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 La Maison de l'Inspir

Articles récents

Parole de Thay sur le changement climatique

24 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Parole de Thay sur le changement climatique

L’Organisation des Nations Unies a beaucoup œuvré pour donner la parole aux leaders spirituels dans la discussion sur le changement climatique. Voici la position du Vénérable Maitre Zen Thich Nhat Hanh, sur le changement climatique et notre Terre Mère, à la demande de l’ONU, en prévision du Sommet sur le Climat qui aura lieu à Paris en décembre 2015.

THICH NHAT HANH
Tomber amoureux de la Terre

Cette belle planète qui donne la vie en abondance, et que nous appelons Terre, a donné naissance à chacun de nous et chacun de nous porte la Terre dans chaque cellule de notre corps.

Nous faisons un avec la Terre

La Terre est notre mère, elle nous nourrit et nous protège à chaque moment, en nous donnant de l’air à respirer, de l’eau fraîche à boire, de la nourriture à manger et des herbes médicinales pour nous guérir lorsque nous sommes malades. Chaque inspiration que nous prenons contient l’azote, l’oxygène, la vapeur d’eau et les oligoéléments de notre planète. Lorsque nous respirons en pleine conscience, nous pouvons faire l’expérience de l’interêtre avec l’atmosphère délicate de la Terre, avec toutes les plantes et même avec le soleil, dont la lumière rend possible le miracle de la photosynthèse. A chaque respiration, nous pouvons faire l’expérience de la communion. A chaque respiration, nous pouvons savourer les merveilles de la vie.

Nous avons besoin de changer notre façon de penser et de voir les choses. Nous avons besoin de réaliser que la Terre n’est pas juste notre environnement. La Terre n’est pas quelque chose d’extérieur à nous. En respirant en pleine conscience et en contemplant votre corps, vous réalisez que vous êtes la Terre. Vous réalisez que votre conscience est également la conscience de la Terre. En regardant autour de vous, ce que vous voyez n’est pas votre environnement, c’est vous.

Notre grande mère, la Terre

Quelle que soit notre nationalité ou notre culture, quelle que soit la religion que nous suivons, que nous soyons bouddhistes, chrétiens, musulmans, juifs ou athées, nous pouvons tous voir que la Terre n’est pas de la matière inerte. Elle est un grand être, qui a donné elle-même naissance à de nombreux autres grands êtres, dont les Bouddhas et boddhisattvas, les prophètes et les saints, les fils et les filles de Dieu et l’humanité. La Terre est une mère aimante, qui nourrit et protège tous les peuples et toutes les espèces sans discrimination.

Quand vous réalisez que la Terre est tellement plus que simplement votre environnement, vous serez poussé à la protéger de la même façon que vous vous protégeriez vous-même. C’est la sorte de prise de conscience, la sorte d’éveil dont nous avons besoin, et l’avenir de la planète dépend de notre capacité à cultiver ou non cette vision profonde. La Terre et toutes les espèces sur Terre sont en réel danger. Mais si nous pouvons développer une relation profonde avec la Terre, nous aurons assez d’amour, de force et d’éveil pour changer notre mode de vie.

Tomber amoureux

Nous pouvons tous ressentir une admiration profonde et de l’amour lorsque nous voyons la grande harmonie, l’élégance et la beauté de la Terre. Une simple branche de cerisier en fleurs, la coquille d’un escargot ou les ailes d’une chauve-souris, tout témoigne de la majestueuse créativité de la Terre. Chaque avancée de notre compréhension scientifique approfondit notre admiration et notre amour pour cette merveilleuse planète. Lorsque nous pouvons véritablement voir et comprendre la Terre, l’amour se fait jour dans nos cœurs. Nous nous sentons en connexion. C’est le sens de l’amour : faire un.

C’est seulement lorsque nous serons réellement tombés amoureux de la Terre que nos actions naîtront de la vénération et de la vision profonde de notre interconnexion. Mais beaucoup d’entre nous se sont éloignés de la Terre. Nous sommes perdus, isolés et esseulés. Nous travaillons trop dur, nos vies sont trop occupées, et nous sommes agités et distraits, nous nous perdons dans la consommation. Mais la Terre est toujours là pour nous, nous offrant tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir et nous guérir : le miraculeux grain de maïs, le cours d’eau rafraîchissant, la forêt odorante, le majestueux sommet enneigé d’une montagne et le chant joyeux des oiseaux à l’aurore.

Le vrai bonheur est fait d’amour

Beaucoup d’entre nous pensent avoir besoin de plus d’argent, plus de pouvoir et d’un meilleur statut pour pouvoir être heureux. Nous sommes tellement occupés à passer notre vie à courir après l’argent, le pouvoir et la célébrité, que nous ignorons que les conditions du bonheur sont déjà disponibles. En même temps, nous nous perdons dans les achats et la consommation de choses dont nous n’avons pas besoin, en mettant beaucoup de pression sur notre corps et sur la planète. Et pourtant, une grande partie de ce que nous buvons, mangeons, regardons, lisons ou écoutons est toxique. Cela pollue nos corps et nos esprits avec de la violence, de la colère, de la peur et du désespoir.

Tout comme le dioxyde de carbone pollue notre environnement physique, nous pouvons parler de la pollution spirituelle de notre environnement : l’atmosphère toxique et destructrice que nous créons par notre façon de consommer. Nous avons besoin de consommer d’une façon qui nourrisse véritablement notre paix et notre bonheur. Ce n’est que lorsque nous viserons un développement durable en tant qu’êtres humains que notre civilisation pourra avoir aussi un développement durable. Il est possible d’être heureux ici et maintenant.

Nous n’avons pas besoin de consommer beaucoup pour être heureux ; en réalité, nous pouvons vivre très simplement. Avec la pleine conscience, tout moment peut devenir un moment heureux. Savourer une simple respiration, prendre un moment pour s’arrêter et contempler le ciel bleu et apprécier pleinement la présence de notre bien-aimé, cela peut largement suffire à nous rendre heureux. Chacun de nous a besoin de revenir pour se reconnecter avec soi-même, avec nos bien-aimés et avec la Terre. Ce n’est pas notre argent, notre pouvoir ou notre consommation qui peuvent nous rendre heureux, mais c’est d’avoir dans notre cœur l’amour et la compréhension.

Le pain dans ta main est le corps du cosmos

Nous avons besoin de consommer d’une façon qui garde vivante notre compassion. Mais beaucoup parmi nous consomment d’une façon qui est très violente. Des forêts sont coupées pour élever du bétail ou pour cultiver des céréales pour faire de l’alcool, alors que des millions de gens dans le monde meurent de faim. Réduire de 50 % la quantité de viande et d’alcool que nous absorbons est un véritable acte d’amour pour nous-mêmes, pour la Terre et pour les autres. Manger avec compassion peut déjà aider à transformer la situation de notre planète et rétablir l’équilibre entre nous-mêmes et la terre.

Rien n’est plus important que la fraternité et la sororité

Il y a une révolution qui doit être faite, et elle commence en chacun de nous. Nous avons besoin de nous éveiller et de tomber amoureux de la terre. Nous sommes homo sapiens depuis longtemps. Il est temps maintenant de devenir homo conscius. Notre amour et notre admiration pour la Terre ont le pouvoir de nous réunir et d’effacer toutes les frontières, les séparations et les discriminations. Des siècles d’individualisme et de compétition ont provoqué une terrible destruction et aliénation. Nous avons besoin de rétablir une véritable communication – une véritable communion – avec nous-mêmes, avec la Terre et entre nous, qui sommes des enfants de la même mère. Nous avons besoin de plus qu’une nouvelle technologie pour protéger la planète. Nous avons besoin d’une véritable communauté, d’une coopération.

Toutes les civilisations sont impermanentes et doivent mourir un jour. Mais si nous continuons notre cours actuel, il ne fait aucun doute que notre civilisation sera détruite plus tôt que nous le pensons. La Terre pourrait avoir besoin de millions d’années pour guérir, pour retrouver son équilibre et restaurer sa beauté. Elle sera capable de se remettre, mais, nous, les humains, allons disparaître avec beaucoup d’autres espèces, jusqu’à ce que la Terre soit en mesure de générer les conditions qui nous ramèneront sous de nouvelles formes. Si nous pouvons accepter l’impermanence de notre civilisation avec paix, nous serons libérés de notre peur. Et c’est à ce moment-là seulement que nous aurons suffisamment de force, d’éveil et d’amour pour pouvoir nous rassembler. Chérir notre précieuse Terre, tomber amoureux de la Terre, ce n’est pas une obligation. C’est la condition de notre bonheur et de notre survie, à titre personnel et collectif.

THICH NHAT HANH

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Question à Thay à propos du complexe d'égalité

9 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Question :

Cher Thay, chère Sangha, au début de notre séance de pratique,ici tous les matins au Village des Pruniers et également l’an dernier pendant la tournée américaine, nous avons été invités à transformer le soi illusoire et à transformer nos complexes d’infériorité, de supériorité et d’égalité. En Amérique, la formule “complexe d’égalité” remplit les amis d’une grande confusion et de consternation. Dans notre pays, l’égalité est non seulement une obligation légale mais c’est aussi un mot-clé du mouvement des droits humains. Je me demande si vous pourriez nous donner, à moi et à mes amis, plus d’informations sur ces complexes et sur la façon de pratiquer sur ce thème?

Réponse :

Le complexe d’égalité peut entraîner beaucoup de souffrances. Ce n’est pas l’égalité en soi qui entraîne la souffrance, mais le « complexe d’égalité ». Nous devons comprendre le sens du mot “égalité”. Nous savons que le complexe de supériorité nous cause de la souffrance à nous et à l’autre. Le complexe d’infériorité, la faible estime de soi, peut être l’origine de nombreuses maladies mentales et nous croyons que l’égalité, le droit d’être égal, est la solution. Mais la pratique de l’enseignement du Bouddha est très profond. Nous souffrons car nous nous comparons à l’autre. “Je suis mieux que lui”, est le complexe de supériorité. “Je suis pis que lui”, est le complexe d’infériorité. Mais “Je suis son égal”, est aussi un complexe car si vous essayez d’être égal, vous essayez d’argumenter que vous êtes égal, et vous continuez de souffrir. Or dans l’enseignement du Bouddhisme, il n’y a pas de soi, si bien que la comparaison n’a pas lieu d’être et c’est alors que le bonheur est parfait. Vous ne comparez plus, et vous pouvez dire : “chéri, tu es moi et je suis toi. Ta souffrance est ma souffrance; ton bonheur est mon bonheur.” C’est beaucoup plus profond. C’est là que la vision de l’inter-être est très importante. Quand vous méditez, vous voyez que vous ne pouvez qu’inter-être, que vous ne pouvez pas exister uniquement par vous-même, vous devez « inter-être » avec l’autre. C’est pourquoi au Village des Pruniers, nous disons : « Tu es, donc, je suis. » Nous inter-sommes ; nous ne voyons pas un individu qui souffre et qui est heureux seul, nous voyons un couple qui vit en harmonie et qui considère le bonheur de l’autre comme son bonheur, la souffrance de l’autre, comme sa souffrance. Ainsi donc, l’harmonie est la base du bonheur et de la paix, et cette harmonie a pour fondement la vision de l’inter-être.

Dans la pratique de la pleine conscience, non seulement essayons-nous d’ôter les complexes d’infériorité et de supériorité, mais aussi le complexe d’égalité. Dans la notion « Je suis aussi bien que lui », « j’ai le droit d’être aussi bien que lui », il y a toujours un soi, et par conséquent il y a toujours comparaison.Tant que vous continuez de comparer, vous souffrez. Mais avec la vision de l’inter-être, vous ne comparez plus car « vous êtes l’autre et l’autre est vous. » Il y a harmonie, paix et bonheur. Je crois que c’est assez simple pour que vos amis le comprennent.

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Que vois-je en sillonnant notre Planète et me penchant au chevet de notre Terre Mère en souffrance ?

9 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Cheminons pour une éthique globale sur notre Terre

par le Maitre Zen Thich Nhat Hanh

Une fleur ne doit rien faire pour être utile.

Elle doit se contenter d'être une fleur.

C'est suffisant.

Un seul être humain véritable suffit pour réjouir le monde entier.

Que vois-je en sillonnant notre Planète et me penchant au chevet de notre

Terre Mère en souffrance ?

Des catastrophes naturelles en accélération, tels les cyclones, des

inondations ici, la sécheresse ailleurs... la prolifération d’insectes

nuisibles avec l’usage excessif des pesticides...sans parler plus récemment

de la catastrophe nucléaire de Fukushima, de la famine qui sévit toujours

encore à notre siècle...malgré toutes les prouesses de la science et des

avancées technologiques !

J’exhorte mes disciples à pratiquer les 5 entraînements à la Pleine

Conscience :

une pratique de la “parole aimante et l’écoute profonde” pour un dialogue

fraternel et la pratique d’une conduite juste pour transformer notre

souffrance.

En observant la consommation des 4 sortes de nourritures qui sont les

aliments comestibles (moins ou pas de viande...), les impressions

sensorielles, la volition et la conscience, pouvons-nous nous engager à ne

pas faire d’usage de drogues, ne consommer aucun produit contenant les

toxines neuro-sensorielles comme les sites internet, jeux, films ou média

écrits axés sur la violence et le sexe, source de mal-être et de souffrance

pour une grande majorité de la population mondiale ?

Les Grecs avaient déjà pensé à l’éthique : elle ne peut que se concevoir

que sous un angle global car Ethos signifie un lieu de vie, habitude, mœurs.

et chez les Romains “ethicus” est une discipline morale dans un milieu

naturel et humain.

Pouvons-nous retrouver cette “éthique” dans la solidarité et le partage

comme les Anciens en Europe l’avaient déjà envisagée ?

Chaque pas que nous posons sur la terre est une occasion de nous retrouver

en lien avec notre Terre Mère : respirons chaque seconde à chaque pas,

moment unique, moment merveilleux , nous sommes en vie.

La pratique de la respiration consciente nous invite à découvrir la réalité

individuelle, la réalité de la société et le caractère global de la nature

intérieure en lien avec la nature extérieure.

Nous prenons ainsi conscience que notre Terre ne peut plus supporter une

atmosphère plus toxique.

Pour ceux d’entre nous qui aimons les balades à la campagne ou les

randonnées à la montagne, nous n’ignorons pas que les arbres sont nos

poumons extérieurs.

La destruction de tant de forêts, la couche d’ozone en partie détruite, les

eaux polluées par tant de pluies acides : pouvons-nous y remédier ?

Nos technologies peuvent-elles nous aider à nous sauver de ces catastrophes?

Pouvons-nous contrôler ce système créé par notre style de vie “encore et

toujours plus” ?

Nous cherchons le bonheur en dehors de nous et nous courons après cet

impossible bonheur qui a créé la peur, la colère, le désespoir, la

violence...

Sans un réveil collectif, la catastrophe est à nos portes.

La Terre ne pourra pas nourrir dans la bonne santé et le bonheur les 7

milliards et plus de 3 millions d’âmes ( depuis janvier 2012 ) , si nous

gardons ce style de vie avec ce fragile équilibre...ou plutôt, avec cette

rupture de l’équilibre écologique !

Les civilisations des Grecs, des Romains au cours de l’histoire ont

implosé, après s’être épanouies et notre civilisation ne serait pas

différente...elle se détruirait plus ou moins vite avec nos actes ou grâce

à nos efforts....et la Terre n’a pas besoin de nous pour vivre en lien avec

le Soleil !

Quand serons-nous assez nombreux pour nous réveiller pour un monde où

chacun aura sa place et vivra en harmonie avec la nature en équilibre

heureux avec les pierres, les plantes, les animaux ?

La pratique de la pleine conscience nous invite à suivre notre respiration

et à marcher en suivant notre inspiration et notre expiration... dans le

sourire ! pour vivre le moment présent plutôt que de nous perdre dans des

pensées du passé ou du futur !

En nous dans notre profondeur, se lovent des graines d’amour, de

compassion, de compréhension tout comme celles de l’ignorance, de la

colère, de la haine, de la discrimination, du désir, de la fierté, et de

l’attachement.

Notre expérience de la vie dépend de notre façon d’arroser toutes ces

graines.

Trop de graines de la peur, de la colère, du désespoir ont été nourries sur

notre planète Terre.

Entraînons-nous à arroser d’une manière sélective nos belles graines de la

solidarité et du partage : opérons en nous le changement pour vivre une

éthique globale sur la Terre.

Thich Nhat Hanh

Maître Bouddhiste Zen

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Liens pour regarder les deux emissions de Sagesses Bouddhistes

9 Juin 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici les liens sur youtube pour regarder les deux émissions de Sagesses Bouddhistes qui présentaient le mouvement "Wake-up", permettant ainsi à toutes les personnes vivant hors de France de pouvoir les voir.

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Arrêter la course pour m'établir heureux dans le moment présent

24 Mars 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Arrêter la course pour m'établir heureux dans le moment présent
Extrait du livre: "Conversations intimes avec le Bouddha"

Cher Bouddha, certains d'entre nous ont des trajets d'une heure en voiture ou en train pour aller au travail, et la même chose pour en revenir. Et une fois rentrés à la maison, malgré la fatigue, ils doivent encore préparer à manger et faire le ménage. Il faut aussi penser à payer les factures, le loyer ou l'emprunt logement, l'électricité, l'eau, le téléphone, les impôts, etc. Et puis s'ajoutent d'autres problèmes comme la maladie, le chômage, les accidents de la route, etc. Voilà notre vie jour après jour, toujours occupée et constamment sous pression, créant en nous de la peur et de l'anxiété. La plupart d'entre nous vivent leur vie comme une course permanente. Nous nous dépêchons de finir une tâche pour vite passer à la suivante. Une tâche n'est pas finie qu'une autre apparaît, et c'est sans fin. Le pire est que cette course devient une habitude et que nous y sommes attachés : nous ne supportons pas de rester oisifs ; nous remplissons tout notre temps de toutes sortes d'occupations. Cent ans passent en un éclair, comme dans un rêve. Mais je ne veux plus de ce mode de vie. Je veux vivre pleinement et librement chaque instant de ma vie quotidienne. Je veux suivre la pratique que tu nous as enseignée, de m'établir heureux dans le moment présent. Pour cela, je dois m'entraîner à m'arrêter pour être pleinement conscient de ce qui se passe dans le moment présent.

Cher Maître, aujourd'hui nous avons construit des télescopes très puissants que nous avons placés dans l'espace, plusieurs milliers de kilomètres au-dessus de la Terre. Nous avons vu des galaxies et des étoiles distantes de centaines de millions d'années-lumière et nous avons découvert toute la splendeur de notre planète Terre dans un Univers indescriptiblement resplendissant. Notre planète bleue si fraîche et si parfumée est la plus belle planète du système solaire, l'une des plus belles manifestations de l'Univers. Un lac clair, un nuage rose, un sommet de montagne enneigé, une forêt embaumante, un cerf agile..., contribuent tous à l'enjoliver et à la rendre de plus en plus belle chaque jour. Elle engendre la vie de milliers d'espèces, elle les porte, les nourrit, et les protège. Elle est vraiment le Bodhisattva Terre Pure et fraîche, notre mère à nous tous.En regardant profondément, je réalise à quel point j'étais pris dans une course perpétuelle sans jamais l'avoir vraiment appréciée. J'apprends à me réjour de sa présence et de celle de tout l'univers, à goûter la joie de vivre. Dans le passé, j'ai vagabondé comme un enfant prodigue, fuyant le moment présent à la recherche d'un bonheur illusoire dans le futur. En cet instant, je suis éveillé par des enseignements qui m'apprennent à m'établir heureux dans le moment présent. Je reconnais le monde du bonheur qui est juste là, pour moi.

Le monde est plein de trésors.
Je vous offre ce matin
Une poignée de diamants
Qui brillent jour et nuit.
Chaque minute est un joyau
Qui renferme la Terre, l'océan et le Ciel.
Il suffit d'une respiration légère
Pour que tous ces miracles se produisent
Les oiseaux chantent, les pins murmurent et les fleurs s'épanouissent ;
Le ciel bleu et les nuages blancs sont là ;
Le regard brille, plein d'amour ;
Le sourire emplit le coeur.
Toi, la personne la plus riche sur Terre,
Tu erres depuis si longtemps.
Cesse de faire l'enfant prodigue,
Reviens et reçois ton héritage.
Offrons-nous le bonheur.
Vivons pleinement l'instant.
Laissons partir tout ce courant de souffrance
Et choyons la vie au creux de nos mains.

(Poème de Thich Nhat Hanh intitulé Notre véritable héritage, extrait de Une flèche, deux illusions, editions Dangles, 2000)

Arrêter la course pour m'établir heureux dans le moment présent
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Question à Thay : Comment je peux me faire confiance?

18 Mars 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Vous pouvez avoir les sous-titres en français en cliquant sur la petite roue en bas de l'image à droite et en selectionnant "subtitles" puis en cliquant sur "french"

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Des clés pour faire face au terrorisme

9 Janvier 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Des clés pour faire face au terrorisme

La racine du terrorisme doit être identifiée de telle sorte qu’elle puisse être éradiquée.

La racine du terrorisme est l’incompréhension, la haine et la violence.
Cette racine ne peut être localisée par des moyens militaires.
Les bombes et missiles ne peuvent l’atteindre et encore moins la détruire.

Seule la pratique du calme et du regard profond peut nous la révéler et l’identifier. Seule la pratique de l’écoute profonde et de la compassion peut la transformer. L’obscurité ne peut pas dissiper l’obscurité. Elle ne fera que la rendre plus dense.

Seule la lumière est capable de dissiper les ténèbres.

La violence et la haine ne seront pas dissipées par la violence et la haine. Elles ne feront que multiplier la violence et la haine par mille. Seules la compréhension et la compassion sont capables de dissiper la violence et la haine.
« Attaque contre la terreur » est une expression qui engendre la confusion. Ce que nous cherchons à frapper n’est pas la cause réelle, ce n’est pas la source de la terreur. L’objet de notre attaque est encore des vies humaines. Nous semons les graines de la violence au fur et à mesure que nous frappons. Ces attaques n’engendreront que plus de haine et de violence dans le monde. C’est tout le contraire de ce que nous désirons. La haine et la violence sont dans le cœur humain.

Un terroriste est un être humain avec de la haine, de la violence
et de l’ignorance dans son cœur.

Agir sans compréhension, agir avec de la haine, de la violence et de la peur contribuera à semer plus de terreur, à apporter plus de terreur dans les foyers des autres et dans nos propres maisons.
Des sociétés entières vivent constamment dans la crainte, soumettant nos nerfs à de rudes attaques, jour et nuit. Ce sont les maux qu’il nous faudra subir en conséquence d’une pensée et d’une action erronées. Un tel état de confusion, de peur et d’angoisse est extrêmement dangereux. Il peut provoquer une autre guerre mondiale qui serait extrêmement destructive.

Il nous faut apprendre à nous exprimer de telle manière que la voix du Bouddha puisse être entendue dans ce moment crucial de notre histoire. Que ceux d’entre nous qui possède la lumière en fasse usage et l’offre de telle sorte que le monde ne sombre pas dans l’obscurité.

Chacun possède la semence de l’Eveil dans son cœur.

Aidons-nous mutuellement à mettre à jour ces semences pour que chacun ait le courage de s’exprimer. Nous devons nous assurer que la manière dont nous vivons notre vie quotidienne (avec ou sans une consommation réfléchie, avec ou sans discrimination, avec ou sans participation aux injustices …) ne crée pas plus de terrorisme dans le monde.

Nous avons besoin d’un éveil collectif
pour stopper cette course folle à l’auto-destruction.

Thich Nhat Hanh,
le 19 October 2001

(extrait d'un discours offert par notre maitre après la destruction des tours jumelles à New York - USA)

S’il te plait, appelle-moi de mes vrais noms

 

Ne dis pas que je partirai demain –

Même aujourd’hui j’arrive encore.

 

Regarde profondément : j’arrive à chaque seconde

Pour être un bourgeon sur une branche printanière,

Pour être un petit oiseau, aux ailes encore fragiles,

Qui apprend à chanter dans son nouveau nid,

Pour être une chenille au cœur d’une fleur,

Pour être un joyau qui se cache dans une pierre.

 

J’arrive encore, pour rire et pour pleurer,

Pour craindre et pour espérer.

Le rythme de mon cœur et la naissance et la mort

De tout ce qui vit.

 

Je suis un éphémère qui se métamorphose

A la surface d’un fleuve.

Et je suis l’oiseau

Qui descend en piqué pour avaler l’éphémère.


Je suis une grenouille qui nage avec bonheur

Dans les eaux claires d’une mare,

Et je suis la couleuvre

Qui se nourrit en silence de la grenouille.

 

Je suis l’enfant en Ouganda, la peau sur les os,

Mes jambes fines comme des bambous.

Et je suis le marchand d’armes,

Qui vend des engins de mort à l’Ouganda.

 

Je suis la fillette de douze ans,

Réfugiée sur un petit bateau

Qui se jette à la mer

Après avoir été violée par un pirate.

Et je suis le pirate,

Mon coeur encore incapable

De voir et d’aimer.

 

Je suis un membre du Politburo,

Du pouvoir plein les mains.

Et je suis l’homme qui doit payer

Sa « dette de sang » à mon peuple

En mourant lentement dans un camp de travaux forcés.

 

Ma joie est come le printemps, si chaude

Qu’elle fait s’éclore les fleurs tout autour de la Terre.

Ma douleur est comme un fleuve de larmes

Si abondant qu’il remplit les  quatre océans.

 

S’il te plait appelle-moi de mes vrais noms

Ainsi je pourrai entendre d’un coup mes pleurs et mes rires,

Je pourrai voir que ma douleur et ma joie sont une.

 

S’il te plait appelle-moi de mes vrais noms,

Pour que je m’éveille

Et que la porte de mon cœur

Reste ouverte,

La porte de la compassion.

 

                                               -Thich Nhat Hanh

Ce poème fut écrit en 1978, pendant la période où nous aidions les « boat people ».

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Moment présent, Moment merveilleux!

30 Décembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Moment présent, Moment merveilleux!

Voici une pratique de méditation sur la bonté aimante offerte par Thay et que nous vous invitons à pratiquer chaque jour. La première partie s'adresse à nous-même, la deuxième partie s'adresse à une personne bien-aimée et la troisième partie à la personne qui nous a fait souffrir. C'est bien de visualiser le visage de la personne et de vous dire son nom. La première partie de la méditation est très importante, ne la mettez pas de côté!

Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante adressée à moi-même :

Que je sois paisible, heureux et léger dans mon corps et mon esprit.

Que je sois sain et sauf dans ma vie quotidienne, épargné des accidents.

Que je sois libre de la colère, des soucis, de la peur.

Que je sache me regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

Que je puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en moi .

Que je sache me nourrir chaque jour avec de la joie.

Que je puisse vivre dans la fraîcheur, la solidité et la sérénité.

Que je ne tombe pas dans l’indifférence, et ne m’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont l’attachement et l’aversion.

Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante dirigée vers mes bien-aimés :

Qu’il ou elle soit paisible, heureux et léger dans son corps et son esprit.

Qu’il ou elle soit sain et sauf dans sa vie quotidienne, épargné des accidents.

Qu’il ou elle soit libre de la colère, des soucis, de la peur.

Qu’il ou elle sache se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

Qu’il ou elle puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en lui ou en elle.

Qu’il ou elle sache se nourrir chaque jour avec de la joie.

Qu’il ou elle puisse vivre dans la fraîcheur, la solidité et la sérénité.

Qu’il ou elle ne tombe pas dans l’indifférence, et ne s’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont l’attachement et l’aversion.

Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante dirigée vers celui/celle qui me fait souffrir :

Qu’il ou elle soit paisible, heureux et léger dans son corps et son esprit.

Qu’il ou elle soit sain et sauf dans sa vie quotidienne, épargné des accidents.

Qu’il ou elle soit libre de la colère, des soucis, de la peur.

Qu’il ou elle sache se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

Qu’il ou elle puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en lui ou en elle.

Qu’il ou elle sache se nourrir chaque jour avec de la joie.

Qu’il ou elle puisse vivre dans la fraîcheur, la solidité et la sérénité.

Qu’il ou elle ne tombe pas dans l’indifférence, et ne s’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont l’attachement et l’aversion.

Moment présent, Moment merveilleux!
Thay se réjouissant d'une tasse de thé tout en regardant la Marne (septembre 2012)
Thay se réjouissant d'une tasse de thé tout en regardant la Marne (septembre 2012)

Voici un extrait d'un livre "Healing into life and death" (Guérir dans la vie et la mort) par Stephen Levine. Comme ce passage m'a beaucoup inspiré je l'ai traduit pour le partager avec vous.

Arrêter la guerre

Il y a quelques années durant la guerre en Corée, Paul Reps, écrivain et pratiquant de méditation depuis de nombreuses années, essayait d'entrer au Japon pour aller étudier et pratiquer dans un monastère Zen à Kyoto. A ces moments là seuls les occidentaux qui étaient militaires pouvaient obtenir un visa. Tout en remplissant les documents nécessaires l'officier d'immigration lui dit qu'il ne serait pas possible pour lui de visiter le Japon car il n'était pas un "allié militaire". Assis en face de l'officier d'immigration, il retourna sa demande de visa et écrivit au dos "Me faisant une tasse de thé vert, j'arrête la guerre", et il la redonna à l'officier. Celui-ci regarda longuement le poème, le lisant silencieusement pour lui-même "Me faisant une tasse de thé vert, j'arrête la guerre". Puis en retournant le papier, il approuva la demande d'entrée au Japon pour Paul Reps. En le regardant il lui dit : "Nous avons besoin de plus de personnes comme vous dans notre pays actuellement".

Mais que veut dire : faire une tasse de thé qui arrête la guerre?

Paul Reps n'essayait pas d'être astucieux, il était réel. Il parlait de la rencontre de la bataille incessante du besoin de contrôle, de nos vieux conflits intérieurs, avec autre chose, une autre façon d'être. La façon de préparer une tasse de thé qui ne continue pas la guerre, qui n'aggrave pas le conflit, l'impatience, l'attente, le désir que les choses soient différentes de ce qu'elles sont, et de simplement laisser l'eau bouillir.

Avons-nous déjà laissé l'eau bouillir et rien d’autre? Sommes-nous simplement restés debout n'ayant nul par où aller, ouvert seulement à cela? Ou sommes-nous en train de penser à l'eau en train de bouillir? Espérant qu'elle boue? L'imaginant bouillir? Impatient si elle ne boue pas? Avez-vous déjà fait bouillir de l'eau sans but, sans avoir le besoin que l'eau soit différente? Sans attente? L'attente est la guerre. L'impatience est la guerre. Le moment est insatisfaisant et la paix ne peut pas être trouvée. La guerre continue dans l'esprit, l'urgence que ce moment n'est pas suffisant et "où est mon thé?????" En faisant une tasse de thé, je nourris la guerre. Encore plus de conflit. Encore plus d'idées sur comment les choses devraient être et moins d'espace pour les choses telles qu'elles sont.

Assis à la table, remarquant "j'aimerais avoir une tasse de thé!" Observer comment l'esprit et le corps pensent qu'une tasse de thé serait agréable. Observer la motivation de faire du thé et non "Je dois avoir une tasse de thé immédiatement!" Ceci est la guerre, l'eau gelée du plaisir réclamé, qui amène plus de tension, plus de conflit, les mêmes vieilles choses. Observer comment vous vous levez, comment vous marchez jusqu'au placard, observer l'expectation. L'expectation est la guerre. L'expectation est souffrance. L'expectation est déception. Mais au lieu de cela, simplement être là. Pas de conflit. Pas de recherche frénétique dans les différents paquets de thé pour découvrir celui qui stimulerait le plus votre palais, mais au contraire laisser le thé vous choisir. Permettre au thé de venir dans votre main au lieu de le saisir, de l'empoigner.

En faisant une tasse de thé, j'arrête la guerre. Regardant, observant, goûtant le désir pour le thé alors que la main prend la théière. Sentir la poignée de métal froid de la théière sur la chaleur de la main. Sentir la texture de la poignée. Rien d'autre à faire, nul part d'autre où aller. Uniquement ce moment pour toujours. Simplement cette ainsité. Sentant le sol sous vos pieds lorsque vous marchez jusqu'à l'évier. Le bras s'étirant, sentir le poids de la théière lorsque la main arrive au robinet. Sentir la fraicheur du robinet, recevoir le froid. Rien d'autre n'a besoin d'être différent. Le son de l'eau alors qu'elle arrive dans le pot. Remarquer comment le son change alors que le pot se remplit. Remarquer l'expectation d'avoir le pot plein. Remarquez la peur subtile que l'eau pourrait déborder. En refermant l'eau froide, sentir la condensation sur la poignée, écouter le craquement du joint alors que la poignée arrête l'écoulement de l'eau. La main qui bouge sur la poignée, sentir la musculature des doigts qui se plient autour, le bras allongé qui porte à présent un poids plus lourd que l'instant d'avant alors que le pot plein est amené jusqu'à la cuisinière. Entendre le son du gaz alors qu'il s'allume sous la théière, peut-être sentez-vous la chaleur qui s'enroule autour du pot et atteint la main. Remarquer la main qui s'en éloigne. Remarquer aussi, la peur subtile d'être brulé. Rester complètement dans le moment présent. Rien d'autre. Rien du passé amené dans le présent pour filtrer ce moment. Seulement ce moment tel qu'il est.

Seulement être debout. Simplement le son des bulles d'air venant de l'eau froide alors qu'elle chauffe. Sentir les jambes se lever et bouger alors qu'elles marchent autour de la pièce vers la boite à thé. Les yeux qui touchent la boite. Remarquer la reconnaissance. Remarquer le désir. La boite dans la main. Le thé et moi-même sommes ici. Rien d'autre. Sentir les muscles alors qu'ils soulèvent la boite à thé. Sentir les muscles, les extenseurs et les fléchisseurs dans les bras, sentir les doigts. Ouvrir. L'arome du thé vert dans les narines. Simplement sentir le thé. Seulement l'appréciation. Mettez la cuillère dans le thé, le moment présent reçu tel qu’ il est, aucune guerre, ne pas être autre part. Mettre le thé dans la tasse. La main se retire.

Retourner à la chaise de la cuisine, sentir les genoux qui se plient. Sentir le poids de la gravité sur le corps. Entendre l'eau bouillir. Rien d'autre à faire que d'être. Ensuite la vapeur. L'intention de l'esprit de se lever, de prendre l'eau pour le thé. Seulement l'eau qui boue. Simplement se lever. Simplement les muscles tirés par le poids du pot rempli. Sentir les pieds contre le sol marchant jusqu'à la table. Simplement poser le pot en toute sécurité où rien ne sera brulé ou éraflé. Remarquer l'intention, sentir les changements dans la musculature des bras alors que le pot est incliné vers la tasse. Simplement la sensation du pot qui devient plus léger alors que l'eau se mélange avec le thé. Simplement la vapeur qui s'élève, simplement le thé. Rien n'a besoin d'être différent. La sensation de la cuillère froide dans la main. Seulement le son de la cuillère alors qu'elle mélange le thé dans l'eau, la fragrance du thé qui macère. Recevoir chaque moment tel qu'il est, c'est suffisant. Ne pas boire le thé qui n'est pas encore fait, plus de guerre, simplement ce qui est.

Simplement la vastitude extraordinaire que rien n'a besoin d'être différent de ce qui est. Vous êtes soit en train d'attendre ou vous êtes patient. La patience est la paix. L'attente est la guerre.

Ne pas attendre pour le thé, ne rien attendre, même pas attendre que cette histoire soit terminée. En lisant cette histoire, arrêtez-vous la guerre ou la continuez-vous? Est-ce que ce moment n’est pas suffisant ou bien est-ce tout? Expérimentez-vous véritablement ce moment?

Simplement reconnaitre que le thé est prêt. Non pas "une tasse de thé finalement!" mais simplement une tasse de thé. Simplement une autre opportunité pour la guérison. Simplement la main qui s'avance pour recevoir la poignée de la tasse. Simplement remarquer la chaleur. Remarquer la texture et la fragrance. Tout simplement une tasse de thé. Simplement ce moment dans sa nouveauté. Seulement la main qui touche la tasse, le bras qui se rétracte, la fragrance qui s'accroit alors que la tasse s'approche des lèvres. Si présent. Remarquer la lèvre inférieure qui reçoit la chaleur de la tasse, la lèvre supérieure arquée pour recevoir le liquide. Remarquer le premier goût du thé alors que le thé entre en contact avec les lèvres. La fragrance et la chaleur s'élevant dans la bouche. La première attention du goût. Le contact du thé chaud sur la langue. La langue qui fait bouger le thé tout autour dans la bouche. L'intention d'avaler. La chaleur qui s'étend jusque dans l'estomac.

Quelle merveilleuse tasse de thé.
Le thé de la paix, de la satisfaction.
En buvant une tasse de thé, j'arrête la guerre.
Moment présent, Moment merveilleux!
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Voici le lien pour écouter le discours au Vatican

4 Décembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici le lien où vous pouvez écouter le discours au Vatican. Soeur Chan Khong parle à 42mn36

http://www.youtube.com/watch?v=s2VPAFFD1Ak&index=2&list=UU7E-LYc1wivk33iyt5bR5zQ
lecture de Sr Chan Kong 42mn36

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Message de Thay au Vatican le 2 décembre 2014

3 Décembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici la traduction du Message de Thay au Vatican le 2 décembre 2014

Les leaders religieux ensemble contre l'esclavage, crime contre l'humanité

Maitre Zen Thich Nhat Hanh
(représenté par la Vénérable Bhikshuni Thich Nu Chan Khong, ainée de ses étudiants monastiques)


Sa Sainteté, Excellences, Vos Eminences, Cher Vénérables, chers Invités les plus distingués, Mesdames et Messieurs, permettez-moi de lire les mots que notre Maitre Bien-aimé, le Maitre Zen Thich Nhat Hanh, souhaite vous partager aujourd'hui.


"Nous sommes reconnaissants de pouvoir être ainsi tous rassemblés aujourd'hui pour annoncer au monde notre engagement à travailler ensemble afin d'éradiquer l'esclavage moderne; et de lancer un appel à l'aide à tous ceux qui sont engagés dans le trafic humain pour ARRETER leur exploitation; et de demander à tous les dirigeants du monde et à toutes les organisations de protéger la dignité de ces jeunes femmes, hommes et enfants. Ils sont nos filles et nos fils, nos sœurs et nos frères.


"Il est clair que dans cet âge de la mondialisation, ce qui arrive à l'un d'entre nous, arrive à tous. Nous sommes tous interconnectés, et nous sommes tous coresponsables. Si nous nous laissons emportés par nos problèmes quotidiens dans la recherche de nos besoins matériels et de notre confort émotionnel, même avec la meilleure volonté du monde, nous serons trop occupés pour réaliser notre aspiration commune.


"La pratique de la contemplation va de pair avec l'action. Sans une pratique spirituelle nous abandonnerons notre rêve très rapidement.


"Les merveilles de la nature, les merveilles de la vie sont en chacun d'entre nous, le Royaume de Dieu est en chacun de nous, la Terre Pure, le Nirvana sont en chacun de nous et nous tous, suivant l'enseignement de notre propre tradition devons pratiquer pour entrer en contact avec ceux-ci. Ainsi nous pourrons avoir la guérison et la nourriture spirituelle, la joie et le bonheur nés de cette vision profonde : le Royaume de Dieu est disponible dans l'ici et le maintenant. Nous partageons tous ce sentiment d'amour et d'admiration pour la nature ; celui-ci a le pouvoir de nous nourrir, de nous unir, et de retirer toute séparation et toute discrimination.


"En contact avec tout ce qui est rafraichissant et guérissant, nous nous LIBERONS de nos soucis quotidiens pour notre confort matériel, et ainsi nous avons BEAUCOUP plus de temps et d'énergie pour réaliser notre idéal qui est celui d'apporter la liberté et la compassion pour tous les êtres vivants. Comme nous pouvons le lire dans les Evangiles :" Ne vous inquiétez pas de ce que vous mangerez, de ce vous boirez, de ce que vous porterez. Cherchez tout d'abord le Royaume de Dieu et toutes ses choses vous seront données. Ne vous inquiétez à propos de demain. Demain s'occupera de lui-même."


"Dans notre travail à éradiquer l'esclavage moderne, nous DEVONS trouver le temps de prendre soin de nous-mêmes, et de prendre soin du moment présent. De cette façon nous trouvons une paix dans notre corps et notre esprit qui nous permet de continuer notre travail. Nous avons besoin de reconnaitre et d'embrasser notre propre souffrance, notre colère, peur, et désespoir de telle sorte que l'énergie de compassion puisse être maintenue dans notre cœur. Avec la clarté dans notre esprit, nous aurons de la compassion non seulement pour les victimes mais également pour les trafiquants eux-mêmes. En reconnaissant la souffrance des trafiquants, nous pourrons les aider à s'éveiller et à arrêter ce qu'ils font. Notre compassion peut aider à les transformer en amis et en alliés pour notre cause.


"Nous avons besoin d'une COMMUNAUTE SPIRITUELLE pour pouvoir continuer notre travail de compassion, pour nous soutenir et nous protéger - une véritable communauté, où nous pouvons y trouver la fraternité, la compassion et la compréhension. Nous ne devons pas faire ce travail en tant que cavalier seul, ou guerrier solitaire. La racine de l'esclavage moderne est très profonde, et les causes et les conditions, les réseaux et les structures les soutenant sont complexes. C'est pourquoi nous avons besoin de construire une communauté qui puisse continuer ce travail de protéger la vie humaine non seulement jusqu'en 2020 mais pour très longtemps dans le futur.


Le monde dans lequel nous vivons est mondialisé, ainsi que cette nouvelle forme d'esclavage, qui est connecté avec les systèmes économiques, politiques et sociales. Notre éthique et notre moralité doivent également être mondialisées. Un nouvel ordre mondial appelle pour une nouvelle éthique mondiale. Nous devons nous asseoir ensemble, en tant que personnes de nombreuses traditions, comme nous le faisons maintenant, pour trouver les causes de cette souffrance. En regardant ainsi profondément ensemble, avec clarté, calme et paix, nous comprendrons les causes de l'esclavage moderne, et nous pourrons ainsi trouver une solution pour en sortir.

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