe le matin. Nous laissions monter les autres classes et nous faisions des mouvements de pleine conscience qui nous ramenaient au corps et au silence intérieur. Nous essayions dans la foulée de rentrer dans la classe dans la même énergie, en silence, conscients de nos pas, surtout dans les escaliers.

Quand nous arrivions dans la classe, l’atmosphère était très calme. L’attention pendant le cours de maths qui suivait était complètement différente : bien plus concentrée !

Dans nos cours de sport, nous parlions aussi d’énergie et cette énergie, on essayait de la ressentir.

Par exemple, pour le lancer de poids, je leur avais expliqué qu’ils pouvaient imaginer l’énergie qui venait de la terre et qu’elle montait dans la jambe jusque dans le bras; je les invitais à la ressentir. J’ai été très étonnée à la fin de l’année de constater leurs résultats lors des rencontres inter-écoles. Ils ont terminé largement en tête du classement! Pas individuellement, mais en moyenne, collectivement !

Une autre façon de revenir à soi, c’est de porter son attention à ses sensations.

Pour développer l’attention à leurs sensations, nous avons travaillé avec des haïkus, ces petits poèmes japonais en quelques mots et en 3 lignes.

Chaque matin, avant qu’ils n’arrivent, j’écrivais sur le tableau le haïku du jour.

Et nous faisions des tapis de sons. Par exemple, si on parlait d’une grenouille qui plongeait dans l’eau et qu’il y avait du vent, un groupe d’enfants soufflaient pour faire le vent. Un ou deux autres faisaient la grenouille et nous allions chercher le seau à éponge pour faire les bruits d’eau. Nous le faisions tous ensemble, nous nous enregistrions et nous nous écoutions.

Et puis, je leur ai proposé d’écrire leurs propres haïkus. Nous descendions dans la cour, attentifs aux bruits, et aux sensations de notre corps, au vent, à la clarté du soleil et aux belles choses qui nous entouraient.

En rentrant dans la classe, nous mettions au tableau tous les mots qui nous venaient à l’esprit et avec le matériel de mots récoltés, chacun écrivait son propre haïku. A la fin, nous avons fait un recueil que nous avons partagé avec leurs parents.

En fin de journée, il nous arrivait aussi de colorier des mandalas. Colorier des mandalas, c’est aussi un exercice de concentration qui aide à retrouver le calme.

C’est aussi une autre façon de se vider la tête avant de commencer une nouvelle journée à l’extérieur, avec d’autres bruits et le remplissage de plein d’autres choses.

Je n'ai fait aucune étude scientifique pour mesurer l'impact de ces petits exercices de concentration dans la classe. Cependant, lorsque la maman d'un de mes petits élèves est venue me dire un jour : "Enfin, on respire le soir à la maison! Les années précédentes, c'était la guerre tous les soirs avec les leçons et les devoirs! Cette année, je vois bien que quand je veux lui faire réviser pour son contrôle, il le sait déjà avant d'avoir commencé.", j'ai osé penser : "c'est sûr, l'attention et la présence en classe, ça aide!".

La gestion des émotions

Quand j’ai commencé à pratiquer la méditation, j’ai été frappée de constater à quel point mon esprit était un défilé incessant de pensées, pour la plupart récurrentes. Elles venaient de nulle part et repartaient je ne savais où. L’image qui m’est venue à cette époque est celle de popcorns qui éclatent sous le couvercle transparent d’une casserole. Ca n’arrêtait pas, ça montait, ça éclatait et ça retombait de façon bruyante, incessante et désordonnée. J’ai été effrayée de constater un tel vacarme à l’intérieur de moi! Un vacarme dont je n’avais jamais pris conscience. Un vacarme fait de pensées désordonnées, agitées par des tas d’émotions plus ou moins confortables. Tout cela affectait profondément mon corps et mon esprit. Quelle découverte!

Il peut être intéressant de considérer que chaque enfant vient travailler en classe avec son propre vacarme intérieur qui lui donne plus ou moins de disponibilité pour ce que nous, enseignants, avons à lui proposer comme apprentissage.

Il vient avec ses peurs, avec ses colères, avec ses frustrations, avec ses désirs.

Dans certains cas, ces émotions peuvent être particulièrement envahissantes et très handicapantes pour les apprentissages, comme pour Aurélien.

Aurélien, 10 ans, est arrivé dans ma classe de CM2 accompagné de ces commentaires de mes collègues : “t’as récupéré Aurélien ? ben.. bon courage!”. C’était un enfant sans problème d’apprentissage particulier mais avec beaucoup de lacunes. C’est vrai qu’il avait passé la moitié de sa scolarité dans les couloirs de l’école… C’était un enfant très agité. Il avait le don de mettre à vif les nerfs de tout le monde, élèves comme enseignants. Sa technique consistait à souffler des insultes particulièrement grossières et d’une variété rare à l’oreille d’un camarade, hors du regard d’un adulte, et de recommencer jusqu’à l’usure.

Son corps s’agitait dans tous les sens et il était rejeté par tout le monde. Vue l’étendue de son vocabulaire dans un domaine auquel il n’aurait jamais du avoir accès à son jeune âge, je n’ai pas été surprise d’apprendre que lorsqu’il était chez son papa, il voyait des films contenant des scènes de violence et de pornographie.

Quand nous avons évoqué le problème calmement ensemble tous les deux, il m’a simplement répondu, désolé : “Je sais mais je ne peux pas m’en empêcher!”. Et je lui ai demandé s’il en avait parlé à ses parents. Il m’a répondu : “j’ai essayé de le dire à maman mais j’ai pas pu. Ca lui aurait fait vraiment trop de peine!”.

Son corps et son esprit ne trouvaient aucun répit dans la journée d’école, nourri par toutes ces scènes que son esprit ne pouvait digérer. Et il se retrouvait face à ce problème, sans aucune solution, seul et très malheureux.

Le cas de cet enfant est certes extrême mais de plus en plus d’enfants arrivent à l’école, avec des émotions qui parasitent complètement leurs apprentissages et qui agitent leur corps et leur esprit. Ils amènent avec eux à l’école : leur mode de vie, tout ce qu’ils consomment d’images et de paroles entendues ou lues, de vécus avec leurs parents. Ils amènent leur culture, leurs ancêtres et la société entière. Les murs de l’école sont une bien grande illusion !

Dans une société où les émotions sont habituellement jugées malvenues, dérangeantes, mettre notre conscience sur nos émotions peut être à la fois difficile mais très utile : dans son livre “l’intelligence émotionnelle”, Daniel Goleman nous montre, recherches scientifiques à l’appui, que l’intelligence émotionnelle est un facteur de réussite bien plus important dans la vie personnelle comme dans la vie professionnelle que le fameux QI auquel nous sommes tellement attachés.

La pratique de la pleine conscience peut nous aider à développer cette intelligence émotionnelle dont nous avons tous tellement besoin.

A l’école, la première chose qui m’est apparue urgente de faire a été de nous familiariser avec nos émotions. J’avais remarqué que les enfants avaient très peu de vocabulaire pour les exprimer. Nous avons donc fait un travail de vocabulaire relativement scolaire sur ce thème et nous les avons mises en scène dans des petits jeux théâtraux.

Nous avons aussi appris à prendre la responsabilité de nos émotions, à s’exprimer avec le “je” et ceci dans tous les occasions : en classe et hors de la classe.

Nous avons aussi consacré une table à la gestion de nos émotions. Nous l’avions appelé la “table de la paix”. Chacun pouvait s’y rendre quand il en ressentait le besoin. C’était une table où l’on pouvait aller respirer tranquillement en attendant que “la tornade” passe. Sur la table, il y avait aussi un cahier pour écrire si nous en ressentions le besoin.

Nous avons aussi appris à pratiquer le renouveau. Je dois dire que de les voir se trouver des qualités mutuellement était un de mes moments préférés de la vie de la classe. Au retour de la cantine, il y avait souvent des plaintes suite à des disputes de cour. Je prenais un peu de temps pour écouter mais je leur demandais aussi de respirer 3 fois et de trouver 2 qualités aux enfants avec lesquels il y avait eu conflit. La bascule n’était pas toujours facile mais quand ils avaient trouvé au moins une qualité, la paix était déjà revenue.

Je pense qu’un apprentissage de ce type peut constituer un très bon outil de prévention du suicide chez les adolescents. Si les enfants peuvent apprendre à apprivoiser leurs émotions suffisamment tôt, ils auront moins de chance à l’adolescence de laisser un sentiment de désespoir passager dégénérer en drame.

La sagesse est aussi dans le programme

La pleine conscience a cette faculté de nous rendre plus conscients du monde qui nous entoure et donc, d'une certaine manière, elle est le prémisse pour poser des actes plus justes, plus "sages" dans chaque acte de notre vie, pour nous-mêmes et pour l'univers entier.

Pour cela, les exemples d'adultes inspirants est primordiale. Nous les avons invités dans notre classe par l'intermédiaire de proverbes et de citations.

Pendant une période de l’année, je mettais au tableau avant leur arrivée, "la sagesse du jour". C'était un proverbe, une citation d'auteurs que je choisissais dans la littérature ou dans mon recueil de proverbes chinois préféré. Je trouvais que commencer la journée avec une citation qui nous invite à la sagesse était une bonne façon de commencer la journée. Les enfants arrivaient, s’installaient, recopiaient la «sagesse du jour» sur leur cahier, méditaient en attendant que tout le monde soit installé. Nous commencions alors les échanges. Ils duraient 10 minutes, pas plus.

En tant qu'enseignants, nous avons l'obligation de suivre un "programme". Quelquefois, nous pouvons avoir l'impression de courir après le programme.

Toutefois, dans cette contrainte apparente, je trouvais beaucoup de plaisir à exercer ma créativité sur le plan pédagogique. J'aimais beaucoup travailler par projet parce que je pouvais y mettre une intention personnelle, inspirée par les entraînements à la pleine conscience.

Par exemple, en classe de CM2, nous étudions en sciences le corps humain et, si on avait le temps (!), l'alimentation.

Par ailleurs, je pouvais constater que la cantine de l’école était un endroit particulièrement bruyant où les enfants engouffraient leur repas le plus vite possible pour aller très vite jouer dans la cour; un repas où seul semblait compter l'équilibre entre protides, lipides et glucides.

Je trouvais donc là un espace idéal pour s’exercer au 5ème entrainement :

"Conscient(e) de la souffrance provoquée par une consommation irréfléchie, je suis déterminé(e) à apprendre à nourrir sainement et à transformer mon corps et mon esprit, en entretenant une bonne santé physique et mentale par ma pratique de la pleine conscience lorsque je mange, bois ou consomme. Afin de ne pas m’intoxiquer, je m’entraînerai à observer profondément ma consommation des quatre sortes de nourritures : les aliments comestibles ……..”.

Je me suis demandé comment je pouvais aider les enfants à devenir plus conscients de ce qu’ils mangent.

J’ai ouvert un projet que j’ai intitulé “je suis ce que je mange”.

Bien sûr, dans l’idéal, j’aurais aimé faire un jardin avec eux mais ce n’était pas possible.

J’aurais pu aussi faire pousser des graines germées ou un grain de maïs dans la classe mais à ce moment là, je n’y ai pas pensé.

Nous sommes partis du menu de la cantine. Ils ont choisi un fruit ou un légume mangé le midi et ils ont travaillé par groupe, avec pour consigne de représenter sur une affiche : “d’où ça vient ?”.

En réfléchissant un peu entre eux et en comparant les dessins des différents groupes de la classe, ils ont pu constater que quel que soit le fruit et le légume choisi, au départ, il y avait : une graine, la terre, la pluie et quelques conditions pour que la plante émerge de la terre.

Pour des enfants citadins de 10 ans, ça m’a paru intéressant de le rappeler.

Et puis, nous avons visité la cantine municipale où les repas étaient préparés. Nous avons vu que ce qui était important pour nos hôtes, c’était les conditions sanitaires, l’équilibre des repas et le fait d’arriver à l’heure dans les écoles.

Les enfants ont posé des questions sur la provenance des produits.

Mon intention était d’initier et de développer une nouvelle énergie d’habitude à s’interroger sur la provenance des produits qu’ils consommaient : d’où ils venaient, dans quelles conditions ils avaient poussé, comment ils avaient voyagé. Ce travail a été relayé par une série d’enquêtes ensuite en classe sur le même thème.

Dans le programme de sciences, nous avions à étudier la digestion. Faire des liens entre ces deux sujets pouvait se révéler intéressant.

Dans la représentation habituelle des enfants, manger peut se résumer à : «ça rentre par ici et ça ressort par là». Bien sûr, nous avons exploré le système digestif et la transformation des aliments mais il y a quelque chose qui n’est pas au programme scolaire et qui est pourtant crucial pour une réelle prise de conscience des enjeux liés à notre alimentation : comprendre que nous sommes faits de cellules et que les nutriments absorbés vont circuler dans notre corps et vont constituer à la fois, le carburant de nos cellules mais aussi les futurs constituants de base de ces cellules.

Autrement dit, que nous sommes scientifiquement constitués des aliments que nous avons mangés hier. Et que nos aliments sont le "carburant" de notre organisme et qu'il est donc très important de s’intéresser à la qualité du “carburant” que nous mettons dans notre “moteur” si l'on ne veut pas voir très rapidement notre organisme "s'encrasser".

Cette compréhension me semble fondamentale pour commencer à s’intéresser différemment à notre alimentation, pas seulement de façon quantitative mais aussi qualitative.

De plus en plus de médecins (cancérologues, toxicologues …) nous alertent sur ces maladies émergentes (cancers, Alzheimer, Parkinson, fibromyalgie …. ) qui auraient comme origine commune une alimentation “dénaturée”.

Certains d’entre eux attribuent même l’hyper-activité croissante des enfants, l’autisme et certains troubles de l’apprentissage à cette même raison. C’est dire si les enfants sont concernés!

Je pense vraiment que, du point de vue de notre mission d’enseignant, nous avons le pouvoir d’introduire un peu plus de conscience et de sagesse dans le monde en s’appuyant sur le programme en pleine conscience, et en osant exercer notre liberté pédagogique.

La classe transplantée

La classe transplantée est un moment particulier de la vie de la classe du fait que nous partageons avec les enfants des moments de la "vie ordinaire" que nous ne partageons pas habituellement avec eux.

Par exemple, elle offre l'opportunité de mettre en place d'autres habitudes de pratique de la pleine conscience pendant les repas. Ainsi, les enfants peuvent découvrir le plaisir de manger, consciemment, en silence, en savourant la nourriture, en mangeant doucement et en apprenant à bien mâcher leurs aliments.

C'est aussi un cadre plus libre où le "vivre ensemble" peut constituer un objectif majeur et où l'on peut s'appuyer plus largement encore sur les pratiques de pleine conscience déjà décrites. Les bonnes habitudes prises pendant ce moment particulier, les moments de pratique du "joyeusement ensemble", les renouveaux par plus petits groupes pour resserrer nos liens fraternels qui constitueront un capital dont la classe profitera largement au retour ainsi que leur famille.

J’ai personnellement un souvenir particulièrement attendri de moments privilégiés avec certains enfants, lors d’une classe de mer, le soir dans leur lit, au moment où les larmes commencent à couler parce que le bisou du soir de maman vient à manquer, nous chantions ensemble, yeux dans les yeux «sans venir, sans partir» (voir chansons en annexe).

Cette petite chanson est une invitation à une conscience de la nature profonde des relations avec ceux que nous aimons. Elle est devenue un «tube» de notre classe de mer.

En petits groupes

Je n'ai enseigné en classe ordinaire qu'une seule année. L'opportunité m'a été rapidement donnée d’exercer en tant que maître "E", enseignante spécialisée pour les élèves en difficulté dans un RASED (Réseau d’Aide Spécialisé pour les Enfants en Difficulté).

Cette structure est rattachée à un secteur de plusieurs écoles. Elle mobilise des spécialistes dans l’institution (psychologue scolaire, maîtres spécialisés, assistante sociale, médecin scolaire) et hors de l’institution (orthophonistes, psychologues et médecins spécialisés).

Le fonctionnement en petits groupes dans le cadre scolaire permet de se concentrer sur des besoins spécifiques de quelques enfants ciblés. Il permet de leur accorder une attention plus particulière, sur un temps scolaire, sans alourdir leur emploi du temps. La concentration et l’écoute étant la base de tout apprentissage, pour ces enfants en difficulté d’apprentissage, les exercices de pleine conscience (déjà décrits) étaient d’un grand soutien. Ces petits exercices les rendaient plus disponibles, plus enthousiastes pour les apprentissages proposés.

Mais l’aide apportée par ces outils de pleine conscience peuvent largement dépasser les cas “de routine” du maître spécialisé;

Les cas d'enfants décrits dans le premier chapitre sont des exemples de situations inattendues, hors des cadres prévus où la nécessité du moment a guidé le choix de pratiques de pleine conscience adaptées.

La vie de l’école est pleine de ces moments imprévisibles où trouver des solutions créatives et adaptées dans l’instant est à la fois important et délicat. Important parce que nos réactions influencent grandement le climat émotionnel de la classe, voire de l’école. Et délicat car l’escalade émotionnelle est un risque important et toujours présent.

En réponse à ces situations, l’enseignant peut vouloir entrer dans une attitude rigide et défensive de contrôle. Le contrôle est une impasse qui engendre encore plus de stress, car c’est tout simplement impossible.

La seule attitude adaptée à cette réalité du métier me parait être l’abandon total à l’instant présent, en pleine conscience, dans la sérénité intérieure. Ce qui requiert une pratique personnelle.

Chapitre 5

Pratique personnelle et gestion du stress chez les enseignants

Quand j’ai rencontré les pratiques de pleine conscience, j’étais sur-stressée et épuisée, pour des raisons à la fois personnelles et professionnelles. J’ai plongé dans cette pratique en ayant le sentiment qu’il n’y avait plus que ça pour sauver ma peau!

Je pratiquais déjà la méditation zen depuis un an et j’ai continué. Je me suis jointe au groupe de pratique de la pleine conscience à Paris et j’ai pratiqué aussi le Qi gong.

J’essayais de méditer le matin 10 à 15 mn et surtout, je faisais un petit détour par le parc à côté de chez moi pour faire quelques pas en pleine conscience dans un cadre verdoyant avant de rejoindre mon travail. Je privilégiais la marche et le vélo aux transports en commun.

Et puis, j’ai trouvé des occasions de pratique personnelle dans la journée à l’école.

Si j’étais de surveillance pendant la récréation, je résistais à l’envie d’échanger quelques commérages avec les collègues et je faisais quelques pas en silence et en pleine conscience.

Quand j’allais chercher les enfants dans leur classe, j’essayais de me concentrer sur mes pas pendant le trajet qui séparait ma salle de classe de celles des enfants.

Le midi, j’amenais mon déjeuner végétarien pour prendre soin de mon alimentation. J’évitais les menus de la cantine et surtout l’ambiance très bruyante qui y régnait.

Un jour, une collègue m’a demandé pourquoi je ne venais pas manger avec tout le monde et j’ai expliqué que j’avais besoin d’un peu de calme le midi pour déjeuner. Elle s’est rendu compte qu’elle aussi partageait le même besoin.

Un collègue est venu vers moi et m’a demandé pourquoi je ne mangeais pas de viande. J’ai expliqué que la nourriture, c’était important pour ma santé et je ne souhaitais pas ingérer des hormones de stress d’animaux, sans parler de participer à leur souffrance. Il m’a répondu : « je n’avais pas pensé à ça!».

A la fin de l’année, plus de la moitié des collègues amenaient leur déjeuner et nous mangions ensemble dans la salle des maîtres.

Et puis, nous avons décidé avec une amie assistance sociale scolaire de la ville de pratiquer ensemble, au début à deux et puis d’autres se sont joint ponctuellement à nous. Nous faisions des méditations assises, des méditations marchées dans le parc voisin, nous lisions des textes inspirants, nous avions des repas en silence. C’était aussi l’occasion de partager nos pratiques dans l’école, nos victoires et nos difficultés. C’étaient des moments très précieux pour se poser, relativiser les situations que nous vivions, et se sentir soutenues. Nous avons développé une grande amitié, une grande complicité et une liaison spéciale SOS , en cas de détresse !

Et puis, j’ai mis en place dans mon travail des façons de faire plus simples et qui me faisaient du bien :

J’ai appris à faire de plus en plus confiance au moment présent; juste être là pour ce qui est, pour agir de façon plus adéquate aux sollicitations des enfants. Ainsi, toutes les idées de projet pour développer la pleine conscience avec les enfants sont nés de besoins identifiés dans un moment de présence, d’écoute et de compréhension de leurs besoins :

Des disputes, des tensions dans la classe entre certains enfants ? Je vais introduire le renouveau.

Ils manquent de vocabulaire pour exprimer leurs émotions ? J’introduis du vocabulaire et les jeux théâtraux pour mieux l’intégrer.

J’ai senti leur confiance grandir en fonctionnant de cette façon plus qu’en voulant poursuivre un programme à tout prix.

J’ai aussi fait des choix très clairs :

J’ai choisi de m’offrir un peu de souplesse et de liberté, ce qui faisait que le travail n’était pas monotone et devenait très créatif. J’éprouvais de la joie à fonctionner comme ça.

J’ai choisi aussi de ne pas faire de cours et de discours sur le respect; juste les incarner dans la mesure du possible. J’essayais de faire ce que je disais et de dire ce que je faisais, quel que soit leur âge. En tout cas, je faisais de mon mieux dans ce sens-là.

J’avais aussi clairement demandé à chaque enfant de la présence en classe, moyennant quoi il n’y aurait pas de devoirs à la maison. Seulement une révision avant les contrôles (pas si nombreux!) et aussi des recherches et des enquêtes (plus amusantes !). C’était un «deal» où tout le monde trouvait son compte, eux et moi - excepté peut-être quelques rares parents qui comptaient sur les devoirs de classe pour occuper leurs enfants le soir.

Chapitre 6

Les relations avec les collègues

La pratique de pleine conscience ne m’a pas seulement aidé en classe, avec les enfants. Elle m’a aidé à gérer mes rapports difficiles avec certaines collègues.

Au cours de ma première année d’enseignement, la directrice de l’école était en grande souffrance et c’était toute l’école qui souffrait. Cela se manifestait jusque dans sa présence sombre et tendue. Dès que j’entrais dans sa bulle, j’avais l’impression de me faire dévorer et j’ai dû faire très attention à me protéger. Parfois, ses actions discréditaient tout le travail que je pouvais faire en classe; et puis, pour moi qui venais d’arriver dans l’école, pas encore désespérée de changer les choses, je devenais un peu dangereuse pour elle à pointer les incohérences de son fonctionnement.

Au début, j’avoue, je me suis montrée franchement rebelle et j’ai ouvertement manifesté ma colère. Elle était sur la défensive et a copieusement organisé la contre-attaque en passant par les délégués de parents d’élèves et l’inspecteur. Nos rapports étaient franchement conflictuels et ce n’était pas facile.

Au fil de l’année, j’ai constaté que je me laissais de moins en moins absorber par son énergie; j’ai appris à la regarder autrement, comme une personne en détresse et en grande souffrance.

A la fin de l’année, je suis allée la voir. J’avais préparé une carte que j’avais réalisée à la façon des enfants en la découpant avec des ciseaux ondulés et des feutres de couleur. Je lui ai dit que les enfants offraient des cadeaux à leur maîtresse à la fin d’année mais pas à la directrice! J’avais décidé de réparer cette injustice. Je lui ai tendu la carte où j’avais noté des sentences sur le bonheur et je lui ai dit : «tiens ! toi aussi, tu as droit!».

Elle a regardé la carte. Elle m’a regardée; et pour la première fois, j’ai vu son masque fondre. Elle était visiblement très émue. Elle m’a remerciée. Nos rapports ont complètement basculé pour les quelques jours de l’année qui nous restaient.

J’ai appris dans cette expérience à prendre ma part de responsabilité dans mes relations avec les personnes que je jugeais difficile. En la regardant autrement, j’avais ouvert la possibilité d’une transformation radicale dans nos relations dans le sens de l’apaisement. Je savais que les outils de pratique de la pleine conscience que je découvrais à ce moment-là m’avaient beaucoup aidée.

J’ai aussi travaillé en contact direct avec une psychologue scolaire qui étaient en grande dépression. Gavée aux antidépresseurs, elle avait des comportements incompatibles avec sa fonction et qui avaient de sérieuses répercussions sur les enfants.

J’assistais quotidiennement à ses dysfonctionnements et c’était pour moi un cas de conscience épouvantable. Tout le monde savait : les directrices dans les écoles où elle travaillait, ses collègues psychologues scolaires, les enseignants mais personne n’osait rien faire. Il y a des lois dans la conscience collective de l’institution : « solidarité entre collègues» et «pas de vagues» ! Je me sentais tiraillée et dans une grande confusion.

Un soir, j’étais dans ma cuisine et je coupais les légumes - couper les légumes en pleine conscience est un véritable plaisir ! - ce soir là, en coupant les légumes, la réponse a surgi sous la forme d’un cri intérieur : «Respect de la Vie !». C’était le premier entrainement à la pleine conscience. Voila la réponse que je cherchais pour me sortir de mon brouillard et pour balayer mes peurs. J’ai senti que, soutenue par cet entraînement, je ne pouvais pas me tromper quelqu’en soit le prix. Respecter la vie, c’était protéger les enfants ET cette collègue. L’idée m’est venue d’écrire une lettre à l’inspectrice en expliquant les faits et en demandant de l’aide pour ma collègue et pour les enfants. Les collègues m’ont laissé me débrouiller seule et l’inspectrice ne m’a pas entendue; et puis, j’ai quitté l’école.

Un an plus tard, cette psychologue scolaire m’appelle à mon domicile pour me remercier. Elle était chez elle en «arrêt longue maladie» et elle se soignait. La nouvelle inspectrice l’avait poussé vers la sortie de façon très habile après avoir retrouvé ma lettre dans un dossier. Les langues de mes collègues s’étaient déliées.

J’ai vraiment réalisé à cette occasion quelle force m’avaient donné ces entraînements à la pleine conscience et jusqu’où je pouvais me reposer sur eux pour poser des actes justes dans ma vie.

Chapitre 7

Origine de ma pratique, ressources et réseaux

Je suis arrivée en décembre 2004 au Village des Pruniers. Le Village des Pruniers est une communauté monastique bouddhiste zen et un centre de pratique de la “pleine conscience” situé dans le sud-ouest de la France. Elle est guidée par un maître zen, Thich Nhat Hanh, maître reconnu dans le monde entier pour ses actions en faveur de la paix notamment pendant la guerre du Vietnam, ce qui a amené le révérend Martin Luther-King à le proposer comme prix Nobel de la paix.

Je ne savais rien de tout cela. J’étais là pour une semaine . Je n’avais encore lu aucun des livres de Thich Nhat Hanh. Quand je suis arrivée, j’ai été submergée par l’énergie de paix et d’amour qui régnait dans cette communauté… et j’ai pleuré. J’ai pleuré pendant trois jours. J’ai aussi découvert les pratiques de pleine conscience. J’ai rencontré des personnes incroyablement inspirantes et j’ai trouvé de l’espoir. Une toute petite semaine de pratique de la pleine conscience qui a fait basculer toute ma vie! Quand je suis rentrée chez moi, mes enfants ont remarqué tout de suite ma transformation. Le premier impact évident a été au sein de ma famille. Notre façon de communiquer s’est rapidement transformée vers plus de paix. J’ai tout de suite eu envie d’expérimenter ces pratiques dans ma classe que je voyais comme une petite communauté. J’ai décrit quelques-unes des expériences que j’ai faites dans ce document-témoignage. Elles m’ont profondément enrichie. Elles ne se sont pas déroulées dans le confort pour autant. Je ne me suis jamais sentie très à l’aise de partager sur mes pratiques de pleine conscience avec mes collègues, encore moins avec ma hiérarchie. L’école “à la française” est une école profondément enracinée dans la laïcité et la peur de la dérive sectaire est omniprésente. Le fait que mon inspiration soit liée à une communauté religieuse ne me mettait pas très à l’aise même si je savais pertinemment que la pratique de la pleine conscience était universelle et non religieuse par essence. En même temps, je trouvais dommage que l’origine historique de cette pratique nous empêche de profiter des trésors qu’elle nous apporte.

Aujourd’hui, on ne compte plus les recherches scientifiques qui montrent le pouvoir de transformation positive sur le cerveau de la méditation. Ces expériences sont relayées dans des livres scientifiques destinés au grand public comme ceux de Jon Kabat-Zinn, médecin américain qui a créé aux états-unis la première clinique pour traiter le stress basée sur la pratique de la pleine conscience. En France, des médecins comme Christophe André nous invitent à la méditation pour les enfants.

Des thérapeutes s’intéressent de plus en plus à cette question. Certains d’entre eux comme Jeanne Siaud-Facchin proposent des activités destinées aux enfants basées sur la pleine conscience.

Le monde politique ne serait pas étranger au phénomène de poussée de la pleine conscience dans le monde et dans les écoles : en juillet 2013, Jacques Attali, ex-conseiller présidentiel, publiait un article sur son blog intitulé “méditations” :

"..elles [ les activités de méditation venues d'orient ] trouvent une actualité particulière dans notre monde, pour plusieurs raisons.

D’abord parce que la quête frénétique et illimitée du bonheur privé , dans l’occident individualiste, conduit de plus en plus de gens à une quête narcissique de la conscience de soi, dont les techniques de méditation constituent la meilleure voie d’accès. Ensuite, et surtout à mon sens, parce que ces techniques renvoient à des enjeux majeurs de nos sociétés, dont on commence à percevoir l’ampleur.

1. Il est établi que la pratique de la méditation permet d’augmenter la productivité dans le travail en améliorant la concentration.

2. Ces progrès dans la concentration sont aussi une condition essentielle aux progrès en matière d’éducation: un enfant qui a appris ces techniques peut non seulement mieux se concentrer mais aussi être plus altruiste et bienveillant.

3. On commence à comprendre que la méditation participe à une bien meilleure connaissance des causes profondes des maladies du cerveau, qui seront bientôt au premier rang des causes de mortalité dans le monde, avec l’augmentation de l’espérance de vie.

4. La méditation permet enfin d’espérer créer les conditions pour maitriser sa propre violence, et de changer la nature même de la société.

Profitez de l’été pour lire, pour entrer en vous, pour découvrir ce qu’est la pleine conscience. Bien des techniques de méditation y conduisent. Si elles sont bien menées les résultats sont spectaculairement rapides. Ils vous inciteront à poursuivre cette pratique tous les jours de l’année. Avec le sentiment, d’être utile à soi et à d’autres.

On peut rêver par exemple de l’apprentissage systématique de la méditation a l’école …"

Aux Etats-Unis et en Angleterre, des conférences sont organisés sur ce thème “la pleine conscience à l’école” et l’on peut trouver sur internet de nombreux projets.

Chapitre 8

Le grand rêve

Ces expériences à l’école m’ont fait toucher à la fois la profondeur de la souffrance du système éducatif mais aussi le pouvoir de transformation de la pleine conscience; et en même temps, la fragilité d’actions isolées.

J’ai expérimenté et j’ai vu :

J’ai vu qu’il y avait des moyens efficaces pour contribuer à diminuer les manifestations du déficit d’attention chez les enfants dont tous les enseignants se plaignent.

J’ai vu à quel point ma propre énergie pouvait être contaminante pour les enfants. J’étais donc mon propre instrument de pleine de conscience et que tout commençait par moi.

J’ai vu que les enfants venaient en classe en apportant toutes les blessures de leurs parents, de leurs ancêtres et du monde et que ça faisait beaucoup de souffrances à transformer et que nous avions peu de moyens pour y faire face.

J’ai vu que les enfants pouvaient avoir une grande conscience de l’état du monde, de leurs propres difficultés et de celles de leurs parents et qu’ils pouvaient se sentir eux aussi très seuls et impuissants.

J’ai vu des adultes - parents et enseignants - démunis, angoissés, stressés.

J’ai constaté qu’il existait des outils puissants de transformation et de guérison; que ces outils, avec un peu de créativité, je pouvais les adapter à mes situations quotidiennes éducatives et que ça pouvait se faire dans la joie et dans la légèreté.

J’ai vu aussi les limites de mon action isolée dans un système déjà très malade et j’ai ressenti de la honte et de l’impuissance.

.. et mon corps a refusé de continuer à voir toute cette souffrance, des solutions possibles mais à propos desquelles j’avais beaucoup de mal à communiquer. Il a trouvé une porte de sortie. Il est tombé malade à un endroit très symbolique pour un enseignant : la voix !

Dans la “maladie”, a commencé un long processus de transformation et de guérison personnelle.

De la “maladie” a émergé la grande aspiration, le grand rêve :

J’ai rêvé que je partageais cette pratique de pleine conscience avec d’autres enseignants, des enseignants de plus en plus nombreux.

J’ai rêvé qu’il existait des lieux de ressourcements et d’échanges pour les enseignants, à la campagne, à la montagne.

J’ai rêvé de groupes d’enseignants enthousiastes qui venaient se former et se ressourcer dans ces centres avec des collègues et amis, et avec leur famille.

Tous ces enseignants formaient des îlots de pratiques solides un peu partout dans les écoles qui insufflaient une nouvelle énergie dans le système, une énergie de pleine conscience là où c’est le plus vital.

Et puis, j’ai rêvé que la course folle s’arrêtait enfin et qu’installés dans le moment présent, nos enfants, joyeux et paisibles, redonnaient une chance de vie à ce monde.

Invitation

Le monastère du village des pruniers nous invite à rejoindre son réseau international de partage de la pratique de pleine conscience dans les écoles, le réseau WakeUp schools.

Voici leur proposition :

PROPOSITION DE COURS SUR LA PLEINE CONSCIENCE ET L’ÉTHIQUE APPLIQUÉE POUR LES ÉDUCATEURS.

« On ne peut pas transmettre la sagesse et le discernement à une autre personne. La graine est déjà là. Un bon professeur touche la graine, lui permettant de se réveiller, de germer et de pousser. » - Thich Nhat Hanh

Ce cours s’adresse aux éducateurs qui souhaitent cultiver la paix et le bien-être dans leur propre vie et contribuer à créer des classes et un environnement scolaire plus sains et plus compatissants.

Résumé :

Pour qu’un avenir brillant soit possible, nous devons fournir aux jeunes gens un fondement éthique, promouvoir une atmosphère propice à la concentration et à un apprentissage social-émotionnel dans les écoles et entretenir le bien-être des professeurs. À notre époque, c’est véritablement un défi parce que les conditions du développement social et cognitif des enfants et des adolescents changent radicalement. Les agressions et les brutalités sont un problème qui va en augmentant alors que la durée d’attention des élèves va en diminuant. Un nombre de plus en plus important de professeurs trouve que leur travail devient de plus en plus difficile.

De nombreuses écoles ont mis en place des initiatives et des programmes pour contrecarrer cette tendance. Bien que les administrateurs, les professeurs et les élèves veuillent améliorer la situation dans les écoles, il est souvent difficile de mettre ces idées en pratique pour promouvoir un changement durable dans les comportements et un véritable bonheur à l’école.

La pratique de la pleine conscience a prouvé qu’elle contribuait de façon efficace à régler les problèmes que nombre d’entre nous rencontrons dans les écoles. Être conscient signifie être vraiment là, de corps et d’esprit dans le moment présent. Quand nous sommes capables de revenir à nous-mêmes, à nos émotions et à ceux qui nous entourent, nous pouvons reconnaître notre comportement habituel, découvrir de nouvelles voies et faire de meilleurs choix. Nous pouvons véritablement communiquer avec nous-mêmes, avec les autres et avec la vie, ce qui améliore considérablement nos relations. La compassion se manifeste naturellement ainsi qu’un sentiment de paix intérieure, de joie et de vitalité. Notre expérience montre que spécialement les enfants et les jeunes gens apprécient cette occasion d’augmenter leur liberté personnelle et de donner à leur vie un sens éthique.

De plus, ces pratiques de la conscience offrent aux professeurs et aux élèves des techniques systématiques de relaxation et des méthodes concrètes qui permettent de se débarrasser des inquiétudes récurrentes, de réduire le stress et ses répercussions physiques. La pleine conscience a des bénéfices sur le plan de la santé qui sont largement reconnus par les scientifiques depuis de nombreuses années. Bien que ces exercices aient un fondement bouddhiste, ils ne sont ni religieux ni sectaires ainsi chacun peut en profiter.

Pour que les professeurs puissent transmettre efficacement la pleine conscience à leurs élèves, ils doivent d’abord apprendre à l’appliquer dans leur vie quotidienne.

Description du cours

Étape I : Prendre soin du professeur Développer la conscience de la respiration pour aider à unifier le corps et l’esprit et développer la concentration. S’occuper de notre corps pour réduire le stress et la douleur. Apprendre à développer les sentiments de joie et de bonheur et à apprécier ce que l’on a déjà. Apprendre à simplifier notre vie et à avoir plus de temps pour se détendre et profiter de la vie. Apprendre à écouter et à embrasser nos émotions fortes comme la peur, la colère, l’anxiété et le désespoir. Apprendre à utiliser des paroles aimantes et une écoute compatissante dans nos relations. Explorer des lignes directrices d’éthique non sectaire pour notre santé et notre bonheur ainsi que pour nos familles, écoles, communautés, sociétés et pour le monde. Porter notre attention sur notre consommation et production en tant qu’individus et en tant que société.

Étape II : Enseigner la pleine conscience et une éthique appliquée aux élèves. Apprendre à guider des sessions de relaxation pour les élèves. Apprendre à aider les élèves à reconnaître et maitriser les émotions fortes. Apprendre l’art de créer des communautés pour que nos classes et notre école deviennent une famille aimante. Apprendre à résoudre les conflits de façon créative dans la classe. Aider les élèves à développer la compassion en comprenant leur propre souffrance et celle de leurs camarades. Introduction à un programme d’études moderne comprenant du matériel pédagogique multi média applicable en classe.

Ce cours comprend deux étapes d’une semaine chacune, il peut se dérouler soit dans un de nos centres résidentiels, soit dans votre école. La semaine de cours est organisée en forme de retraite résidentielle, les participants passent la nuit au centre et s’entraînent à la pleine conscience toute la journée. Chaque étape peut également être divisée selon les besoins (3 weekends ou 7 jours répartis dans le temps).

...

Qui nous sommes ?

Le maître zen Thich Nhat Hanh et la communauté monastique et laïque du village des pruniers ont plus de trente ans d’expérience dans la pratique et l’enseignement de la pleine conscience et dans le développement d’une manière de vivre éthique pour la société moderne. Nous avons partagé ces pratiques avec des milliers de personnes, comprenant des enseignants, des parents, des enfants, des travailleurs sociaux, des thérapeutes, des officiers de police, des travailleurs dans le domaine de la santé, des politiciens, des hommes et des femmes d’affaire et des artistes, beaucoup d’entre eux sont devenus des enseignants de la pleine conscience et ont fondé des communautés de leur propre droit. En particulier, nous avons conduit des centaines de retraites pour des familles avec des enfants et des programmes pour les adolescents ainsi que des retraites pour les enseignants et les élèves dans lesquelles nous avons développé et affiné un grand choix de pratiques efficaces pour transmettre la pleine conscience aux jeunes gens.

Vision

Nous tendons maintenant la main à ceux qui travaillent dans les domaines de la politique, du développement de l’éducation et de la formation au niveau local autant que national. Nous souhaitons collaborer en offrant des cours réguliers aux éducateurs intéressés par l’enseignement et la pratique de la pleine conscience et de l’éthique appliquée. Nous recherchons des partenaires prêts à mettre aussitôt en pratique ces cours. Des initiatives et des explorations préliminaires sont en cours avec des éducateurs et des responsables politiques dans plusieurs pays en Asie, Europe et Amérique du nord.

But

Ce cours a pour but d’aborder les causes premières de la souffrance et des divisions dans notre société et dans nos cœurs. En tant qu’enseignants, beaucoup d’entre nous voient que nous vivons dans une époque qui présente de grands défis aux jeunes gens à qui souvent il manque un but ou les outils pour gérer les pressions et le stress de la vie. Les parents et tous ceux qui s’occupent des enfants ne reçoivent pas le soutien nécessaire pour fournir aux jeunes gens les conseils essentiels pour qu’ils grandissent heureux et contribuent positivement à la société. De plus, nombre de nos institutions ont des problèmes à donner un bon exemple d’intégrité, de coopération ou d’un comportement responsable qui s’intéresse au bien de tous.

L’essentiel de ce cours sur l’éthique appliquée est la pleine conscience, l’énergie d’être conscient et éveillé à ce qui se passe en nous et autour de nous dans le moment présent. Avec cette profonde conscience, nous savons ce qu’il faut faire et ne pas faire à chaque instant pour soulager la souffrance et augmenter le bien-être. Les méthodes que nous offrons dans ce cours d’éthique appliquée nous aident à comprendre notre propre corps, esprit, sentiments et perceptions et nous permettent d’aider les autres à faire de même. Nous apprenons l’art de prêter attention à notre souffrance et de la transformer ainsi que celui de nourrir notre joie. Ainsi, nous développons notre compassion et une compréhension vivante de nos liens avec notre famille et avec la société.

Fondement séculier

Ce cours se fonde sur les enseignements du Bouddha mais n’est ni religieux ni sectaire. Ses fondements s’appuient sur les savoirs et les pratiques concrètes du bouddhisme, comprenant la conscience de l’interconnexion entre toutes choses et le fait que c’est seulement par la compréhension de notre souffrance que nous pouvons atteindre le vrai bonheur. La science a prouvé que les méthodes qui s’inspirent de la tradition bouddhiste sont efficaces et qu’elles peuvent être appliquées avec succès dans un contexte éducatif et séculier sans référence au bouddhisme. Cependant, si cela est approprié à l’institution ou à la communauté, le cours peut être enseigné dans une perspective bouddhiste ou spirituelle.

L’environnement communautaire

Le cours a lieu dans le contexte unique d’une communauté résidentielle de moines, moniales et laïcs qui pratiquent la pleine conscience 24 heures sur 24. La force et l’harmonie de la communauté sont fondées sur la vision commune de la conduite éthique qui se manifeste naturellement en pratiquant la pleine conscience. La communauté soutient et crée un environnement sécurisé dans lequel nous pouvons porter un regard nouveau sur nos vies. En vivant et en travaillant ensemble, nous générons une énergie collective puissante qui a la capacité de guérir et de transformer nos corps et nos esprits.

Dans ce cours, la pratique de la pleine conscience est présentée de telle façon que nous pouvons aussitôt l’appliquer dans notre vie quotidienne. Les résidents offrent aux participants leur compréhension et leur expérience non seulement dans leur enseignement mais aussi dans l’expression de leur pratique de la pleine conscience quand ils parlent, marchent, mangent, travaillent et communiquent. Une communauté harmonieuse et joyeuse est le meilleur soutien pour notre transformation et notre guérison. Nos trente années d’expérience nous ont appris que la communauté est essentielle pour un changement profond et durable. En vivant et pratiquant en tant que communauté, nous trouvons la confiance dans la famille humaine et nous retournons à nos vies revigoré et enthousiaste. L’environnement des centres de pratique nous permet de nous ouvrir et de redécouvrir ou d’éveiller en nous la bonté et de donner un but et une signification à nos vies.

Annexe 1 Des chansons qui parlent de la pleine conscience

J'inspire, j'expire.

J'inspire, j'expire, plus profond, plus doux.

Je me calme, je relâche, je souris, je suis libre.

Moment présent, moment merveilleux. Quand j’inspire Quand j'inspire, quand l'expire, Quand j'inspire, quand j'expire, Je me sens comme une fleur, Aussi fraîche que la rosée. Je suis solide comme une montagne, Je suis ferme comme la terre, Je suis libre.

Quand j'inspire, quand j'expire, Quand j'inspire, quand j'expire, Je suis l'eau reflétant Ce qui est vrai, ce qui est beau. Et je sens qu'il y a de l’espace Tout au fond de moi. Liberté, Liberté, Liberté.

L'île intérieure.

Quand j'inspire, je retourne

Dans mon île intérieure, chez moi.

Il y a de très beaux arbres

Dans mon île à moi,

Des sources d'eaux claires,

Des oiseaux tout joyeux,

Le soleil et l'air pur…

Quand j'expire je suis bien.

Oh comme j'aime revenir dans mon île.

Sans venir, sans partir

Sans venir, sans partir, Ni avant, ni après, Je te tiens près de moi Et te laisse pour être libre. Parce que je suis en toi

Et tu es en moi… Parce que je suis en toi Et tu es en moi.

L'esprit est un ciel tout bleu

L'esprit est un ciel tout bleu.

Les nuages vont et viennent,

Mais l'esprit est un ciel tout bleu.

Le Bonheur

Le bonheur c'est maintenant,

J'ai laissé tous mes soucis...

Nul part où aller et rien à.faire,

Pas besoin de me presser.

Le bonheur c'est maintenant,

J'ai laissé tous mes soucis...

Quelque part où aller,

Quelque chose à faire

Mais à présent j'ai tout mon temps. Je suis chez moi Je suis chez moi, je suis arrivé. Il n'y a qu'ici et maintenant. Bien solide, vraiment libre, Je prends refuge en moi-même. Je suis chez moi, je suis arrivé. II n'y a qu'ici et maintenant. Bien solide, vraiment libre,

Dans la terre pure je m'établis.

Annexe 2

Le texte des 5 entraînements à la pleine conscience (pour les adultes)

Premier entraînement : Protection de la vie

Conscient(e) de la souffrance provoquée par la destruction de la vie, je suis déterminé(e) à cultiver ma compréhension de l’Inter-Être et ma compassion, afin d’apprendre comment protéger la vie des personnes, des animaux, des plantes et des minéraux. Je m’engage à ne pas tuer, à ne pas laisser tuer et à ne soutenir aucun acte meurtrier dans le monde, dans mes pensées ou dans ma façon de vivre. Je comprends que toute violence causée notamment par le fanatisme, la haine, l’avidité, la peur, a son origine dans une vue dualiste et discriminante. Je m’entraînerai à tout regarder avec ouverture, sans discrimination ni attachement à aucune vue, ni à aucune idéologie, pour oeuvrer à transformer la violence et le dogmatisme qui demeurent en moi et dans le monde.

Second entraînement : Bonheur véritable

Conscient(e) de la souffrance provoquée par le vol, l’oppression, l’exploitation et l’injustice sociale, je suis déterminé(e) à pratiquer la générosité dans mes pensées, dans mes paroles et dans mes actions de la vie quotidienne. Je partagerai mon temps, mon énergie et mes ressources matérielles avec ceux qui en ont besoin. Je m’engage à ne rien m’approprier qui ne m’appartienne. Je m’entraînerai à regarder profondément afin de voir que le bonheur et la souffrance d’autrui sont étroitement liés à mon propre bonheur et à ma propre souffrance. Je comprends que le bonheur véritable est impossible sans compréhension et amour, et que la recherche du bonheur dans l’argent, la renommée, le pouvoir ou le plaisir sensuel génère beaucoup de souffrance et de désespoir. J’approfondirai ma compréhension du bonheur véritable qui dépend plus de ma façon de penser que de conditions extérieures. Je peux vivre heureux(se) ici et maintenant lorsque je suis capable de m’établir dans le moment présent, en me contentant de peu, et en reconnaissant les nombreuses conditions de bonheur déjà disponibles en moi et autour de moi. Conscient de cela, je suis déterminé(e) à choisir des moyens d’existence justes afin de réduire la souffrance et de contribuer au bien-être de toutes les espèces sur Terre, notamment en agissant pour inverser le processus du réchauffement planétaire.

Troisième entraînement : Amour véritable

Conscient(e) de la souffrance provoquée par une conduite sexuelle irresponsable, je suis déterminé(e) à développer mon sens de la responsabilité et à apprendre à protéger l’intégrité et la sécurité de chaque individu, des couples, des familles et de la société. Je sais que le désir sexuel et l’amour sont deux choses distinctes, et que des relations sexuelles irresponsables, motivées par l’avidité, génèrent toujours de la souffrance de part et d’autre. Je m’engage à ne pas avoir de relation sexuelle sans amour véritable ni engagement profond, à long terme et connu par mes proches. Je ferai tout mon possible pour protéger les enfants des abus sexuels et pour empêcher les couples et les familles de se désunir par suite de comportements sexuels irresponsables. Sachant que le corps et l’esprit ne font qu’un, je m’engage à apprendre les moyens appropriés de gérer mon énergie sexuelle. Je m’engage à développer la bonté aimante, la compassion, la joie et la non-discrimination en moi, pour mon propre bonheur et le bonheur d’autrui. Je sais que la pratique de ces quatre fondements de l’amour véritable me garantira une continuation heureuse dans l’avenir.

Quatrième entraînement : Parole aimante et écoute profonde

Conscient(e) de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l’incapacité à écouter autrui, je suis déterminé(e) à apprendre à parler à tous avec amour et à développer une écoute profonde afin de soulager la souffrance et d’apporter réconciliation et paix entre moi-même et autrui, entre les groupes ethniques et religieux, et entre les nations. Sachant que la parole peut être source de bonheur comme de souffrance, je m’engage à apprendre à parler avec sincérité, en employant des mots qui inspirent à chacun la confiance en soi, qui nourrissent la joie et l’espoir, et qui oeuvrent à l’harmonie et à la compréhension mutuelle. Je suis déterminé(e) à ne rien dire lorsque je suis en colère. Je m’entraînerai à respirer et à marcher alors en pleine conscience, afin de reconnaître cette colère et de regarder profondément ses racines, tout particulièrement dans mes perceptions erronées et dans le manque de compréhension de ma propre souffrance et de celle de la personne contre laquelle je suis en colère. Je m’entraînerai à dire la vérité et à écouter profondément, de manière à réduire la souffrance, chez les autres et en moi-même, et à trouver des solutions aux situations difficiles. Je suis déterminé(e) à ne répandre aucune information dont je ne suis pas certain(e) et à ne rien dire qui puisse entraîner division, discorde, ou rupture au sein d’une famille ou d’une communauté. Je m’engage à pratiquer la diligence juste afin de cultiver ma compréhension, mon amour, mon bonheur et ma tolérance, et de transformer jour après jour les semences de violence, de haine et de peur qui demeurent en moi.

Cinquième entraînement : Transformation et guérison

Conscient(e) de la souffrance provoquée par une consommation irréfléchie, je suis déterminé(e) à apprendre à nourrir sainement et à transformer mon corps et mon esprit, en entretenant une bonne santé physique et mentale par ma pratique de la pleine conscience lorsque je mange, bois ou consomme. Afin de ne pas m’intoxiquer, je m’entraînerai à observer profondément ma consommation des quatre sortes de nourritures : les aliments comestibles, les impressions sensorielles, la volition et la conscience. Je m’engage à ne pas faire usage d’alcool, ni d’aucune forme de drogue et à ne consommer aucun produit contenant des toxines comme certains sites Internet, jeux, films, émissions de télévision, livres, magazines, ou encore certaines conversations. Je m’entraînerai régulièrement à revenir au moment présent pour rester en contact avec les éléments nourrissants et porteurs de guérison qui sont en moi et autour de moi, et à ne pas me laisser emporter par des regrets et des peines quant au passé, ou par des soucis et des peurs concernant le futur. Je suis déterminé(e) à ne pas utiliser la consommation comme un moyen de fuir la souffrance, la solitude et l’anxiété. Je m’entraînerai à regarder profondément dans la nature de l’interdépendance de toute chose, afin de consommer de manière à nourrir la joie et la paix, tant dans mon corps et ma conscience, que dans le corps et la conscience collective de la société et de la planète.

Annexe 3

Guidance pour la relaxation profonde

S’il vous plait allongez-vous confortablement sur votre dos. Fermez les yeux, laissez vos bras se poser doucement le long du corps et laissez vos jambes se détendre avec vos pieds s’ouvrant vers les côtés.

Savez-vous que vous êtes un miracle ? Tout votre corps est un miracle, de vos cheveux sur le sommet de votre tête jusqu’ à vos petits orteils.

  • On commence par inspirer et expirer. En inspirant on sent que notre ventre se soulève. En expirant on sent que notre ventre s’abaisse à nouveau. Notre respiration entre et sort comme des vagues sur l’océan, très détendu, très paisible. Pendant plusieurs respirations, soyez juste attentifs à votre ventre qui se soulève puis s’abaisse.
  • En inspirant et expirant, soyez attentif à tout votre corps allongé. Sentez les parties de votre corps qui touchent le sol: vos chevilles, derrière vos jambes, les fesses, le dos, derrière les bras et les mains et derrière la tête. A chaque expiration, détendez-vous de plus en plus profondément dans le sol en laissant tout aller, en lâchant les soucis, la peur, ou les pensées et les projets du futur.
  • En inspirant, je sens mes deux mains. En expirant je détends complètement tous les muscles de mes deux mains. En inspirant, je vois que j’ai de la chance d’avoir deux bonnes mains; et en expirant, je souris à mes deux mains. Mes deux mains sont si précieuses ! Grâce à mes mains je peux jouer dans le sable, construire un château de sable. Avec mes mains je peux faire de la peinture, dessiner, je peux écrire. Je peux construire et réparer des choses, caresser les animaux, je peux faire du vélo. Je peux grimper dans un arbre et jeter des boules de neige. Je peux donner la main à mon ami, faire mes lacets. Je peux aider à faire des gâteaux, brosser mes cheveux et faire encore beaucoup, beaucoup d’autres choses.

En inspirant, j’étire mes mains. En expirant, je les détends. Mes mains sont deux bonnes amies, toujours prêtes à m’aider.

  • En inspirant, je sens mes deux bras. En expirant, je laisse mes bras se détendre complètement. En inspirant, je suis heureux d’avoir deux bras forts. En expirant je relâche tous les muscles des bras, je sens de la joie et de l’aise dans toutes les petites cellules de mes bras. Avec mes bras je peux faire un câlin à Maman, Papa, Papi ou Mamie. Je peux les serrer très fort! Mes bras me permettent de jouer sur la balançoire, d’aller nager ou de lancer un ballon. Ils m’aident à faire la roue, à sortir les ordures et à porter un petit chat. Maintenant j’ai une occasion de dire merci à mes bras, ils font tant de choses pour moi!

En inspirant, j’étire mes deux bras. En expirant, je laisse mes bras se reposer, complètement relâchés. Je souris à ces deux amis.

  • En inspirant, je sens mes épaules. En expirant je laisse mes épaules se reposer et lâcher tout leur poids sur le sol. En inspirant j’envoie mon amour à mes épaules et en expirant je souris à mes épaules. Je les remercie pour leur force. A chaque expiration je sens mes épaules de plus en plus détendues.
  • En inspirant je sens mes deux pieds. En expirant je souris à mes pieds. Je remue mes dix orteils. C’est vraiment chouette d’avoir deux pieds! Avec mes deux pieds, je peux marcher et courir, faire du sport, danser et faire du vélo. Mes pieds adorent sentir le sable chaud quand je marche sur la plage. Quand il pleut, mes pieds adorent sauter PLOUF! dans les flaques. Au parc ou au terrain de jeux, mes pieds aiment courir et sauter. Et quand je suis fatigué mes pieds adorent se reposer. Merci, mes pieds!

En inspirant, j’étire mes pieds et mes orteils. En expirant, je détends mes pieds. J’ai de la chance d’avoir mes pieds !

  • En inspirant, je sens ma jambe droite et ma jambe gauche. En expirant je me réjouis de mes deux jambes. Mes deux jambes on grandi tous les jours depuis que j’étais un tout petit bébé. Elles continuent de grandir et de changer encore en ce moment. Mes jambes m’aident à me tenir debout bien droit, tous les jours un peu plus grand. Grâce à elles je peux m’asseoir avec les jambes croisées ou faire le grand écart. Je peux jouer au football et marcher sur des échasses. En montant et en descendant les escaliers, en allant à l’école et en rentrant, j’ai déjà parcouru tant de kilomètres avec mes jambes! Je suis très heureux d’avoir des jambes.

En inspirant j’étire mes jambes. En expirant je laisse mes jambes se détendre. Mes jambes sont un miracle et elles sont toujours là pour moi.

  • En inspirant je sens mes deux yeux. En expirant je souris à mes yeux. En inspirant je laisse tous les petits muscles autour de mes yeux se détendre. En expirant j’envoie mon amour et mon soin à mes deux yeux. Mes deux yeux sont un cadeau. Avec mes yeux je peux voir, je peux voir! Je peux te voir et je peux me voir. Je peux voir les oiseaux qui volent dans le beau ciel bleu, je peux voir la lune dorée tout la haut, si haut. Je peux lire, écrire et regarder la télévision; je peux regarder les fourmis qui travaillent. Quand je suis triste, je peux pleurer et laisser couler les larmes. Tout ce que j’ai à l’intérieur, mes yeux peuvent l’exprimer.

En inspirant je ferme mes yeux à poing. En expirant je relâche et je les laisse se détendre. Merci à mes yeux de me permettre de voir, il y a tant de beauté à voir autour de moi.

  • En inspirant je sens que mes poumons deviennent plus gros. En expirant je sens qu’ils se contractent. En inspirant je suis très heureux d’avoir deux bons poumons. En expirant je leur souris avec gentillesse. Mes poumons sont tellement incroyables. Ils m’aident à inspirer et expirer, jour et nuit, même quand je dors. Ils apportent de l’oxygène dans mon corps et me donnent le pouvoir de parler, chanter, crier, murmurer, rire et marmonner. Quand je suis né, la première chose que j’ai faite a été de prendre une profonde inspiration, et depuis, mes poumons ont toujours été là pour moi, chaque minute de chaque jour.

J’inspire l’air frais dans mes poumons et en expirant je les laisse se relâcher et se reposer. Merci mes poumons de me faire respirer.

  • En inspirant je sais que mon cœur bat du côté gauche de ma poitrine. En expirant je me réjouis de mon cœur et je le laisse se reposer. Avec mon inspiration j’envoie mon amour à mon cœur. Avec mon expiration je souris à mon cœur. Mon cœur me tient en vie et il est toujours là pour moi, chaque minute de chaque jour. Il ne s’arrête jamais. Mon cœur a battu depuis que j’étais un petit fœtus de quatre semaines dans le ventre de ma maman. C’est un organe merveilleux qui me permet de faire tout ce que je fais pendant toute la journée. En inspirant je sais que mon cœur m’aime aussi. En expirant je promets de vivre d’une manière qui aidera mon cœur à être fort et en bonne santé.

Avec chaque expiration, je sens mon cœur qui se détend de plus en plus et je sens chaque cellule de mon cœur qui sourit d’aise et de bonheur.

  • En inspirant, je sens mon estomac. En expirant je laisse mon estomac se détendre. En inspirant je me réjouis de mon estomac et en expirant je lui souris. Je sais que mon estomac travaille dur pour moi. Tous les jours il digère la nourriture que je lui donne et il me donne de l’énergie et de la force. Maintenant, je le laisse se reposer complètement.

Quand j’inspire, je sens mon estomac heureux et léger. Quand j’expire je dis merci à mon estomac qui est toujours là pour moi.

  • Maintenant je porte mon attention à une partie de mon corps qui est peut être malade ou qui a de la douleur. Je prends le temps pour être conscient de cette partie du corps et lui envoyer mon amour. En inspirant, je laisse cette partie se reposer et en expirant je lui souris avec douceur. Je sais qu’il y a d’autres parties de mon corps qui sont encore très fortes et en bonne santé. Je demande à ces autres parties d’envoyer leur force et leur énergie à la partie un peu faible ou malade. Je sens le soutien, l’énergie et l’amour des parties de mon corps en bonne santé qui arrive dans la partie plus faible et la guérissent.

Quand j’inspire, je sais que mon corps est un miracle parce qu’il peut se guérir lorsqu’il tombe malade. Quand j’expire, je lâche toute peur ou souci que j’ai peut-être gardé dans mon corps. En inspirant et en expirant, je souris avec amour et confiance vers la partie de mon corps qui ne va pas très bien.

  • Quand j’inspire, je sens tout mon corps allongé. Quand j’expire, je suis heureux de sentir mon corps allongé, très détendu et calme. Je souris à tout mon corps en inspirant et j’envoie de l’amour et de la compassion à tout mon corps en expirant. Je sens que toutes les cellules de mon corps sont joyeuses et sourient avec moi. J’ai de la gratitude pour toutes les cellules dans mon corps tout entier. Je sens encore mon ventre qui se soulève et s’abaisse doucement.

Si vous voulez, vous pouvez maintenant chanter des chansons douces ou des berceuses, ou jouer de la musique douce pendant quelques minutes.

Maintenant, la pratique de la relaxation totale est finie. Vous pouvez bouger les mains et les pieds et vous étirer doucement. Puis, roulez sur un côté du corps. Quand vous êtes prêts vous pouvez ouvrir les yeux. Prenez votre temps pour vous lever tranquillement. Vous pouvez profiter de l’énergie calme de pleine conscience que vous avez maintenant et la garder pour le reste de la journée.

Annexe 5

Guidance pour les touchers de la terre

En touchant la Terre je vois que je suis un enfant de la Terre

(Un son de cloche, les enfants touchent la Terre)

La Terre est comme ma maman et mon papa. De la Terre, je reçois des choses délicieuses à manger comme par exemple du blé pour faire le pain, du riz, des pommes, des carottes et même du cacao pour préparer du chocolat. La Terre nous donne des matières pour fabriquer nos vêtements comme le coton, ou la laine des moutons. Grâce à ces habits nous avons assez chaud pour vivre sur la Terre.

Je sens mon corps allongé sur la Terre. Je sens mes bras, mes jambes et mon visage qui touchent le sol. Je sens que la Terre est solide et qu’elle me soutient. Je vois la Terre couverte de nombreuses plantes, d’arbres et de fleurs qui rendent l’air très propre et très pur. En inspirant, je sens l’air frais remplir mon corps. Je me sens calme et détendu.

Je me sens heureux et en sécurité sur la Terre. (Un son de cloche, les enfants se lèvent)

En touchant la Terre je me sens connecté à ma maman et mon papa

(Un son de cloche, les enfants touchent la Terre)

Je suis l’enfant de ma maman et mon papa. Même si je ne vis peut-être pas avec mes deux parents aujourd’hui, je vois ma maman et je lui souris. Je vois mon papa et je lui souris. Je veux que ma maman et mon papa soient heureux. Je veux qu’ils soient en sécurité et qu’ils n’aient pas du tout de soucis.

Des fois, maman ou papa est en colère après moi et j’ai de la peine. Parfois maman ou papa sont tellement occupés qu’on dirait qu’ils n’ont pas de temps pour moi et je me sens triste. Mais d’autres fois maman et papa s’occupent de moi, on peut rire et jouer ensemble et on s’amuse bien. Maman et papa m’ont appris plein de choses, par exemple à lire, à chanter, à faire des maths ou à préparer des gâteaux. J’ai envie de les remercier. Je sais que ma maman et mon papa aussi ont été des enfants il y a longtemps, et qu’eux aussi ont parfois eu de la peine et de la tristesse comme moi. Je sais qu’ils ont eu beaucoup de difficultés dans leurs vies et je ne suis pas fâché contre eux.

Je pense à mon papa et ma maman, je sens leur amour et leur soutien et je me sens heureux. Je sais que mon papa et ma maman ont besoin de ma fraîcheur et de mes sourires pour être heureux aussi.

(Un son de cloche, les enfants se lèvent)

En touchant la Terre je suis heureux d’être moi

(Un son de cloche, les enfants touchent la Terre)

Je suis une petite fille ou un petit garçon qui vit sur la planète Terre. Parfois je me sens aussi petit qu’un minuscule insecte ou une araignée qui court dans l’herbe. Parfois je me sens aussi immense qu’un arbre très grand et très vieux. Mes branches touchent les nuages et mes racines vont très profond dans la Terre pour boire l’eau souterraine. Des fois je suis heureux comme le soleil qui brille et je fais sourire tout le monde. Des fois je me sens triste et seul comme un jour gris et je voudrais pouvoir me cacher dans un arbre pour pleurer. Mais quand je pleure, mes larmes sont comme une pluie rafraîchissante sur un après-midi très chaud et après ça je me sens frais et tout neuf. Je sais qu’à chaque fois que je me sens triste, que j’ai peur ou que je suis en colère je peux aller vers la Terre et elle sera toujours là pour moi. Les rochers et les animaux, les plantes et les fleurs, le soleil et le ciel étoilé sont tous là pour moi. J’inspire l’air frais et pur. J’expire et je laisse sortir ma peur, ma tristesse et ma colère. (Pause)

Je m’accepte moi-même. Je m’accepte quand je suis heureux et joyeux et je m’accepte aussi quand j’ai des difficultés, quand je suis triste ou en colère. Je me souris à moi-même et je vois que je suis un être merveilleux sur la Terre. Je fais partie de la Terre et la Terre fait partie de moi.

(Deux sons de cloche pour terminer, les enfants se lèvent)


Annexe 6

Guidance pour la méditation des petits cailloux

Je voudrais vous demander de chanter la chanson de pratique dans laquelle on parle d’une fleur, d’une montagne, de l’eau calme et de l’espace.

Quand j’inspire, quand j’expire

Quand j’inspire, quand j’expire

Je me sens comme une fleur

Aussi frais que la rosée

Je suis solide comme une montagne

Je suis ferme comme la terre

Je suis libre.

Quand j’inspire, quand j’expire

Quand j’inspire, quand j’expire

Je suis l’eau reflétant

Ce qui est vrai, ce qui est beau

Et je sens qu’il y a de l’espace

Tout au fond de moi

Je suis libre. Je suis libre. Je suis libre.

Vous apportez vos quatre petits cailloux et vous les posez sur votre gauche. L’un de vous guidera la méditation assise. Vous inviterez la cloche : une premier son pour que tous les participants inspirent et expirent trois fois, puis un deuxième suivi aussi de 3 respirations, puis un troisième fois idem. Après cela vous pouvez commencer votre méditation des petits cailloux.

Je voudrais que vous dessiniez quatre choses pour moi:

La première c’est une fleur, n’importe quelle fleur, juste une fleur ; et j’aimerais que vous dessinez la fleur en inspirant et expirant. Dessine la fleur que tu veux, mais fais le dans la joie et en suivant ton inspire et ton expire.

Une fleur est un symbole de fraîcheur . La fleur est à l’intérieur de toi parce que tu es capable d’être frais. Nous avons tous la capacité d’agir avec fraîcheur. Si nous avons perdu cette qualité alors nous pouvons la restaurer en inspirant et en expirant. La fleur possède cette qualité de fraîcheur en elle. Toi aussi tu es une fleur et tu peux t’ouvrir comme une fleur. Nous sommes beau chaque fois que nous restaurons notre fraîcheur de fleur. Avec 2 doigts, tu prends un des petits cailloux. Et tu le regardes attentivement. C’est la fleur. Tu poses ce premier caillou sur la paume de ta main gauche. Et tu places cette main sur ta main droite

Et tu commences la 1 ère pratique :

J’inspire, je me sens comme une fleur J’expire, je sens la fraîcheur en moi (3 fois)

Et pendant que tu pratiques « fleur - fraîcheur » tu récupères tu restaures cette qualité de fraîcheur en toi-même, cette capacité à fleurir. Et après 3 respirations comme cela, tu reprends ton premier caillou avec tes deux doigts, tu le regardes, tu lui souris, et tu le poses à ta droite.

La deuxième chose que j’aimerais que vous dessiniez, c’est une montagne. Tu dessines une montagne, peut-être que deux lignes suffisent pour faire une montagne. Mais pendant que tu dessines, souris, et suis ton inspire et ton expire.

La montagne représente la solidité, la stabilité. Il y a une montagne à l’intérieur de toi parce que lors que tu pratiques l’assise ou la marche consciente, tu peux développer la capacité d’être solide et stable. La solidité et la stabilité sont très importantes pour notre bonheur. Et tous savons que nous avons la capacité d’être stable et solide. Et si nous savons que nous avons la capacité d’être stable et solide. Et si nous savons comment pratiquer marcher et nous asseoir en pleine conscience . Nous cultivons notre solidité, notre stabilité. Ceci est la montagne en nous-mêmes.

La montagne représente la solidité, la stabilité. Il y a une montagne à l’intérieur de toi parce que lors que tu pratiques l’assise ou la marche consciente, tu peux développer la capacité d’être solide et stable. La solidité et la stabilité sont très importantes pour notre bonheur. Et tous savons que nous avons la capacité d’être stable et solide. Et si nous savons que nous avons la capacité d’être stable et solide. Et si nous savons comment pratiquer marcher et nous asseoir en pleine conscience, nous cultivons notre solidité, notre stabilité. Ceci est la montagne en nous-mêmes.

Maintenant tu prends le 2ème caillou.

Tu le regardes : il représente la montagne. Tu le poses dans ta main gauche ouverte. Puis celle-ci sur la droite et tu commences la 2me pratique :

J’inspire, je me sens comme une montagne. Tu as une montagne en toi-même. Tu es capable d’être solide et stable.

Et tu fais trois fois de suite :

J’inspire, je me sens comme une montagne J’expire, je me sens solide

Puis tu reprends le caillou et le pose à ta droite.

La troisième chose que j’aimerais que vous dessiniez, c’est l’eau. Tu dessines un lac, ou quelque chose comme ça, mais où l’eau est calme. Parce que l’eau tranquille, immobile, peut refléter le ciel, les nuages, les montagnes, les arbres, etc. ….

L’eau calme, c’est merveilleux. Quand l’eau s’arrête de bouger, elle peut refléter les choses telles qu’elles sont. Elle ne les déforme plus; nous n’avons plus de fausses idées, d’incompréhension, sur les choses qui sont en nous et autour de nous. C’est pour quoi en apprenant à inspirer et à expirer en pleine conscience, nous pouvons faire le calme en nous-mêmes. Nous rendons l’eau paisible, visible en nous-mêmes. Donc l’eau calme est en nous.

Le troisième caillou représente l’eau calme. Tu le regardes – l’eau calme est en toi. Quand l’eau en toi cesse de s’agiter, tu es calme et serein. Tu vois les choses clairement telles qu’elles sont. Tu ne déformes plus les choses Tu n’as plus d’idées fausses. C’est merveilleux.

J’inspire, et je me vois comme l’eau calme. L’eau calme est une des plus belles choses que je n’ai jamais vue. L’eau calme reflète le ciel exactement comme il est. Elle reflète les nuages, les montagnes exactement comme ils sont. Sans aucune déformation.

J’inspire, je me vois comme une eau calme. J’expire, je reflète les choses comme elles sont vraiment. (Trois fois)

Puis tu reprends le caillou et le poses à ta droite.

La quatrième chose que j’aimerais que vous dessiniez c’est l’espace. « Comment peut-on dessinez l’espace ? ». Mais je pense que tu peux y arriver : l’espace …. Peut-être que tu peux le représenter en dessinant le ciel.

L’espace est à l’intérieur de toi. Les personnes qui n’ont pas d’espace à l’intérieur ne sont pas des personnes heureuses. C’est pourquoi vous devez pratiquer de telle façon que vous puissiez développer beaucoup d’espace intérieur. C’est très important. Vous regardez la table – vous pensez : « cette table est en bois. ». Mais en fait il y a plein d’espace à l’intérieur de la table. La matière c’est juste une infime partie ; la plus grand partie de la table c’est du vide, de l’espace. Notre corps, notre esprit sont aussi comme cela. C’est pourquoi vous devez inspirer et expirer afin de sentir tout cet espace qui est en vous. Et en touchant cet espace intérieur, vous devenez libre. Vous devenez heureux. Donc débrouilles-toi pour dessiner l’espace. Car il y a de l’espace en nous-mêmes.

Maintenant, il ne reste plus que la quatrième caillou. Tu le prends, tu le regardes, tu lui souris. Il représente l’espace. Rappelles-toi, les gens sans espace intérieur ne peuvent pas être heureux. Et c’est aussi plus difficile pour les gens d’être heureux quand ils n’ont pas d’espace autour d’eux.Sois comme la lune qui voyage dans l’infini du ciel. Elle a plein d’espace. La liberté est ce que nous voulons, et de l’espace à l’intérieur. Nous devons entrer en contact avec notre espace intérieur pour être libre. Sans liberté, personne ne peut-être véritablement heureux.

J’inspire, je me sens comme l’espace J’expire je me sens libre.

Trois fois, puis tu reprends le dernier caillou et le poses à ta droite. Et maintenant vous avez terminé votre méditation des cailloux.

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