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 La Maison de l'Inspir

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Cinquième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

19 Janvier 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Cinquième message de la Retraite d’Hiver chez Soi

« Qu’est-ce que la paix ? La paix c’est l’absence de conflit… »

(TNH - Enseignement du 07/07/2014)

La cinquième branche de notre arbre des Facteurs d’Eveil est la Paix, l’aisance, la détente, le bien-être du corps et de l’esprit (prashrabdhih en sanskrit), et cette Paix, ce bien-être est toujours accompagné de la Diligence, de l’énergie.

Nous voici déjà arrivés au cinquième facteur d’éveil : la paix, le bien-être. Nous savons bien que le bien-être est essentiel pour toucher la paix en soi-même, car nous avons tous déjà expérimenté dans notre vie de tous les jours des tensions, des malaises, de la tristesse ou du découragement. Nous avons sûrement, pour la plupart d’entre nous, cédé à la dispersion et à l’agitation dans nos vies professionnelles et quotidiennes, ayant mille choses à faire à la fois et n’ayant jamais le temps de faire ces choses-là. À peine arrivés à la maison après le travail, nous voilà déjà à courir partout pour s’occuper du repas du soir, des enfants, de la lessive… A peine levé nous courons déjà car nous sommes en retard pour l’école, les transports en commun, le travail, et nous n’avons bien souvent pas le temps de prendre un petit déjeuner tranquillement. Presque tout le monde connaît ces situations de la vie quotidienne.

Le bien-être c’est aussi la troisième Vérité Noble, c’est-à-dire la cessation de la création de la souffrance (nirodha) ; nous nous abstenons de faire quelque chose qui nous fait souffrir. Cette troisième vérité nous dit que l’abandon des afflictions est possible (le Cœur des Enseignements du Bouddha - TNH).

Un maître vivait autrefois avec ses disciples dans un temple. Un jour, l’un de ses disciples lui demanda : « Cher maître, que diriez-vous d’organiser un pique-nique ? » Le maître répondit : « Oui, c’est une très bonne idée. Allons pique-niquer un jour. » Mais ils furent si occupés qu’ils ne trouvèrent jamais le temps. Une année passa, puis deux, puis trois, sans qu’ils soient allés pique-niquer. Un jour, alors qu’ils se trouvaient en ville, ils virent une procession funèbre. Le maître demanda à ses disciples : «Qu’est-ce que c’est ? » Et un disciple répondit : « Ils vont pique-niquer. C’est le seul jour où ils vont pique-niquer, quand ils meurent. » TNH - La paix en soi, la paix en marche

Cette histoire nous enseigne que nous devrions prendre suffisamment de temps pour nous détendre et avoir du bien-être dans notre vie, non seulement pour soi-même mais aussi pour ceux, et avec ceux, qui nous entourent. Et pour cela nous ne devons pas attendre un moment propice dans le futur, ce moment est déjà là, disponible, car cela peut être un moment de paix si nous le désirons vraiment. C’est le sens de notre pratique de la méditation. La détente, l’aisance, le calme ou la tranquillité sont des éléments nécessaires à la pratique de la méditation, ils sont un facteur d’éveil essentiel pour atteindre et goûter la Paix.

Cinquième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

Il y a encore notre façon de nous nourrir qui peut nous rendre plus paisible. Nous vous invitons à lire ou relire le 5ème entraînement des Cinq Entraînements à la Pleine Conscience : « Transformation et guérison », ainsi que le Soutra des Quatre Sortes d’Aliments (n° 373 Samyuktagama) dans le livre « Chants du Cœur » page 205. Les Quatre Sortes d’Aliments sont la nourriture comestible, les impressions sensorielles, la volition, la conscience.

Mais est-ce que nous trouverons la Paix un jour prochain dans le futur, ou bien quelque part au bout d’un chemin ? Est-ce que la Paix est un but, un objectif à atteindre ? Est-ce que nous pourrons trouver la Paix dans les possessions matérielles ou les plaisirs sensuels de la vie quotidienne ?

Est-ce que la Paix sera présente en nous si nous n’avons seulement qu’une idée de ce qu’est la paix, ou bien si nous nous limitons juste à avoir une intention de paix ?

Notre Maître nous a enseigné qu’une simple intention n’est pas suffisante si cette intention n’est pas concrétisée par un acte. Vouloir être en paix n’est pas suffisant. La Paix est une pratique à part entière et cela commence tout de suite.

Propositions de pratique :

  • Avant de se lever, prendre le temps de faire quelques respirations conscientes en laissant venir un demisourire (penser au gatha du réveil)
  • En rentrant du travail, se poser quelques minutes en faisant une méditation assise ou bien une relaxation totale : simplement s’assoir ou s’allonger juste pour prendre conscience de son corps et de la respiration en relâchant les tensions

« j’inspire, je prends conscience de mon corps                         conscience du corps »

« j’expire, je relâche toutes les tensions de mon corps             relâcher les tensions »

  • Pratiquer la marche en pleine conscience, surtout si on ressent de la colère ; cette marche peut aussi être pratiquée jusqu’à sa voiture ou jusqu’au transport, elle peut encore être pratiquée au travail pour aller aux toilettes ou à la machine à café, et bien sûr chez soi de la chambre au salon (un pas j’inspire, un autre pas j’expire) ou dans les escaliers :

« En montant et en descendant les escaliers, mes pas sont doux et légers.

   Quand j’entends mes talons claquer, je sais que je ne suis pas vraiment arrivé. »

Cinquième message pour la retraite d'hiver 2016-2017
  • Cultiver le bien-être : prendre du temps pour soi-même dans sa vie de tous les jours afin de générer l’énergie de paix, par exemple : se donner le temps de se préparer une boisson chaude, un thé, un café, avec son compagnon, sa compagne… « boire un thé pour se retrouver » (Thầy)
  • Cultiver la paix en soi : « la souffrance ce n’est pas tout » (Thầy)

Pratiquer la détente en marchant, en s’asseyant ou en faisant une relaxation totale, conscient, consciente, du corps et de la respiration en se nourrissant de la beauté qui nous entoure : à mettre en œuvre dès que l’on souffre, mais pas seulement, ne pas attendre de souffrir pour faire cela : « je me réjouis de ne pas avoir mal aux dents » !

Pratiquer l’observation de ses sensations : agréables, désagréables ou neutres, sachant qu’une sensation neutre peut très vite devenir agréable, simplement en reconnaissant les sensations pour ce qu’elles sont, des sensations n’ayant pas d’existence séparée, et les laisser partir.

« La vie est pleine de souffrance mais elle est aussi remplie de merveilles, comme le ciel bleu, le soleil, les yeux d’un bébé. Souffrir n’est pas tout ; nous devons aussi être en contact avec les merveilles de la vie. Elles sont tout autour de nous, partout, à chaque instant. »

(La paix, un art, une pratique - Thích Nhất Hạnh)

  • Quatre sortes de nourritures :

Essayer de se nourrir en regardant profondément d’où provient la nourriture et être conscient de la souffrance générée pour avoir cette nourriture. Nous savons que la nourriture ne vient pas seulement du supermarché, que la viande ne vient pas seulement de chez le boucher.

Apprendre à réserver un jour de la semaine où peut-être on évitera de manger de la nourriture d’origine animale et ainsi on évitera de contribuer à la souffrance animale et au changement climatique (cette pratique est très bénéfique pour cultiver la paix en soi et dans le monde).

Prendre conscience de quelle manière on absorbe les impressions sensorielles chaque jour, comment on nourrit notre intention de vie, la volition, et comment à chaque instant on arrose les graines dans le tréfonds de notre conscience, l’Alaya.

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Enseignements pour le Nouvel An 2017

15 Janvier 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha,

Voici les liens pour réécouter :

- l'enseignement sur le thème de la transformation donné par Sœur Dao Nghiem et Frère Phap Linh le 3 janvier dernier au Village des Pruniers.

- l'enseignement de juin 2016, en anglais avec sous-titres en français, de Cheri Maples, officier de police aux Etats-Unis et enseignante du Dharma ordonnée par Thay.

Merveilleux !

Note : étrangement la mise en ligne de l'enseignement de Sr Giac Nghiem pour Noël dernier pose un problème audio, si vous avez une baguette magique pour le résoudre et permettre d'entendre notre Soeur, faites-vous connaître ! Merci infiniment d'avance...

Et une note pour votre agenda : les émissions Sagesses Bouddhistes des dimanches 19 et 26 février prochains (à 8h30 sur France 2) auront pour invités Sr Chân Không et Frère Phap Linh, qui s'exprimeront sur les questions de pourquoi et comment reconnaître notre souffrance, et comment se délivrer de notre souffrance au quotidien. A suivre :)

Enseignements pour le Nouvel An 2017
Enseignements pour le Nouvel An 2017
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Quatrième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017

10 Janvier 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

La joie et le bonheur nés du lâcher-prise,

La joie et le bonheur nés de la pleine conscience,

La joie et le bonheur nés de la concentration...

... Voici deux témoignages personnels sur l'expérience de la joie comme facteur d'éveil :

"Après une arrivée à l’hôpital la veille dans un curieux état de santé, me demandant bien ce qu’il allait advenir, voici  au petit matin le moment du réveil. Comme tous les matins, se met en route mentalement et quasi automatiquement ( !) le merveilleux gatha enseigné par notre maître Thây. « Me réveillant, je souris… » Dès les premiers mots, de façon inattendue,  une onde de joie m’envahit, la joie de me sentir bien vivante, une onde de chaleur qui parcourt tout mon corps, ouvre la poitrine…  Comme c’est merveilleux d’être là, de sentir la vitalité revenir et de m’offrir ce gatha matinal… « …J’ai vingt-quatre heures toutes nouvelles » La joie m’accompagne, mot après mot, faisant corps avec chaque cellule. Je mesure la chance de cette journée qui s’annonce et s’ouvre, un cadeau sans prix. Mon cœur bat très fort ! « …Je forme le vœu de vivre chaque instant dans la plénitude… » Chaque mot du gatha résonne au plus profond. Ça fait « boum… boum… boum… ! »  «… et de porter sur le monde un regard de compréhension et d’amour… » La fin du gatha est un élan, une orientation de la pratique de la pleine conscience, une ouverture sur le monde, portée par la confiance et la joie. Mon cœur manque d’exploser !

Le souvenir de ce court moment de joie très intense m’accompagne désormais tous les jours, au moment du lever. La joie profonde ressentie lors de ce matin-là à l’hôpital est comme gravée. Cette expérience m’invite aussi  à être plus attentive au long de la journée, lorsque je m’offre un moment de pratique de pleine conscience, aussi bref fût-il. Et à cette grande joie s’en ajoute une autre  (comme un bonus !), celle ressentie par la gratitude envers les enseignements et les pratiques offertes par notre maître et la sangha du Village des Pruniers, grâce à qui nous pouvons vivre tant de…  joie !"

Quatrième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017

"L’œuf ou la poule ?

             Chèr(e)s ami(e)s ,

             Jeudi dernier à la Maison de l’Inspir, nous avons chanté « Y’a d’la joie » de Charles Trenet ; et ce fut un grand moment de bonheur partagé. Bien que cette chanson soit dans le livret du Village des Pruniers, on la chante rarement car elle est assez difficile. Etre joyeux, cela ne se décrète pas et ce n’est pas toujours facile, mais quand les conditions sont favorables, la joie se manifeste comme ce fut le cas jeudi grâce à la présence d’une amie qui venait pour la première fois et qui, connaissant bien cette chanson, nous a entraînés, enchantés.

               Je vous mets un lien pour vous entraîner si vous voulez (cliquez pour voir l'enseignement de Frère Phap Dung en anglais le 31 décembre 2016).

                Ma marraine aime bien raconter des blagues et rien qu’en voyant son regard malicieux, son visage rayonnant on est déjà joyeux, sans attendre la chute. Je vous partage une de ses histoires favorites dont je ne me lasse pas : Un jeune disciple demande un éclairage à son Maitre Zen concernant ses difficultés dans la pratique de la méditation. Le Maître le reçoit et l’écoute : « Maître, je reste assis sur le coussin pendant des heures et je n’arrive pas à me concentrer, mon esprit vagabonde et mon corps est douloureux. Je n’atteindrai jamais l’éveil.» Le Maître lui sourit et lui dit, compatissant, « Ne vous inquiétez pas, ça va passer ; continuez à pratiquer !» Le disciple persévère et un beau matin il touche l’extase, la plénitude. Il se sent relié au cosmos, son esprit est lumineux, son cœur est plein d’amour, il est plein d’énergie, libre, joyeux…Il demande aussitôt audience à son Maître qui le reçoit, écoute avec attention son récit enthousiaste, lui sourit et lui dit, compatissant : « Ne vous inquiétez pas, ça va passer ; continuez à pratiquer ! »

                « Pratiquer la joie pour s’éveiller…… », c’est un Koan pour moi, une énigme du genre « C’est la poule qui fait l’œuf ou bien c’est l’œuf qui fait la poule ? ». Je suis enclin à penser que la joie serait un aboutissement, un fruit, pas une cause, une racine. Et pourtant … j’ai vécu, je vis, deux expériences nourrissantes que j’ai beaucoup de joie à partager.

                La première concerne la pratique de l’arrêt (Samatha) en méditation assise : couper la radio intérieure des pensées, ramener le mental dans l’ici et le maintenant. Cet été, lors d’une retraite santé en montagne, une sœur nous a proposé le « moyen habile » suivant : Si vous voulez, imaginez-vous que votre esprit est comme un jeune chiot exubérant, curieux, joyeux. Vous avez le choix entre deux méthodes pour le ramener à la niche de l’ici et maintenant. La première est la contrainte, la soumission ; la deuxième est la liberté, le respect : lui donner envie d’être là pour participer à l’aventure de l’instant, de ce qui s’y vit, s’y invente, s’y transforme. Vous n’obtiendrez pas le même résultat avec chacune d’elles ! En effet, le chemin (bien qu’il ne soit pas toujours confortable) de la liberté et de la joie authentique est éveil (progressif) : pratiquons-le avec diligence comme dit la chanson « Enfer ou Paradis, j’les connais tous les deux, je choisis ou je veux aller…… »

                La deuxième concerne la pratique du « joyeusement ensemble », ou Allégria comme aime l’appeler sœur abbesse, appelée encore be-in chez les jeunes du mouvement wake-up. Je ne sais pas (encore complètement) pourquoi j’ai une vraie difficulté personnelle quand  « il faut s’amuser, être gai, faire la fête à un moment programmé » . J’ai tendance à fuir, ne pas venir ou à rester en retrait. Peur du ridicule ? d’être la honte ? Cela éveille une souffrance enfouie profondément en moi. C’est sur mon chemin de guérison, indéniablement. En même temps je suis touché par cette pratique de l’Allégria, par la simplicité et la générosité des participants, par la joie et la légèreté qui se dégagent. Je suis maintenant heureux de participer à la préparation et à l’interprétation de saynètes joyeuses avec d’autres personnes. Il y a des formations internes qui se transforment en moi grâce à cette pratique. Je peux maintenant (parfois) oser me monter tel que je suis, vulnérable, et laisser spontanément se manifester authentiquement ce qui me traverse, confiant, vivant.

                Voilà, je vais arrêter là mon témoignage en vous disant aussi tout le bonheur que j’ai d’être avec mon petit-fils, Lucas, (qui a eu un an hier) nourri par son calme, sa curiosité et capacité d’émerveillement : Cultivons là ensemble cette précieuse capacité d’émerveillement, source de joie infinie.

                Chantons

 La joie est comme le printemps, elle épanouit les fleurs tout autour de la terre…

Oh appelez-moi par mes vrais noms, pour que ma joie et ma peine ne fasse plus qu’une !

Avec une infinie gratitude pour Thây."

Parfois, votre joie est la source de votre sourire... mais parfois c'est votre sourire qui est la source de votre joie

Thich Nhat Hanh

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Quatrième message de la retraite d'hiver 2016-2017

2 Janvier 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Quatrième facteur d'éveil : Priti ; la joie

Que la joie soit un facteur d'éveil est réjouissant en soi, c'est rassurant aussi, nul besoin d'être fermé, austère.

La joie est aussi une des quatre vertus illimitées. Elle est alors appelée Mudita « Une joie faite de Paix et de contentement » C'est aussi le cinquième des seize exercices proposés dans le Soutra de la respiration consciente qui nous invite à trouver la joie simple, sans exubérance du Bodhisattva. Une joie qui donne de la lumière, de l'ampleur à ce qu'elle touche et qui est communicative.

Généralement, dans la vie quotidienne, la joie est un constat. Une rencontre, un événement nous ont rendus joyeux et nous le sommes davantage si nous avons des amis(es) avec qui partager cette joie.

La joie est aussi une pratique. Cet aspect ne nous paraît pas évident d'emblée, la joie est alors le fruit de la pratique.

« Ma joie est comme le printemps

Elle épanouit les fleurs

Tout autour de la terre »

Propositions d'exercices :

Observer la joie au quotidien :

Une rencontre, la beauté, la bonté peuvent nous procurer de la joie.

- Comment en prenons-nous conscience ?

- Observons les sensations corporelles et mentales que nous procure cette joie. Souvent nous voyons la joie comme un processus mental en oubliant ses manifestations corporelles

- Détectons la joie dès qu'elle se manifeste : Pour des raisons de conditionnements parfois ancestraux, nous sommes plus attentifs à ce qui ne va pas qu'à nous réjouir de ce qui nous est offert. Nous pouvons relire avec profit la cinquième façon de mettre fin à notre irritation et à notre colère*.

En cette période d'échanges de cadeaux, savons-nous totalement recevoir avec bonheur et…donner ?

- Cultiver la gratitude : c'est une source infinie de joie « merci pour cette fleur » « merci pour ta présence, ton sourire » « merci d'être depuis si longtemps à mes côtés »…Et apprenons à exprimer notre gratitude de façon appropriée, en évitant le piège d'être donneur de leçons : parfois un sourire suffit.

- Nous vous invitons à écrire joies et gratitude dans un journal - la liste peut être longue -  et à vous les remémorer le soir avant le sommeil.

*Voir le Soutra des cinq méthodes pour mettre fin à l’irritation et à la colère, Chants du Cœur, Thich Nhat Hanh, Editions Sully.

Quatrième message de la retraite d'hiver 2016-2017

Nourrir la joie ; une pratique et le fruit de la pratique :

Nous n'avons pas besoin d'attendre qu'un événement nous procure de la joie, nous pouvons être heureux simplement parce que « Conscients(es) de la chance que nous avons d'être sur ce chemin, nous pouvons cesser de nous faire du souci pour le présent et d'avoir peur de l'avenir » (introduction aux 5 Entraînements à la Pleine Conscience)

- Nourrir la joie : la connaissance et l'observation des sensations corporelles ou mentales qui nous procurent de la joie, nous permettent d'apprendre comment nourrir notre joie dans « la paix et le contentement », c'est le fruit des pratiques proposées dans le premier point. Identifions profondément ce qui nourrit la joie, prendre refuge dans la Sangha nous permettra d'être plus pertinents.

 Nous pouvons relire dans le deuxième des cinq Entraînements à la Pleine Conscience : « J'approfondirai ma compréhension du bonheur véritable, qui dépend davantage de ma façon de penser que de conditions extérieures »

Et dans le cinquième :

 « Je m'entraînerai régulièrement à revenir au moment présent pour rester en contact avec les éléments nourrissants et porteurs de guérison qui sont en moi et autour de moi. »

La joie peut devenir une « joie sans objet », simplement parce que nous sommes nés en tant qu'êtres humains et que nous en sommes conscients(es)  « l'Homme est la nature prenant conscience d'elle-même » (Elisée Reclus, célèbre géographe précurseur de l'écologie natif de Sainte-Foy-la-Grande).

- La joie derrière les larmes : la joie est la mouette sur la vague, heureuse de monter et heureuse dans la descente, car la joie et la peine, comme tout phénomène, sont soumises à l'impermanence.

Nous pouvons avoir du mal à comprendre que le cinquième des seize exercices de la respiration consciente nous invite à être en contact avec un sentiment de joie alors que nous sommes au creux de la vague, nous pouvons même éprouver un sentiment de colère, pourquoi devoir ressentir de la joie alors que la tristesse nous submerge ? Certes nous pouvons penser qu'il n'y a pas de sentiment de joie en nous, mais pouvoir simplement être sur son coussin, entourés d'amis de pratique peut déjà être une source de joie.

Dans les moments difficiles la joie est comme l'arc-en-ciel, un rayon de soleil dans les larmes de pluie se superposant aux sombres nuages orageux. L'idée n'est pas de réprimer les sentiments, que ce soit la tristesse ou une joie débordante, mais de faire de son mieux pour les transformer et accepter qu'ils se transforment, la bienveillance envers nous-même, la patience et la confiance nous y aideront.

« Ma peine une rivière de larmes

Si vaste qu'elle emplit

Les quatre océans »

 

Quatrième message de la retraite d'hiver 2016-2017

- Pratiquer la Metta méditation : - au Village des Pruniers, cette méditation est traditionnelle pour la nouvelle année. Vous trouverez le texte complet ci-dessous.

Nous vous proposons une piste : par exemple pour une méditation de 30mn environ commencer par revenir à l'expérience du souffle, des sensations corporelles et choisir une des lignes de la Metta méditation.

Par exemple :

« Que je sois heureux(se) et en paix léger de corps et d'esprit »

Envisager cette phrase comme  un mantra et non comme un sujet de réflexion.

 

Puis l’adresser à une personne proche

« Qu'il/elle soit heureux(se) et en paix léger de corps et d'esprit. »

 

Et à un groupe de personnes connues ou non

« Qu'ils/elles soient heureux(se) et en paix léger de corps et d'esprit. »

 

Pour nous aider à développer notre inclusivité et à ne plus nourrir l'esprit de vengeance, nous pouvons l'adresser à une personne qui nous cause quelques difficultés. Certes nous ne sommes pas d'accord, ou nous sommes en colère (légitimement ?) mais tout comme nous elle aspire au bonheur.

« Qu'il/elle soit heureux(se) et en paix léger de corps et d'esprit. »

Si des réticences ou des résistances apparaissent, comment les accueillons-nous ?

Metta méditation

Cette méditation est commentée par Thầy dans le livre : Enseignements sur l'Amour, chapitres  3, 4, et 5

L'amour de soi

Que je sois heureux(se) et en paix léger de corps et d'esprit

Que je sois en sécurité et à l'abri des accidents

Que je sois libéré(e) de la colère, des afflictions, de la peur et de l'anxiété

 

Qu'il/elle soit heureux(se) et en paix léger de corps et d'esprit

Qu'il/elle soit en sécurité et à l'abri des accidents

Qu'il/elle soit libéré(e) de la colère, des afflictions, de la peur et de l'anxiété

 

Qu'ils/elles soient heureux(ses) et en paix léger de corps et d'esprit

Qu'ils/elles soient en sécurité et à l'abri des accidents

Qu'ils/elles soient libérés(es) de la colère, des afflictions, de la peur et de l'anxiété

Amour et compréhension

Puissé-je apprendre à me regarder avec les yeux de la compréhension et de l'amour

Puissé-je reconnaître et toucher les graines de joie et de bonheur en moi-même

Puissé-je identifier et voir les sources de colère, d'attachement et d'illusion en moi-même

 

Puisse-t-il/elle apprendre à se regarder avec les yeux de la compréhension et de l'amour

Puisse-t-il/elle reconnaître et toucher les graines de joie et de bonheur en lui/elle-même

Puisse-t-il/elle identifier et voir les sources de colère, d'attachement et d'illusion en lui/elle-même

 

Puissent-ils/elles apprendre à se regarder avec les yeux de la compréhension et de l'amour

Puissent-ils/elles reconnaître et toucher les graines de joie et de bonheur en eux-mêmes

Puissent-ils/elles identifier et voir les sources de colère, d'attachement et d'illusion en eux-mêmes

Nourrir le bonheur

Puissé-je savoir comment nourrir les graines de joie en moi chaque jour

Puissé-je vivre avec fraîcheur, solidité et liberté

Puissé-je me libérer de l'attachement et de l'aversion, sans tomber dans l'indifférence

 

Puisse-il/elle savoir comment nourrir les graines de joie en lui/elle chaque jour

Puisse-il/elle vivre avec fraîcheur, solidité et liberté

Puisse-il/elle se libérer de l'attachement et de l'aversion, sans tomber dans l'indifférence

 

Puissent-ils/elles savoir comment nourrir les graines de joie en eux/elles chaque jour

Puissent-ils/elles vivre avec fraîcheur, solidité et liberté

Puissent-ils/elles se libérer de l'attachement et de l'aversion, sans tomber dans l'indifférence

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Interview de Frère Phap Dung pour un magazine américain

29 Décembre 2016 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Un moine bouddhiste explique la pleine conscience en temps de conflit

« La compassion, ce n’est pas d’être assis dans votre chambre ; il s’agit en réalité de quelque chose de très actif et engagé, » déclare un disciple avancé de Thich Nhat Hanh.

Interview d’Eliza Barclay, journaliste du magazine américain VOX

(Traduction "made in la Maison de l'Inspir", retrouvez l'article en version originale, ainsi qu'un portrait photo de notre frère, en cliquant ici !)

Thich Nhat Hanh est l’un des leaders bouddhistes les plus renommés du monde, le deuxième maître le plus connu et influent après le Dalaï-Lama.

Avec plus de cent livres, il a préconisé l’art de vivre en pleine conscience dans les moments les plus critiques des 5O dernières années. Il a aiguisé son expérience en travaillant pour les Droits de l’Homme et la réconciliation pendant la guerre du Vietnam ; et il fut nominé par Martin Luther King, Jr. pour recevoir le Prix Nobel de la Paix. Aujourd’hui il est considéré comme le père du bouddhisme engagé.

En 2014, Thich Nhat Hanh, qui est aujourd’hui âgé de 90 ans, a eu un accident vasculaire cérébral. Il continue à guider le Village des Pruniers, le monastère et centre de pratique qu’il a fondé en France en 1982, cependant il est toujours en convalescence et ne répond plus aux interviews.

La semaine dernière, je suis entrée en contact avec l’un de ses disciples aînés, dans l’objectif de parler des enseignements du Bouddha sur la psychologie et la peur, et finalement nous avons pu aborder de nombreux autres sujets. Frère Phap Dung [prononcer Fap Youm] est vietnamien-américain et il vit au Village des Pruniers depuis 6 ans. Il a été ordonné moine [par le maître Thich Nhat Hanh] en 1998. Notre conversation s’est déroulée sur Skype et elle est éditée dans un souci de clarté et de longueur.

Frère Phap Dung pratique avec les enfants pendant la retraite d'été au Village des Pruniers

Frère Phap Dung pratique avec les enfants pendant la retraite d'été au Village des Pruniers

Eliza Barclay : Beaucoup de gens ressentent de l’incertitude et de la peur quant à l’avenir, à ce qu’il va apporter – en particulier les problèmes qui adviendront aux Etats-Unis, à la planète, à l’issue des mesures prises par le nouveau président Donald Trump. Quelle est la meilleure façon de gérer l’incertitude et la peur profondes dans un moment comme celui-ci ?

Frère Phap Dung : Nous pouvons voir l’esprit comme une maison, alors si votre maison est en flamme, vous devez d’abord vous occuper d’éteindre l’incendie, au lieu de chercher la personne qui l’a démarré. Prenez soin de ces émotions en premier ; c’est vraiment la priorité. Parce que tout ce qui viendra d’un esprit chargé de peur, d’anxiété, de colère, ne fera qu’amplifier l’incendie. Rentrez et trouver un lieu de calme, de paix qui aide à pacifier les flammes d’émotions.

En tant qu’énergies collectives, la peur et la colère peuvent être très destructrices. Nous prenons de mauvaises décisions quand nous sommes influencés par la peur, la colère, les perceptions erronées. Ces émotions embrument notre esprit. Donc la première chose dans la pratique que nous apprenons de la tradition bouddhiste, c’est de revenir à nous pour prendre soin de l’émotion. Nous utilisons notre pleine conscience pour la reconnaître.

Eliza Barclay : Donc vous pensez que la colère n’est pas une réaction saine en cet instant ?

Frère Phap Dung : Les gens sont tellement convaincus que la colère et toute cette énergie vont apporter du changement. Mais en fait, elles sont très destructrices parce que vous vous opposez. L’opposition gâche notre énergie. Elle n’aide pas à guérir.

Les émotions peuvent être bonnes. La passion peut être bonne, et la compassion est quelque chose de très passionné. Mais la compassion ne gâche pas notre énergie. Elle inclut, elle comprend ; elle est plus claire.

Engagez-vous dans les protestations, mais pas à partir de la colère. Il faut que vous exprimiez votre opinion, et vous devez sortir dans les rues pour dire que ça ne va pas. Mais ne le faites pas en tenant des propos emplis de haine. D’une certaine manière, les bouddhistes s’intéressent plus à l’énergie qu’à la personnalité. Cela nous aide à être plus sages.

Eliza Barclay : Je pense que certaines personnes comprennent qu’en effet elles devraient faire preuve de compassion. Mais elles luttent aussi avec cela. Elles voient ceux qui ont voté pour Trump, ou Trump lui-même, et elles voient du pouvoir et de la haine. Et donc elles ont peur d’être trop passives. Elles pensent « si je suis compatissant ça va me rendre passif et je pourrais être aggressé. »

Frère Phap Dung : La compassion ne consiste pas à rester assis dans votre chambre ; en réalité, c’est une chose très active et engagée.

Trump n’est pas un extra-terrestre venu d’une autre planète. Nous avons produit Trump, donc nous sommes co-responsables. Notre culture, notre société, l’ont fabriqué. Nous aimons beaucoup choisir quelqu’un et le rendre objet. Mais c’est plus profond que cela, nous devons le voir à l’intérieur de chacun de nous.

Nous sommes choqués parce que nous avons découvert un membre de notre famille que nous avions ignoré. Il est temps d’écouter et de vraiment regarder notre famille.

Nous avons peur de nous engager, mais nous pouvons dialoguer et débattre. Cela requiert une grande pratique de s’asseoir là, d’écouter sans juger pour pouvoir comprendre.

Vous ne pourrez pas mettre fin à la discrimination en traitant l’autre de différents noms. Tous ceux qui ont voté pour Trump ne sont pas des bigots, des racistes et des machistes. Nous tous portons des jugements, nous tous pouvons même parfois être un peu racistes.

Ce qui est dans mon cœur, c’est l’espoir que chacun trouve la patience et la clarté d’écouter avant de commencer à blâmer et critiquer.

Eliza Barclay : Dans quelle mesure les résultats des élections ont-ils aiguisé et clarifié votre vision de l’humanité au 21ème siècle ?

Frère Phap DungC’est certain qu’il y a une nécessité de restructuration en termes du pouvoir politique et de la concentration économique [des corporations]. Lorsque nous écoutons Bernie Sanders nous voyons qu’il a révélé beaucoup de vérités que nous n’avons pas voulu entendre. Nous vivons dans l’illusion d’être libres.

J’apprécie que Sanders ait dit qu’il partagerait ce qu’aucun homme politique ne partageait. Je le paraphrase : « Si vous m’élisez, je ne pourrai pas vous aider parce que le président est encore sous la pression des corporations. » Ouah, quel discours puissant. C’était très courageux. Je pense que c’est juste aussi.

J’ai grandi à Los Angeles auprès de militants. J’aime la discussion au sein du Parti Démocrate, pour le reconstruire et le restructurer – pour se réveiller et regarder en soi. Et la même chose pour les Républicains qui se sont distancés de Trump. Notre société est très vulnérable, très sujette à la polarisation, et les medias en tirent avantage. Nous devons être très prudents.

Je ne suis pas beaucoup la politique, mais du fait de mon passé et de mon maître, du fait de la guerre d’où je suis venu, j’ai dû regarder un certain nombre de ces choses. Je ne suis plus trompé par les medias.

Eliza Barclay : Quelle guerre avez-vous vécue ?

Frère Phap Dung : J’étais enfant au Vietnam. J’ai vécu avec toutes ces choses, avec la société divisée. On nous a divisés, on nous appelés le Nord et le Sud. Tout ce que nous voulions, c’était l’indépendance, c’était de déterminer nous-mêmes notre mode de vie. Nous pensons que la démocratie est la chose la plus élevée ; mais ce n’est pas de la démocratie, voyons ! Nous l’imposons aux autres et nous créons la division.

Eliza Barclay : Bien, supposons que nous soyons calmes et prêts à agir. Quelle est la meilleure façon d’agir ?

Frère Phap Dung : Allez prendre refuge dans la nature, et trouvez une cause pour laquelle votre cœur ne se sente pas inactif ni désespéré. C’est cela la médecine / thérapie / guérison. Nous sortons pour aider.

Ne permettez pas à la haine ou la colère d’envahir votre monde. Parce qu’il se passe d’autres choses. Trump, ce n’est pas la fin du monde – il est là pour huit ans peut-être, okay.

Mais maintenant, les membres de notre famille sont encore là qui ont sans doute besoin de nous. Peut-être que notre ami proche est victime d’une discrimination. Vous ne pouvez être là pour l’autre, avec cette bonté, que si vous êtes stable. Vous ne pouvez pas aider l’autre si vous êtes rempli de haine et de peur. Ce dont les gens ont besoin, c’est de votre non-peur, de votre stabilité, votre solidité, votre clarté. C’est cela que nous pouvons offrir.

Interview de Frère Phap Dung pour un magazine américain

Eliza Barclay : Vous et votre maître recommandez une pratique quotidienne de la méditation, n’est-ce pas ?

Frère Phap Dung : Nos esprits et nos cœurs ont besoin de nourriture. Et la méditation, c’est une sorte de nourriture. Alors nous nous nourrissons de cette façon. Vous avez besoin de manger pour vivre, et votre paix, votre bonté, votre clarté ont aussi besoin de manger. La méditation n’est pas seulement le fait de prier, non, vous cultivez ces qualités en vue de pouvoir les offrir aux autres.

Lorsque vous vous asseyez près de quelqu’un qui est calme, vous pouvez devenir calme. Si vous vous asseyez près de quelqu’un qui est agité et plein de haine, vous pouvez vous-même devenir agité et plein de haine.

La méditation n’est pas une pratique ésotérique ; ce n’est pas quelque chose que vous faites uniquement dans une salle de méditation ou dans un centre de retraite bouddhiste. La méditation peut trouver sa place au cœur de toute activité que vous faites – en marchant, dans un bureau. Cela signifie que vous êtes là, présent dans le calme et la paix.

Avec une respiration, vous pouvez produire du calme, de la clarté, et reposer vos pensées.

Eliza Barclay : Pourriez-vous parler des dimensions politiques du bouddhisme aujourd’hui ? Existe-t-il une coalition politique bouddhiste ? Une vision d’un engagement bouddhiste dans la politique ?

Frère Phap Dung : Quand on s’engage dans la politique dans le monde, on essaye de ne pas prendre parti. Il est facile de choisir un camp, or en tant que pratiquants bouddhistes, nous cherchons à faire preuve de plus d’inclusivité pour intervenir.

En vérité, la droite et la gauche n’ont jamais été séparées. Votre main droite a peut-être commis un tas d’actes affreux, comme abattre des arbres, détruire la forêt. Mais quand la main droite se fait mal, votre main gauche vient à son aide, la tient et l’embrasse sans hésitation. C’est de cette manière-là que nous nous engageons en politique – nous essayons de ne pas considérer l’autre comme étant séparé de nous. L’autre est nous. Nous nous engageons à l’extérieur et tachons de guérir mais nous ne causons pas plus de dégâts.

Les deux camps souffrent – ils ont peut-être différents niveaux de souffrance, mais ils souffrent tous deux. Les gens ne veulent pas être haineux ni causer de mal. C’est ce que nous gardons à l’esprit.

L’appel à se réveiller ne nous dit pas d’être trop rapide. C’est ça qui est difficile. Quand une personne hait les autres, il nous est difficile d’accepter ce fait et d’écouter. Seulement pour trouver une issue, nous devons écouter.

Interview de Frère Phap Dung pour un magazine américain

Eliza Barclay : Et si ces gens n’écoutent pas en retour ?

Frère Phap Dung : Nous avons tenu des retraites pour israéliens et palestiniens au Village des Pruniers. Mais nous ne les rassemblons pas en demandant qu’ils s’efforcent d’écouter immédiatement. Cela prend trois jours – de calmer, de préparer à l’écoute. Ainsi avec chacun d’eux, nous marchons, nous apprenons à nous calmer, et avec la méditation nous apprenons à toucher notre propre souffrance profonde.

Ensuite, un côté écoute l’autre sans réagir, et c’est la fin de la session. Ils rentrent et pratiquent la méditation. Et l’autre côté écoute le premier. Par la méditation ils commencent à voir l’inter-connection.

L’arrêt est une condition sine qua non avant l’écoute profonde.

Eliza Barclay : Imaginons que vous anticipiez une conversation avec un membre de votre famille au moment de la célébration de Thanksgiving, et que celui-ci ait une vue raciste. Vous voyez cela comme une vue erronée. Que recommanderiez-vous comme attitude face à cette personne ?

Frère Phap Dung : Ma façon à moi de pratiquer, c’est de voir qu’on ne peut pas demander de quelqu’un quelque chose qu’il n’a pas. Cela ne pourrait que nous faire souffrir davantage. Donc vous n’avez pas besoin d’essayer de convaincre l’autre. Ne mettez pas des affaires dans leur valise dont ils ne voudront pas. C’est un gaspillage de salive.

Quand il y a de la discrimination, vous pouvez utiliser cette opportunité de faire grandir la compréhension. Vous pouvez vous concentrer sur ce qui vous rend heureux ; il y a d’autres éléments dans cette personne, elle n’est pas que du jugement. Vous devez trouver aussi les bonnes qualités présentes en elle. Ne vous focalisez pas sur ses vues erronées parce que cela va vous mettre en colère.

Il ne s’agit pas là de pensées pieuses ni d’illusions. Il s’agit de prendre soin de vous-même. Ce n’est que quand vous pouvez faire ceci, quand vous savez vraiment être à l’écoute et sans jugement, qu’un dialogue est possible.

Quand je pense que j’ai raison, je suis en route pour beaucoup de conflits. C’est parce que je suis enfermé dans mes propres points de vue et que je ne suis pas ouvert aux autres. Du coup, je souffre. Quand je vois cela chez les autres, je réalise combien ils souffrent. La bonté est peut-être là pourtant : leurs points de vue sont peut-être erronés mais leur cœur peut être bon.

Eliza Barclay : Votre maître a subi un accident vasculaire cérébral. Est-il au courant de l’élection de Donald Trump ?

Frère Phap Dung : Oui, l’un de nos frères le lui a partagé. Je n’étais pas là moi-même mais j’ai entendu qu’il a levé sa main gauche et qu’il a fait ceci (paume ouverte). Vous pouvez l’interpréter comme vous le voulez.

Il est entièrement conscient de ce qui se passe, mais son esprit est soucieux de se remettre, de se guérir et d’être présent pour sa communauté plutôt que de la politique. Nous sommes sa continuation.

Il était avec nous aujourd’hui. J’ai déjeuné avec lui, c’était très chouette. Il a pris son verre de thé et a vérifié que nous avions tous du thé à boire, et il a fait signe : « bois ton thé*». Une des Sœurs était en train de parler avec une autre, il l’a regardée et nous a fait signe de lui dire d’arrêter de parler pour boire le thé. Il a conscience de la qualité de ce qui se passe à cet instant dans la pièce.

Je sais que lorsque de tels évènements se produisent dans une région de la planète, il met plus d’effort dans notre communauté afin de nourrir les gens avec de la confiance, de la compassion, de l’amour. J’ai pu être proche de lui dans des moments où des choses importantes se passaient à l’échelle planétaire, et nous continuons ceci : nous avions des journées de pratique de pleine conscience avec des centaines de personnes, dans l’optique de cultiver la bonté en nous tous.

Eliza Barclay : J’aimerais revenir à la question de la peur et de l’avenir. Pourquoi ne devrions-nous pas en avoir peur ?

Frère Phap Dung : L’avenir est construit avec le présent, et avec notre façon de prendre soin de ce moment présent. Si vous êtes plein de peur, l’avenir sera effrayant. Si vous n’êtes pas coopératif, l’avenir sera divisé. C’est très important.

L’avenir n’est pas quelque chose qui va venir vers nous ; il est au contraire construit par nous, par la façon dont nous parlons, par ce que nous faisons dans l’instant présent.

Pratiquer en communauté est crucial aujourd’hui. Il est crucial de ne pas rester seul face à l’ordinateur pour suivre les medias. Tout ça obscurcit notre monde. Rencontrez les personnes en chair et en os. Il y a encore des choses merveilleuses en train de se passer.

 

*C’est l’une des calligraphies de notre maître pour nous rappeler que quand nous prenons le thé, nous devons vraiment le prendre et ne pas nous égarer dans les soucis, les pensées déconnectées du moment présent.

 

Interview de Frère Phap Dung pour un magazine américain
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Rectificatif important pour le pèlerinage en Inde

28 Décembre 2016 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha, tout d'abord, merci pour votre enthousiasme pour le pèlerinage en Inde en octobre prochain, et merci aussi pour votre patience et votre compréhension des informations régulièrement modifiées...

Il semble que le transfert bancaire vers Francfort qui est indiqué sur le formulaire d'inscription ne fonctionne momentanément pas, ainsi s'il vous plaît utilisez les coordonnées bancaires suivantes.

Account holder’s name: SETH CONSULTANTS PVT.LTD

Bank Name: Standard Chartered Bank, India

Bank A/c no. 524-0-500212-9

Branch Code :

524

Branch Name :

Chanakyapuri

Address :

13, Malcha Marg

 

Chankyapuri

 

New Delhi 110 021


IBAN for EUR - DE18512305000018506203 field 56

IFSC Code: SCBL0036031

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Troisième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017

23 Décembre 2016 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Ecouter sa colère pour la transformer

Ce jour-là, une colère m'emporta si soudainement et si violemment que j'ai agressé verbalement la personne qui venait de me faire un reproche justifié.... malgré de nombreuses années de pratique des entraînements à la pleine conscience, de l'écoute compatissante et de la parole aimante et malgré mes compétences en communication non-violente : un comble !

Heureusement, je l'ai réalisé et j'ai pu rejoindre mon île intérieure pour m'excuser sincèrement sur le champ. Ouf, merci la pratique.

Le lendemain matin, durant ma méditation assise, j'ai eu le cœur à être là pleinement pour cette part de moi impulsive qui s'était manifestée après avoir réussi, ce qui n'est pas toujours le cas, loin de là, à m'établir sereinement le corps détendu, le cœur en paix et l'esprit libre... peut-être que c'est mon aspiration à comprendre et à aimer vraiment qui en avait produit l'énergie ?

J'ai donc évoqué la situation de la veille à l'origine de mon agressivité pour la revivre ‘sensoriellement’, consciemment, concentré sur ma respiration et mes perceptions corporelles avec la curiosité de découvrir d'où venait cette sur-réaction impulsive disproportionnée.

Pas de réponse pendant une minute, trois minutes, cinq minutes et je restais attentif, en paix, accueillant quand j'ai soudain ressenti une violente douleur à la mâchoire et des bourdonnements dans l'oreille, sur le côté droit du visage ????

Troisième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017

Je suis resté concentré sur ma respiration et sur ce qui se manifestait ici et maintenant dans mon corps, sans penser, sans analyser, sans interpréter, sans mots, sans gestes pendant une à deux minutes. La douleur à la mâchoire et les bourdonnements dans l'oreille se sont progressivement estompés et une sensation de chaleur et de détente s'est diffusée sur mon visage et dans ma poitrine pendant que ma respiration devenait plus profonde.

Mon mental questionnant le rapport entre cette douleur soudaine et ma quête de compréhension du sens de ma réaction agressive de la veille, j'ai eu l'intuition claire que mon enfant intérieur venait de me montrer ce qu'il subissait quand tout petit il faisait des "bêtises" : il recevait une "bonne" gifle !

Je n'ai pas eu sur le champ l'élan de lui manifester ma tendresse par une caresse de la main sur la joue douloureuse comme me l'a suggéré plus tard une grande sœur à qui je m'en étais ouvert. Je l'ai fait depuis....

Et puis j'ai persévéré avec la pratique des quatre mantras de l'amour que notre cher Thây nous a offert : "Mon enfant intérieur giflé, je sais que tu es là et je suis heureux", "Je sais que tu souffres" "sais-tu que j'ai besoin de toi ?"

Je lui ai dit qu'il n'était plus seul et que lorsqu'il nous arrivera encore de faire des bêtises, je serai là pour respirer avec lui et le protéger. Il m'a dit qu'il était soulagé de sa peur, que ce dont il avait besoin c'était de respect - ne pas être battu, blessé - et de liberté - de s'amuser, de découvrir, d'expérimenter. Il m'a permis de retrouver de la "fraîcheur" - de la spontanéité - et petit à petit son énergie qui était devenue défensive se transforme en enthousiasme, en joie.

La vie est belle, il n'est pas seul et il y a bien d'autres "formations mentales" personnelles et collectives en guérison et en transformation !

Et comme dit Thây :

"Il n'y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin"

Bonne route

Troisième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017
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De nouveaux Frères et Sœurs novices dans la Sangha

20 Décembre 2016 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Quel bonheur, une cérémonie d'ordination pour les tout nouveaux novices vient d'avoir lieu le 14 décembre dernier, conduite simultanément au Village des Pruniers, au centre International Plum Village Thailand et au monastère de Blue Cliff près de New York !

La Sangha monastique a l'immense joie d'accueillir 50 jeunes Frères et Soeurs... et devinez quoi, quatre d'entre eux au Village des Pruniers sont français. Les autres nationalités représentées sont le Canada (Québec), les Pays-Bas, l'Allemagne, les Etats-Unis, le Mexique, l'Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Japon, le Vietnam... (et parmi ces belles personnes, il y a encore quelques francophones :)

Profitez donc de quelques photos :)

Frère Pháp Hữu, l'abbé du Hameau du Haut qui fut lui-même ordonné à l'âge de 14 ans, va offrir l'encens pour ouvrir la cérémonie d'ordination.

Frère Pháp Hữu, l'abbé du Hameau du Haut qui fut lui-même ordonné à l'âge de 14 ans, va offrir l'encens pour ouvrir la cérémonie d'ordination.

Thay, notre maître, était présent pour toute la durée de la transmission des préceptes en Thailande. Un moment de légende pour tous les jeunes aspirants là-bas qui ne l'avaient jamais rencontré jusqu'alors.

Thay, notre maître, était présent pour toute la durée de la transmission des préceptes en Thailande. Un moment de légende pour tous les jeunes aspirants là-bas qui ne l'avaient jamais rencontré jusqu'alors.

La cérémonie commence, les aspirants s'avancent solennellement au centre de la communauté. La soeur aînée de cette famille d'ordination est française, son nom monastique est Trăng Mai Lâm (Lune de la Forêt de Pruniers)

La cérémonie commence, les aspirants s'avancent solennellement au centre de la communauté. La soeur aînée de cette famille d'ordination est française, son nom monastique est Trăng Mai Lâm (Lune de la Forêt de Pruniers)

Le novice québecois, Frère Trời Đức Hành (Ciel de la Vertu de l'Action), est déjà le grand frère de 49 autres novices !!!

Le novice québecois, Frère Trời Đức Hành (Ciel de la Vertu de l'Action), est déjà le grand frère de 49 autres novices !!!

Nico, l'un des trois jeunes hommes français qui est devenu novice. Son nom d'ordination est Trời Đức Định (Ciel de la Vertu de Concentration)

Nico, l'un des trois jeunes hommes français qui est devenu novice. Son nom d'ordination est Trời Đức Định (Ciel de la Vertu de Concentration)

La première mèche de cheveux est coupée en prononçant un grand voeu. Ici, vous reconnaissez certainement François, qui porte maintenant le nom Trời Đức Hiền (Ciel de la Vertu de Bonté)

La première mèche de cheveux est coupée en prononçant un grand voeu. Ici, vous reconnaissez certainement François, qui porte maintenant le nom Trời Đức Hiền (Ciel de la Vertu de Bonté)

Voilà le troisième frère français, Nicolas, qui a reçu le nom Trời Đức An (Ciel de la Vertu de Paix). C'est peut-être son papa qui aide à raser sa tête ?

Voilà le troisième frère français, Nicolas, qui a reçu le nom Trời Đức An (Ciel de la Vertu de Paix). C'est peut-être son papa qui aide à raser sa tête ?

Le novice le plus jeune au Hameau du Haut vient de Nouvelle-Zélande. C'est Frère Tròi Đức Trú (Ciel de la Vertu de la Demeure). Là, c'est le moment où il est béni de l'eau de la compassion et bien sûr, de la profonde pratique de concentration d'un moine et d'une moniale aînés.

Le novice le plus jeune au Hameau du Haut vient de Nouvelle-Zélande. C'est Frère Tròi Đức Trú (Ciel de la Vertu de la Demeure). Là, c'est le moment où il est béni de l'eau de la compassion et bien sûr, de la profonde pratique de concentration d'un moine et d'une moniale aînés.

La soeur novice la plus jeune au Hameau Nouveau est aussi une enfant de la Maison de l'Inspir ! C'est Soeur Trăng Mai Phương (Lune de la Fragrance de Fleur de Prunier). La voici objet du coup adroit et affectueux de ciseaux et de rasoir de ses nouvelles grandes soeurs.

La soeur novice la plus jeune au Hameau Nouveau est aussi une enfant de la Maison de l'Inspir ! C'est Soeur Trăng Mai Phương (Lune de la Fragrance de Fleur de Prunier). La voici objet du coup adroit et affectueux de ciseaux et de rasoir de ses nouvelles grandes soeurs.

Toute la famille des novices ordonnés en France (chaque groupe ordonné dans notre Sangha porte le nom d'un arbre, et ceux-ci ont la chance d'être... des pruniers !). Par tradition après avoir rasé leurs têtes et endossé la robe de novice, ils sont introduits dans la cabane de notre maître pour une tasse de thé avec Thay et les aînés de la Sangha monastique, et pour une joyeuse séance de photos...

Toute la famille des novices ordonnés en France (chaque groupe ordonné dans notre Sangha porte le nom d'un arbre, et ceux-ci ont la chance d'être... des pruniers !). Par tradition après avoir rasé leurs têtes et endossé la robe de novice, ils sont introduits dans la cabane de notre maître pour une tasse de thé avec Thay et les aînés de la Sangha monastique, et pour une joyeuse séance de photos...

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Troisième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

14 Décembre 2016 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Troisième facteur d’éveil : vīrya, l’énergie

C’est la troisième branche de l’arbre des Facteurs d’Eveil.

Vīrya est le mot sanskrit qui veut dire énergie, vigueur, diligence ou encore persévérance dans la pratique de la pleine conscience. Ce troisième facteur d’éveil correspond aussi à la quatrième Paramita (la Perfection de l’Energie - Vīrya Paramita), ainsi qu’à la sixième branche du Noble Sentier Octuple : l’Effort Juste.

Dans notre pratique de la méditation bouddhiste, c’est-à-dire l’attention à la respiration et au corps, aux sensations, aux perceptions, aux formations mentales, à la conscience, à chaque instant de la vie quotidienne et bien sûr pendant les sessions de méditation et de retraites, il se peut que nous ayons moins de courage, moins d’énergie. Nous trouvons que notre pratique ne nous apporte plus de joie, nous ne nous sentons plus paisibles pendant l’assise, et pendant la marche nous sommes distraits par ceci ou par cela. De même pour les partages sur le Dharma qui semblent parfois nous apporter de l’ennui ou de la lassitude ou bien les enseignements que l’on a déjà entendus plusieurs fois… Cela ressemble beaucoup à un manque d’énergie, ou peut-être celle-ci est-elle mal orientée : nous sommes tiraillés dans un sens ou dans un autre concernant telle ou telle pratique, ou impatients d’atteindre un but qui ne vient pas, ou bien encore nous nous demandons pourquoi nous souffrons toujours autant, pourquoi nous ne connaissons pas le bonheur ou pourquoi notre corps nous fait si mal… Nous risquons encore de trouver que la pratique de la méditation est quelque chose de très répétitif finalement, un peu comme la vie quotidienne dans laquelle les jours se suivent et se ressemblent étrangement ! Et ainsi toute une vie peut se dérouler comme un rêve, sans que nous soyons vraiment présents pour nous-mêmes, pour notre famille.

Alors, il se peut, comme nous le dit Thầy dans le paragraphe concernant l’énergie, du Cœur des Enseignements du Bouddha, que nous n’ayons pas encore trouvé un sens à notre vie ou un sens dans notre pratique.

Troisième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

Nous voudrions ici vous rappeler cette anecdote concernant Milarepa qui fut un maître tibétain :

Alors que pour la énième fois Milarépa voulut suivre l’enseignement de son Maître, celui-ci le rejeta à nouveau sans ménagement. Déçu, Milarépa s’en retourna dans la montagne où il vivait, et entreprit de se préparer du thé. Bien sûr il avait besoin de faire du feu pour faire fondre la glace et la neige afin d’avoir de l’eau chaude, et donc Milarépa chercha du bois dans les environs de sa grotte. Quand il eut fini cela et que le feu fut allumé, que l’eau fut chaude et qu’il put boire enfin son thé, Milarépa fut tout à coup surpris de voir le nombre de traces de pas qu’il avait laissées dans la neige pour ramasser du bois. Il se dit ceci : « combien d’énergie et de persévérance ai-je dû avoir pour boire ce bol de thé chaud ! » Puis il réalisa qu’il en était de même avec la pratique de la pleine conscience et qu’il devait encore avoir de la patience et de la persévérance avec son Maître qui, certainement, l’accepterait bientôt.

Ainsi en est-il de même pour nous tous, et peut-être devrons-nous avoir beaucoup de persévérance, de patience, afin qu’un jour nous trouvions le sens véritable à donner à notre pratique de la pleine conscience et à notre vie.

Cependant, l’enseignement de Thầy, nous dit aussi que nous pouvons être libres de tout souci concernant le passé, libres des inquiétudes à propos du futur et même libres du présent auquel nous pourrions être attachés, et cela dès le premier pas, dès la première inspiration… n’est-ce pas ?

Il n’est pas nécessaire de faire de longues méditations assises qui nous demanderaient beaucoup d’énergie et dans lesquelles nous pourrions nous égarer, ni de réciter des Sutras à longueur de journée, surtout si ces pratiques nous éloignent de notre environnement familial ; cette énergie-là serait sans aucun doute mal employée.

Troisième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

Voici quelques exercices à mettre en œuvre très simplement, en appliquant ce que nous avons appris des deux premiers messages concernant la Pleine Conscience et l’Investigation des Phénomènes. Il va sans dire d’ailleurs que l’Energie est intimement liée à la pratique de la Pleine Conscience et de l’Investigation des Phénomènes, des dharmas.

Proposition d’exercices afin de diriger notre énergie :

  • La méditation assise : choisir un moment dans la journée, sinon le matin et/ou le soir, pour pratiquer la méditation assise (pas plus de 10 minutes à la fois pour commencer) dans un endroit agréable et frais que l’on a réservé pour cela, avec une fleur par exemple. S’installer confortablement sur un coussin ou une chaise.

Le sens de cette pratique, et c’est le sens qu’on lui doit donner, est de s’asseoir juste pour s’asseoir, respirer juste pour respirer, le corps bien droit et sans tension aucune. Nous n’avons rien d’autre à faire afin de générer une énergie paisible et reposante.

(Ceci n’est pas un exercice intellectuel où l’on pense à quelque chose, bien au contraire, lâchons prise de toute activité cérébrale, notre concentration établie juste sur notre posture et notre respiration). Si nous nous sentons fatigué ou agité et que la méditation assise devient impossible alors nous devons remettre à plus tard cet exercice.

  • Nous avons le temps : notre vie est souvent divisée en plusieurs périodes, un temps pour le travail, un temps pour la vie de famille, un autre temps pour les loisirs ou encore un temps pour la méditation. Apprenons à voir et à observer nos sensations qui changent au fur et à mesure que nous sommes dans telle ou telle activité.

Comment nous sentons-nous pendant le travail, ou en famille à la maison ?

Quelles sont nos sensations pendant nos loisirs, ou pendant le temps que nous réservons à la méditation, ou que nous passons au Village des Pruniers, à la Maison de l’Inspir ?

Est-ce qu’à chacun de ces moments nous sommes la même personne ou bien nous sentons-nous différents selon la situation ?

Apprenons à ne pas faire de différence entre les moments de notre vie, certains agréables et d’autres non, restons attentifs à nous-mêmes par la respiration consciente et l’observation de nos sensations. Voyons qu’à chaque instant nous sommes toujours la même personne.

Le sens de cet exercice est d’atteindre à plus de disponibilité, de liberté par rapport aux évènements, par rapport à soi-même et à autrui, avec bienveillance.​​​​​​​

La joie de la vaisselle en Sangha

La joie de la vaisselle en Sangha

  • Pratiques quotidiennes : pour revenir à soi et ne pas se disperser, nous nous proposons de profiter de tous ces moments de notre vie quotidienne qui peuvent sembler routiniers, lassants, pour établir la pleine conscience et faire naître une énergie paisible.

Faire la cuisine, laver la vaisselle, laver le linge, faire le ménage, etc…

            - les légumes sont frais, beaux, appétissants : ils sont aussi composés de lumière, de pluie, de terre, du travail des agriculteurs…

            - la vaisselle est sale, mais grâce à l’eau et un peu de savon elle va retrouver sa beauté ; l’eau qui vient des profondeurs de la terre, des montagnes, des nuages.

            - le linge aussi est sale avant d’être lavé, et il retrouvera son aspect tout propre par la suite ; il est composé de coton, de laine, de lin, ou autres matières, de fil, du travail de nombreuses mains qui ont participé à sa confection…

            - ôter la poussière des meubles, nettoyer la cuisine et la salle de bain, nettoyer le sol ; nos gestes deviennent plus lents et s’accordent avec notre respiration, nous prenons notre temps et chaque « travail » est fait avec profondeur comme si c’était la seule chose que nous ayons à faire dans la vie. Même si nous ôtons la poussière, elle reste toujours là présente et disponible pour nous : voyons peut-être qu’il n’y a pas de but à atteindre car cela est déjà fait…

En tant que pratiquants, pratiquantes, nous cherchons à être plus paisibles en nous-mêmes, plus disponibles, plus libres, afin de générer une énergie de paix qui nous baignera et qui se répandra tout de suite dans notre entourage. Cela pourrait être le sens de notre vie, notre intention, et nous pouvons le réaliser tout de suite à travers tous nos gestes quotidiens.

Se faire un café est un geste ordinaire et courant, mais se faire un café en observant attentivement tout ce qui compose le café, tout ce qui fait que le café est là dans notre tasse, nous permettra d’apercevoir sans doute un monde infini : le monde du « non café » ! Et nous pouvons faire cela immédiatement.

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Colocation Wake Up à Paris ou en proche banlieue

9 Décembre 2016 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Projet de création d'un lieu de vie communautaire en collocation dans Paris pour pouvoir vivre et pratiquer la pleine conscience ensemble selon la tradition du Village des Pruniers !
 
Nous faisons appel à vous tous pour la RECHERCHE d'un lieu : APPARTEMENT / MAISON pouvant être loué en COLOCATION dans Paris ou proche banlieue sur une ligne de métro / RER, idéalement pour 3-4 à 6-7 personnes avec un espace commun pour la pratiquepratiques de méditation (assises, marche), pratique de l'arrêt (cloches, horloge carillon), partage de certains repas et cuisine ensemble, partage des tâches pour prendre soin de l'espace, partage de moments musicaux ou autres temps qui cultivent le "joyeusement ensemble". Tout en ayant chacun la liberté de son espace, et de parfois être seul si envie/besoin, et des moments de vie du quotidien tout simplement, et en même temps cette volonté de pratique ensemble. Un lieu qui pourra aussi accueillir la Sangha Wake up pour des soirées de partage.
Si vous êtes propriétaire ou connaissez un propriétaire qui pourrait soutenir cette création d'un espace de vie et de pratique communautaire pour les jeunes en louant un lieu merci de nous contacter !
 
Colocation Wake Up à Paris ou en proche banlieue
MERCI d'avance à tous pour votre énergie de soutien pour que ce beau projet puisse aboutir...
Merci de transmettre et relayer cette demande !
Un lotus pour vous et beaucoup de paix, d'amour et de lumière
 
"Construire une sangha, c'est se construire soi-même. Je la construis avec l'amour, avec mon plus profond désir qui est le chemin de liberté. " 
Thich Nhat Hanh, enseignement du 22 août 2001, DVD.
 
merci de contacter Florène qui sera facilitatrice du projet
florene3@hotmail.com / 06.77.18.50.08
 
NB : ce projet de "coloc Wake Up Paris" est différent du projet "Wake Up Hub" pour ceux qui ont en entendu parler, également en cours d'élaboration avec la sangha wake up Paris et des jeunes vietnamiens. Le projet de colocation est pour une mise en place rapide, dans les mois à venir. Alors que le projet Wake Up Hub est un projet plus large (colocation, centre de pratique, restaurant végétarien...), qui va nécessiter des investissements, un Business Plan et va mettre un certain temps avant d'aboutir. Ce serait un projet de création d'une colloque Wake up où des jeunes pourraient vivre et pratiquer ensemble à Paris
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