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 La Maison de l'Inspir

Articles récents

Journée de taichi intégral le samedi 1er avril

17 Mars 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

**** COMPLET !!! ****

La prochaine journée de remise en forme par le taichi intégral, proposée par notre instructrice Bich Trinh, aura lieu le samedi 1er avril (si, si !). Le nombre de places est limité à 20 personnes, merci de vous inscrire en écrivant à maisondelinspir@yahoo.fr

Pendant cette journée, nous nous laissons aller au plaisir de découvrir la souplesse du papillon, l'équilibre de la grue, la concentration du buffle... entre autres animaux.

Les mouvements d'auto massage et de relaxation nous réconcilient avec le corps souvent malmené et oublié.

Ce stage est ouvert à tous. Il n'est pas nécessaire d'avoir une expérience préalable.

*Lieu: Maison de L'Inspir (petit monastère de la communauté du Village des Pruniers à Paris) 7, Allée des Belles Vues, 93160 Noisy le Grand .

*Quand: samedi 1er avril 2017- de 9h30 à 17h

*Accès: RER A Arrêt Noisy le Grand Monts d'Est, Bus 320 circulaire intérieur, arrêt Carrefour de Malnoue

Voiture : aucun Parking possible dans le Parc de Villeflix - Parking dans Noisy Le Grand en face de la piscine centre ville.

*Animatrice: Bich Trinh, formée au Taichi Intégral de Maitre Hang Truong

*Participation: 30 euros pour la journée, 20 euros pour étudiants, le repas est compris

* Inscription : maisondelinspir@yahoo.fr

Prévoir tenue souple, tapis de gym (pour la relaxation)

Notre capacité d'accueil est de 20 personnes, inscrivez-vous et attendez notre confirmation, s'il vous plait !

Bulletin d'inscription au Tai Chi intégral

Nom, prénom.................................................................................................................................

Adresse.......................................................................................................................................

Téléphone.........................................email.................................................................................

Maison de L'Inspir 7, Allée des Belles Vues 93160 Noisy le Grand .

Journée de taichi intégral le samedi 1er avril
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Journée Educ'Inspir sur le thème de la liberté

15 Mars 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère communauté d'enseignant-e-s et éducateurs-trices pleinement conscient-e-s, nous avons la joie de vous rappeler que la prochaine journée Educ'Inspir arrive à grands pas le samedi 25 mars. Elle aura pour thème la liberté ; vous trouverez les citations des livres de Thay à ce sujet dans le document ci-joint.

Nous commencerons à 10h précises et terminerons à 17h30 comme les fois précédentes. Si vous souhaitez vous joindre à nous, merci de nous le faire savoir en envoyant un email à maisondelinspir@yahoo.fr et d'apporter : un plat végétalien (pour 2 à 3 personnes), du papier, des stylos et crayons de couleur.

Coulons joyeusement ensemble comme une rivière !

Un bouquet de jonquille pour chacun et chacune

Journée Educ'Inspir sur le thème de la liberté
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Joyeux neuvième anniversaire, la Maison de l'Inspir !!

18 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chers amis bien-aimés,

Notre Maison va bientôt souhaiter ses neuf ans, le 18 février de l’an 2017 (année du Coq de Feu). A 1h30 du matin , une belle maison vide, sans chauffage, mais avec de l’eau courante froide et chaude, et du gaz pour faire la cuisine, nous attendait.

Notre présence a fait naître et s’épanouir la « Maison de l’Inspir ». Frères et Sœurs, en Sangha harmonieuse, nous y avons mis tout notre cœur.

Nous avons pu la garder ouverte et chaleureuse, grâce à vous, à votre précieuse présence de pratiquant(e)s, et à vos dons très généreux.

Le jardin, qui se présentait comme un vaste terrain de terre glaise pure, s’est transformé, année après année, en jardin de fleurs, où les oignons de tulipes, de jonquilles, de narcisses, de jacinthes, et les arbres…...que vous nous avez apportés à planter ou que vous avez plantés vous-mêmes, vont bientôt nous offrir leur merveilleux épanouissement au printemps.

Un oratoire, dédié au Bouddha, est né grâce aux Frères et aux Sœurs Monastiques, sur la colline de terre glaise, à droite de l’entrée, et est devenu un lieu de recueillement et de bonheur pour de nombreuses personnes.

Un bassin, où les grenouilles viennent prendre des bains de soleil sur les feuilles des nénuphars, s’emplit l’été de la beauté de leurs fleurs (votre don précieux).

Un ruisseau s’écoule en chantant depuis la source jusqu’au puits, grâce aux mains habiles d’une amie et de ses enfants.

Au fond du jardin, tout près du potager, à l’arrière de la Maison, est né un chalet en bois, parfumé à l’odeur naturelle du pin, qui abrite désormais nos messieurs, amis de passage, et recueille les rires des jeunes de Wake Up vietnamiens, les après-midi de leurs rencontres. Ce chalet est entièrement votre don.

Une grande serre tout près du chalet, don d’un ami, protège les jeunes pousses de salade de mâche cet hiver.

Le jardin potager où poussent en abondance des légumes bio, œuvre de nos jeunes Sœurs, accueille avec bonheur chaque printemps les limaces, que nous recueillons avec amour dans des seaux, où un lit d’herbes fraîches les attend. Lors de la marche méditative, elles nous accompagnent jusqu’au bord de la Marne, où de l’herbe tendre bien fraîche leur servira de nouvel abri.

Grâce à votre bonté aimante et à votre générosité, nous avons pu faire faire des travaux dans le jardin. Une amie, avec son bon cœur, s’est offerte pour drainer dans les meilleures conditions, « la Source de l’Ermite ». Ainsi nous pouvons profiter de son eau en été pour arroser notre jardin potager et remplir notre cuve d’eau de pluie.

Et la source peut continuer sa route jusqu’à la Marne, traversant, en chantant, les jardins de nos voisins.

Joyeux neuvième anniversaire, la Maison de l'Inspir !!

Les Bodhisattvas sont partout, œuvrant de tout leur cœur pour nous.

Notre Maison s’est remplie progressivement de tout ce dont nous avions besoin.

La Sangha Vietnamophone, qui nous offre sa présence deux fois par mois, nous soutient avec son amour, sa compassion, sa belle pratique et sa générosité, depuis tant d’années.

Elle a fait naître de ses mains, dans notre jardin, un abri en bois le long de la Maison, pour les chaises, les tables, et les outils de jardin, qui y somnolent en hiver.

Les Familles du Cœur se réunissent dans l’amour et la bienveillance.

Une journée de Taï Chi est offerte généreusement et régulièrement à la Maison.

Nous avons la joie de proposer des ateliers Educ’Inspir pour les éducateurs, ainsi que des ateliers d’étude des Quatorze Entraînements.

Le Mouvement Wake Up des jeunes adultes apporte l’énergie de jeunesse et sa belle détermination à changer le monde.

Les membres de l’Inter-Etre viennent nous aider de partout, y compris de Belgique.

Nous recevons un précieux soutien par leur présence à la « Maison de l’Inspir » et leurs dons généreux des Sanghas Vietnamophones, Françaises, Belges et Suisses, qui permettent à notre centre de se développer, et de faire face aux besoins de la « Maison de l’Inspir » et aux travaux d’assainissement du jardin.

Les Sœurs, qui protègent et animent de leur pratique, notre « Petit Monastère », sont un trésor merveilleux. Elles sont un refuge pour tous les amis, grâce à leur grande Bodhicitta.

Nous sommes tous les enfants de Thây.

Avec Amour et Gratitude, nous vous offrons dix fleurs de lotus, faites de nos mains jointes.

Pour les Sœurs de la « Maison de l’Inspir »,

Sœur Giac Nghiem

Joyeux neuvième anniversaire, la Maison de l'Inspir !!
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Témoignage sur le facteur d'éveil du lâcher-prise

14 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Après plus d’une vingtaine d’années de vie conjugale, je peux dire que la vie commune n’est pas toujours très facile mais que bien souvent elle apporte aussi des joies et des réconforts qu’on ne pourrait jamais avoir au cours d’une vie célibataire ou solitaire.

La vie commune pas toujours très facile pourrait laisser à penser, lorsque je parle ainsi, que c’est toujours « l’autre », le compagnon ou la compagne, qui est responsable des problèmes ou des difficultés. Et c’est bien ainsi que je l’ai vécu le plus souvent pendant une douzaine d’années, mettant, au moins dans ma pensée, cette idée que la personne partageant ma vie était réellement responsable de nos difficultés, voire de mes difficultés. Parfois je pensais que c’était vrai et à d’autres moments, c’était plutôt de la mauvaise foi.

Je me souviens bien de mon attitude intolérante et dominatrice envers cette personne partageant ma vie pour laquelle j’avais cette habitude de croire que j’avais toujours raison sur elle quand il fallait décider quelque chose ou quand nous partagions sur quelque sujet que ce soit ; et je n’acceptais pas facilement mes torts.

Puis un jour vint le moment de la rupture… après un certain temps de séparation, temps nécessaire à la réflexion, temps à la fois bénéfique et douloureux, je n’ai pas souhaité aller plus loin dans l’abandon de ma famille et humblement j’ai demandé la permission de mon retour à la maison.

Certes nous sommes très différents l’un de l’autre avec très peu de centres d’intérêts communs. Mais, je le reconnais bien volontiers, mes torts sont grands !

Photo : Wouter Verhoeven

Photo : Wouter Verhoeven

Après ce retour, une vie plus saine s’est installée progressivement dans notre famille, autant de la part de l’un que de l’autre. Des concessions réelles ont été faites dans notre relation conjugale, chacun reconnaissant sa part de responsabilité dans les conflits. L’enseignement retenu étant que dans un couple lorsqu’il y a une dispute, il y a toujours deux personnes, donc deux responsabilités, quelle qu’en soit la raison. C’était l’enseignement que m’avait appris la personne qui vit à mes côtés, et c’était une grande découverte pour moi.

J’avais oublié les enseignements de Thây, j’avais oublié le Village, la pratique, et j’étais comme un orphelin. Mais le travail de transformation s’était accompli cependant, et il continue aujourd’hui même, car rien n’est acquis définitivement, car rien n’est parfait dans notre vie.

Aujourd’hui, notre vie commune est bien plus paisible, et même s’il y a encore des tensions de temps en temps, ou des échanges un peu difficiles, je sais alors garder le silence, écouter avec patience, regarder dans mon cœur les formations mentales présentes, et peut-être ne pas réagir immédiatement à cela, surtout lorsque c’est très fort. A chaque fois que j’arrive à lâcher cette prise, je peux me rendre compte par la suite des bienfaits que cela nous apporte à tous les deux… et c’est tout de suite.

Il y a encore en moi des pensées vers des horizons lointains, des horizons meilleurs, des amours pour lesquels les conditions ne sont pas réunies… et je sais bien que ce sont des illusions pour fuir ma propre souffrance, mes propres peurs.

Je voudrais finir ce partage sur le lâcher-prise par cette pensée qui m’est venue :

« La perfection n’est pas de ce monde (dit-on habituellement), mais nous savons bien que la perfection est là aussi, puisqu’elle n’est faite en réalité que d’éléments qui ne sont pas la perfection ! »

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Vers parallèles pour l'année lunaire du Coq de feu

12 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

"Eveille la source de la compréhension,

Ouvre la voie de l'amour"

Inspirons notre pratique toute cette année ! C'est une tradition au Vietnam d'avoir ces vers parallèles au moment du Nouvel An lunaire. Au Village des Pruniers, nous utilisons la tradition comme moyen habile pour nous rappeler d'arroser les bonnes graines. Vous pouvez imprimer les calligraphies par exemple sur du papier de couleur et les afficher dans votre maison... Vous pouvez aussi puiser dans votre trésor de vision profonde pour écrire vos propres vers parallèles !

Vers parallèles pour l'année lunaire du Coq de feu
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Septième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

11 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Septième Facteur d’Eveil - L’Equanimité (Upeksha)

Voici la dernière branche de l’arbre des Facteurs d’Eveil, l’Equanimité, en sanskrit : Upeksha.

C’est aussi le quatrième élément de l’Amour Véritable (Maitri) que l’on retrouve dans le paragraphe « Les Quatre Etats Illimités » du livre ‘Le Cœur des Enseignements du Bouddha’ de Thầy.

Upa’ signifie au-dessus, et ‘iksh’ regarder : - regarder au-dessus.

L’équanimité c’est aussi le non-attachement, la non-discrimination, l’égalité d’esprit ou encore le lâcher-prise.

« L’équanimité est un aspect du véritable amour, cela n’a rien à voir avec l’indifférence. En pratiquant l’équanimité, nous aimons tout le monde de la même manière. » Thich Nhat Hanh

Chère Communauté,

Nous voici arrivés au terme de cette retraite d’hiver chez soi 2016/2017, avec ce septième message et dernier facteur d’éveil. Nous espérons qu’au cours de ce petit voyage, à travers messages et témoignages, vous avez pu toucher en vous ce qu’il y a de plus profond dans l’intimité de votre cœur, de votre âme ou de votre esprit, et que vous avez pu entrer en contact avec les éléments nourrissants et rafraîchissants déjà présents dans le tréfonds de la conscience, l’Alaya, et qu’ainsi les douleurs, les souffrances, les afflictions, ont pu commencer, avec pleine conscience, ce travail de transformation qui mène à plus de sérénité et de paix dans la vie quotidienne.

Nous vous remercions de tout cœur pour vos commentaires postés sur le blog de la Maison de l’Inspir qui nous ont encouragés à poursuivre notre route dans les moments de doute, d’hésitation. Nous remercions aussi de tout cœur les Sœurs qui nous ont apporté leur soutien joyeux indéfectible.

Mais avons-nous fait de notre mieux pour vous accompagner sur ce chemin ?

La première chose que nous enseigne Thầy à propos de l’Equanimité c’est l’Amour Véritable, qui nous apprend à voir tout le monde avec le même regard : - le regard aimant et compatissant. Et sans doute devons-nous aussi porter ce genre de regard sur nous-mêmes, sinon comment pourrions-nous aimer vraiment les personnes qui nous entourent dans notre vie familiale ou spirituelle ?

Une deuxième chose qui nous est enseignée est le Lâcher-Prise. Le lâcher-prise des notions, des jugements, de la discrimination, d’une idée d’un soi séparé… ou plus simplement, lorsque nous sommes en colère, ou tristes, ou encore désespérés, essayons de lâcher prise avec les sentiments qui inévitablement feront surface dans notre conscience, nous menant à vouloir réagir immédiatement à telle ou telle situation, ou bien nous menant à un état de léthargie, d’indolence, de dépression ou d’addiction afin de fuir nos souffrances…

Imaginons que nous soyons au sommet d’une haute montagne et que nous regardons en bas dans la vallée, les villages nichés tout au fond, et nous ne voyons plus alors précisément les détails, les routes, les personnes ; à notre vue ne se présente plus qu’un ensemble où tout ce qui pourrait nous amener à des jugements divers a disparu, laissant place à une belle vallée entourée de montagnes. Qui pourrait dire alors ce qui se passe au creux de cette vallée si belle ? Pourrions-nous prendre un parti quelconque pour qui que ce soit ?

Photo : Wouter Verhoeven

Photo : Wouter Verhoeven

Imaginons encore que nous soyons comme la terre qui reçoit une pluie bienfaisante et fraîche, mais sur laquelle nous déversons aussi des déchets polluants et toxiques, ou que nous soyons comme l’eau potable que nous buvons et sans laquelle la vie ne serait pas possible, mais à laquelle nous confions là aussi bien des liquides néfastes à la nature, ou bien que nous soyons comme l’air frais que nous respirons, allant et venant par tous les pores de notre corps et de nos poumons, et qui pourtant doit absorber une grande quantité de gaz impropres à la respiration, ou que nous soyons enfin comme le feu qui apporte la chaleur et qui purifie tout, consumant indifféremment les éléments sains ou malsains…

Ces quatre éléments, terre, eau, air et feu, sont aussi les éléments constitutifs de notre corps desquels nous ne sommes jamais séparés, ils sont en nous et nous sommes en eux, il n’y a pas de différence n’est-ce pas ?

Nous vous proposons de lire le Sutra de la Parabole de la Scie (Kakacupama Sutta – Majjhima Nikaya,21), où le Bouddha dit ceci : « Même si un bandit vous coupe les membres avec une scie, si la colère surgit en vous, vous n’êtes pas un disciple de mes enseignements. Pour être un disciple du Bouddha, votre cœur ne doit pas nourrir de haine, vous ne devez pas prononcer de paroles blessantes, vous demeurer plein de compassion, sans hostilité ni malveillance. » Thầy nous dit que cet enseignement touche une intention très noble en nous mais que celle-ci va complètement à l’opposé de nos énergies d’habitude les plus fortes qui soient.

Alors, en forme d’exercice que nous pouvons pratiquer, le Bouddha et Shariputra nous invitent à pratiquer ainsi :

- Pratiquer l’équanimité face à des paroles dures

- Apprendre à ne pas se sentir perturbé, amer ou abattu

- Ne pas exulter lorsqu’on fait nos louanges… car une louange ne nous touche pas en tant que personne individuelle, elle touche aussi nos parents, nos enseignant, nos amis, tout ce qui nous entoure ainsi que de nombreux êtres, c’est pourquoi nous ne devrions pas exulter.

Nous pouvons aussi lire le Grand Soutra de la parabole de l’Empreinte de l’Eléphant (Majjhima Nikaya,28) où Shariputra nous enseigne à propos des Quatre Grands Eléments. « En méditant sur les éléments terre, eau, feu et air qui sont en nous et à l’extérieur de nous, nous voyons que nous ne sommes pas différents des autres. Si nous transcendons notre idée d’un soi séparé, notre amour contiendra de l’équanimité, car nous saurons que nous sommes exactement comme eux. » Thich Nhat Hanh

Pour finir, voyons que nos énergies d’habitude sont basées le plus souvent sur des rapports de force tels que : plus grand plus petit, plus fort plus faible, plus beau plus moche ; ou bien agréable désagréable, joie tristesse, bonheur malheur, paix guerre, etc…

Alors maintenant, nous allons essayer une nouvelle énergie d’habitude en s’exerçant et pratiquant un rapport de Paix au moyen du Gatha suivant, et ce sera notre dernière proposition d’exercice pour ce dernier message :

« Les mains jointes je t’offre un lotus et je m’incline devant toi, Bouddha en devenir »

- Pratiquons ce gatha de tout cœur, avec tout notre être dans notre communauté spirituelle, avec nos amis, amies, dans le Dharma, sincèrement et profondément

- Pratiquons ce gatha de tout notre cœur, dans notre famille, voyons nos parents, nos enfants, nos compagnons, nos compagnes, comme étant des êtres capables de toucher à la Liberté et de nous y amener aussi

- Pratiquons ce gatha mentalement, à notre travail, dans la rue, où que nous soyons et avec les personnes qui nous entourent à ce moment-là ; voyons ces personnes comme étant des personnes capables de nous apporter de la joie et de la paix, capables de nous enseigner et nous apprendre à cheminer dans notre vie

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Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

3 Février 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Chère Sangha, en grande progression dans l'éveil, voici notre sixième message pour cet hiver ! Avec nos meilleures appréciations et encouragements pour votre pratique !

La concentration, sixième facteur d'éveil

La concentration (samadhi), est avec la Pleine Conscience et la vision profonde un des piliers de la pratique. En traduisant samadhi par concentration, nous nous heurtons aux difficultés inhérentes des traductions. En consultant le glossaire du Cœur des enseignements du Bouddha, nous pouvons voir que Thầy nous offre plusieurs entrées et si nous consultons un dictionnaire Pali-français par exemple nous pouvons y trouver : « accord, paix, réconciliation ou état de calme caractérisé par l'harmonie de l'esprit et la non-confusion résultant de la pratique de la méditation »

Unification de l'esprit … et du corps : - imaginons que notre corps soit séparé en plusieurs morceaux, un bras par-ci, une jambe par-là, le tronc, sous un arbre, la tête ailleurs… et notre esprit serait sûrement lui aussi très dispersé car nous savons bien que la première caractéristique de l’esprit c’est le corps. Imaginons alors qu’en poussant un grand cri très fort nous puissions d’un seul coup réunir toutes les parties de notre corps et que celui-ci retrouve son intégrité complète, nous serions donc pleinement conscients de ce corps, et du même coup de notre esprit, nous pourrions alors voir que la concentration c’est l’absence de dispersion.

Nous connaissons tous la concentration et la pratiquons depuis notre plus jeune âge, c'est un élément essentiel de notre vie quotidienne. Mais en sommes-nous vraiment conscients ? Quelle est l’intention qui sous-tend cette concentration ? Est-ce une concentration appropriée ? Sommes-nous en accord avec les Entraînements ?

La concentration est un facteur d'éveil qui s'harmonise avec les autres facteurs, et que serait-elle sans pleine conscience, sans joie sans détente ? Nous savons bien que pour atteindre un état de pleine conscience nous devons au début faire un petit effort de concentration, sur notre corps, sur notre souffle, puis lorsque cette pleine conscience du corps et du souffle est présente et paisible, alors peu à peu notre concentration se renforce et se nourrit. Nous avons besoin de la concentration pour être en pleine conscience, et cette pleine conscience nourrit et renforce la concentration.

Ce sont les deux aspects de la concentration, proposés par Thầy dans le chapitre sur la concentration juste (Le Cœur des Enseignements du Bouddha), à savoir : la concentration active et la concentration sélective.

Nous vous proposons d'explorer ces deux aspects à travers des propositions de pratique :

- la concentration sélective :

« C'est choisir un objet et s'y maintenir » Quand sommes-nous conscients de  pratiquer une concentration sélective ?

- Au cours des gestes de la vie quotidienne : prendre le temps de revenir à sa respiration et pouvoir se dire : « je suis concentré(e) sur ce que je fais à cet instant », comme préparer le repas, éplucher les légumes… « j'ai conscience d'être concentré sur mes gestes ». Nous pouvons aussi nous interroger : est-ce une concentration appropriée ?

- Dans les moments privilégiés de pratique formelle de la méditation, avoir conscience de sa posture assise, d’une colonne vertébrale bien établie dans sa courbure naturelle, concentré(e) sur le souffle ; avoir conscience d'être concentré sur ses pas lors de la marche méditative, laisser s’établir une concentration harmonieuse en lien avec nos pas et notre souffle

- prendre conscience que notre mental, plus particulièrement Manas, est toujours prêt à nous distraire quand il se sent menacé et trouve beaucoup d'astuces pour éviter que nous restions concentrés et nous dit « j'ai trop chaud, trop froid, l'oreille me gratte, etc… ». Il ne s'agit pas de faire de l'héroïsme mais d'être conscient : « là il y a une douleur qu'il faut soulager, ou bien là c'est mon esprit qui me pousse à la distraction »

Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

- La concentration active

« En pratiquant la concentration active, on accueille tout ce qui se passe dans l’instant présent, même si cela change»

C'est une concentration ouverte, spacieuse que nous pratiquons quand Thầy nous invite à être dans nos pas, ouvert à la nature, au chant des oiseaux. Au fil de nos pas, de notre marche méditative, attentifs, nous sommes pleinement conscients(e) de notre environnement immédiat qui va se révéler de lui-même à nos regards.

- Essayons de pratiquer ainsi la marche méditative : - allons au bord d’une rivière, ou bien le long d’un bois, d’une forêt, ou encore sur la crête d’une colline, puis pratiquons la concentration active qui inclut notre corps, nos pas, notre respiration, puis peu à peu au fil de la marche nous incluons aussi tout ce qui se présente autour de nous, afin de ne faire qu’un avec notre entourage, les arbres, les champs, la rivière, le chemin où l’on marche, les personnes que nous croisons, les paysages… le sourire d’un enfant. Puis nous ne les voyons plus et les laissons partir paisiblement sans avoir l’idée de les garder juste pour soi.

« Le vent souffle dans le bambou

et le bambou danse.

Quand le vent s'arrête,

le bambou pousse en silence… »

* commentaire de Thầy: « Le vent se lève et le bambou l’accueille. Le vent s’en va et le bambou le laisse partir »

« En pratiquant la concentration active, on accueille tout ce qui vient. On ne pense à rien d’autre et on ne rêve de rien. On est simplement établi dans le moment présent de tout son être. Tout ce qui vient, vient. Lorsque l’objet de notre concentration est passé, notre esprit reste clair comme un lac paisible. »

Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017

Voici un deuxième aspect de la pratique de la concentration :

- assis calmement au pied d’un arbre, ou sur un coussin, une chaise, chez soi, dirigeant notre attention sur le souffle, sur notre posture, nous accueillons tout ce qui se produit dans notre mental au moyen de la reconnaissance pure, car nous savons bien que nous ne pouvons pas arrêter le flux de nos pensées.

Exemples :

* Lorsque nous avons un souci, une inquiétude, juste nous reconnaissons que c’est un souci ou une inquiétude, et nous accueillons cela tel quel sans en être affligé(e) particulièrement.

* Lorsque nous avons de la joie ou de la compassion, juste nous reconnaissons que c’est un sentiment de joie ou de compassion, et nous les accueillons tels quels sans être emporté(e) par de l’euphorie par exemple.

* Si nous n’avons pas de pensée particulière, c’est-à-dire si nous avons une pensée neutre, alors reconnaissons-la aussi simplement. Cependant une pensée neutre peut aussi devenir une pensée agréable du simple fait de notre posture stable et concentrée.

« …Un oiseau argenté vole sur le lac d’automne.

Lorsqu’il est passé, la surface du lac n’essaie pas de retenir son image. » TNH

* commentaire de Thầy: « Une fois l’oiseau passé, le lac reflète les nuages et le ciel avec la même clarté. »

Proposition de lecture :

- Les quatre niveaux de concentration : - nous vous invitons à être curieux et à vous pencher sur les textes traduits de Maître Tăng Hi par Thầy - (Page 40 et suivantes). Nous découvrirons les quatre états de concentration rencontrés au cours de la méditation qui est une des Six Paramitas : Dhyana Paramita – La Perfection de la Méditation.

Poème d’un ami :

« Cheminant dans la campagne, ce matin de bonne heure,

Le corps et l’esprit se rejoignent au firmament ;

Chaque pas, chaque souffle, est aussi frais qu’une fleur.

Dans la brise, les arbres nous livrent leur Enseignement. » CLT

Sixième message pour la retraite d'hiver 2016-2017
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Interview de Sr Trang Dieu Ly (Seconde partie)

27 Janvier 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Voici la suite et la fin de l'interview de notre chère Sr Trang Dieu Ly ! Bonne lecture... et au fait, si vous avez des questions à proposer pour les prochaines interviews de nos soeurs, écrivez-nous vite ! 

Sr Hai Nghiem :

Voici une question qui est venue d’une réflexion, d’une quête personnelle : quel serait le pont le plus important que tu aspires à construire entre les cultures présentes dans la Sangha monastique ? Particulièrement en cette période à la Maison de l’Inspir, mais aussi en général.

Sr Trang Dieu Ly :

De créer de plus en plus, en plus…, de compréhension, parce que je vois que nous ne nous comprenons pas encore bien les uns les autres. Cela va avec le fait de passer beaucoup de temps ensemble, de vraiment échanger, de véritablement ouvrir nos cœurs. D’écouter, d’apprendre les uns des autres… et quelque chose qui n’est pas facile pour moi, c’est de lâcher prise de mon idée de comment faire les choses pour voir qu’il y a de nombreuses façons de faire et que telle autre façon est aussi juste que ma façon de faire. Et vice-versa… je ne peux pas devenir vietnamienne parce que je ne le suis pas, mais nous pouvons nous rencontrer en route !

Sr Hai Nghiem :

As-tu une anecdote spéciale d’un moment personnel avec Thay ? Tu parlais des fois où tu lui avais donné un soin, ou bien une autre rencontre dans le cadre privé ?

Sr Trang Dieu Ly :

Oui : en lien avec la question du nom que Thay m’a donné. Thay a commencé à me saluer toujours de la même manière avec la même phrase, dès que je le rencontrais, par exemple lorsque nous lui apportions les repas. Il me regardait toujours de son regard qui voit tout et disait, ‘tu es donc je suis’, et je sentais dans son regard que j’aurais dû réaliser la profonde signification de la dimension ultime à cet instant-même… et j’avais un air de dire… ‘désolée Thay, pas encore !’ Je me souviens de ces moments, il souriait, et puis un jour il m’a écrit la calligraphie ‘you are therefore I am’. Elle est toujours avec moi à présent, affichée au-dessus de mon lit. C’est mon koan.

Sr Hai Nghiem :

C’est beau !

Sr Trang Dieu Ly :

Oui… parce que tu es l’étudiante, je suis l’enseignant.

Sr Hai Nghiem :

Est-ce que tu sens que Thay vit en toi, dans ta manière de vivre au quotidien, dans ta manière d’apporter un soulagement aux gens qui souffrent ?

Sr Trang Dieu Ly :

Je pense que Thay vit en chacun de nous. Plus je vis cette vie monastique, plus j’arrive à toucher Thay en moi-même et la beauté de son enseignement. C’est quelque chose que je désire vraiment transmettre, et très certainement, ce sera une façon de faire très différente de celle de Thay puisqu’il est évident que je ne suis pas Thay. Mais certainement : la douceur et la simplicité de l’enseignement de Thay m’ont beaucoup touchée et c’est ça ce que je veux transmettre dans le futur, de ma propre façon, aussi.

Sr Hai Nghiem :

Et puis les conditions que tu rencontres sont totalement différentes de celles que Thay a rencontrées !

Sr Trang Dieu Ly :

Oui, et je viens d’un milieu complètement autre. Mais j’invite souvent Thay à marcher avec moi, ou bien quand je rencontre une situation difficile, alors je peux vraiment sentir qu’il est en quelque sorte présent en moi. Et par cette présence, je suis à même de répondre différemment à la situation.

Interview de Sr Trang Dieu Ly (Seconde partie)

Sr Hai Nghiem :

Est-ce que tu es fière d’un progrès particulier dans ta pratique ?

Sr Trang Dieu Ly :

(Rire) Oh là là. J’imagine qu’il y a beaucoup de progrès à venir, et beaucoup de choses que je n’ai pas encore réalisées… mais je vois beaucoup de changement en moi, je suis beaucoup plus heureuse, par exemple. Peut-être j’aime bien ne pas être trop fière, j’essaie de ne pas trop cultiver mon ego. Il est bien assez grand déjà (rire). Même si souvent au début les gens me sous-estiment, mais c’est OK. Je suis patiente. (Sourire)

Sr Hai Nghiem :

Tu as parlé de la calligraphie que Thay t’a offerte. Ma question suivante est quel est ton texte préféré, par exemple un soutra, un livre, une calligraphie ?

Sr Trang Dieu Ly :

Hmm, je pense que ça change régulièrement, ce ne sont pas toujours les mêmes. J’aime beaucoup la calligraphie de Thay ‘sois belle, sois toi-même’.

Le soutra que je préfère, c’est le Soutra de l’Aide aux Mourants, parce-que c’est une méditation guidée très profonde et belle.

Sr Hai Nghiem :

Et un enseignement du Dharma que tu n’oublieras jamais, qui t’a vraiment propulsée vers un éveil ;)

Sr Trang Dieu Ly :

Oui ! C’était lorsque j’étais encore pratiquante laïque, et Thay est venu à Cologne donner un enseignement. Ce n’est pas le discours lui-même mais la pratique du Toucher de la Terre [pour se relier aux ancêtres] qui a suivi, et je crois que c’est Thay qui la guidait, non pas Sœur Chân Không, mais je ne suis pas sûre. C’était à l’Audimax de l’université de Cologne, la salle était pleine à craquer. Comme c’est un amphithéâtre avec des gradins, les gens ne pouvaient pas toucher la Terre. Mais j’étais assise devant, sur le sol, et j’ai pu réellement toucher la Terre. Je me souviens qu’à cet instant, j’ai visualisé mes parents, surtout mon père. Du fait de mon histoire, je ne connaissais pas mon père, et tout d’un coup quelque chose en moi s’est ouvert, j’ai touché mon père en touchant la Terre. Cela m’a donné une clé toute neuve pour guérir de cette perte, ou de ce père non-existant en moi. C’était un moment très important.

Sr Hai Nghiem :

Voici une question très intéressante, j’espère ! Comment exprimes-tu ton énergie de jeune femme en tant que moniale ? Et quelle est ta relation aux enfants ?

Sr Trang Dieu Ly :

Tu veux dire est-ce qu’il y aurait un désir caché d’avoir des enfants ?

Sr Hai Nghiem :

Pas nécessairement, mais simplement selon toi, comment exprimer l’énergie féminine quand on est nonne ?

Sr Trang Dieu Ly :

Personnellement, j’aime beaucoup les enfants et quand il y a des enfants au Village des Pruniers ou ici, je sens cette graine maternante, ou qui aime prendre soin des enfants. En même temps je peux jouer et être encore enfant. Et aussi, je réalise le fait que les enfants qui viennent ici touchent déjà la pratique de la pleine conscience d’une façon très innocente ; ils sont baignés dans cette atmosphère d’un monastère comme moi je suis allée à l’église avec ma grand-mère, je pense que pour eux c’est une graine plantée aussi. Mon énergie féminine, elle trouve des moyens d’expression qui ne sont pas les mêmes que lorsque j’étais encore laïque, mais elle est certainement bien présente puisque je suis toujours une femme. Elle s’exprime peut-être dans ma façon plus féminine de parler, de voir des choses,de développer la douceur et le calme. Mais les frères ont  cette capacité aussi bien sûr.

Sr Hai Nghiem :

Tu veux dire que cette douceur et ce calme viennent du fait que tu es nonne à présent ?

Sr Trang Dieu Ly :

Oui…

Sr Hai Nghiem :

Ça a du sens.

Sr Trang Dieu Ly :

Je vois que ce sont des qualités, en dehors de celles de l’enfant intérieur, qui deviennent plus manifestes maintenant. Cette douceur… il ne s’agit pas d’une énergie exclusivement propre aux femmes.  L’énergie d’une moniale, et l’énergie d’une femme, elles ne sont pas séparées en moi. C’est quelque chose qui s’ouvre et croît peu à peu.

Interview de Sr Trang Dieu Ly (Seconde partie)

Sr Hai Nghiem :

As-tu un message spécial que tu veux partager avec les personnes qui te liront ? Qui seront heureuses de te connaître encore mieux…

Sr Trang Dieu Ly :

Un message spécial, il faut que j’y réfléchisse…

Sr Hai Nghiem :

Un encouragement spécial ? Pense aux personnes qui viennent à la Maison de l’Inspir, à la relation que tu as avec elles ?

Sr Trang Dieu Ly :

En fait quelque chose qui tourne dans ma tête depuis quelques temps, ce que j’ai remarqué et qui occupe beaucoup mon esprit, c’est le degré auquel nous sommes tous derrière un écran, tu sais ? Nous regardons les infos, nous voyons ce qui se passe dans le monde depuis l’écran, derrière la télé, derrière l’ordinateur, le smartphone… et il y a toujours quelque chose entre nous et la souffrance des personnes concernées, entre nous et les guerres que nous voyons. Nous sommes très distanciés de ce qui se passe. Nous sommes déconnectés ; nous ne sentons pas de compassion, de com-passion ; nous sommes retirés dans l’anonymat de la grande masse. Et parfois il y a des moments où soudain l’écran n’existe plus, où tu vois vraiment et tu comprends la souffrance d’une personne ou d’un groupe, et tu ne peux plus mettre cette distance à laquelle nous sommes tellement habitués dans nos vies. Quand les attentats du marché de Noël à Berlin ont eu lieu et que j’en ai été informée, c’était comme si quelqu’un avait enlevé l’écran et que tout à coup je pouvais toucher tout le désespoir des victimes et de leurs familles, mais aussi je touchais toute la rage et le désespoir des terroristes dans ma méditation. J’ai pensé au poème de Thay, Appelez-moi par mes vrais noms, à ce moment-là. J’ai beaucoup aimé le discours du Pape pour le Nouvel An. Il y a une expression qu’il a utilisée et qui m’a frappée dans ce contexte, il parlait du fait que nous avons repoussé les jeunes vers les marges de la société, sans chance de trouver du travail, sans leur offrir de perspectives. Il a parlé d’orphelins spirituels et de sans-abri spirituels. Alors, comment nous détacher des écrans de l’anonymat et comme résultat naturel, passer à une action venant d’un besoin ressenti profondément ? Et puis comment offrir une maison à l’âme, surtout pour les jeunes qui sont recrutés par la haine et l’illusion ? Comment leur donner quelque chose de positif et qui fasse du sens ? Qu’est-ce que le bouddhisme engagé de Thay me demande de faire concrètement aujourd’hui, en tant que moniale bouddhiste allemande vivant en France en 2017 ? C’est la question que je me pose, et que j’aimerais que beaucoup de personnes se posent aussi, peut-être… Je n’ai pas de solution pour cela, mais mon souhait est d’enlever l’écran et d’être plus active pour aider les personnes en situations difficiles. Parce que nous vivons dans une société si immense et si anonyme, j’aimerais aider les gens à sortir de cet anonymat pour rencontrer vraiment la vie…

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Cinquième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017

25 Janvier 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Quelques jours avant de partir à la retraite de Noël à la Maison de l'Inspir, j'ai été très tendue avec ma fille à la suite d'une discussion ensemble avec le papa concernant son suivi médical lié à sa maladie.

J'ai été déçue face au choix de ma fille de ne plus suivre le traitement de médecine naturelle par le fait qu'il était contraignant et ne donnait pas des résultats rapides comme elle l’espérait. Elle a opté alors pour suivre le traitement allopathique, qui est lourd de conséquences. Et ce, appuyé par le papa, qui ne croit guère à cette approche naturelle. Mais le plus difficile c'était la manière blessante dans la réaction de ma fille qui m'a "renvoyé sur ma figure" qu'elle n'a rien à "faire" de mes convictions, mes choix bouddhistes, ma pratique etc... Et qu'elle a suivi ce traitement naturel, sans rigueur, plutôt pour me faire plaisir et pas me décevoir.

Mon cœur s'est bien brisé, envahie par des sentiments divers, entre tristesse, confusion, colère...

Cette rencontre m'a fortement perturbée. Je me suis projetée vers le passé, non loin somme toute, et qui me liait encore avec le papa. Et elle a ravivé des rancunes importantes. Mes vieilles habitudes ont été abondamment nourries. Ainsi que mes réactions habituelles. Des échanges durs, remplis de reproches, sont venus naturellement, de part et d'autre.

Je me disais: mais enfin, où est ta pratique?

Cinquième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017

En tout cas, j'étais bien consciente de ce qui se passait, mais pas assez forte pour empêcher les sentiments de se manifester et de les traiter au moment même, sauf à un petit moment, où j'ai demandé de me donner quelques instants pour me calmer, et puis, j'ai "craqué" par le fait de me sentir si seule à prendre en charge les quantités de choses liées aux enfants. Je pense que le papa a été surpris. Et moi aussi, car je n'ai pas retenu mes émotions, laissant tomber mes masques de l'orgueil et lui demandant en quelque sorte de m'aider dans cette tâche ardue de parent. J'ai été très bouleversée les jours qui ont suivi. Et partir à l'Inspir tout juste après cela a été le grand cadeau de Noël. Je suis arrivée avec le cœur lourd, et suis repartie légère, légère…

D'abord, j'ai partagé ma colère à une amie, puis je me suis laissé petit à petit nourrir par les bonnes habitudes qui reviennent très vite aussitôt que je suis sur le chemin pour aller là-bas. Puis, sur place, je me laisse imprégner de l'énergie puissante qui règne dans la maison. Cela m'aide à m'installer vite avec ce qui m'entoure, et surtout, cultiver davantage une immense foi dans la pratique, dans la force et l’énergie de la Sangha. Je n'ai pas eu besoin de partager mes détresses, elles se sont transformées très vite, car je savais ce qu'il fallait faire. Simplement être là, revenir à ma respiration et à mes pas, me connecter aux sourires des Sœurs malgré leur immense fatigue, (et oui, sourire à ce qui est là), être avec les amis de pratique, voir le Dharma vivant quand les monastiques et certains pratiquants se déplacent, ferment la porte avec douceur et sans bruit, écouter dans la nuit le silence de leurs pas dans les escaliers… Des véritables cloches de pleine conscience, qui m'invitent à faire de même.

Ma pratique de la diligence juste s'est installée alors automatiquement. J'ai laissé mon fardeau quelque part (mes idées et discours automatiques qui tournaient en boucle), pour faire de la place aux belles choses de chaque instant.

Puis, une fois calme, et pendant la marche méditative au bord de la Marne, j'ai pris mon courage pour voir ce qui m'avait vraiment blessée dans la situation avec ma fille.

Cinquième témoignage pour la retraite d'hiver 2016-2017

Et alors, j'ai regardé de face où il y avait perception fausse, et une action pas juste.

J'ai vu une pratique incorrecte, celle d'imposer ma vue à ma fille, prendre des décisions à sa place, lui dire ce qui est bien pour elle car bien pour moi, sans la considérer comme étant libre de suivre son propre chemin.

J'ai vu aussi, qu'en adhérant à l'option de son papa, c'est la jalousie et un sentiment de trahison qui m'ont envahie. Alors qu'en fait, le papa voulait simplement qu'elle puisse avoir le droit de faire son propre choix.

Et oui, j'ai vu aussi qu'il y avait encore des remords vis à vis du papa, et pour cela, je dois prendre soin de mes blessures en moi, transformer ces vieilles graines. Encore et encore.

Donc voilà, ma fille me montre mes failles, m'invite à corriger ma pratique, à ne pas rester dans l'illusion, et que me nourrir des belles choses est en soi un début de  transformation. Mais elle m'invite aussi à aller plus loin, à être vraie, honnête et juste avec moi-même et avec elle, et à utiliser la pratique juste au moment où il le faut.

Pour cela, j'ai une immense gratitude pour elle. Même si c'est difficile et parfois décourageant. Et j'ai  une immense gratitude à la Sangha qui offre son soutien,  par la  présence de cœur et leurs pratiques.

Revenir chez moi, revenir chez moi. C'est ce que j'apprends à faire petit à petit.

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Interview avec Sœur Trang Dieu Ly (Première partie)

23 Janvier 2017 , Rédigé par Maison de l'Inspir

Sœur Trang Dieu Ly (prononcez Tjang You Li) est allemande. Ordonnée novice (dans la famille monastique des Azalées) en juillet 2012 puis bhikshuni en mars 2016, elle vit à la Maison de l’Inspir depuis le mois d’octobre dernier…. pour notre grande joie, car elle est pleine de qualités, de profondeur et de surprises ! Lors de notre première journée de paresse de l’année 2017, Sœur Hai Nghiem l’a invitée à s’asseoir pour une interview exclusive, dont nous espérons qu’elle sera la première d’une série pour faire connaissance avec la petite communauté monastique de la Maison de l’Inspir.

Sr Hai Nghiem :

Pour commencer j’aimerais te demander quel est le sens de ton nom monastique, pourquoi est-ce que tu penses que Thay t’a donné ce nom-là, et aussi est-ce que tu aimes ton nom ?

Sr Trang Dieu Ly :

Alors, c’est la même question que j’ai posée à Thay quand je venais d’être ordonnée : « Thay, pourquoi est-ce que vous m’avez donné ce nom ? » Et au début, je n’aimais pas mon nom. Je ne l’aimais pas du tout ! Et maintenant… je l’aime bien. Il a plusieurs significations. L’une d’elles, celle que je préfère, c’est ‘la vérité merveilleuse’ ou encore le ‘merveilleux chemin’. Et c’est ainsi que je vois mon chemin monastique ; je vois que je me développe de plus en plus dans cette direction. Je me rappelle qu’au moment où j’ai écrit ma lettre d’aspiration pour être ordonnée, c’était quelque chose de très important pour moi que d’être véritable, d’être authentiquement moi-même, et aussi de toucher la vérité de toute chose. Et c’est ce qu’est devenu mon nom… et Thay, lorsque je lui ai demandé, il a dit que ce nom indiquait la dimension ultime, la vérité dans la dimension ultime…

Sr Hai Nghiem :

Tu ressens cela dans des moments de la vie quotidienne ?

Sr Trang Dieu Ly :

Parfois ! ?(Sourire…)… pas souvent, il y a de petits moments où cela arrive, et j’en ai vécu aussi avant d’être ordonnée. Je crois que c’est pour cela que je m’y intéresse beaucoup.

Sr Hai Nghiem :

Quel âge avais-tu quand tu as été ordonnée ?

Sr Trang Dieu Ly :

37 ans.

Sr Hai Nghiem :

Tu as rencontré la Sangha en venant du Zen japonais, n’est-ce pas ?

Sr Trang Dieu Ly :

Oui.

Sr Hai Nghiem :

Combien de temps as-tu pratiqué cela ?

Sr Trang Dieu Ly :

En fait, j’ai commencé avec le Zen Soto quelques mois, quand j’avais 21 ans. Cela ne m’a pas attirée du tout.

Sr Hai Nghiem :

Tu veux dire que le Zen Soto ne t’a pas attirée ??

Sr Trang Dieu Ly :

Disons le groupe où je me rendais… parce qu’ils pratiquaient beaucoup dans la forme… et puis, j’ai trouvé un autre groupe, celui de mon ancien maître de méditation. C’était un moine bénédictin.

Sr Hai Nghiem :

Attends, est-ce que nous pouvons revenir un peu en arrière… à 21 ans, tu as découvert le Zen japonais. Tu avais intentionnellement cherché des groupes de méditation ?

Sr Trang Dieu Ly :

Oui.

Sr Hai Nghiem :

Et cette idée t’est venue de… ?

Sr Trang Dieu Ly :

Du kungfu que je pratiquais, du taichi… Simplement d’un intérêt général déjà à cette époque, sans vraiment savoir de quoi il s’agissait, et à quel point la méditation allait influencer et changer ma vie.

Interview avec Sœur Trang Dieu Ly (Première partie)

Sr Hai Nghiem :

Quel souvenir gardes-tu du jour où tu as été ordonnée dans notre Sangha ? Cela peut être une impression générale, ou le moment le plus frappant de l’ordination…

Sr Trang Dieu Ly :

Je me rappelle, lorsque notre chevelure a été rasée. Il y a eu un moment où je me suis sentie différente et ce n’était pas lié au fait d’avoir des cheveux ou pas… quelque chose était en train de changer. Et je me souviens particulièrement dans la soirée, après toute l’excitation de la journée, lorsque je me suis retrouvée seule et que tous les souvenirs de la journée se sont élevés dans mon esprit… alors, la sensation de ne plus avoir de cheveux était très frappante. C’était quelque chose de plus que le seul fait de ne pas avoir de cheveux.

Sr Hai Nghiem :

As-tu aimé te voir dans le miroir avec la tête rasée ?

Sr Trang Dieu Ly :

J’avais très peur au début, je ne savais pas… c’est un moment très fragile puisque bien sûr, les cheveux sont un attribut de beauté. Ma mère par exemple n’a pas voulu rester pour ce moment, c’était trop difficile pour elle alors elle est sortie et revenue plus tard. Je ne savais pas non plus quelle tête j’aurai… même si c’est un moment où l’on lâche prise, c’est la raison pour laquelle on se rase, mais…

Sr Hai Nghiem :

Tu ne peux pas imaginer tant que tu ne l’as pas fait ?

Sr Trang Dieu Ly :

Non, tu ne peux vraiment pas imaginer ! Mais j’ai bien aimé.

Sr Hai Nghiem :

Comme tu as parlé de ta lettre d’aspiration pour devenir Sœur, j’aimerais bien savoir quelle était la direction-clé, ou l’espoir le plus important que tu as écrit dans cette lettre ; qu’est-ce que tu rêvais vraiment de pouvoir faire en devenant moniale ?

Sr Trang Dieu Ly :

La raison pour laquelle je voulais devenir moniale était le souhait de changer complètement ma vie, de vivre ma vie profondément, de trouver un mode de vie différent et qui ait plus de sens. C’était aussi de vivre en communauté avec des personnes qui partagent la même aspiration que moi et d’offrir une telle aspiration aux personnes qui viennent au Village des Pruniers.

Sr Hai Nghiem :

Tu es en train de réaliser ton rêve…

Sr Trang Dieu Ly :

Oui oui !

Sr Hai Nghiem :

Une grande question pour moi est celle-ci : qu’est-ce que ça veut dire pour toi, d’une part d’avoir un mentor (encore appelée tutrice) et de l’autre d’avoir un maître. Quelle est ta relation à Thay, est-ce que tu as senti dès la première rencontre avec lui, ou après l’avoir entendu quelques fois, « Oh, c’est vraiment mon maître ! » ?

Sr Trang Dieu Ly :

Pour moi le mentor, notre tutrice monastique, est quelqu’un qui me connaît bien, qui vit avec moi au quotidien, et c’est une femme puisque je suis une Sœur. Donc c’est une relation très différente. Elle connaît mes énergies d’habitude, mes ‘angles morts’ (les parties de moi que je ne vois pas moi-même), et elle a une façon très douce et très habile de découvrir ces parties de moi parfois et d’autres fois de me laisser la liberté de les découvrir par moi-même. Une tutrice qui aurait beaucoup d’autorité appellerait ma rebelle intérieure tout de suite. Je sais que j’ai un côté très fort et têtu, et ce n’est pas facile d’être ma tutrice. Quant à Thay, pour moi il est presque comme le Bouddha. Je n’ai jamais eu la chance d’être beaucoup avec lui ou d’être proche de lui pendant une longue période en étant son intendante par exemple. J’ai beaucoup, beaucoup d’admiration et de respect pour lui ! Quand j’ai eu l’occasion de lui prodiguer des soins [note de la rédactrice : Sr Trang Dieu Ly a exercé le métier de kinésithérapeute et a assisté Thay pendant quelques séances de rééducation après son accident vasculaire cérébral], Thay était donc très malade et il ne pouvait plus parler, j’ai pu toucher une relation différente. J’ai touché la partie incroyablement douce de Thay, qui m’a fait complètement confiance dès le départ ; j’étais très touchée. En même temps, il était et est encore plus peut-être à présent un maître Zen, sans paroles. Il y a quelque chose dans la façon dont il vous regarde parfois, vous savez immédiatement ce qu’il veut dire. Quelque chose dans ce regard m’a forcée à être dans le moment présent, à être vraiment là quand j’étais avec Thay. Cela m’a obligée à être présente, calme, concentrée, ‘attendant’, ouverte à tout ce qui pouvait venir. C’est très difficile à expliquer. J’ai pu sentir son énergie de maître Zen… je n’ai pas cette sensation au même degré dans la relation à ma tutrice, c’est une relation très différente.

Sr Hai Nghiem :

Un aspect de cette question était aussi, est-ce que tu es à l’aise avec le fait que quelqu’un soit là de cette manière, pour te connaître, pour observer ta pratique souvent, pour te donner des retours ou de mettre sur une piste à laquelle tu n’aurais peut-être pas pensé ?

Sr Trang Dieu Ly :

Je suppose que c’est pour ça que la question de qui va être ma tutrice est très importante. Ce n’est pas facile pour moi, parce que j’ai déjà 43 ans tu sais, et parfois, comme j`ai dit, je suis très têtue, j’ai des idées fixes sur certaines choses… donc d’avoir un mentor qui est en position de te donner une nouvelle direction, sur des rails autres que ceux auxquels tu es accoutumée en termes d’énergies d’habitude par exemple, et d’avoir un mentor qui soit habile avec ça, pas autoritaire mais à la fois ferme, tout ça m’aide dans ma pratique, et me permet d’identifier moi-même .

Sr Hai Nghiem :

Comment est-ce que ta famille a accepté ton ordination ?

Sr Trang Dieu Ly :

Comme je l’ai déjà dit, c’était très difficile pour ma maman. Quand je lui ai déclaré que je voulais être ordonnée c’était très important pour moi qu’elle soit d’accord. Elle a dit, ‘si c’est ce que tu désires vraiment faire de ta vie, alors tu dois le faire !’ Elle m’a offert cette liberté et c’était un immense cadeau, j’ai eu conscience d’à quel point ce qu’elle m’offrait était énorme. Aujourd’hui encore, ce n’est pas facile pour elle du fait que je suis en France et qu’elle est en Allemagne, qu’elle vieillit ; mais elle accepte mon choix, et même, elle le soutient.

Sr Hai Nghiem :

Elle comprend de plus en plus ce que tu fais, j’imagine ?

Sr Trang Dieu Ly :

Oui, et elle-même, bien qu’elle n’ait pas réellement une pratique spirituelle, cela l’affecte beaucoup : je vois beaucoup de changements en elle et dans notre relation mère-fille, dans notre façon de communiquer.

Interview avec Sœur Trang Dieu Ly (Première partie)

Sr Hai Nghiem :

Est-ce que tu te sens bouddhiste ?

Sr Trang Dieu Ly :

Non.

(Rires)

Sr Hai Nghiem :

Merci ! … je plaisante.

Sr Trang Dieu Ly :

Et je dis non parce que je t’ai aussi dit que j’avais pratiqué avec un maître de zen japonais qui était un moine bénédictin, et dans son centre, il y a aussi des soufis, etc… donc très tôt, ce système de pensée, je suis chrétienne, je suis bouddhiste, si je ne suis pas bouddhiste alors je suis musulmane, ou je dois être quelque chose, ce système s’est détaché et c’est très précieux pour moi qu’il en soit ainsi. Je ne veux pas retourner dans une boîte.

Sr Hai Nghiem :

Oui, je peux comprendre ça… Mais alors comment vis-tu cette apparence monastique, ce costume bouddhiste que tu portes, dans la société, avec ta mère... ?

Sr Trang Dieu Ly :

Tu veux dire notre look ? C’est une chose intéressante, le look, la robe brune par exemple. Je viens d’une ville en Allemagne où il y a beaucoup de musulmans et ils sont habillés presque de la même manière que nous ; et depuis que je suis ordonnée et que je me promène dans cet habit, surtout avec les femmes musulmanes, il y a soudain une communication qui se fait, simplement en les rencontrant, parfois par un échange de regards, un sourire ; c’est quelque chose qui n’arrivait pas dans le passé. Et en même temps, tu rencontres le même type de jugements dans le regard des personnes qui n’aiment pas les musulmans par exemple. Parfois il y a une certaine peur, un certain rejet de leur part, et surtout avec ces personnes-là, parfois je leur adresse intentionnellement un sourire, ou je leur dis quelque chose et au début ils sont surpris, pris de court, et ils ne savent pas exactement dans quelle boîte me mettre. Et si je suis assise dans le train quand ça arrive, après dix minutes de silence, soudain on me demande : vous êtes quoi, au fait ? Et alors on a une chance de leur expliquer !

Sr Hai Nghiem :

Comme tu parles du fait de se libérer des catégories et des religions, je reformule la question suivante sur la liste. Les enseignements de Jésus appellent vraiment à la compréhension et à la compassion ; comment trouves-tu que Jésus et les racines chrétiennes sont présents dans ta vie maintenant que tu appartiens à une communauté bouddhiste ?

Sr Trang Dieu Ly :

Je suppose, d’une manière très bouddhiste ! (rire). Oui, ils sont présents en moi, dans mes ancêtres, mais dans une forme bouddhiste. Peut-être même d’une façon plus directe et plus vivante. Je touche  l’énergie de la compassion d’Avalokiteshvara  dans  Marie ou dans Jésus, c’est la même énergie. Et nous avons tous cette énergie en nous-même, aussi. Et la compréhension et l’amour sont les fruits de notre pratique bien sûr…

Et puis, j’aime lire Thomas Merton, par exemple. Il était un mystique chrétien. Donc pour moi c’est important d’être en lien avec les racines chrétiennes, puisque j’ai ces racines, n’étant ni vietnamienne ni chinoise. Mais ce n’est  pas toujours présent dans ma vie. De temps en temps.

Sr Hai Nghiem :

Simplement une énergie vivante ?

Sr Trang Dieu Ly :

Oui, je ne ressens pas le besoin de lui donner un nom ni de l’attribuer à Jésus ou Avalokiteshvara…

Sr Hai Nghiem :

Es-tu allée à l’église, est-ce que ta mère t’a élevée dans la religion chrétienne ou pas ?

Sr Trang Dieu Ly :

Ma mère non, pas du tout, mais ma grand-mère oui. J’ai grandi avec ma mère et ma grand-mère. Comme je le disais ma mère n’avait pas tellement ce besoin, ou je ne sais pas, il se peut qu’elle ne se soit pas sentie à l’aise avec l’église et la dimension spirituelle. Ma grand-mère par contre, d’une façon très simple et très concrète, était très croyante. Je crois qu’elle joue un très grand rôle dans ma vocation monastique aussi. Quand j’étais enfant, tous les mercredis j’allais avec elle au marché et il y avait une église catholique, bien que nous fussions protestantes. Elle aimait y entrer quelques minutes seulement. Moi aussi j’aimais beaucoup être dans ce silence, c’était très clair pour moi que c’était la maison de Dieu : je disais, ‘allons voir la maison de Dieu’ parce que je pouvais vraiment toucher quelque chose dans cette église. Et je pense qu’étant enfant, c’était la première fois que j’ai ressenti qu’il y a autre chose au-delà de notre expérience ordinaire.

... Suite et fin dans quelques jours ! Merci de votre lecture, merci de vos commentaires encourageants !

Le merveilleux chemin...

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