La Maison de l'Inspir

Articles récents

Les activités de cette semaine sont annulées - La Maison de l'Inspir est fermée

19 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Les Soeurs de la Maison de l'Inspir sont au Village des Pruniers pour quelques jours de plus. Nous nous nourrissons de la présence des nombreux freres et soeurs venus de partout dans le monde. La Maison de l'Inspir sera de nouveau ouverte a partir du jeudi 27 novembre

Merci de votre compréhension et de votre pratique

Retraite d'hiver chez soi - Premier message

19 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Les six Paramita, chemin de l'amour véritable

Premier message retraite d'hiver 2014/2015 : Dana Paramita

Le Bouddha a dit « N'attendez pas que l'autre rive vienne à vous. Si vous voulez passer sur l'autre rive : la rive de la sécurité, du bien-être, de la non-peur et de la non-colère, il vous faudra nager ou ramer. Vous devez faire un effort. »(1) Cet effort est la pratique des six Paramita

Paramita peut-être traduit par « perfection », c'est un chemin de compréhension de l'amour véritable qui nous mène vers l'autre rive.

«Pour nous, au Village des Pruniers, l'enseignement du Bouddha - le Dharma- est assez simple à comprendre. On a rendu le Dharma trop compliqué, mais ici, au Village des Pruniers, on tâche de garder cette simplicité du Dharma. C'est simple, c'est profond et c'est faisable »(2)

Nous vous invitons à envisager les Paramita sous cet angle ; simple profond et faisable.

La première des six Paramita est dana paramita : la perfection du don.

Nous pouvons faire don de ce que nous possédons, mais nos biens s'épuisent.

Nous pouvons aussi faire don de ce que nous sommes et ces dons nous enrichissent : « vous recevez ce que vous offrez » (1)

Le plus grand cadeau est le don du Dharma et de la non-peur, c'est ce que nous propose Thây lorsqu'il nous invite à faire don de notre présence, de notre stabilité, de notre liberté, de notre fraîcheur, de notre paix et d'offrir de l'espace.

La générosité est un entraînement.

Le deuxième entraînement, « bonheur véritable », nous offre des moyens très concrets de pratiquer la générosité.

Petits exercices

1) « Je suis là pour toi, mon corps »

Dans ses enseignements Thây nous invite constamment à revenir au corps et à appliquer le premier mantra « je suis là pour toi » à nous-mêmes et à notre corps.

« Notre corps commence avec l’inspiration et l'expiration, notre corps a besoin de la compassion et la compassion dirigée vers notre corps est le commencement de l'amour véritable »(2)

Quand sommes-nous vraiment là pour notre corps ?

Observons les moments de notre vie quotidienne (les trajets, le travail, les tâches domestiques...) où nous sommes vraiment là pour notre corps.

Nous pouvons noter dans notre journal quelques moments privilégiés où nous sommes là « avec notre corps pour célébrer la vie »(2).

2) Les petits cadeaux pour soigner sa colère.

« Lorsqu'on est colère contre quelqu'un, si on a tout essayé et que l'on se sent toujours en colère, il faut pratiquer dana paramita. Quand on est en colère, on a tendance à vouloir punir l'autre. Mais cela ne fera qu'empirer la souffrance. Le Bouddha nous suggère plutôt de lui offrir un cadeau » (1).

En cette période proche des fêtes de fin d'année, pouvons-nous préparer un cadeau pour des personnes contre lesquelles nous sentons de l'irritation ou de la colère et trouver le moment opportun pour l'offrir ?

3) Savoir accueillir la générosité de l'autre.

Nous avons peut-être souvent entendu ou dit nous-mêmes en recevant un cadeau « Ah, il ne fallait pas ! ».

Est-ce vraiment un mot de gratitude ?

Savons-nous entrer en contact avec la générosité de l'autre ?

Savons-nous voir tous les cadeaux qui nous sont offerts par des personnes plus ou moins proches et par la vie ? Prenons conscience de notre façon de remercier lorsque nous recevons un cadeau et pratiquons le deuxième mantra

« Je sais que tu es là et j'en suis très heureux (se) ».

La présence de nos bien-aimés est un cadeau de la vie.

4) Offrir un sourire.

Le cadeau que nous portons avec nous et que nous pouvons nous offrir à nous-mêmes et aux autres à n’importe quel moment de la journée, c’est l’offrande d’un sourire. Essayez, vous découvrirez combien un sourire du cœur apporte beaucoup de bonheur en soi et autour de soi.

La générosité nous libère et nous donne de l'espace ; ouvrons grand nos bras !

Les citations en italique sont extraites de :

(1) « Le cœur des enseignements du Bouddha »

(2) Enseignement de la retraite francophone 6 avril 2014

Nouvelles de la santé de Thay

17 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Nouvelles de la santé de  Thay

~Annonce officielle, Village des pruniers ,

15 Novembre 2014

A tous les centres du Village des Pruniers et à tous les centres de pratiques et les Sangha du monde entier,

A tous nos chers amis,

La santé de Thay: Notre cher maître, Thay, est maintenant pris en charge par de très bons docteurs neurologistes qui suivent de près l’évolution de Thay. Thay est dans les meilleurs conditions possibles avec beaucoup de soin et d’attention, De nouveaux tests ont été effectués qui ont montré que la situation de Thay est stable, ce qui est un bon signe. Pas de changement important dans cette période critique: la partie de l’hémorragie n’a pas augmentée et les signes vitaux sont normaux. Tôt le matin du 15 Novembre, Thay a ouvert les yeux pour la première fois depuis l’hémorragie cérébrale et a pu regardé ses attendants pendant un court instant. Thay été très conscient et attentif à ce qui se passait autour de lui. Il leva son bras gauche pour toucher un de ses attendant à côté de lui. Depuis, Thay a ouvert les yeux à plusieurs reprises et ses gestes pour communiquer sont de plus en plus clairs, hochant la tête en guise de réponse. Thay se repose et peut dormir paisiblement plusieurs heures chaque jours. Les docteurs sont prudemment optimistes et nous rappellent que la situation de Thay reste encore critique et que tout peut changer à tout moment. La retraite d’hiver:

La quadruple Sangha du Village des Pruniers s’est rassemblée ce Samedi matin 15 Novembre dans la salle de méditation “Eau tranquille” du Hameau du Haut pour formellement ouvrir la retraite d’hiver et pour participer à la cérémonie du “face à face” de la prise de refuge. Nous savons que notre maître a toujours été très nourris en voyant tous ses disciples, monastiques et laïcs, rassemblés pour pratiquer et prendrre refuge les uns dans les autres pour 90 jours. Cette année, au Hameau du Haut, nous avons atteint un record de 60 pratiquants laïcs qui ont pris refuge pour les 90 jours, 52 Bhikkhus et 18 novices. Nous allons partager et nourrir Thay avec cette merveilleuse nouvelle. (en fait en tout il y a 95 ami(es) laiques pour la totalité de la retraite d'hiver dans tous les hameaux et 137 soeurs monastiques en plus des 70 frères).

Tous nos centres à travers le monde vont aussi pratiquer cette retraite de 3 mois, comme d’habitude, pour que chacun puisse approfondir sa pratique et pour nourrir notre communauté de fraternité.

Le soutien collectif: Nous sommes conscient et très reconnaissant du soutien et de l’amour qui est offert pour que Thay se rétablisse au plus vite. Les Sanghas se réunissent pour pratiquer et envoyer de l’énergie de paix et de guérison à Thay et il est très clair que Thay reçoit cette énergie. Chacun de nos pas fait dans la pleine conscience et chacune de nos respiration faite en pleine conscience est une nourriture que nous pouvons offrir à Thay.

SVP! Pour Thay, continuez à apprécier le ciel bleu, la fraîcheur du matin et les petits chemins dans la nature. Et surtout, appréciez la présence de vos bien-aimés qui sont à côté de vous.

Si cela vous est possible, vous pouvez choisir un jour végétarien dans votre semaine et offrir votre pratique de compassion pour l’envoyer à Thay. Vous pouvez aussi essayer de vous réconcilier avec vos proches ou encore de pratiquer pour abandonner vos ressentiments envers quelqu’un et leur écrire une lettre d’amour.

Dans l’esprit de notre retraite d’hiver 2014-2015, nous vous invitons à soutenir et à participer à l’énergie de pleine conscience, où que vous soyez dans le monde, seul ou avec votre Sangha, et nous vous encourageons, pour cette période de 90 jours, à essayer de moins consommer et à passer moins de temps sur l’internet.

Dernière nouvelle du 17 novembre : ce matin en écoutant le rapport envoyé par notre centre de Blue Cliff aux Etats-Unis, Thay a ouvert les yeux brièvement et a souri.

Avec gratitude et confiance, Les moines et moniales du Village des Pruniers,

Guide pour les visites à Thay et au Village des Pruniers afin d'aider à la guérison de Thay

15 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

~~Re: Guide pour les visites à Thay et au Village des Pruniers afin d'aider à la guérison de Thay

Village des Pruniers 14 Novembre 2014

Pour tous les centres de pratique du Village des Pruniers,

Pour tous les centres de pratique et Sanghas de part le monde,

Pour nos chers amis bien-aimés,

Nous tenons à exprimer notre gratitude à tous pour la génération d'une puissante énergie collective de guérison et compassion pour notre cher Maître, qui continue son processus de récupération suite à une grave hémorragie cérébrale.

Nous avons reçu des demandes de conseils sur l'opportunité de visiter le Village des Pruniers afin d'exprimer votre amour et soutien à Thây.

Nos conseils sont les suivants :

1. Être avec la Sangha est être avec Thay. Pratiquant ensemble nous pouvons nous connecter avec l'énergie collective de la pratique, les pratiques et réalisations que Thay nous a transmis. En tant que Sangha, nous pouvons renforcer notre corps du Dharma, qui est aussi le corps du Dharma de Thay. S'il vous plaît, sachez que vous êtes toujours les bienvenus à venir au Village des Pruniers lors de nos retraites, à rejoindre la forte énergie collective de la quadruple Sangha pratiquant ensemble. Toute personne désireuse de venir au Village des Pruniers doit s'il vous plaît, suivre la procédure normale d'inscription en ligne, arriver le vendredi, contribuer financièrement etc. Eviter de téléphoner autant que possible.

2. Nous respectons la stricte consigne d'interdiction de visite, telle définie par l'équipe médicale spécialisée de l'hôpital. Il est impossible de visiter Thay à l'hôpital. Le plus grand soutien que nous pouvons offrir à notre Maître Bien-aimé en ce moment est de générer une puissante énergie collective de compassion et guérison à travers notre propre pratique de la pleine conscience, où que nous soyons dans le monde.

Les futurs rapports sur la santé Thay et sa récupération seront publiés officiellement sur plumvillage.org, langmai.org, villagedespruniers.org, et www.facebook.com/thichnhathanh.

Au nom du Conseil Monastique des Enseignant du Dharma du Village des Pruniers, Bhikkhu Thich Chan Phap Dang

Bhikkhuni Thich Nu Chan Khong Nghiem

Nouvelles de notre Maitre

13 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

~~SUR LES CONDITIONS DE SANTÉ DE THAY ET COMMENT LE SOUTENIR.

Communiqué officiel du Village des Pruniers, mercredi 12 novembre 2014.

A tous les Centres de Pratique du Village des Pruniers,

A tous les Centres de Pratique et aux Sanghas du monde entier,

A tous nos très chers amis,

C'est avec une profonde respiration de pleine conscience que nous annonçons au monde la nouvelle que dans la journée d'hier, le 11 novembre 2014 Thay, Le Vénérable Maître Zen Thich Nhat Hanh, a été victime d'une hémorragie cérébrale grave.

Thay reçoit en permanence les soins intensifs de médecins spécialistes, d'infirmiers et de ses disciples monastiques.

À présent, Thay est encore très sensible et montre tous les signes d'être conscient de la présence de ceux qui l'entourent. Il est capable de bouger ses pieds, ses mains et ses yeux. Il y a des signes que le rétablissement complet peut-être possible.

Ces deux derniers mois, la santé de Thay était déjà fragile en raison de son grand âge. Il avait été hospitalisé à Bordeaux le 1er novembre. Il retrouvait des forces jour après jour jusqu'à ce revirement soudain et inattendu dans sa condition de santé.

Tous les monastères de la tradition du Village des Pruniers organisent des sessions de pratique pour générer l'énergie de la Pleine Conscience et pour envoyer à Thay cette énergie aimante et réparatrice. Nous aimerions demander à toute la communauté de pratiquants de la méditation, du monde entier, de participer et de nous soutenir dans ce moment critique.

Nous savons et croyons que Thay recevra toute votre énergie et qu'elle sera d'un grand soutien pour sa guérison. Notre pratique de stabilité et de paix dans ce moment particulier est le meilleur soutien que nous puissions offrir à Thay. Prenons ensemble, à travers le monde, refuge dans notre pratique, allons ensemble comme une rivière pour offrir à Thay notre énergie collective et puissante. Nous sommes tous les cellules du corps de cette grande Sangha que Thay a manifesté durant sa vie.

Nous publirons officiellement les futures nouvelles de l'évolution de la santé de Thay sur www.plumvillage.org, langmai.org, villagedespruniers.org, et sur www.facebook.com/thichnhathanh.

Au nom du Conseil Monastique des Enseignants du Dharma du Village des Pruniers, Bhikkhu Thich Chan Phap Dang

Bhikkhuni Thich Nu Chan Khong Nghiem ___

Communiqué officiel publié à l'origine en anglais, sur le blog officiel du Village des Pruniers.

La Maison de l'Inspir sera fermée pour quelques jours à partir du mercredi 12 novembre

11 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

La Maison de l'Inspir sera fermée pour quelques jours à partir du mercredi 12 novembre

Chère Communauté,

Nous sommes désolées mais toutes les Soeurs de la Maison de l'Inspir ont été rappelées au Village des Pruniers et nous devons fermer la Maison de l'Inspir pour quelques jours.

Nous vous informerons lorsque nous rouvrirons la Maison.

Merci pour votre compréhension et tout votre amour.

Vous souhaitez approfondir votre pratique : la retraite d'hiver chez soi vous invite à cela

7 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Vous souhaitez approfondir votre pratique : la retraite d'hiver chez soi vous invite à cela

La Retraite d’Hiver qui dure trois mois, est l’équivalent de la Retraite “varśa” de la saison des pluies qui existe dans les monastères de différentes traditions bouddhistes. Elle nous vient de l’époque de la vie du Bouddha, lorsque les moines et moniales voyageaient et enseignaient le Dharma dans les régions de l’Inde au cours de l’année. Au moment de la saison des pluies, leur déplacement était rendu difficile et ils se rassemblaient alors en communauté pour étudier et pratiquer le Dharma, ainsi que pour partager un mode de vie et de pratique.

Aujourd’hui les membres monastiques de la Sangha continuent cette tradition et se retrouvent pour pratiquer ensemble trois mois par an. C’est un temps durant lequel Thay et les frères et sœurs monastiques des différents monastères du Village des Pruniers ne voyagent pas et ainsi peuvent approfondir leur propre pratique, cultiver la fraternité et avoir le bonheur de pratiquer ensemble.

Beaucoup d'amis laïques souhaitaient pouvoir participer à cette retraite de trois mois mais ne pouvaient s'absenter pour une si longue période et de là est née l'idée il y a 6 ans de créer une "retraite d'hiver chez soi". De cette façon les amis souhaitant approfondir leur pratique de la pleine conscience peuvent également tout en restant chez eux, participer à cette retraite et récolter les magnifiques fruits de la pratique de la pleine conscience et recevoir le soutien de la quadruple sangha. La retraite d’hiver chez soi est un voyage intérieur, un voyage vers la non-peur qui nous réservera des moments de grandes découvertes et quelques surprises.

Si vous souhaitez vous embarquer pour ce voyage nous vous invitons à marquer le début de celui-ci en faisant une petite cérémonie comme nous le faisons dans notre monastère, (comme par exemple allumer une bougie, un peu d'encens, et vous asseoir quelques minutes pour imprimer en vous ce vœu d'approfondir votre pratique), vous pouvez le faire avec votre sangha locale, avec des amis de pratique ou bien seul(e).

Se préparer à accueillir les beaux moments, apprendre à apprivoiser les moments plus difficiles demande de s’y préparer comme on prépare un voyage et les grands voyageurs ont appris à voyager léger.

Dans notre petit monastère de la Maison de l'Inspir la cérémonie d'ouverture de notre retraite d'hiver aura lieu le dimanche 16 novembre à 10h. Si vous souhaitez y participer vous êtes les bienvenus. Elle sera suivie d'une marche méditative, d'un repas pris tous ensemble. (Merci d'apporter un plat végétalien (sans viande, poisson, œufs ou produits laitiers pour 4/5 personnes que nous mettons en commun) et l'après-midi nous célébrerons le commencement de cette retraite d'hiver "joyeusement ensemble" autour d'une tasse de thé.

Dans la tradition monastique, nous avons la grande chance de ne pas avoir à sortir du centre de pratique ou du monastère durant trois mois. Nous nous donnons des frontières physiques mais également nous réduisons les conversations téléphoniques, l’usage de l’internet (voir l’enseignement de Thây « Notre cheval c’est la technologie »en fin de page), etc. Cela nous permet de faire un véritable retour en nous-mêmes et de ne pas nous perdre, nous cacher ou nous enfuir dans des distractions extérieures. Non pour nous cloîtrer et nous limiter, mais pour nous permettre de retourner à l'essentiel, de ne plus nous enfuir dans ces choses et ainsi pouvoir regarder en profondeur ce qui est en nous et dont nous ignorons souvent l'appel, trop occupé par des milliers d'autres choses.

Bien sûr beaucoup d'entre vous n'ont pas la possibilité d'arrêter le travail, de ne plus prendre le métro ou le bus, de ne plus faire les courses, de ne plus sortir, voir des amis, etc...la vie continue.

Avant de démarrer la retraite d’hiver, nous sommes invités à apprendre à s’alléger de ce qui nous encombre, par exemple avec les objets qui nous entourent : que peut-on donner, recycler, trier, ranger ?

S’alléger en simplifiant, en prenant le temps de s’arrêter pour contacter les résistances qui nous font accumuler des choses, celles qui nous incitent à nous perdre en conjectures et ruminations. S’alléger et simplifier non pas dans un renoncement austère, mais dans un mouvement qui nous apporte de la joie. Alléger et simplifier donnent de la place pour embellir. Nous pouvons embellir en donnant de l’espace aux objets dans notre environnement, embellir en donnant de l’espace en nous et dans nos relations. Ayant de l’espace pour permettre à notre créativité de s’y déployer, nous saurons alors que faire pour simplement, légèrement embellir notre lieu de vie.

Que les pratiques soient dans la tonalité du don « Ce que vous donnez est ce que vous recevez » (Le cœur des enseignements du Bouddha chapitre 25 les six paramitas) « Que vous offriez votre présence, votre stabilité, votre fraîcheur, votre solidité, votre liberté ou votre compréhension, votre don peut produire un miracle. Dana paramita est la pratique de l’amour. »

Propositions de pratiques pour cette retraite:

Le thème sera :

Les Paramitas ; chemin de l’amour véritable

- Cette année nous aurons six messages environ qui serviront de guide dans la pratique personnelle. Nous vous proposons de méditer sur les six Paramitas. Le livre « Le cœur des enseignements du Bouddha » sera le support pour nous inspirer dans la pratique des Paramitas et vous proposer quelques exercices

- Reprenons notre journal pour y inscrire nos gratitudes et nos conditions de bonheur. Nous pouvons les partager avec les amies, amis, apprendre à utiliser les moyens habiles –upaya- pour les offrir à des personnes plus distantes, voisins etc…et soyons assez audacieux pour les offrir à des personnes que nous n’apprécions pas.

- Essayons de nous retrouver pour échanger sur notre expérience de la retraite d’hiver chez soi entre amies, amis ou avec la Sangha

- Nous ne savons pas encore comment nous pourrons disposer des enseignements, aussi nous vous invitons à consulter régulièrement le Blog pour vous tenir informés

Il n'est pas nécessaire de vous inscrire pour suivre cette retraite d'hiver chez soi, si vous souhaitez être prévenu lorsqu'un message est mis sur le blog il vous suffit d'inscrire votre adresse email sur notre blog dans la rubrique "s'abonner".

Notre cheval, c’est la technologie

(extrait d'un enseignement offert par Thay en 2013 aux employés de la compagnie Google aux USA)

"La retraite d’hiver va démarrer dans quelques jours et va durer 90 jours. La retraite d’hiver est la plus belle retraite du Village des Pruniers parce que nous pouvons aller en profondeur dans les enseignements et que nous disposons de beaucoup de temps pour construire la fraternité et la sororité et pour nous transformer. Pendant la retraite d’hiver, nous devons rester dans les limites du monastère et avec la Sangha. Nous n’avons pas la permission d’en sortir, même avec internet….

Il y a une histoire Zen concernant un cavalier sur un cheval au grand galop. À un croisement un de ses amis lui cria « Où vas-tu », le cavalier lui répondit « Je ne sais pas, demande à mon cheval »

C’est notre situation, notre cheval, c’est la technologie et nous ne pouvons pas la contrôler. Aussi nous devons commencer avec cette intention en nous demandant que voulons-nous ?...Rechercher une information sur l’ordinateur devient une façon de nous distraire de nos problèmes. De cette façon, nous courrons loin de nous-mêmes, de notre famille, de notre Terre Mère. En tant que civilisation, nous allons dans la mauvaise direction. Même si nous ne tuons ou volons personne, nous sommes en train de perdre notre vie. Si vous n’avez pas de temps pour prendre soin de votre famille, de la nature, faire de l’argent ainsi vous coutera votre vie, votre bonheur et de la vie et du bonheur de vos bien-aimés et de la Terre Mère. Ainsi cette façon de faire de l’argent, c’est l’enfer. Mais y-a-t ’il une façon de faire de l’argent qui ne soit pas l’enfer."

Vous souhaitez approfondir votre pratique : la retraite d'hiver chez soi vous invite à cela

Les enseignants heureux vont changer le monde

4 Novembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Les enseignants heureux vont changer le monde

Voici la retranscription de l'enseignement offert par notre Maitre le 27 octobre 2014 au Village des Pruniers, lors de notre retraite réservée pour les éducateurs, enseignants et personnes travaillant dans le domaine de l'éducation.

Bienvenu chers amis! Bienvenu chers collègues,

Bienvenu à cette retraite francophone réservée aux enseignants, aux éducateurs ! Moi-même je suis enseignant et j'aime mon métier et c'est très bien que vous aussi vous aimiez votre métier. Vous voulez construire des hommes, des femmes jeunes, sains, heureux, capables d'être heureux et capables de rendre les autres personnes autour d’eux heureux. Notre mission ce n'est pas seulement transmettre les connaissances mais construire les hommes, construire une humanité digne d'elle-même, pour pouvoir prendre soin de notre précieuse planète.

J'ai eu beaucoup de chance c'est parce que les personnes, surtout des jeunes qui sont venues à moi, elles ont le même idéal. Elles veulent apprendre pour se transformer, pour vivre heureux, et aider les autres à vivre heureux aussi. Chaque fois que j'entre dans ma classe il y a toujours le bonheur, il y a une sorte de compréhension mutuelle entre élève et enseignant, il y a aussi une sorte de fraternité qui rend le travail d'enseigner, le travail d'étudier beaucoup plus facile.


Je m'informe toujours sur la vie de mes étudiants, je leur dis mes difficultés, mon espoir, et ainsi la communication est toujours possible. Nous savons que les enfants, les étudiants de notre temps ont beaucoup de souffrance en eux, c'est parce que leurs parents souffrent, les parents ne peuvent pas communiquer entre eux et il n’y a pas de communication facile entre parents et enfants donc il y a une sorte de solitude, sorte de vacuum, sorte de vide dans l'enfant et l'enfant cherche à combler ce vide en soi avec les jeux électroniques, et autres distractions et vous le savez très bien. Il y a une énorme quantité de souffrance dans les jeunes, cela rend le travail d'enseigner beaucoup plus difficile.


Nous-mêmes avons des difficultés aussi, nous avons essayé de notre mieux mais l'environnement, la famille, les collègues avec qui nous travaillons ont beaucoup de difficultés en eux, donc c'est difficile. Si les enseignants, les collègues ne sont pas heureux alors comment faire pour rendre heureux les enfants. C'est un grand problème.

Nous n'avons pas assez de patience, de compréhension, de fraicheur, de compassion pour pouvoir confronter tout cela. Il y a une dimension spirituelle qui est nécessaire pour nous, qui nous aide à nous transformer et commencer à aider les gens autour de nous à se transformer en commençant par les membres de notre famille, notre partenaire et puis si on réussit dans cette pratique on devient beaucoup plus agréable, souriant, compatissant et alors on va pouvoir aider nos collègues à faire la même chose et nous allons apporter cette pratique à notre classe.


Alors le premier pas c'est effectuer un grand retour, un grand retour chez soi-même. On cherche une sortie, mais la sortie commence par une entrée "the way out is in".

C'est le grand retour vers soi-même, afin de pouvoir prendre soin de soi-même, afin de pouvoir gérer les difficultés en soi-même et ici nous avons des méthodes de pratique et on peut pratiquer ensemble avec joie. Avec la respiration consciente on peut ramener notre esprit vers notre corps, et prendre soin de notre corps tout d’abord. Il y a de la tension, de la douleur dans notre corps et avec cette pratique on peut revenir à son corps, reconnaitre la présence de la tension, de la souffrance dans son corps et respirer en telle sorte qu'on peut relâcher cette souffrance et une heure de pratique peut déjà beaucoup nous aider.

Le Bouddha nous propose l’exercice " j'inspire je suis conscient de mon corps", « je suis revenu à mon corps qui est une merveille mais qui n'a pas assez de paix en ce moment », s'il n'y a pas de paix dans le corps cela sera plus difficile d'avoir la paix dans l'esprit, corps et esprit sont toujours ensemble.

Il faut commencer par le corps, dans la position assise, ou marchée, ou debout ou allongée on peut très bien pratiquer pour détendre le corps, c'est la chose principale. Assis dans l'autobus ou dans la voiture on peut le faire aussi, préparer le petit déjeuner on peut le faire aussi, faire la vaisselle on peut le faire aussi, donc on a beaucoup de temps pour faire cela, détendre le corps, c'est très, très important. Il y a des exercices qui nous aident à reconnaitre les merveilles de la vie, la beauté de la nature, qui sont disponibles dans le moment présent. C'est facile, si vous faites une inspiration et si vous portez votre attention entièrement sur votre inspiration, alors vous pouvez déjà arrêter toute pensée. On pense beaucoup mais nos pensées ne sont pas productives, on devient de plus en plus confus en pensant :

"Je pense donc je ne suis pas vraiment là, je pense donc je suis perdu dans ma pensée."

Si vous portez votre attention seulement sur l'inspiration et même si l'inspiration ne dure que deux ou trois secondes vous arrêtez la pensée, vous êtes libre du passé, du futur, de vos projets et l'inspiration peut être agréable.


Pour le pratiquant une inspiration peut être très agréable, vous êtes vivant, vous êtes en train de faire une inspiration c'est une merveille. Celle ou celui qui est déjà mort ne peut pas faire une inspiration, donc j'inspire je suis vivant et être vivant c'est un miracle, le plus grand des miracles du monde. Cela vous apporte du plaisir en faisant une inspiration et quand vous faites cette inspiration vous ramenez votre esprit vers votre corps. C'est parce que dans la vie quotidienne souvent le corps est là mais l'esprit est ailleurs, pris dans le passé, dans le futur, dans vos projets, votre colère. Donc corps et esprit ne sont pas ensemble et quand la situation est comme cela on n'est pas vraiment vivant.

Il faut que l'esprit soit avec le corps pour que vous puissiez être là et vivre en profondeur ce moment que vous avez, chaque moment de votre vie. Quand corps et esprit sont ensemble vous êtes entièrement vivant, présent et vous pouvez reconnaitre que toutes les merveilles de la vie sont là : le soleil, les arbres, les oiseaux, le royaume de Dieu est disponible ici et maintenant. C'est la reconnaissance pure et simple de la beauté des merveilles de la vie et aussi vous pouvez reconnaitre que vous avez beaucoup plus de chance que les autres, la chance de vivre heureux ici et maintenant. Si vous avez le temps vous pouvez noter sur une page les conditions de bonheur que vous avez déjà, que vous n'avez pas à rechercher dans le futur. Je suis sûr qu'une page ne suffit pas, deux pages non plus, trois pages ou quatre pages non plus.

Vous avez beaucoup de chance, de conditions de bonheur et le bonheur c'est possible ici et maintenant et c'est l'enseignement du Bouddha et les français ont cette sagesse : "Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux."

Cet exercice nous aide à reconnaitre cela, les merveilles de la vie, le royaume de Dieu, les conditions de bonheur qui sont disponibles et vous pouvez générer une sensation de joie, une sensation de bonheur n'importe quand et n’importe où. Un vrai pratiquant de la pleine conscience est capable de générer une sensation de joie et de bonheur n'importe quand, c'est l'art du bonheur, c'est simple, c'est facile, faisable pour tous.


Et puis il y a un autre exercice : quand une sensation douloureuse commence à monter, quand une émotion douloureuse commence à monter, on peut respirer en telle sorte pour pouvoir générer l'énergie de la pleine conscience afin de pouvoir reconnaitre cette sensation, cette émotion, l'embrasser tendrement et vous pouvez apporter un soulagement après quelques minutes de pratique. C'est très important.

On doit écouter sa propre souffrance, dans le corps et dans les sensations, les émotions. L'autre personne elle a aussi cela, elle a de la souffrance en elle, alors elle parle, elle agit, elle nous fait souffrir, ce n'est pas qu'elle a cette intention de nous faire souffrir mais c'est parce qu'elle ne peut pas gérer cette souffrance en elle. Et nous pratiquants, nous savons comment gérer une souffrance.

Gérer une souffrance c'est un art. On parle de l'art du bonheur mais on peut parler de l'art de la souffrance. On doit apprendre à souffrir. Celui qui sait comment souffrir, il souffre beaucoup moins que les autres. Croyez-moi, la personne qui sait comment souffrir, elle souffre beaucoup moins que les autres, c'est un fait. Et si vous êtes capable de voir cette souffrance en l’autre personne, vous ne souffrez plus : « pauvres gens, pauvre ami, pauvre collègue, il y a tant de souffrance en lui, elle ne sait pas comment gérer cette souffrance, elle fait cela, elle souffre et fait souffrir les autres » et lorsque vous regardez comme cela il y a de la compassion dans vos yeux, et avec la compassion vous ne souffrez pas, la compassion est un antidote de la colère et c'est possible de générer l'énergie de la compassion, c’est très simple, il suffit de reconnaitre la souffrance énorme en lui, en elle et vous aurez de la compassion envers lui, envers elle et ainsi vous pouvez sourire, être gentil, être compatissant et l’autre personne sera surprise, elle se demandera : « comment pouvez-vous faire cela, les autres dans une situation comme cela ils vont réagir avec colère, mais vous vous êtes détendu, vous êtes souriante, vous êtes compatissante » et comme cela vous pouvez aider les autres.


Donc effectuer un retour c'est le premier pas et après cela vous pouvez commencer à aider votre partenaire et les membres de votre famille. C'est parce que l'autre personne a témoigné de cette transformation en vous et elle sait que si elle fait la même chose, elle pourra aussi réussir comme vous et la réconciliation, la restauration de la communication sera possible, c'est parce que la parole aimante, et l'écoute compatissante aident toujours à restaurer la communication et ramener la réconciliation :

"Cher ami, je sais que tu as beaucoup souffert dans les années passées, je n'ai pas pu t'aider et j'ai réagi en telle sorte qui a rendu la situation plus difficile, je suis navré. Cher ami, ce n'est pas mon intention de te faire souffrir, c'est parce que je n'ai pas vu et compris la souffrance énorme en toi. Il faut m'aider mon ami, il faut me dire ce qui est dans ton cœur, tes difficultés, ta souffrance. J'ai la conviction que si je comprends ta souffrance je ne vais pas réagir comme je l'ai fait dans le passé. Il faut m'aider mon ami, il faut me dire ce qui est dans ton cœur. "

C'est la parole aimante et c'est la clé qui peut ouvrir la porte du cœur d'une personne, c’est très efficace, même après cinq années de difficultés. Elle va vous dire ce qui est dans son cœur et maintenant vous pouvez pratiquer comme Avalokiteshwara, écouter avec compassion, écouter seulement.

L'écoute compatissante a un seul but : aider l'autre personne à vider son cœur pour qu'elle souffre moins, donc même si elle dit des choses incorrectes il ne faut pas interrompre, il faut laisser cette personne parler, parler. Plus tard peut-être vous aurez du temps pour offrir quelques informations qui l'aidera à corriger sa perception, mais pas maintenant, pour l’instant restaurer la communication, ramener la réconciliation et avec la collaboration entre l'enseignant, son partenaire et sa famille on va effectuer un autre pas. On peut approcher le milieu du travail, y compris nos collègues et nos étudiants. Nous savons bien que la plupart de nos collègues ont de la souffrance en eux et si nous avons de la compréhension, de la compassion en nous, nous souffrons beaucoup moins lorsque ces personnes-là explosent.

Alors il faut songer à bâtir une sangha, c'est à dire une communauté, parmi vos collègues, parmi le personnel de l'établissement, cela peut être deux, trois, ou quatre personnes avec qui vous pouvez communiquer mieux. Alors il faut parler à eux tout d'abord sur la situation, ces personnes là ont vu votre transformation et votre guérison. Vous êtes frais, compatissant, souriant, vous pouvez leur parler. Il faut construire une sangha, il faut se réunir plus souvent afin de pouvoir continuer la pratique non seulement comme individu, comme famille mais comme communauté. Bâtir une sangha c'est une chose absolument nécessaire. On peut très bien faire une marche méditative ensemble, on peut boire le thé ensemble, on peut faire une session de relaxation totale ensemble et on va créer une petite communauté qui consiste d'enseignants heureux, « les enseignants heureux vont changer le monde ». Avec cette petit sangha on va pouvoir changer toute la communauté de l'établissement. On peut écrire une lettre, on peut dire :

"Nous sommes un groupe de personnes, nous avons fait ceci, cela et effectué beaucoup de changement dans notre vie, dans notre travail et dans notre classe et je pense que si vous pouvez nous rejoindre cela sera merveilleux".

Et les autres collègues vont pouvoir commencer à goûter cette sorte de paix, de fraternité, de détente.

On ne peut pas continuer comme ça parce que si les enseignants sont malheureux, s'ils n'ont pas d'harmonie, de paix entre eux alors comment aider les jeunes à moins souffrir, à réussir dans leur travail. Bâtir une sangha est une chose absolument nécessaire et chaque enseignant doit être un bâtisseur de sangha. Après son illumination la première chose que le Bouddha a faite a été de bâtir une sangha Il savait très bien que sans une sangha il ne peut pas réussir la carrière d'un Bouddha.

L'enseignant aussi a une carrière noble, belle, respectable, alors sans une sangha on ne peut pas faire grand chose, la construction d'une sangha, c'est une chose absolument nécessaire.

Chers amis, nous avons une retraite, chose merveilleuse et nous avons l'occasion de pratiquer tout cela ensemble. Je vous souhaite une bonne et merveilleuse retraite. Merci!

Dites-nous Thay : Pourquoi courons-nous tout le temps?

21 Octobre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Dites-nous Thay : Pourquoi courons-nous tout le temps?

C’est une habitude, un réflexe transmis par nos ancêtres. Nous courons parce que nous ne sommes pas à l’aise dans l’ici et maintenant. Nous courons après quelque chose qui nous rendra plus heureux. Derrière cette habitude, se cache la conviction que pour l’instant nous n’avons pas tout ce qu’il faut pour être heureux. Ainsi donc courons-nous vers le futur pour trouver de meilleures conditions de bonheur. Nous ne savons même pas que nous courons. Et lorsque nous pratiquons la méditation assise ou marchée avec le désir de guérir ou dans tout autre but, nous nous projetons toujours dans l’avenir et nous sommes toujours en train de courir. Avoir un but c’est toujours courir. En revanche, quand la joie est présente dans notre pratique, elle nous nourrit : c’est déjà la guérison.

Mais il ne suffit pas de vouloir arrêter de courir pour y parvenir. Cette course effrénée qu’est devenue notre vie a engendré des tensions qui se sont accumulées dans le corps. Comment nous détendre ? La pleine conscience est la capacité, l’énergie qui permet de savoir ce qui se passe dans notre corps, dans notre esprit, dans nos sensations, dans notre environnement. Si nous sommes tendus, la pleine conscience nous informe qu’il y a tension. Avec la pratique de la pleine conscience, nous reconnaissons notre respiration : « J’inspire et je sais que j’inspire. » Nombreux sont ceux qui ignorent qu’ils respirent. Lorsque nous portons notre attention sur l’inspiration, l’esprit se pose uniquement sur elle, il n’a qu’un seul objet, et nous commençons à nous concentrer. En maintenant la pleine conscience vivante, nous nous concentrons davantage, et la concentration permet de voir plus profondément, de comprendre. La pleine conscience est intimement liée à la concentration et à la compréhension, ou vision profonde. La vision profonde permet de comprendre la souffrance, d’en sortir.

Respirer en pleine conscience est déjà une vision profonde. « Je suis en vie » est une vision profonde qui apporte la joie. « Je marche sur cette planète merveilleuse », est une autre vision profonde qui apporte la joie. L’oubli est l’opposé de la pleine conscience. En chinois, les idéogrammes qui forment le mot « pleine conscience » signifient : « L’esprit rentre à la maison dans l’instant présent. »

En inspirant en pleine conscience nous voyons les habitudes qui nous poussent à courir. Nous courons derrière le sexe, l’argent, les distractions, le pouvoir, etc, ce sont des habitudes léguées par nos ancêtres. Et il arrive souvent que, bien qu’ayant obtenu toutes ces choses, nous demeurions insatisfaits.

Lorsque nous comprenons que plus d’argent, plus de sexe et plus de pouvoir ne comblera pas nos manques, nous arrêtons de courir. Dès lors, nous relâchons les tensions du corps. De cette détente, naît la joie et le bien-être, nous y prenons plaisir : la vie apparaît dans toute son intensité, nous la goûtons dans tout ce qu’elle a à nous offrir, cette présence à la vie nous guérit du passé. Pratiquer ainsi la respiration consciente et la méditation marchée c’est déjà la guérison.

Nous éprouvons un mal-être. Nous souffrons et nos enfants souffrent parce que nous souffrons. Ce mal-être engendre des pathologies physiques et psychiques. Nous cherchons un moyen de guérir. La pratique de la pleine conscience peut guérir, mais ce n’est pas un moyen : elle est elle-même la guérison. Lorsque nous pratiquons la respiration consciente, gardons à l’esprit que chaque inspiration n’est pas un moyen, mais une fin en soi. Si nous respirons en telle sorte que pendant l’inspiration nous sommes dans le calme et la paix, alors la guérison est présente. Si nous souffrons, ce n’est pas la pratique. La pleine conscience est le contenu de notre respiration. Elle nous permet d’entrer en contact avec notre corps et notre environnement. La nature a un pouvoir de guérison. Si vous vous abandonnez à elle, la guérison est dans chaque pas, dans chaque respiration.

Nous savons que la Terre n’est pas seulement notre environnement, elle est en nous. Mais nous ne la laissons pas exercer son pouvoir de guérison parce que nous courons tout le temps. Nous recherchons quelque chose, et nous avons abandonné la nature. La respiration consciente et la méditation marchée nous permettent de retourner à nous-mêmes, à la nature pour guérir. Le corps et l’esprit ont un pouvoir de guérison mais nous ne leur permettons pas d’agir. L’organisation de la société génère beaucoup de tensions auxquelles nous ne savons pas résister.

Nous avons la capacité de nous apaiser, mais elle n’est pas assez forte. Notre insatisfaction et notre malaise génèrent une agitation qui se caractérise par une excitation mentale. L’agitation nous pousse à chercher un objet pour oublier le malaise, et cette aspiration vers toujours plus, plus d’argent, plus d’objets, plus d’expériences, plus de connaissances empêche l’esprit de se canaliser, de se concentrer sur ce qui lui fait du bien, sur la paix. L’agitation est l’oubli de soi, l’oubli de l’instant présent.

Nous sommes agités car nous ne savons pas quoi faire du vide intérieur, de la solitude, de la douleur. Nous recherchons toujours plus d’excitations, d’émotions fortes et d’expériences pour les recouvrir, pour nous donner l’impression de vivre intensément. Nous attendons quelque chose, nous nous mettons en quête, nous vérifions la boîte mail, nous prenons le journal pour occuper notre esprit et faire taire le malaise diffus. Nous nous lançons dans une activité, dans de nouveaux projets, nous nous droguons avec le travail, non pour l’argent, mais pour nous y réfugier. Nous écoutons de la musique, nous regardons la télévision, nous nous adonnons à un sport, nous nous perdons dans les voyages, nous apprenons des langues étrangères ou nous étudions le Bouddhisme pour oublier le manque de paix. Nous nous disons que ces activités ne font de tort à personne. Nous utilisons aussi la méditation pour couvrir l’absence de paix. Les différentes pratiques de méditation ne servent à rien si nous ne savons pas comment les appliquer. En effet, certaines personnes atteignent un état de méditation profond pendant plusieurs jours pour s’y réfugier, mais quand elles en sortent, elles souffrent à nouveau. La vraie méditation est compréhension et pas seulement apaisement, car seule la vision profonde, la compréhension, peuvent vous guérir. La méditation n’est pas un refuge temporaire.

Ainsi donc, la pleine conscience doit conduire à la compréhension et à la vision profonde. Il faut donc être prudent lorsque vous l’utilisez pour relâcher les tensions. Elle sera sans effet si elle n’est pas accompagnée de compréhension.

Notre société est prise au piège du conflit entre travail et vie personnelle : nous sommes tellement occupés, nous travaillons tellement que nous n’avons pas le temps de vivre. Comment trouver un équilibre entre les deux ? La question se pose davantage parce que nous ne savons pas gérer le mal-être que parce que nous voulons gagner plus d’argent.

Soyons attentifs lorsque l’agitation se manifeste. Accueillons-la, embrassons-la. Pratiquons la respiration consciente. Ramenons l’esprit dans sa vraie demeure, qui est l’instant présent, établissons l’esprit et le corps dans l’ici et maintenant. Alors entrerons-nous en contact avec les merveilles de la vie qui n’est accessible que dans le moment présent.

Le moment présent est merveilleux et lorsque nous en prenons conscience nous vivons à fond la vie quotidienne. Nous devons accomplir un grand nombre de tâches au quotidien, préparer le petit déjeuner, nous brosser les dent, prendre le métro, faire les courses, préparer les enfants pour l’école. Accomplissons-les de façon à apprécier chaque instant, car dans la tradition zen ces activités « sont » le Bouddhisme. Il faut travailler, mais travaillons tout en étant pleinement vivant et non comme un fantôme. Lorsque nous nous rendons à notre travail en voiture, que nous la garons, que nous marchons vers notre bureau, nous pouvons le faire en telle sorte que chaque pas « est » la vie. Et quand vous recevrons une relation d’affaires, nous pourrons introduire de la compassion dans cet échange. Ne disons pas : « Je dois terminer mon travail pour commencer à vivre. » Effectuons nos tâches quotidiennes, de façon que chaque instant soit la vie, c’est le secret. Il n’y a plus de distinction entre travail et vie personnelle.

Tous les matins, vingt-quatre heures toutes nouvelles nous sont offertes par la vie. Ne les gâchons pas. Les gens diront : « Vous êtes lent, le temps c’est de l’argent. » Mais le temps n’est pas l’argent, le temps c’est la vie. Il faut nous réorganiser, réorganiser la société et notre vie de façon à nous débarrasser de la pression que la société fait peser sur nous. Il faut résister. Et lorsque nous marchons depuis le parking jusqu’à notre bureau, c’est une façon de réagir : « Je n’accepte pas, je le fais à ma façon. La paix est dans chaque pas, la joie est dans chaque pas. » Si beaucoup de gens se comportent ainsi, la société changera. Un pas fait dans la pleine conscience et la compréhension apporte la joie et le bonheur.

Observons-nous pour prendre conscience de nos énergies d’habitude. Quand nous nous préparons à faire une activité demandons-nous : « Quel besoin ai-je de lire le journal, de regarder la télévision, de faire cette recherche sur internet, de vérifier ma boîte mail plusieurs fois par jour ? » Nous ne supportons pas d’être inactifs. Il nous faut aller quelque part car nous ne supportons pas d’être là où nous sommes. Là où nous sommes, le mal-être et l’insatisfaction nous guettent et il faut les fuir. Mais il existe un pays de plénitude, c’est le pays de l’instant présent. Il n’y a pas besoin de passeport pour y aller, la pratique de la pleine conscience vous y donne accès. Chaque pas, chaque respiration nous ramène au pays de l’instant présent. Si nous savons comment y vivre, nous guérissons à chaque seconde. À ce moment-là, la nature est présente avec toutes ses merveilles, la vie se déploie dans toute sa beauté et son intensité et nous pouvons enfin rentrer chez nous, dans l’ici et maintenant, le pays où il ne manque rien.

Nous ne devons aller nulle part, la vie est merveilleuse à chaque instant.

Etre solide comme la Terre - Poème de Thay

27 Septembre 2014 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Etre solide comme la Terre - Poème de Thay

Le chemin silencieux t'accueille, mon enfant.

Le chemin aux senteurs d'herbe et de fleurs,

le chemin au milieu des prairies parfumées,

où subsistent les traces de ton enfance,

et celles de la main de ta maman.

Poses-y des pas calmes et légers,

des pas détendus et paisibles.

Touche fermement la Terre avec tes pieds

et ne laisse pas tes pensées t'emporter dans le ciel, mon enfant.

Reviens sans cesse sur ce chemin,

il est ton ami.

Il te transmettra

sa paix,

sa force.

Soutenant ta respiration consciente,

tu maintiens ce contact avec la Terre.

Que chaque pas soit pour la Terre un baiser de ton pied,

que chaque pas soit pour elle une caresse,

que sa trace, comme le sceau de l'empereur

donne l'ordre au maintenant de revenir régner sur l'ici.

Ainsi la vie sera là,

la vitalité s'exprimera pleinement,

les merveilles se manifesteront,

les visages prendront des couleurs,

les souffrances se transformeront

et le corps et l'esprit seront en paix.

Parfois tu échoues, mon enfant.

Tu marches sur ce chemin silencieux

mais en réalité tu flottes dans les airs,

habitué que tu es à errer dans le cercle du samsara

et à faire naufrage dans l'océan des illusions.

Mais le chemin, lui, est patient et constant.

Il t'attend.

Ce chemin familier, fidèle,

il sait bien que tôt ou tard tu y reviendras.

Et il accueillera les pas de ton retour.

Tout aussi frais que la première rencontre,

l'amour ne dit jamais que c'est la dernière fois.

Ce chemin, c'est un vieil ami.

Il t'attend avec une infinie patience,

qu'il soit recouvert de poussières rouges,

enfoui sous un tapis de feuilles d'automne,

rendu boueux par la pluie,

ou pris sous une couche de neige glacée.

Reviens, mon enfant, reviens sur ce chemin

et tu verras.

Comme cet arbre là-bas,

les fleurs et les feuilles de ton âme

seront luxuriantes

une fois que tu sauras entrer en contact avec la Terre.

- Thich Nhat Hanh

Etre solide comme la Terre - Poème de Thay
1 2 > >>
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog