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 La Maison de l'Inspir

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Cinquième message de la Retraite d'Hiver Chez Soi

28 Janvier 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

« La méditation n’est pas une évasion, c’est une rencontre sereine avec la réalité » -Thich Nhat Hanh

Cinquième message de la Retraite d'Hiver Chez Soi

Les six Paramita, chemin de l’amour véritable

Cinquième message de la retraite d’hiver 2014/2015 : Dhyana Paramita

Dhyana Paramita : la perfection de la Méditation.

La méditation bouddhiste comporte deux aspects – shamatha et vipashyana. Nous avons tendance à souligner l’importance de vipashyana – le « regard profond » qui nous apporte la vision profonde et nous libère des souffrances et des afflictions. Mais la pratique de « shamatha » (l’arrêt) est fondamentale. Si l’on ne s’arrête pas, la vision profonde ne sera pas possible.

(Le Cœur des Enseignements du Bouddha – TNH)

Nos énergies d’habitude sont comme ce cheval emballé au galop qui emporte son cavalier à toute vitesse ; le cavalier ne peut plus rien faire pour arrêter le cheval et il ne sait pas jusqu’où il va aller ainsi, mais peut-être le cheval, dans sa panique et sa fureur, connaît-il le chemin à suivre ? Cette image d’un conte zen reflète notre état lorsque nous sommes emportés par nos pensées, notre oubli, nos émotions fortes qui finalement mènent notre vie à leur guise, et bien que nous ayons la volonté d’être en paix ou d’apporter la paix à nos familles, à nos parents ou à nos amis, nous agissons toujours selon ces énergies d’habitude qui génèrent la colère, la tristesse, la peur…

Nous avons besoin de la pleine conscience de notre corps, de notre respiration, de notre mental, pour mettre un terme à cette course effrénée, pour nous donner un peu de calme et être capable de sourire.

Propositions d'exercices.

1) Lire le chapitre 6 dans « le Cœur des Enseignements du Bouddha » (page 38)

« L’arrêt, le calme, le repos et la guérison »

2) Petits exercices sur l’arrêt à faire chez soi ou au travail :

A la maison : - si nous avons une petite cloche, nous pouvons l’inviter à nous ramener à notre respiration de temps en temps, en faisant trois inspirations et expirations, très légèrement, en suivant bien le mouvement de l’air qui entre et sort de nos poumons. (Nous pouvons utiliser aussi le téléphone ou n’importe quel évènement sonore).

  • Pendant l’arrêt de notre activité physique ou mentale pour effectuer trois respirations, nous pouvons laisser venir un demi-sourire sur nos lèvres qui nous apportera du calme et du repos.
  • Ou bien, profiter aussi d’une nouvelle fleur ou d’une nouvelle pousse toute verte, toute fraîche, de notre plante d’appartement, pour nous ramener à notre pleine conscience.

Au travail : - nous pouvons pratiquer l’arrêt en allant aux toilettes, en prenant le temps d’inspirer et d’expirer tranquillement pendant le trajet de son bureau jusqu’aux toilettes.

  • En se lavant les mains aux lavabos, lentement ouvrir le robinet et faire couler l’eau afin d’apprécier vraiment l’eau fraîche sur nos mains ; nos mains sont précieuses, l’eau aussi est précieuse pour notre vie.
  • En allant boire un café avec un collègue, même si physiquement nous ne pouvons peut-être pas nous arrêter, nous pouvons garder présente notre attention à la respiration, surtout en buvant le café : - j’inspire, je sais que je bois un café, j’expire, je sais qu’il y a un nuage dans mon café…

3) Savourer le bonheur de la pratique :

Pratiquer l’arrêt c’est pratiquer l’arrêt de nos énergies d’habitude, de colère par exemple :

  • Lorsque notre bien-aimé(e) rentre du travail avec beaucoup d’énergie négative telle que la colère ou l’énervement, lui donner simplement le temps d’arriver chez lui ou chez elle, lui donner le temps de pratiquer l’arrêt, le temps de la parole, et peut-être lui préparer une boisson chaude afin de s’assoir ensemble et observer ainsi un silence bienfaisant, au lieu de réagir trop rapidement et trop brutalement à une énergie négative. Pour cela, il faut soi-même être capable d’être vraiment là : « Chérie(e), je sais que tu es rentré(e) et j’en suis très heureux (heureuse). »

4) Le calme et le repos :

Si nous habitons tout seul, ou en famille, nous pouvons pratiquer le calme et le repos en rentrant de notre travail, et cela commence déjà dans les transports ou dans notre voiture : - si ma voiture va vite, je sais que je vais vite, et si tout est ralenti, voire à l’arrêt dans les bouchons, quelle joie de respirer sereinement ; - quand je prends les transports, nous sommes des milliers à le faire en même temps, telle une rivière humaine… joyeuse interdépendance.

En arrivant à la maison, après s’être rafraîchi, s’assoir quelques minutes en silence ou s’allonger à même le sol sur le dos, tel un chat qui se détend de tout son corps, et se laisser « couler » comme un caillou ou un galet jusqu’au fond de la rivière, sur le banc de sable.

5) Concluons par une méditation

- Lorsque je ressens la colère, qu’elle soit soudaine ou qu’elle grandisse par étapes entraînant des manifestations telles que palpitations, rougeurs, crispations, tremblements, etc.., je prends conscience de ma respiration, de mon corps, puis j’essaye de reconnaître cette colère pour ce qu’elle est : « Bonjour ma petite colère, je sais que tu es là », en essayant de ne pas réagir à vif à cette situation difficile, en acceptant le fait que je sois vraiment en colère.

- Pratiquer la marche méditative en inspirant et expirant à la fois profondément et légèrement, permet d’embrasser la colère en soi, tout comme on prend un bébé dans ses bras pour le calmer quand il souffre. Le fait de pratiquer la respiration consciente apporte calme et douceur, cela permet « d’embrasser » un sentiment douloureux.

- Puis, je regarde en profondeur d’où vient ce sentiment, afin de voir et comprendre, le ou les évènements qui sont la cause de ma colère pour mettre à jour clairement son origine, ses racines, et apprendre ainsi comment ne pas arroser à nouveau cette graine de colère.

(Il est conseillé de pratiquer la marche méditative, plutôt que de réagir à vif à une situation difficile).

Cinquième message de la Retraite d'Hiver Chez Soi

Témoignage sur la méditation offert par une amie pratiquante

Le rendez-vous matinal avec le coussin de méditation n'est pas systématique chez moi. J'en éprouve à chaque fois les bienfaits mais mon rythme de vie m'amène à me coucher assez souvent tard. Mon corps vieillissant a besoin de repos allongé et proteste au niveau des genoux et des hanches si je suis trop longtemps sur un coussin.

J'ai dû apprendre à comprendre la méditation autrement, ne pas la limiter à « je n'ai pas médité aujourd'hui » parce que je n'avais pas fait de méditation assise tout en évitant l'écueil d'une forme de complaisance dans une pratique dite « informelle ».
J'ai appris à accepter de mettre les mots de méditation en étant assise sur une chaise, en étant allongée, bref, en pratiquant ce que Thây nous enseigne dans son ouvrage Pratique de la méditation à chaque instant , ouvrage dans lequel la méditation assise n'occupe que quelques pages.

C'est tout un chemin de renoncer à l'attachement à une forme de méditation et d'être de plus en plus dans la conscience de la pratique dans les gestes de la vie quotidienne ; celle de s'arrêter et d'observer notre état physique et mental.
Être assis ne se résume pas à être sur un coussin, c'est aussi avoir l'esprit « assis ». Ce qui est vrai pour la méditation assise, l'est pour les autres formes de méditation et j'aimerais partager des expériences de méditation marchée.

Habituellement, en Sangha, lors des journées de Pleine Conscience, nous aimons, très légitimement, marcher dans un bel environnement, ressourçant, en contact avec la nature nourrissante.
Un jour, lors d'une journée de Pleine Conscience, nous étions dans un environnement très urbanisé. Nous n'avons pas fait le choix de prendre les voitures pour sortir de la ville pour pratiquer la marche méditative et à un moment, nous nous sommes retrouvés à traverser un parking d'hypermarché un samedi après-midi.
Marcher à un rythme normal, paisiblement, détendu, une expression de sourire sur le visage et...observer fut une expérience enrichissante.
Voir certaines personnes intriguées par notre attitude, ralentir un peu, se redresser en poussant le caddie, nous sourire parfois, nous a touchés.
Fort de cette expérience, un groupe de pratiquants de cette Sangha a souhaité recommencer cette pratique en plein centre d'une grande ville, un samedi après-midi. Nous avons beaucoup échangé sur comment cela pourrait se faire. En résumé, il nous fallait changer notre état mental, ne plus rechercher à avoir forcément un environnement porteur et ressourçant, mais nous mettre dans cette disposition d'esprit où nous avions quelque chose à partager, à offrir : notre paix, notre détente, notre sourire, et, nous « fondre » dans la foule.
Les participants ont résumé l'expérience sous les termes « c'était très fort, certaines personnes sont même venues vers nous pour nous demander un renseignement ». Néanmoins, nous éprouvons toujours la nécessité de marcher dans un environnement calme, naturel, nous permettant de nous ressourcer.
Nous reparlons parfois de cette expérience en disant qu'il faudrait recommencer...

Pour ma part, j'ai compris que je peux pratiquer la marche méditative dans beaucoup de circonstances, parfois pour recevoir et me ressourcer, parfois pour offrir, parfois simplement en étant présente, paisible et détendue là où la vie me fait poser mes pas.

Récemment équipée d'un outil qui, accessoirement sert de téléphone, j'ai téléchargé une application avec un joli son de cloche qui sonne tous les quarts d'heure. Il se promène avec moi en étant réglé sur le mode avion, et je suis comme une enfant espiègle qui expérimente son nouveau jeu. Ralentir au son de la cloche, observer que je « m'arrête » ou que je n'entends plus la cloche, l'entendre dans un magasin et me rendre compte de l'indifférence des autres clients…que d'enseignements !

Les Quatorze Versets de la Pratique de Méditation

 

Tout comme l’oiseau a deux ailes,

La méditation a samatha et vipasyana.

Telles les deux ailes qui battent à l’unisson,

Samatha et vipasyana vont ensemble.

 

Samatha consiste à s’arrêter,

Reconnaître, se mettre en contact,

Se nourrir, se guérir,

S’apaiser et se concentrer.

 

Vipasyana consiste à regarder profondément

Dans la nature des cinq skandhas

Afin de faire naître la vision profonde

Qui transforme toute souffrance.

 

La respiration et la marche attentive

Génèrent l’énergie de la Pleine Conscience

Qui nous permet de reconnaître les merveilles de la vie

Et de rester en contact avec elles.

 

Apportant détente et calme,

Cette énergie nourrit et guérit corps et esprit,

Protège les six organes des sens

Et maintient la concentration juste.

 

Le regard profond sur la réalité

Donne accès à la nature propre des choses,

Et aide à lâcher prise

De toute poursuite et de toute peur.

 

S’établir paisiblement dans le moment présent

Permet de transformer les énergies d’habitude,

De faire jaillir la vision profonde

Et de se libérer de toute affliction

 

L’impermanence est le non-soi.

Le non-soi est l’interdépendance.

Ils sont aussi vacuité, désignations conventionnelles,

Voie du milieu et inter-être.

 

La vacuité, la non-forme et la non-poursuite,

Appliquées dans la pratique quotidienne,

Libèrent de toute souffrance

Et font taire toute notion.

 

Le Nirvana est la non-obtention.

L’Eveil subit et l’Eveil graduel ne font qu’un.

Comprendre et réaliser cela,

C’est vivre librement dans l’instant présent.

 

Les soutras de base de la méditation

Comme le Soutra de la Pleine Conscience de la Respiration

Et le Soutra des Quatre Etablissements de la Pleine Conscience

Nous montrent la Voie

Aboutissant pas à pas à la transformation du corps et de l’esprit.

 

Les soutras et les sastras du Mahayana

Ouvrent de nouvelles portes

Et révèlent la profondeur

Du courant de la méditation originelle.

 

La méditation du Tathâgata et celle des patriarches

Ne devraient pas être séparées.

Les quatre nobles vérités doivent être vues les unes dans les autres

Pour être la fondation de la transmission.

 

Avec le soutien de la Sangha,

La pratique est plus facile à réussir,

Et le grand vœu d’aider tous les êtres

Plus vite réalisé sur la Voie.

 

 

Skandhas : agrégats – corps, sensation, perception, formation mentale et conscience.

Sastras : Enseignements du Bouddha qui sont systématisés et commentés par des patriarches.

Tathâgata : l’un des dix noms du Bouddha – celui qui ne vient de nulle part et qui ne va nulle part.

 

Quatrième message de la Retraite d'Hiver Chez Soi

20 Janvier 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Comment ne pas laisser ma colère exploser? Vous pouvez avoir le sous-titrage en français en allant sur la petite roue située en dessous de l'image à droite, settings va s'éclairer, cliquer sur la roue et ensuite aller dans la catégorie "subtitles" et ensuite il vous suffira de cliquer sur french pour avoir les sous-titres en français. Mais il faut tout d'abord démarrer la vidéo pour avoir la petite roue.

Les six Paramita, chemin de l’amour véritable

Quatrième message de la retraite d’hiver 2014/2015 : Virya Paramita

Virya Paramita est la perfection de l’énergie ou la constance dans la pratique.

Cultiver la constance dans la pratique, c’est aussi cultiver notre patience et notre résistance « Soyez des ilots de résistance » nous enseigne Thay.

Que veut dire résister ou devenir résistant ? A quoi être résistant ? Et comment garder notre enthousiasme, notre douceur, notre bienveillance tout en restant fidèle à notre volition (ou détermination) ?

Nous vous proposons quelques pistes s’appuyant sur les enseignements de Thây à propos de l’effort juste

Propositions d'exercices.

1) Lire le chapitre correspondant dans « le coeur des enseignements du Bouddha » (page 262)

Sur le blog de la Maison de l'inspir, vous pourrez trouver en lignes des enseignements qui vous inspireront

2) Tracer de nouveaux chemins

Nous avons sûrement une énergie d’habitude, un petit travers, une manie qui agace notre entourage par exemple : oublier de fermer les lumières, laisser couler l’eau…

Prenons le temps de l’identifier (notre entourage peut nous y aider) et prenons la résolution de la transformer, avec douceur et patience envers nous-mêmes.

Donnons le temps à nos circuits neuronaux de « détricoter » cette énergie pour en « tricoter » une autre. C’est comme tracer un nouveau chemin en forêt, nous commençons à débroussailler, rien n’apparaît de façon évidente et nos anciennes énergies d’habitudes sont encore vigoureuses. La patience et la constance permettront de tracer ce nouveau chemin, nous aurons peut-être pris le risque d’avoir les mains égratignées et de nous être trompés quelquefois avant de trouver les bons passages.

C’est une des pratiques de l’effort juste.

Pour nous y aider, écrivons quelque part : constance, patience, douceur.

.

3) Savourer le bonheur de la pratique

Avons-nous goûté ces moments de bien-être, de clarté, où tout semble facile, simple, évident ? Comment ressentons-nous cet état dans notre corps ? Avons-nous gardé le goût de cette réussite dans la pratique ? Ces moments sont précieux. Ils nous aident à traverser les passages plus difficiles.

Soyons comme une mouette sur la vague, aussi heureuse de monter que de descendre avec la vague. Renoncer à toujours vouloir être en haut de la vague est un aspect de l'endurance dans la pratique.

4) Notre pratique du sourire

Nous avons pratiqué le sourire, sourire qui, progressivement, peut devenir plus naturel.

Nous avons expérimenté cette disposition d’esprit de bienveillance lorsque nous rencontrons une autre personne.

Si nous nous donnons de l’espace, alors nous nous préparons à l’accueil inconditionnel.

Suggestion d’exercices pour développer notre espace intérieur afin que notre sourire et notre bienveillance puissent s’y déployer :

- Portons notre attention sur l’espace entre les deux yeux, et essayons d’y installer détente et respiration.

- Portons notre attention sur l’espace entre les deux oreilles et essayons d’y installer détente et respiration.

- Observons nos sensations corporelles et notre paysage mental quels qu’ils soient en restant dans la non-poursuite, sans chercher à retrouver, à reproduire ou à éviter les sensations que nous avons expérimentées.

5) Concluons par une méditation sur un enseignement donné par le Bouddha à ses disciples et issu du Satipathana Soutra

« Quand le moine est en colère, il sait qu’il est en colère

Quand le moine n’est pas en colère, il sait qu’il n’est pas en colère »

Remarquons deux points :

- Il n’y a pas de jugement ; le Bouddha ne dit pas que c’est mal d’être en colère, mais simplement être conscient de son état de colère.

- il nous propose de prendre conscience aussi des moments où nous ne sommes pas en colère.

Nous pouvons adapter ces expressions pour notre propre usage, par exemple:

« Quand j’arrose les bonnes graines en moi, je sais que j’arrose les bonnes graines en moi

Quand je n’arrose pas les bonnes graines en moi, je sais que je n’arrose pas les bonnes graine en moi »

Et faisons preuve de créativité pour trouver des versions qui nous conviennent.

Témoignage par un des nos amis pratiquants:

Chers Amis,

Dans ma pratique quotidienne de la pleine conscience et de la méditation, je ne fais pas de longues méditations assises, mais je choisis le plus souvent de ne faire que de petites séances de respirations conscientes le matin de bonne heure, suivies des mouvements de pleine conscience que nous a enseignés Thầy ; puis dans la journée, j’essaye d’utiliser au mieux certains moments pour entrer en profondeur et être en contact avec la chose que je suis en train de faire, comme le repassage des vêtements ou laver la vaisselle, ou encore balayer le sol en carrelage du salon. Ces actions sont alors les choses à faire les plus importantes de la journée, juste à ce moment-là, au moment où cela se produit, parce que je mets toute ma concentration possible pour faire chacun de ces actes. Et, comme je suis seul chez moi en général dans ces instants, la personne la plus importante avec qui je peux exécuter ces tâches est moi-même bien sûr, mais aussi le balai ou le fer à repasser ; les assiettes et les verres, l’eau, le robinet sont aussi des personnes importantes avec qui travailler. Voici une de mes façons de générer une énergie de pratique de la méditation afin de préserver ma joie de vivre.

Mais attention, tout n’est pas aussi facile, car il y a bien sûr des instants de relâchement peuplés de vieilles énergies d’habitudes, de soucis, de retours dans le passé ou même de peurs du futur… tout le monde connaît cela. Je dois aussi faire face à mes graines négatives parfois très fortes. Et certains jours le passé est lourd, la solitude bien présente. Alors que faire quand tout semble aller si mal ? On dit que l’espoir fait vivre, mais je n’aime pas cette idée, je préfère dire, pour moi-même, que la vie en moi me fait vivre, et que lorsque je sens la vie en moi s’écouler librement alors j’ai beaucoup de joie à offrir à autrui.

Il y a quelques années j’étais très malade, avec des angoisses invalidantes chroniques, et j’avais des crises presque tous les jours et toutes les nuits. Puis, un matin chez moi, j’ai eu une attaque soudaine, et ce jour-là j’ai refusé de tout mon être à prendre ce médicament très fort pour stopper la crise ; à la place du médicament, j’ai pris le balai et je me suis mis à balayer tout l’appartement le plus lentement possible, en respirant profondément et le plus calmement possible, ignorant la douleur du corps et ne cédant pas à la panique de l’esprit. Après quelques secondes qui m’ont paru très longues, la crise s’est rapidement atténuée et j’ai pu m’assoir complètement épuisé mais tellement heureux d’avoir réussi à entrer à nouveau en contact avec ma respiration.

Un jour Thầy nous avait enseigné qu’il ne faut pas attendre d’être sur une île déserte au milieu de l’océan pour commencer à pratiquer la pleine conscience de la respiration, mais plutôt être vigilant et assidu afin de bien entretenir le bateau qui nous porte.

Donc pour moi, la quatrième Paramita, la Perfection de l’énergie, de la persévérance et de la diligence, se résume à pratiquer plutôt par « petites touches », répétées tout au long de la journée, de présence complète à ce que je fais dans ma vie quotidienne, tout en gardant une attention sereine au corps et à la respiration ; surtout dans les moments plus difficiles où l’usage du balai, « pour balayer mon salon », reste encore un très bon médicament !!

Offrande de paix

13 Janvier 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Offrande de paix

Très beau poème écrit par une de nos amies :

 

Depuis quelques jours les gens se regroupent,

une multitude, une pluralité de voix humaines

s'unissent au nom de la liberté,

au nom du respect de la vie et de la Paix.

 

En ce jour singulier,

places et rues sont pleines,

gares, trains, métros débordent

car les gens viennent défiler.

 

Sur la place, concentration d'hommes

et de femmes accompagnées d'enfants.

Jeunes et vieux sur une place assemblés.

Union pour dire au monde entier

la volonté déterminée d'un peuple à ne pas laisser salir

la vie, la liberté et la Paix.

 

Pendant que la marche d'un peuple se prépare,

un peu plus loin mais pas trop, en un lieu havre de Paix,

au cœur d'un petit monastère,

des femmes, moniales, elles aussi se préparent

et invitent, ceux qui veulent les rejoindre

à venir méditer pour la Paix,

en lien avec ceux qui, là bas, sont déjà rassemblés.

 

Sur la place,

la République domine la foule.

Dans le temple,

un Bouddha de son regard couve

l'assemblée réunie.

 

Devant la place vacante et pourtant si présente

du Très cher maître vénéré qui a tant travaillé pour la Paix.

l'Appel de la Paix dans les cœurs diffuse en soi et autour de soi.

 

Le cortège s'ébranle.

Dans le temple la lumière est appelée.

Ébauche des premiers pas.

Elévation en volutes des fumées d'encens.

Silence dans le cortège.

Dans le temple un chant sacré s'élève.

 

Là bas marée humaine, debout, silencieuse.

Ici petit groupe de femmes et d'hommes, assis, silencieux.

Silence qui, par delà la distance, vient relier.

Pour que vive et demeure la Paix.

Pour que vive et demeure la liberté.

Pour que vive et demeure le respect de la vie

Tous, ici et ailleurs, sont unis.

 

Dans l'Ashram de ma ville

en cette journée si singulière

Paix à qui est loin et qui est proche.

Paix sur les morts et les vivants.

Paix sur les survivants.

Offrande de paix

Des clés pour faire face au terrorisme

9 Janvier 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Des clés pour faire face au terrorisme

La racine du terrorisme doit être identifiée de telle sorte qu’elle puisse être éradiquée.

La racine du terrorisme est l’incompréhension, la haine et la violence.
Cette racine ne peut être localisée par des moyens militaires.
Les bombes et missiles ne peuvent l’atteindre et encore moins la détruire.

Seule la pratique du calme et du regard profond peut nous la révéler et l’identifier. Seule la pratique de l’écoute profonde et de la compassion peut la transformer. L’obscurité ne peut pas dissiper l’obscurité. Elle ne fera que la rendre plus dense.

Seule la lumière est capable de dissiper les ténèbres.

La violence et la haine ne seront pas dissipées par la violence et la haine. Elles ne feront que multiplier la violence et la haine par mille. Seules la compréhension et la compassion sont capables de dissiper la violence et la haine.
« Attaque contre la terreur » est une expression qui engendre la confusion. Ce que nous cherchons à frapper n’est pas la cause réelle, ce n’est pas la source de la terreur. L’objet de notre attaque est encore des vies humaines. Nous semons les graines de la violence au fur et à mesure que nous frappons. Ces attaques n’engendreront que plus de haine et de violence dans le monde. C’est tout le contraire de ce que nous désirons. La haine et la violence sont dans le cœur humain.

Un terroriste est un être humain avec de la haine, de la violence
et de l’ignorance dans son cœur.

Agir sans compréhension, agir avec de la haine, de la violence et de la peur contribuera à semer plus de terreur, à apporter plus de terreur dans les foyers des autres et dans nos propres maisons.
Des sociétés entières vivent constamment dans la crainte, soumettant nos nerfs à de rudes attaques, jour et nuit. Ce sont les maux qu’il nous faudra subir en conséquence d’une pensée et d’une action erronées. Un tel état de confusion, de peur et d’angoisse est extrêmement dangereux. Il peut provoquer une autre guerre mondiale qui serait extrêmement destructive.

Il nous faut apprendre à nous exprimer de telle manière que la voix du Bouddha puisse être entendue dans ce moment crucial de notre histoire. Que ceux d’entre nous qui possède la lumière en fasse usage et l’offre de telle sorte que le monde ne sombre pas dans l’obscurité.

Chacun possède la semence de l’Eveil dans son cœur.

Aidons-nous mutuellement à mettre à jour ces semences pour que chacun ait le courage de s’exprimer. Nous devons nous assurer que la manière dont nous vivons notre vie quotidienne (avec ou sans une consommation réfléchie, avec ou sans discrimination, avec ou sans participation aux injustices …) ne crée pas plus de terrorisme dans le monde.

Nous avons besoin d’un éveil collectif
pour stopper cette course folle à l’auto-destruction.

Thich Nhat Hanh,
le 19 October 2001

(extrait d'un discours offert par notre maitre après la destruction des tours jumelles à New York - USA)

S’il te plait, appelle-moi de mes vrais noms

 

Ne dis pas que je partirai demain –

Même aujourd’hui j’arrive encore.

 

Regarde profondément : j’arrive à chaque seconde

Pour être un bourgeon sur une branche printanière,

Pour être un petit oiseau, aux ailes encore fragiles,

Qui apprend à chanter dans son nouveau nid,

Pour être une chenille au cœur d’une fleur,

Pour être un joyau qui se cache dans une pierre.

 

J’arrive encore, pour rire et pour pleurer,

Pour craindre et pour espérer.

Le rythme de mon cœur et la naissance et la mort

De tout ce qui vit.

 

Je suis un éphémère qui se métamorphose

A la surface d’un fleuve.

Et je suis l’oiseau

Qui descend en piqué pour avaler l’éphémère.


Je suis une grenouille qui nage avec bonheur

Dans les eaux claires d’une mare,

Et je suis la couleuvre

Qui se nourrit en silence de la grenouille.

 

Je suis l’enfant en Ouganda, la peau sur les os,

Mes jambes fines comme des bambous.

Et je suis le marchand d’armes,

Qui vend des engins de mort à l’Ouganda.

 

Je suis la fillette de douze ans,

Réfugiée sur un petit bateau

Qui se jette à la mer

Après avoir été violée par un pirate.

Et je suis le pirate,

Mon coeur encore incapable

De voir et d’aimer.

 

Je suis un membre du Politburo,

Du pouvoir plein les mains.

Et je suis l’homme qui doit payer

Sa « dette de sang » à mon peuple

En mourant lentement dans un camp de travaux forcés.

 

Ma joie est come le printemps, si chaude

Qu’elle fait s’éclore les fleurs tout autour de la Terre.

Ma douleur est comme un fleuve de larmes

Si abondant qu’il remplit les  quatre océans.

 

S’il te plait appelle-moi de mes vrais noms

Ainsi je pourrai entendre d’un coup mes pleurs et mes rires,

Je pourrai voir que ma douleur et ma joie sont une.

 

S’il te plait appelle-moi de mes vrais noms,

Pour que je m’éveille

Et que la porte de mon cœur

Reste ouverte,

La porte de la compassion.

 

                                               -Thich Nhat Hanh

Ce poème fut écrit en 1978, pendant la période où nous aidions les « boat people ».

Familles du Coeur : dates des prochaines rencontres

9 Janvier 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Familles du Coeur : dates des prochaines rencontres

Les Familles du Coeur se réuniront à la Maison de l'Inspir les samedi 17 janvier, 7 février et 21 mars.

L'après-midi débute à 14h et se termine vers 17h

Venez avec vos enfants, vos adolescents pour leur offrir un espace d'être comme ils veulent être. Nous leur partageons quelques-unes de nos pratiques; Mais plus que tout, nous leur permettons d'être tels qu'ils sont. Nous leur permettons d'avoir l'espace, pour qu'ils puissent ressentir et accepter leurs émotions telles qu'elles sont. Notre après-midi "Familles du Coeur" c'est : prendre soin, partager ensemble et être relié aux enfants grâce à la pleine conscience, la compassion et la vision profonde.

Les enfants ont un besoin et une grande capacité d'être en contact avec la dimension spirituelle et peuvent grandir spirituellement. lorsqu'une pratique spirituelle leur est simplement et directement communiquée, les enfants en font une expérience amusante et qui pourra les aider. Lorsque les enfants se retrouvent ensemble cela cré un sentiment d'appartenance et une connexion entre eux. C'est un espace où ils peuvent faire l'expérience de la compassion et de la joie, chose que l'école ne peut pas toujours offrir.

Peut-être vous demandez-vous mais qu'est-ce que c'est les "Familles du Coeur"? Rendez-vous dans notre rubrique intitulée "Familles du Coeur" pour avoir une réponse....

Un réseau Wake Up Familles ? Partage d'une de nos amies :

Cet été nous avons eu l'occasion d'échanger avec de nombreux parents. Cela nous a permis de nous rappeler à quel point ce n'est pas tous les jours facile, à quel point nous traversons tous plus ou moins les mêmes grandes difficultés, à quel point les échanges et les "trucs" pour pratiquer au quotidien sont un soutien inestimable. Du coup l'idée de créer une page facebook dédiée aux parents et à la parentalité dans la pratique du village est née. Si vous êtes intéressés, bienvenue !

https://www.facebook.com/groups/356024347887566/

Nouvelles de notre Maitre 3 janvier 2015

5 Janvier 2015 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Une véritable sangha porte toujours en elle-même l'énergie de l'amour, l'énergie de la fraternité, l'espoir et la compassion. Notre sangha est notre maison. Notre sangha est notre espoir.
- Thich Nhat Hanh, 24 décembre 2010

Nouvelles de notre Maitre 3 janvier 2015

Annonce officielle
Village des Pruniers le 3 janvier 2015




A tous nos centres de pratique du Village des Pruniers,
A tous les centres de pratique et toutes les sanghas tout autour du monde,
A tous nos amis bien-aimés,


Bonne et heureuse année! Puissiez-vous vous-mêmes et vos bien-aimés avoir une bonne santé, le bonheur et la paix durant toute cette nouvelle année. Nous aimerions vous remercier tous et toutes d'avoir continué à générer l'énergie de guérison et de compassion pour notre Maitre bien-aimé.


Durant ces trois dernières semaines Thay a progressivement continuer à se réveiller, et à présent ses yeux sont ouverts pour la plupart de la journée, au point que les médecins à présent peuvent dire qu'il n'est plus dans le coma.


Dans son état actuel, Thay est capable de reconnaitre les visages familiers. Il répond très bien à la stimulation verbale et toutes les personnes autour de lui ont eu la joie de le voir sourire ces derniers jours. Un des moines proches de Thay lui racontait des souvenirs alors qu'il voyageait lors d'un tour avec Thay. C'était un souvenir particulièrement drôle qui, à son grand étonnement, a fait rire Thay.


Pour l'instant Thay n'est pas encore capable de parler. Cela indique un certain degré d'aphasie, qui est surveillé et qui nous l'espérons évoluera de façon favorable avec la thérapie.


La condition physique de Thay demeure stable, et grâce aux excellents soins qu'il reçoit de l'équipe médical, Thay est à l'aise et confortable. Thay s'applique beaucoup lors de ses sessions de physiothérapie. Il fait des progrès quotidiennement et ses aides apprennent de son esprit de détermination alors qu'ils le voient pratiquer les exercices par lui-même de temps en temps pendant la journée.


Thay sera très prochainement transféré dans une clinique spécialisée pour la réhabilitation des patients ayant subi des embolies cérébrales. Dans cette clinique de rééducation il recevra les meilleurs soins possibles et un entrainement afin qu'il puisse regagner au maximum sa capacité de parler et ses mouvements.


Au Village des Pruniers la retraite spéciale qui avait lieu pour les fêtes de Noel et du Nouvel An est terminée. Neuf cent personnes, incluant de nombreux amis venant de très loin et de très près, ont participé à la célébration du 31 décembre. Nous avons pratiqué la marche méditative ensemble le long des sentiers légendaires du Hameau du Haut, brulé les résolutions du nouvel an dans un feu de camp, écouté un enseignement sur le Dharma offert par un enseignant du Dharma senior, et nous sommes réjouis d'un repas festif et d'un spectacle qui allait du jazz au rap, avec également du kung ku et un sketch intitulé"The Goodfather" (le saint père) . Sr Chan Khong a offert une relaxation totale et la pratique des Touchers de la Terre, et toute la communauté s'est ensuite assise en silence pour accueillir minuit, signalé par la grande cloche du Hameau du Haut et les tambours.


Thay a construit une très belle communauté en laquelle nous pouvons tous prendre refuge. La paix et la joie de notre famille spirituelle est la paix et la joie de Thay.


Avec confiance et amour,


Les moines et moniales du Village des Pruniers

Moment présent, Moment merveilleux!

30 Décembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Moment présent, Moment merveilleux!

Voici une pratique de méditation sur la bonté aimante offerte par Thay et que nous vous invitons à pratiquer chaque jour. La première partie s'adresse à nous-même, la deuxième partie s'adresse à une personne bien-aimée et la troisième partie à la personne qui nous a fait souffrir. C'est bien de visualiser le visage de la personne et de vous dire son nom. La première partie de la méditation est très importante, ne la mettez pas de côté!

Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante adressée à moi-même :

Que je sois paisible, heureux et léger dans mon corps et mon esprit.

Que je sois sain et sauf dans ma vie quotidienne, épargné des accidents.

Que je sois libre de la colère, des soucis, de la peur.

Que je sache me regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

Que je puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en moi .

Que je sache me nourrir chaque jour avec de la joie.

Que je puisse vivre dans la fraîcheur, la solidité et la sérénité.

Que je ne tombe pas dans l’indifférence, et ne m’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont l’attachement et l’aversion.

Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante dirigée vers mes bien-aimés :

Qu’il ou elle soit paisible, heureux et léger dans son corps et son esprit.

Qu’il ou elle soit sain et sauf dans sa vie quotidienne, épargné des accidents.

Qu’il ou elle soit libre de la colère, des soucis, de la peur.

Qu’il ou elle sache se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

Qu’il ou elle puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en lui ou en elle.

Qu’il ou elle sache se nourrir chaque jour avec de la joie.

Qu’il ou elle puisse vivre dans la fraîcheur, la solidité et la sérénité.

Qu’il ou elle ne tombe pas dans l’indifférence, et ne s’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont l’attachement et l’aversion.

Méditation guidée : une méditation sur la bonté aimante dirigée vers celui/celle qui me fait souffrir :

Qu’il ou elle soit paisible, heureux et léger dans son corps et son esprit.

Qu’il ou elle soit sain et sauf dans sa vie quotidienne, épargné des accidents.

Qu’il ou elle soit libre de la colère, des soucis, de la peur.

Qu’il ou elle sache se regarder avec les yeux de la compréhension et de l’amour.

Qu’il ou elle puisse reconnaître et être en contact avec les graines de la joie et du bonheur en lui ou en elle.

Qu’il ou elle sache se nourrir chaque jour avec de la joie.

Qu’il ou elle puisse vivre dans la fraîcheur, la solidité et la sérénité.

Qu’il ou elle ne tombe pas dans l’indifférence, et ne s’emprisonne pas dans l’un des deux extrêmes que sont l’attachement et l’aversion.

Moment présent, Moment merveilleux!
Thay se réjouissant d'une tasse de thé tout en regardant la Marne (septembre 2012)
Thay se réjouissant d'une tasse de thé tout en regardant la Marne (septembre 2012)

Voici un extrait d'un livre "Healing into life and death" (Guérir dans la vie et la mort) par Stephen Levine. Comme ce passage m'a beaucoup inspiré je l'ai traduit pour le partager avec vous.

Arrêter la guerre

Il y a quelques années durant la guerre en Corée, Paul Reps, écrivain et pratiquant de méditation depuis de nombreuses années, essayait d'entrer au Japon pour aller étudier et pratiquer dans un monastère Zen à Kyoto. A ces moments là seuls les occidentaux qui étaient militaires pouvaient obtenir un visa. Tout en remplissant les documents nécessaires l'officier d'immigration lui dit qu'il ne serait pas possible pour lui de visiter le Japon car il n'était pas un "allié militaire". Assis en face de l'officier d'immigration, il retourna sa demande de visa et écrivit au dos "Me faisant une tasse de thé vert, j'arrête la guerre", et il la redonna à l'officier. Celui-ci regarda longuement le poème, le lisant silencieusement pour lui-même "Me faisant une tasse de thé vert, j'arrête la guerre". Puis en retournant le papier, il approuva la demande d'entrée au Japon pour Paul Reps. En le regardant il lui dit : "Nous avons besoin de plus de personnes comme vous dans notre pays actuellement".

Mais que veut dire : faire une tasse de thé qui arrête la guerre?

Paul Reps n'essayait pas d'être astucieux, il était réel. Il parlait de la rencontre de la bataille incessante du besoin de contrôle, de nos vieux conflits intérieurs, avec autre chose, une autre façon d'être. La façon de préparer une tasse de thé qui ne continue pas la guerre, qui n'aggrave pas le conflit, l'impatience, l'attente, le désir que les choses soient différentes de ce qu'elles sont, et de simplement laisser l'eau bouillir.

Avons-nous déjà laissé l'eau bouillir et rien d’autre? Sommes-nous simplement restés debout n'ayant nul par où aller, ouvert seulement à cela? Ou sommes-nous en train de penser à l'eau en train de bouillir? Espérant qu'elle boue? L'imaginant bouillir? Impatient si elle ne boue pas? Avez-vous déjà fait bouillir de l'eau sans but, sans avoir le besoin que l'eau soit différente? Sans attente? L'attente est la guerre. L'impatience est la guerre. Le moment est insatisfaisant et la paix ne peut pas être trouvée. La guerre continue dans l'esprit, l'urgence que ce moment n'est pas suffisant et "où est mon thé?????" En faisant une tasse de thé, je nourris la guerre. Encore plus de conflit. Encore plus d'idées sur comment les choses devraient être et moins d'espace pour les choses telles qu'elles sont.

Assis à la table, remarquant "j'aimerais avoir une tasse de thé!" Observer comment l'esprit et le corps pensent qu'une tasse de thé serait agréable. Observer la motivation de faire du thé et non "Je dois avoir une tasse de thé immédiatement!" Ceci est la guerre, l'eau gelée du plaisir réclamé, qui amène plus de tension, plus de conflit, les mêmes vieilles choses. Observer comment vous vous levez, comment vous marchez jusqu'au placard, observer l'expectation. L'expectation est la guerre. L'expectation est souffrance. L'expectation est déception. Mais au lieu de cela, simplement être là. Pas de conflit. Pas de recherche frénétique dans les différents paquets de thé pour découvrir celui qui stimulerait le plus votre palais, mais au contraire laisser le thé vous choisir. Permettre au thé de venir dans votre main au lieu de le saisir, de l'empoigner.

En faisant une tasse de thé, j'arrête la guerre. Regardant, observant, goûtant le désir pour le thé alors que la main prend la théière. Sentir la poignée de métal froid de la théière sur la chaleur de la main. Sentir la texture de la poignée. Rien d'autre à faire, nul part d'autre où aller. Uniquement ce moment pour toujours. Simplement cette ainsité. Sentant le sol sous vos pieds lorsque vous marchez jusqu'à l'évier. Le bras s'étirant, sentir le poids de la théière lorsque la main arrive au robinet. Sentir la fraicheur du robinet, recevoir le froid. Rien d'autre n'a besoin d'être différent. Le son de l'eau alors qu'elle arrive dans le pot. Remarquer comment le son change alors que le pot se remplit. Remarquer l'expectation d'avoir le pot plein. Remarquez la peur subtile que l'eau pourrait déborder. En refermant l'eau froide, sentir la condensation sur la poignée, écouter le craquement du joint alors que la poignée arrête l'écoulement de l'eau. La main qui bouge sur la poignée, sentir la musculature des doigts qui se plient autour, le bras allongé qui porte à présent un poids plus lourd que l'instant d'avant alors que le pot plein est amené jusqu'à la cuisinière. Entendre le son du gaz alors qu'il s'allume sous la théière, peut-être sentez-vous la chaleur qui s'enroule autour du pot et atteint la main. Remarquer la main qui s'en éloigne. Remarquer aussi, la peur subtile d'être brulé. Rester complètement dans le moment présent. Rien d'autre. Rien du passé amené dans le présent pour filtrer ce moment. Seulement ce moment tel qu'il est.

Seulement être debout. Simplement le son des bulles d'air venant de l'eau froide alors qu'elle chauffe. Sentir les jambes se lever et bouger alors qu'elles marchent autour de la pièce vers la boite à thé. Les yeux qui touchent la boite. Remarquer la reconnaissance. Remarquer le désir. La boite dans la main. Le thé et moi-même sommes ici. Rien d'autre. Sentir les muscles alors qu'ils soulèvent la boite à thé. Sentir les muscles, les extenseurs et les fléchisseurs dans les bras, sentir les doigts. Ouvrir. L'arome du thé vert dans les narines. Simplement sentir le thé. Seulement l'appréciation. Mettez la cuillère dans le thé, le moment présent reçu tel qu’ il est, aucune guerre, ne pas être autre part. Mettre le thé dans la tasse. La main se retire.

Retourner à la chaise de la cuisine, sentir les genoux qui se plient. Sentir le poids de la gravité sur le corps. Entendre l'eau bouillir. Rien d'autre à faire que d'être. Ensuite la vapeur. L'intention de l'esprit de se lever, de prendre l'eau pour le thé. Seulement l'eau qui boue. Simplement se lever. Simplement les muscles tirés par le poids du pot rempli. Sentir les pieds contre le sol marchant jusqu'à la table. Simplement poser le pot en toute sécurité où rien ne sera brulé ou éraflé. Remarquer l'intention, sentir les changements dans la musculature des bras alors que le pot est incliné vers la tasse. Simplement la sensation du pot qui devient plus léger alors que l'eau se mélange avec le thé. Simplement la vapeur qui s'élève, simplement le thé. Rien n'a besoin d'être différent. La sensation de la cuillère froide dans la main. Seulement le son de la cuillère alors qu'elle mélange le thé dans l'eau, la fragrance du thé qui macère. Recevoir chaque moment tel qu'il est, c'est suffisant. Ne pas boire le thé qui n'est pas encore fait, plus de guerre, simplement ce qui est.

Simplement la vastitude extraordinaire que rien n'a besoin d'être différent de ce qui est. Vous êtes soit en train d'attendre ou vous êtes patient. La patience est la paix. L'attente est la guerre.

Ne pas attendre pour le thé, ne rien attendre, même pas attendre que cette histoire soit terminée. En lisant cette histoire, arrêtez-vous la guerre ou la continuez-vous? Est-ce que ce moment n’est pas suffisant ou bien est-ce tout? Expérimentez-vous véritablement ce moment?

Simplement reconnaitre que le thé est prêt. Non pas "une tasse de thé finalement!" mais simplement une tasse de thé. Simplement une autre opportunité pour la guérison. Simplement la main qui s'avance pour recevoir la poignée de la tasse. Simplement remarquer la chaleur. Remarquer la texture et la fragrance. Tout simplement une tasse de thé. Simplement ce moment dans sa nouveauté. Seulement la main qui touche la tasse, le bras qui se rétracte, la fragrance qui s'accroit alors que la tasse s'approche des lèvres. Si présent. Remarquer la lèvre inférieure qui reçoit la chaleur de la tasse, la lèvre supérieure arquée pour recevoir le liquide. Remarquer le premier goût du thé alors que le thé entre en contact avec les lèvres. La fragrance et la chaleur s'élevant dans la bouche. La première attention du goût. Le contact du thé chaud sur la langue. La langue qui fait bouger le thé tout autour dans la bouche. L'intention d'avaler. La chaleur qui s'étend jusque dans l'estomac.

Quelle merveilleuse tasse de thé.
Le thé de la paix, de la satisfaction.
En buvant une tasse de thé, j'arrête la guerre.
Moment présent, Moment merveilleux!

Enseignement par Sr Giac Nghiem et Sr Dao Nghiem le 7 décembre 2014

15 Décembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici un enseignement offert par Sr Giac Nghiem et Sr Dao Nghiem au Village des Pruniers le 7 décembre 2014. Elles y partagent leur rencontre avec Thay, ainsi que leur pratique.

Enseignement offert par Thay durant la retraite pour educateurs au Village des Pruniers le 27 octobre 2014

11 Décembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici l'enseignement offert par notre Maitre au début de la retraite pour éducateurs au Village des Pruniers, le 27 octobre 2014. Notre Maitre était souffrant mais avait tenu à venir enseigner pour nous offrir son énergie, son amour et sa compassion.

Voici le lien pour écouter le discours au Vatican

4 Décembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici le lien où vous pouvez écouter le discours au Vatican. Soeur Chan Khong parle à 42mn36

http://www.youtube.com/watch?v=s2VPAFFD1Ak&index=2&list=UU7E-LYc1wivk33iyt5bR5zQ
lecture de Sr Chan Kong 42mn36

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